blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

21 avril 2010

SéVILLE / SEVILLA – SEMAINE SAINTE / SEMANA SANTA – suite et fin

 

Suite et fin de la Semana Santa,

alors qu’elle est terminée depuis deux semaines,

et que depuis hier soir   a  commencé  la Feria de Abril…

laquelle se termine dimanche soir.

Mais il ne faut pas croire, surtout pas,  et surtout pas dire,  que les Andalous aiment faire la fête : cette réputation qui leur colle à la peau ( les Catalans sont travailleurs, les andalous chantent et dansent….les anversois sont organisés et travailleurs, les wallons sont plutôt paresseux…) ne leur plaît pas du tout, et beaucoup aimeraient s’en débarrasser : assez, disent-ils,  que leurs entreprises ne soient pas prises au sérieux, assez que leurs universités n’aient pas la réputation de celles de Madrid, assez disent-ils qu’on leur impute à tort d’être en retard aux rendez-vous -*

.

1er grand rfendez-vous avec la Mort : déjà le jeudi qui précède la semaine sainte. C'est la Velada Funeraria ou
Veillée Funèbre, à l'église de la Magdalena. Le Christe est dépendu de sa Croix, et il est gisant comme un vrai mort
à la veillée funèbre. Derrière lui, la Vierge. Les fidéles défilent, baisant les pieds du Christ et ,
derrière, les mains de Marie.
.
La Vierge et St-Jean instqllés sur leur Palio d'argent, prêts à sortir.
.

Détail des broderies du manteau de St-Jean, accompagnant la Vierge.
.

Actes de dévotion le Dimanche des Rameaux : les Sévillans visitent leurs églises pour admirer les Pasos et les Paliosn déjà prêts pour leurs sorties processionnelles et pénitentielles.

.

Une famille de Nazaréens gagne le lieu de la réunion avant la sortie. Une fois rassemblés dans leur église, autour de leus Palio et pasos, ils font le plus souvent un Chemin de Croix en prières, juste avcant de sortir.

.

les costaleros , les anciens " forts des halles ", jeunes gens du quartier, plutôt costauds, à qui l'honneur
est fait d epouvoir porter les pasos ( du Cristo ) et les palios ( de la Vierge ) .
.

.

.

.

.

.

A peine sorti de l’église, le Paso vire sur sa droite tant la rue est étroite.

.

.

le palio s’éloigne, et commence sa procession…du balcon, des vosiins lui lancent des fleurs entières et des pétales.

.

.

.

_____________________________________________________________________________________ 

______________________________________________

* Comme l’écrivait un espagnol vivant à Séville que j’ai rencontré il y a quelques années,  Rodrigo de Sayaz  ( je cite de mémoire ) : « …les andalous ont deux rendez-vous pour lesquels ils ne sont jamais en retard ; ce sont les rendez-vous avec la mort que sont les Corridas qui commencent toujours à l’heure à la seconde près, et la Semaine Sainte… »

 

 

.

 

 

__________________________________________________________________________________________

19 avril 2010

ARCHITECTURE CONTEMPORAINE à Séville/Sevilla

 

.

ou  l’  HOMMAGE   A   L’ARCHITECTE-INCONNU -

.

On peut, à Séville, compter sur les doigts d’une main les oeuvres d’architecture contemporaine.

Un pont   : celui de l’Alamillo ( 1992 )   de l’architecte  Santiago CALATRAVA :

.

.

ainsi que du même, au même moment ( 1992 ), le Pavillon de Koweït :

.

.

Ajoutons-y le monument ( Monumento a la tolerancia )  du sculpteur basque Eduardo CHILLADA   inauguré en 1992 ( après 14 années de discussions…) :

qui est une réussite à tous égards : la sculpture en elle-même, sa réalisation en béton, son positionnement idéal au bord du fleuve Guadalquivir, face à Triana, non loin du pont métallique vers Triana depuis lequel  la vue sur la scuplture s’inscrit dans une perspective recherchée filant jusqu’à la Cathédrale en passant par la Plaza de Toros.

 

Les 14 années qu’il a fallu à Seville pour se doter de ce beau monument , à cet endroit de la Ville, doit donner du courage à ceux qui ne désespèrent pas que la Ville  finisse se dote du bâtiment conçu par l’architecte iranienne Zaha Hadid    : la Bibliothèque Universitaire du Prado

.

Cette construction extrêmement polémique est pourtant sortie de terre : sur place, on voit les structures de pieus d’acier qui sortent du sol en un ballet de diagonales prometteuses, mais les opposants ont obtenu au terme de procédures complexes l’arrêt des travaux, et le dossier est actuellement pendant devant la Cour de Cassation.

( voir sur ce blog, le post du 6 mars 2010 intitulé Trois ou quatre vues de Séville ).

 

Mais tout ceci n’est finalement  prétexte que pour pouvoir vous présenter une oeuvre architecturale discrète, fichtrement bien réussie, et qui  reste  obstinément anonyme  … malgré mes recherches.

