blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

3 avril 2009

HA ÏKU

Classé dans : Non classé, commentaires — Mots-clefs :, — jvl @ 14:01

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Haïku pour la crise :

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                   les perce-neige fanent
                   l'automne n'en finit pas d'arriver
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                                                       jvl 3 avril 2009

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2 avril 2009

Suzanne VALADON et Maurice UTRILLO

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Suzanne VALADON & Maurice UTRILLO

A la Pinacothèque de Paris, jusqu’au 15 septembre 2009.

La Pinacothèque de Paris : une enseigne bien pompeuse pour un endroit qui l’est beaucoup moins.

Dés la porte franchie, qui donne directement sur les caisses comme dans un vieux cinéma, on s’y sent comme dans une salle de patronage – patronage très provincial - , et l’on oublie – pas pour le meilleur – que l’on est à Paris.

Exigüe de nature, la Pinacothèque présente une exposition étriquée d’une centaine de toiles  pourtant : 50 pour la mère, autant pour le fils.

Deux ou trois toiles d’Utrillo auraient suffi, une ou deux pour la Maman.

L’exposition aurait gagné en espace – dans cet endroit qui en manque tellement  ; elle aurait alors pu être gratuite, et la vision sur ces deux œuvres, imbriquées par leur histoire mais pas pour le reste, aurait gagné en efficacité.

Le propos de l’exposition, comme un concept de marketing soigneusement défini et bien explicité tout au long, est ce ressassé chassé-croisé entre mère et fils , nés tous deux de père inconnu, le seul couple mère-fils de l’histoire de l’art y insiste-t-on, l’art de VALADON atteignant sa pleine maturité au moment même où, en 1920, UTRILLO va décliner et se dissoudre rapidement.

Tout ce que je savais avant d’avoir vu cette exposition était l’idée fausse et généralement répandue, que la Mama Valadon avait donné des pinceaux à son fils en le poussant à la peinture pour le détourner de ses démons.

La réalité, on s’en doute, est plus complexe.

Rien de commun entre les deux œuvres, entre les deux peintures.

UTRILLO est dessinateur, géomètre, excellent maçon et plafonneur : ses oeuvres les plus novatrices qui se situent dans la période de 1910 à 1920, sont incontestablement habitées alors que les rues parisiennes sont radicalement vides de toute forme humaine.

VALADON , dans ses meilleurs tableaux, a un côté fauve accrocheur : traits lourds, couleurs pleines, construction solide.

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Suzanne VALADON, la chambre bleue, 1923.

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Contrairement à ce que l’on attend, et que l’on est en droit d’attendre après tant d’insistance de la part du commissaire de l’exposition qui entendait montrer ce couple unique dans l’histoire de l’art, il n’y a ni dialogue, ni confrontation, pas davantage de mise en perspective des travaux de l’un et l’autre ou de portrait croisé pourtant annoncé  : simplement un parcours chronologique ponctué de panneaux qui parlent de ce que l’on ne voit pas, et qui n’établit des liens que par le seul jeu des biographies…

La quantité de tableaux ( une centaine ! ) assomme – la qualité très inégale , égare.

Beaucoup de tableaux sortent de collections privées et c’est peut-être là le plus grand mérite de cette exposition.

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1 avril 2009

HIRONDELLE

Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , , , , , — jvl @ 8:16

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Matin de plein soleil ce 1er avril 2009.

Alors qu’avec mes jumelles je regardais évoluer la harde de cerfs et biches, j’avais dans mon champ de vision une buse perchée sur une haute branche qui offrait au soleil sa blanche poitrine…quand survient le mâle qui la couvrit. Avec la harde paisible qui évoluait à l’arrière de cette scène, je suivais au 1er plan une scène d’accouplement à laquelle je n’avais jamais pu assister jusqu’ici. Quelques minutes plus tard, alors que le mâle était reparti, et que la femelle buse restait au soleil sur sa branche, les biches rentraient paisiblement dans la pessière, et seuls restaient deux cerfs coiffés qui s’affrontaient dans la pâture , leurs bois brillants dans le soleil encore rasant à cette heure matinale : j’avais devant moi la scène des rennes affrontés de la grotte de Font de Gaume ( – 15.000 ans ).

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Hier, 31 mars, ciel bleu encore, je regardais planer le milan royal qui est revenu voici deux semaines au moins. Pendant l’hiver, le boqueteau de mélèzes où il nichait depuis deux ans au moins avait été tronçonné. Le milan errait, cherchant un nouveau lieu et je crains qu’il ne doive déserter mon théâtre à l’arrière de la maison pour une autre vallée douce. Je l’ai d’ailleurs vu, il y a quelques jours, planer à 2 km d’ici, dans un lieu qu’il était peut-être en train de choisir…

Pendant que je le regardais, dans le même champ, un oiseau virevoltait beaucoup plus haut que lui, beaucoup plus petit : une hirondelle ! Deux semaines d’avance…Depuis des années, des décades devrais-je dire, je les vois arriver vers le 13 ou 14 avril.

