blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

23 mars 2009

Du CARRé BLANC de MALEVITCH aux EXPOSITIONS DU VIDE

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Le Centre Pompidou présente au 4ème étage du Musée, dans 4 ou 5 salles, une exposition intitulée «  vides… » .

Il s’agit en réalité d’une exposition sur les expositions ayant eu pour thème le vide…

Ainsi, au fond du Musée, juste après l’ ineffable   Cy TWOMBLY   intitulé Ulysse pleurant la mort de Patrocle, vous trouverez des salles rigoureusement vides, murs blancs éclatants sous un éclairage impeccable.

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Carré blanc sur fond blanc de MALEVITCH est de 1918 : ce tableau va avoir cent ans.

Cent ans avant ce tableau, INGRES n’avait pas encore commencé à peindre , et 50 ans avant naissait tout juste l’impressionnisme…

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Cette considération est vertigineuse : le carré Blanc sur fond Blanc de MALEVITCH reste en 2009 furieusement moderne tandis que l’on peut penser que les partisans de MALEVITCH en 1918 devaient tenir l’art d’Ingres pour bien convenu.

Ceci permet de mesurer la longueur de l’onde de choc provoquée par le Carré Blanc, onde de choc dont , je pense, cette exposition à BEAUBOURG est toujours l’une des suites.

Il ne s’agit pas d’une exposition sur le vide, mais une exposition sur les expositions d’artistes ayant utilisé le vide comme sujet ou objet de leurs expositions.

La 1ère en date fut sans doute celle d’Yves KLEIN en 1958 et régulièrement depuis, les galeries ont montré diverses expositions sur le vide, chacun en effet ayant sa conception du «  vide «  ( p.ex. une conception économique dans laquelle l’artiste allemande Maria EICHORN présenta une exposition vide à la Kusnsthalle Bern en 2001 indiquant qu’elle réservait l’argent ainsi économisé à la restauration du bâtiment ) .

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Le vide , comme le silence en musique.

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huile s/toile - 50x50 - 19 mars 09- JVL

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6 mars 2009

Roni HORN à la TATE MODERN jusqu’au 24 MAI 09

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Artiste américaine née à New York en 1955 est connue pour ses prhotographies, ses sculptures et ses dessins.

Elle est à la Tate Modern de London jusqu’au 25 mai ; le site de la TATE n’indique pas la date de naissance de Roni HORN, mais se contente de dire qu’elle a commencé à travailler vers 1970.

Roni HORN a notamment exposé à Paris en 2000 au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris ( avec entre autres de très fortes photos de Still Water – River Tames ) et au Centre Pompidou en 2004.

L’exposition de Londres semble faire la part belle aux sculptures et à la photo, accessoirement ( ? ) aux dessins.

Le site de la Tate est peu bavard, c’est le moins que l’on puisse dire, et aucune photo d’aucune des œuvres exposées n’est proposée…

Je vais donc revenir sur ce que je sais, enfin sur ce que j’ai vu en 2004 au Centre Beaubourg.

Les dessins de Roni HORN étaient d’une part des dessins au pigment et des dessins photographiques.

Pour les uns et les autres, le procédé était le même : Roni HORN découpe les photos prises dans son atelier ( ou les dessins – voir infra )  et les réassemble avec de légers décalages :

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clownpout (2 ) , 2002

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Cloud and clown 4

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Roni HORN explique :
j’ai pris deux images, deux têtes, que j’ai
découpées pour en faire une. On peut dire que c’est un portrait fait de deux
choses qui n’en deviennent plus qu’une .
En ce sens, HORN serait
le catalyseur qui permet aux particules de se reconstituer en un tout…
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Ces dessins-là sont des actes de démembrement.
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Les dessins au pigment sont construits de la même
façon, mais au départ, au lieu dutiliser une photo, HORN met du pigment sur du
papier, puis de la térébenthine, ensuite au vernis appliqué au pinceau, elle va
s’appliquer à faire tenir la poudre au papier – ce qui peut prendre des mois,
dit-elle.

Elle procède ensuire en découpant le papier en bandelettes ou
fragments, et rejoint bord à bord dans un minutieux travail de reconstruction :

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So, XII, 1998
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Selon moi,  l’œuvre en même temps se fragilise ( par la découpe ), se renforce ( par la construction
nouvelle ) , et renvoie  une image
extrêmement poétique, fine et solide.

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20 février 2009

ASGER JORN au Centre Pompidou jusqu’au 11 mai 09

Classé dans : Non classé, similitudes-rapprochements, visites — Mots-clefs :, , , — jvl @ 14:26

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Les manifestations autour du mouvement COBRA ne sont pas rares ces derniers temps, et c’est heureux car , comme je l’ai déjà dit ici, COBRA est un mouvement puissamment innovant ( tenter de renouer avec le geste brut, les forces primitives – mais aussi les traditions populaires ) , aussi bref ( 1948 à 1951 ) que fulgurant.