Ceci  pose la question récurrente d e l’anonymat dans lequel est souvent laissé l’auteur du projet.
A moins qu’il ne s’agisse de stars internationales comme Jean Nouvel, Mario Botta, Rogers ou Portzamparc, les noms des architectes sont  totalement  passsés sous silence dans la presse écrite, audio ou visuelle…Inculture des journalistes ? Non, pas uniquement : sentiment plutôt ( mais d’où vient ? ) que cette information serait sans ou de peu d’intérêt…

C’est une injustice réelle pour l’intéressé, et c’est une lacune sérieuse dans l’information.

Cette constatation curieusement   vaut vraiment pour tous les pays,  Belgique, France, Espagne où je l’ai constaté de nombreuses fois.

Dans ce cas-ci, j’ai cherché tous azimuths le nom de celui qui avait réalisé, et tellement bien réussi, ce petit chef-d’oeuvre de sobriété, d’équilibre, de distinction et d’efficacité. Je ne l’ai pas trouvé.

Un exemple entre dix : dans la presse locale, il a été fait état récemment de l’inauguration de l’éclairage de l’édifice : 4 ou 5 autorités, dont le très important directeur du Service de l’Electricité de Séville est cité , mais nulle trace, ni photo ni mention, de l’architecte…

Le travail ci-après est une simple mise en valeur, sobre et discrète, d’un vestige d’aqueduc romain reconstruit par les Almohades, et qui se trouve à la calle Luis Montoto :

.

;

;

simple et efficace idée ( les bonnes idées sont souvent simples ) de laisser respirer le monument en ne
l'enfermant pas dans son cadre d'acier  corseté mais en lui laissant sur la droite, un espace idéalement
proportionné.

.

.

Autre vestige de ce même acueducto quelques centaines de mètres plus bas dans la rue, lequel  reste comme il est, mettant par là mieux encore en valeur le travail  réalisé sur l’ autre vestige.

 .

.

_______________________________________________________________________________

16 avril 2010

VATICAN 1 et VATICAN 2

Classé dans : Sevilla-Séville — Mots-clefs :, , , , , — jvl @ 16:09

 

.

.

Fin mars 2010 début avril 2010 le n° 1 du Vatican déclarait qu’il n’y avait aucune relation entre le célibat des prêtres et la pédophilie dont certains prêtres s’étaient et se rendaient coupables.

La Presse Internationale en a largement fait écho.

Vers le 13 avril, le n°2  du Vatican , Mgr Tarcisio Bertone,  déclarait au Chili qu’il y avait en revanche une relation entre l’homosexualité et la pédophilie.

Cette déclaration  a soulevé  partout des vagues de protestations aussi bien dans les milieux homo que non homo.

Ce que dit en effet le n°2, Mgr Bertone, n’est pas exact comme en  témoigne ce tag/pochoir capté sur le mur d’un Collège à Sevilla ce 16 avril 2010 :

.

Sevilla, calle San Luis, 16 avril 1O - photo jvl
.
Détail - si nécessaire -
enfin je veux dire s'il y a hésitation quant à la question de la
pertinence de la déclaration de Mr Bertone.
.
.
_______________________________________________________________________________________________________
.
_______________________________________________________________________________________________________

15 avril 2010

CHEFS-d’OEUVRE en RUE

Classé dans : Sevilla-Séville, architecture, la rue — Mots-clefs :, — jvl @ 17:58

.

Sevilla,

chefs- d’oeuvre en rue,

chefs-d’oeuvre de la rue.

.

.

.
Palissade masquant un chantier de démolition, pignon de maison, linge qui sèche.
.
Jeudi saint -
Jour férié national en Espagne, sévillane ce jour-là, habillée de mantilla.
.

.

.

plus de 4 mètres de long, quand même...
.
chef-d'oeuvre, non ?
.
.
.
Fresque gigantesque - Sevilla - 2009.
la fresque a disparu - 16 avr 10 - photo jvl.
.
c'est sans conteste le chef-d'oeuvre des chefs-d'oeuvre, et plus encore.
Tout est quasi parfait, bien pensé, bien étudié, on sent bien les nombreux dessins préparatoires,
les expériences de physique, de chimie, de résistance des matériaux, les études grattage, collage,
les études d'insertion de végétaux, la science de l'encadrement-pur béton, la surveillance du
 temps qui passe et sa maîtrise.
.
.
.
_
.
au fond du couloir, un patio. Et au fond du patio, un petit magasin, oserais-je dire vieillot.
C'est sa vitrine que l'on voit ici. Dans cette vitrine, qui ferait pâlir Arman : une involontaire
accumulation de soutiens-gorge ( involontairement ) roses, démodés, grande taille.
.
.____________________________________________________________________________________________________

5 avril 2010

Semana Santa en Sevilla – 2010

Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , , , , , , — jvl @ 11:34

___________________

.