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huille s/toile JVL – 120×120 – 20 mars 2009

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23 mars 2009

Du CARRé BLANC de MALEVITCH aux EXPOSITIONS DU VIDE

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Le Centre Pompidou présente au 4ème étage du Musée, dans 4 ou 5 salles, une exposition intitulée «  vides… » .

Il s’agit en réalité d’une exposition sur les expositions ayant eu pour thème le vide…

Ainsi, au fond du Musée, juste après l’ ineffable   Cy TWOMBLY   intitulé Ulysse pleurant la mort de Patrocle, vous trouverez des salles rigoureusement vides, murs blancs éclatants sous un éclairage impeccable.

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Carré blanc sur fond blanc de MALEVITCH est de 1918 : ce tableau va avoir cent ans.

Cent ans avant ce tableau, INGRES n’avait pas encore commencé à peindre , et 50 ans avant naissait tout juste l’impressionnisme…

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Cette considération est vertigineuse : le carré Blanc sur fond Blanc de MALEVITCH reste en 2009 furieusement moderne tandis que l’on peut penser que les partisans de MALEVITCH en 1918 devaient tenir l’art d’Ingres pour bien convenu.

Ceci permet de mesurer la longueur de l’onde de choc provoquée par le Carré Blanc, onde de choc dont , je pense, cette exposition à BEAUBOURG est toujours l’une des suites.

Il ne s’agit pas d’une exposition sur le vide, mais une exposition sur les expositions d’artistes ayant utilisé le vide comme sujet ou objet de leurs expositions.

La 1ère en date fut sans doute celle d’Yves KLEIN en 1958 et régulièrement depuis, les galeries ont montré diverses expositions sur le vide, chacun en effet ayant sa conception du «  vide «  ( p.ex. une conception économique dans laquelle l’artiste allemande Maria EICHORN présenta une exposition vide à la Kusnsthalle Bern en 2001 indiquant qu’elle réservait l’argent ainsi économisé à la restauration du bâtiment ) .

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Le vide , comme le silence en musique.

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huile s/toile - 50x50 - 19 mars 09- JVL

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6 mars 2009

Roni HORN à la TATE MODERN jusqu’au 24 MAI 09

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Artiste américaine née à New York en 1955 est connue pour ses prhotographies, ses sculptures et ses dessins.

Elle est à la Tate Modern de London jusqu’au 25 mai ; le site de la TATE n’indique pas la date de naissance de Roni HORN, mais se contente de dire qu’elle a commencé à travailler vers 1970.

Roni HORN a notamment exposé à Paris en 2000 au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris ( avec entre autres de très fortes photos de Still Water – River Tames ) et au Centre Pompidou en 2004.

L’exposition de Londres semble faire la part belle aux sculptures et à la photo, accessoirement ( ? ) aux dessins.

Le site de la Tate est peu bavard, c’est le moins que l’on puisse dire, et aucune photo d’aucune des œuvres exposées n’est proposée…

Je vais donc revenir sur ce que je sais, enfin sur ce que j’ai vu en 2004 au Centre Beaubourg.

Les dessins de Roni HORN étaient d’une part des dessins au pigment et des dessins photographiques.

Pour les uns et les autres, le procédé était le même : Roni HORN découpe les photos prises dans son atelier ( ou les dessins – voir infra )  et les réassemble avec de légers décalages :

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clownpout (2 ) , 2002

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Cloud and clown 4

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Roni HORN explique :
j’ai pris deux images, deux têtes, que j’ai
découpées pour en faire une. On peut dire que c’est un portrait fait de deux
choses qui n’en deviennent plus qu’une .
En ce sens, HORN serait
le catalyseur qui permet aux particules de se reconstituer en un tout…
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Ces dessins-là sont des actes de démembrement.
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Les dessins au pigment sont construits de la même
façon, mais au départ, au lieu dutiliser une photo, HORN met du pigment sur du
papier, puis de la térébenthine, ensuite au vernis appliqué au pinceau, elle va
s’appliquer à faire tenir la poudre au papier – ce qui peut prendre des mois,
dit-elle.

Elle procède ensuire en découpant le papier en bandelettes ou
fragments, et rejoint bord à bord dans un minutieux travail de reconstruction :

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So, XII, 1998
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Selon moi,  l’œuvre en même temps se fragilise ( par la découpe ), se renforce ( par la construction
nouvelle ) , et renvoie  une image
extrêmement poétique, fine et solide.

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