Asger JORN ( 1914 – 1973 ) n’est pas que l’un des fondateurs de COBRA : sa vie durant il animera de nombreux mouvements d’avant-garde, et ne cesse jusqu’à sa mort de chercher, peindre et dessiner. Dés 1953, JORN pense à rassembler dessins et peintures qu’il compte donner au petit Musée de Silkeborg qui l’avait soutenu au début.

Ce sont 108 des plus belles oeuvres sur papier prêtés par le Silkeborg Kunstmuseum ( qui en possède plus de 500 ) au Centre Pompidou que l’on peut admirer jusqu’au 11 mai.

Les dessins présentés couvrent une période allant de 1937 ( dessins à l’encre très inspirés par le surréalisme de Miro et de Ernst que Jorn admirait ) à 1973, alors qu’il savait déjà qu’il était d’un cancer du poumon .

JORN a appris à dessiner à l’atelier de fernand LEGER qu’il féquente précisément en 1936 et 1937.

Comme le dit justement le catalogue édité à l’occasion ( Gallimard, 39 € ), JORN s’empressera de désapprendre les leçons du Maître – et j’ajoute, sans grand mérite…, que c’est ce que  démontre amplement l’exposition.

JORN va considérer très vite le dessin comme le lieu de recherche pour avancer en peinture.

Les Fleurs du Mal reproduites ici sont datées de 1946, au moment où il vient de trouver enfin le moyen de quitter le Danemark pour retourner en France.

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Les dessins de JORN n’ont pas grand chose de plaisant : ce sont avant tout, m’a-t-il semblé, les témoins de ses recherches incessantes, de ses trouvailles, de son refus des ornières et des œillères, de son intransigeance, de sa pureté peut-être – si peu visible dans l’acception habituelle qu’on lui donne, mais sensible en secret derrière ses traits inédits et ses taches d’ encre de chine, d’ aquarelle et de gouache.

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4 juin 2008

TRACES DE SACRé – PRESENCES de Thierry DE CORDIER

huile s.toile - JVL - 2OO1 -

 huile s/toile - Jacques V. Lemaire - 2OO1


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Thierry DE CORDIER ( Audenarde 1954 ) est actuellement présent ( une forte présence ) dans deux expositions à Paris qui ne lui sont pas consacrées.

Tout d’abord à l’Institut Néerlandais (http://www.institutneerlandais.com/ ) , lieu un peu confidentiel à l’ombre de l’Assemblée Nationale, où la collection DE PONT présente une sélection emblématique ( dit le petit catalogue ) de son fonds.

Deux toiles : l’une, double, est un portrait estompé voir désagrégé du peintre.
L’autre est une toile étroite, à l’horizontale, représentant le dessus d’un autel ou d’une table duquel le corps ou le gisant a disparu - disparu ou ressuscité.

Manières noires et sombres.

La seconde présence de DE CORDIER est au Centre Pompidou, dans le c adre de la prestigieuse, intelligente et savante ( un peu trop parfois, mais je ne m’en plaindrai pas ) intitulée « traces du sacré « - http://www.centrepompidou.fr/Pompidou/Manifs.nsf/0/342C7AE0FF5244C6C125742F003A6C10?OpenDocument .

Le Commissaire de cette exposition, qui a mis quatre années pour la préparer, est allé dans l’œuvre de CORDIER chercher deux œuvres :

-  L’une, au chapitre des Offenses, est un dessin tourmenté, de petit format, des années 1988-1989, dont le catalogue précise que CORDIER a mis des années avant de le terminer, et qui est un portrait-vulve de ma mère, lequel côtoie une œuvre profanation de DALI, une encre de PICABIA et, à quelques encablures, un lumineux et revigorant grand tableau ( 196 x 130 ) de Max ERNST intitulé la Vierge corrigeant lenfant Jésus devant trois témoins : André Breton, Paul Eluard et le peintre…qui est un tableau décapant à l’image de la correction appliquée à la limite du pédagogique, et à l’image de l’auréole de l’enfant Jésus qui est tombée et a roulé par terre contre le pied droit de sa mère…

La deuxième œuvre de CORDIER dans cette exposition exceptionnelle traces de sacré est un grand tableau quasi noir, 24Ox13O, intitulé   NADA  , et dont le moindre des intérêts n’est sans doute pas d’être quasiment en face d’un ROTHKO rouge et noir, et à côté d’une video montrant quatre traits de fumée d’encens qui monte ( …monte au ciel, forcément ), œuvre de YAZIB OULAB , méditation sur la mystique soufie selon laquelle la poésie constitue la voie essentielle permettant d’ accéder aux mystères.

PARIS - Centre Pompidou

Jusqu’au 11 aout 2008 - ensuite à Munich, du 19 septembre 08 au 11 janvier 2009


	
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