blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

31 août 2011

DSK n’est pas innocenté – encore moins innocent

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Petit rappel et synthèse rigoureuse car il faut serrer la réalité au plus près et se baser sur des faits réels et précis.

 

Aux Usa, un peu comme chez nous, c’est le Procureur qui est chargé  de constituer  le dossier de l’accusation.

 

Dans ce dossier, figure entre autres  un rapport médical dont les conclusions sont formelles : la plaignante a connu une relation sexuelle laquelle fut violente selon les traces objectives relevées. En outre, les examens ADN, qui ne semblent contestés  par personne,  établissent  que ce rapport  ‘est produit entre la plaignante et DSK

 

Aux  USA comme chez nous,  une relation sexuelle même empreinte de violence  entre  adultes  consentants  ne constitue pas un délit.

 

Si l’un des  partenaires en revanche  considère que la violence subie lui a été imposée, il lui appartient de déposer plainte et il doit  prouver ( aidé en cela par le procureur ) qu’effectivement cette violence telle que rapportée  ici objectivement par le dossier médical est une violence qui lui a été imposée.

 

La preuve est délicate : la parole de la victime peut cependant  suffire  si elle est digne de foi.

 

Dans le cas d’espèce, la prétendue victime est apparue comme peu crédible, voire affabulatrice ou mythomane .

 

Il faut ici se reporter strictement aux termes de  l’argumentaire d’une vingtaine de pages, texte qui a été publié largement  et  que l’on trouve dans les médias, que le  Procureur a rédigé à l’appui de sa demande de cessation des poursuites contre DSK.

 

En résumé les éléments qui ont déterminé  le Procureur  a demandé l’abandon des poursuites sont les suivants :

 

-          La prétendue victime a changé trois fois  la version des faits eux-mêmes ;

-          Des constatations et éléments objectifs ( obtenus notamment par l’examen de pass électroniques )  démontrent l’existence de mensoges dans les propos de la femme de chambre ;

-          Celle-ci semble être habituée à mentir et affabuler. Ainsi, pour justifier sa demande d’asile lorsqu’elle est arrivée aux USA, elle a prétendu qu’elle avait été victime au Ghana son pays d’origine ( sauf erreur )  d’un viol collectif. Elle a donné des précisions sur la scène de ce viol collectif, et ensuite elle a reconnu qu’elle avait tout inventé.

 

Aux USA, le dossier du procureur est fourni dans la suite de la procédure, et est examiné par le grand Jury lequel doit se prononcer  à l’unanimité sur la culpabilité puis sur la peine à infliger à DSK.

 

A raison selon moi, le    Procureur a considéré qu’ avec un tel dossier, il n’y avait pas la moindre chance d’obtenir du Grand Jury qu’à l’unanimité  il prononce la culpabilité d DSK.

 

Il a donc suggéré au Juge d’abandonner les poursuites, et le Juge a rendu un jugement en ce sens.

 

Le lendemain, la Presse saluait le premier jour de liberté de DSK qui savourait sa liberté dans les rues…etc

 

Certes, DSK a été remis en liberté.

 

Mais s’il est libre puisque les poursuites contre lui ont été levées, il n’est pas innocenté pour autant et encore moins innocent des faits qu’on lui reprochait.

 

Pour être innocent, il eût fallu une décision du Tribunal le déclarant tel  – et cela n’arrivera jamais puisque sur base du rapport du Procureur, le Juge n’a pas examiné a question de la culpabilité éventuelle, et a déclaré les poursuites levées.

 

DSK n’a donc pas été innocenté.

 

Il y a eu relation sexuelle, le dossier le démontre via les examens des ADN.

 

 

DSK  du reste demande pardon.

 

Son premier pardon, il l’a donné au FMI qui l’a reçu par la petite porte.

 

Bientôt, sans nul doute , un pardon sera livré aux Français, peaufiné par les meilleures agences en communication  existant sur le marché, dans le style :

 

Françaises, français, je vous dois quelque chose : la vérité.