Eglise de SAN  ESTEBAN :

sortie le mardi Saint du Palio de la Virgen de los Desamparados - c’est l’un des événements attendus de la Semana Santa, car le Palio est trop large, les flèches d’argent sont trop haut et bien que les costaleros qui le portent ( ils sont 35 sous le Palio )  vont se mettre à genoux pour essayer de le faire sortir avec un mnimum de  dégâts, le palio va accrocher de partout les éperons de pierre entourant le chambranle, la foule soufflera, sifflera, murmurera, criera, soupirera, hurlera enfin et acclamera à tout rompre quand le palio sera passé, la Vierge enfin sortie, comme libérée des griffes qui la retenaient…

.

.

.

.

SAN BERNARDO : montages de fleurs.

Chaque Paso, chaque Palio est garni de fleurs selon une esthétique ( et des règles sans doute ) calculée.

Ici, à San Bernardo, qui sort le Mercredi Saint ( 5.000 hermanos ), le Palio de la Vierge est rehaussé d’oeillets blancs

serrés en boule, et piqués de fleurs d’orangers en bouton rehaussées  encore d’une petite touche verte d’asparagus.

SAN BERNARDO toujours, mais paso du Christ cette fois : oeillets rouges, piqués d’iris mauves.

_____________________________________________

.

EL  SILENCIO  ( voir le post précédent pour quelques commentaires )

.

.

La rentrée de la Hermandad d’El Silencio dans sa Capilla, pendant la nuit de la Madruga  – il  est à présent 05h3O du matin.

Rentrée du Palio et de la Vierge ( la Virgen de la Conception est une statue relativement récente, mais Saint-Jean qui l’accompagne sur son palio est une statue de Cristobal RAMOS de 1.752 ) – il est alors 06h du matin.

____________________

EL  GRAN  PODER  -

Le Gran Poder ( traduction : Christ du Grand pouvoir ) est sans doute la figure tutélaire de la semana Santa de Sevilla. Cette statue est l’oeuvre de Juan de  Mesa et date de 1.62O ). Elle fait l’objet, toute l’année, d’une grande dévotion de la part des  Sévillans.
La Hermandad del Gran Poder est aussi l’une des plus grande : 9.5OO confrères , et l’une des plus anciennes ( 1.431 ).

La procession pénitentielle sort la nuit du Vendredi Saint, en silence, et comme le montrent les  photos ci-après, le défilé des hermanos silencieux dans la nuit sévillanne, est très impresionnant.

 .

.

.

.

Après plus de 12 heures de procession à travers Sevilla, El Gran Poder ( statue de Juan de Mesa de 1620 )  et ses 2.5OO Nazaréeens qui terminent leur Pénitence,  traversent la Plazza de San, Lorenzo et vont rentrer dans leur Basilique que l’on voit ici, dans le fond à gauche, alors que le jour se lève.

Ici, le Gran Poder rentre chez lui : il est O7h3O du matin, le jour se lève, il lui reste la petite place à traverser pour rejoindre sa Basilique dont on voit l’entrée à gauche au fond.

__________________________________________________

.

OMNIUM  SANCTORUM -

les Confrères ( hermanOS ) de la Confrérie ( Hermandad ) de Los Javieres, se rendent à l’Eglise Omnium Sanctorum; ils  seront 600 cette année à sortir le Mardi Saint, en mêm temps que 8 autres Confréries :

.

_____________________________________________

.

Le Dimanche des Rameaux, déjà, diverses Hermandades sortent en procession.  Voici ici les Hermanos de la Hermandad de la Estrella , ici sur le Pont de Triana, qui vont se rassembler pour la sortie; ils seront 8OO. 

.

un père donne la main à son fils .  Les Confréries rassemblent souvent les membres d’une même famille, lesquels transmettront à leurs enfants, qui à leur tour…

.

.

Le  Palio de LA  ESTRELLA  est enfin sorti : il se dirige vers le centre de Sevilla.

.

.

.

___________________________________________

.

La Vierge de MONTE SION  (  Virgen del Rosario – anonyme  XVIIème s. )  attend  sur son palio dans son église :  le Palio est déjà fleuri; elle sortrira, elle, le Jeudi Saint.

_____________________________

La courte et tellement incompléte de la présentation de la Semana Santa de Sevilla que je fais ici,  est volontairement bousculée dans son ordre chronologique, comme pour tenter de mieux rendre compte des émotions en sens divers, mélange de fatigue, d’éblouissements, d’enthousiasmes, de tensions, d’attentes, de cette sorte de sentiment de délivrance qu’offre à chaque fois la sortie des pasos et palios de leurs églises, mais aussi les courses effrénées à travers la ville, les chemins à se frayer dans la foule, les bousculades, énervements, le sentiment d’impuissance quand le lourd paso vous frôle parce que vous êtes trop près et que par miracle la lourde machine de piété semble d’un coup prendre pitié de vous et vous épargne, les cornetas stridents des bandas, l’encens qui volute à tout-va, l’odeur des orangers, puis des jasmins et encore des glycines, la tête qui vous tourne à 7 du matin, un petit café solo dans un bar forcément dévasté par la nuit, et toujours partout, incessants, les tambours que l’on entend encore quand pourtant ils viennent de  cesser et qui rythment le pas des costaleros  qui portent les pasos et les palios.

« Articles plus récentsArticles plus anciens »

Propulsé par WordPress