Ce que je n’avais pas à donner aux américains, qui sont des sauvages agissant encore  comme au temps de John Ford, c’est à vous, en vous regardant au fond des yeux,  que je le dédie. J’ai connu en effet un moment d’égarement, où mon jugement et la raison  m’ ont lâché, mais ce qui s’est passé est aussi à l’honneur de cette femme qui l’avait suscité, puis appelé de tous ses vœux ; elle était là, et je n’ai qu’à ,prendre la mai qu’elle tendait déjà…etc…etc « .

 

Des sondages déjà réalisés, révèlent qu’ne très grosse majorité de français ne sont pas favorables à ce que DSK  occupe un fauteuil de Ministre.

 

Mais, bon dieu, qui a parlé d’être Ministre en France… ?

 

La plupart prétendent que DSK n’aura plus jamais les voix  électorales  du corps féminin,  de même qu’une frange de l’électorat masculin.

Les femmes ne se sont pas assez mobilisées  pendant l’Affaire, et je le regrette profondément.

Certaines d’entre elle, dans le secret de l’isoloir électoral, voteront peut-être pour celui qui, d’une façon ou d’une autre,  a rejoint dans leur imaginaire un fantasme   en soi  est banal…

 

Comme tout cela est triste, triste et banal…

 

Mais il faut à tout prix éviter que l’opinion publique, qui est en train de le faire, ne bascule finalement vers l’image d’un DSK innocent puisque libéré. Ce serait injuste et insupportable.

 

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Dans la forêt, à côté d’une bauge naturelle, j’ai vu les pieds de certains arbres utilisés  par les gros sangliers qui après leur bain de boue  les prennent  comme grattoirs.

Le pied de ces troncs sont littéralement gunités de terre sèche grise, et ces grattoirs sont tellement sollicités que l’écorce en est grattée puis effacée et que les  résineux pleurent, laissant couler la résine qui, en séchant, laisse des traits noirs sur le gris clair des troncs emboués  :

 

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photo JVL - 28 aout 11 
tronc d'épicea pourtant proche de la bauge et pourtant épargné par les cochons sauvages.

 

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photo JVL - 28 aout 11  -  
souche gunitée de la  boue séchée  des cochons sauvages - on y voit les coulées de sèves noires.

 

 

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photo jvl - 28 aout 11 -  autre souche/grattoir et les coulées de sève.

 

 

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10 août 2011

. . BOLETS POêLéS , thé noir, caramel au beurre salé et gelée de groseilles.

Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , , — jvl @ 15:03

 

 

 

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Les bolets, cèpes de Bordeaux, coprins chevelus, et girolles   sont  là :    il suffit de les trouver…

 

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 Poëlez à feu moyen les bolets en poussant la cuisson jusqu’à les sécher un peu, de manière à ce que les sucs caramélisent.

Pendant la cuisson, préparez la sauce : faites une infusion corsée de thé noir de Chine qui donnera la note boisée souhaitée ;

quand le thé est prêt et bien chaud, laissez-y fondre les caramel, le beurre et le gros sel, à moins que vous n’ayiez déjà chez vous un bocal de beurre de caramel salé, que l’on trouve en effet dans le commerc ( plutôt breton cependant, le commerce…) …

 Quand le beurre – caramel est bien dissous dans le thé, ajoutez-y selon votre goût de la gelée de groseille. Celle-ci est destinée à donner la pointe d’acidité qui pour l’équilibre de ce plat disons subtil ne pourrait être apportée ni par un agrume, ni par un vinaigre fut-il vieux et adouci.

Enlevez les bolets cuits et quasi grillés, gardez-les au chaud, versez votre préparation dans la poêle de cuisson et laissez réduire un peu, en veillant à bien déglacer les sucs de cuisson.

Vous pouvez ajouter à ce stade un peu de crème fraîche.

Salez et poivrez .

Toast ou non par-dessous – c’est selon.

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60x60 - huile s/toile - Jacques V. Lemaire - 2 aout 11.
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9 août 2011

NECROLOGIE

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NECROLOGIE

 

 

L’artiste franco-polonais est mort samedi à 79 ans, à Rome, d’une maladie subite. Il allait avoir 80 ans le 27 août.

 

 

Un autre, il y a trois semaines, est mort à Rome également, à plus de 80 ans, victime d’un cancer.

 

 

Le premier était Roman Opalka,  polonais mort à Rome, la Ville Eternelle, qui peignait le temps qui passe, la mort qui arrive – et elle est évidemment arrivée.

 

Le second est  Cy Twombly, américain mort à Rome, Ville Eternelle.

Sa  Mort de Patrocle,  toile gigantesque exposée  à Beaubourg, avec un splatch de couleur noire  et le crayon noir qui court- qui court -qui court au long de cette longue toile de lin -  écriture «  la mort de Patrocle «  en français et en toutes lettres…et tant de silence épais sur tant de légèreté.

 

 

Morts, donc.

 

 

 

 

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17 juillet 2011

LE NOUVEAU GRAND MECHANT LOUP

Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , — jvl @ 13:39

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LE NOUVEAU GRAND  MECHANT  LOUP

 

 

Le nouveau grand méchant loup ( NGML ) est  universel  : il frappe le  monde occidental ou asiatique, il donne la mesure, siffle, fait danser, dénonce, anticipe, provoque les crises, les amplifie, sème la terreur…

Il s’agit des agences de rating,

Pas récentes, certes, mais c’est seulement  depuis quelques années, à la faveur de l’avènement des crises financières,   qu’elles viennent de prendre le devant de la scène.

 

Et quelle autorité !

 

Quelles craintes elles inspirent aux peuples et à  leurs gouvernements !

 

Quel curieux phénomène :

Ces agences apolitiques, neutres se disent-elles, au-dessus de la mêlée, donnent des notes, mettent des mauvais points aux mauvais élèves qui en deviennent d’office plus mauvais, et de bonnes notes aux bons élèves qui en deviennent du coup encore meilleurs par un simple jeu de cause à effet élémentaire.

Elles sont théoriquement régulées,  notamment par la Securities and Exchange Commission qui édicte des lois financières.

Elles font l’objet de critiques et controverses  – il n’empêche : si par exemple  l’un de ces Agences enlève aux ASU ses mythiques AAA, l’efffet sera foudroyant  – ce qui ne eput être exclu à l’heure de ces lignes, ou Obama n’a pas encore réussi à obtenir l’(accord des Républicains pour changer la Loi en remonter le plafond de la dette admissible.

Ainsi,  les agences de rating   peuvent tenir  l’économie d’un pays entre leurs mains via  leurs notations .

 

Que faire…oui que faire…contre ce très nouveau  grand méchant Loup … ?

 

Mais bon sang, c’est bien sûr, il suffit de changer la       loi.

 

Comment n’y avait-on pas pensé plus tôt ?

 

Et  hop !  Le Commissaire européen Michel Barnier vient de faire savoir, en ces vacances estivales 2011,  qu’il réfléchissait à la manière de modifier la loi, c’est-à-dire les règles qui régissent le fonctionnement des  Agences .

 

Il n’est pas normal, vient-il de dire, que ces Agences puissent noter un Etat comme un simple produit financier.

Il n’a sans doute pas tort…

Pourquoi   ne pas y avoir pensé plus tôt ?

C’est pourtant l’œuf de Colomb…

 

N’aurait-on pas évité des mouvements de spéculation ( notamment )  dont souffre  l’économie mondiale ?

 

Enfin, il me semble…

 

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50x50 - 15 juill 11 - huile s/toile - jacques V. Lemaire

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28 juin 2011

L’art et le vide

Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , , , , , , — jvl @ 14:29

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Pour  Freud, c’est  le manque ou la perte qui est à l’origine du désir : la perte de la Mère lors de l’épisode oedipien,  qui pour Freud est à l’origine du désir sexuel,  puis toutes les autres.

 pertes ou manques qui jalonnent notre existence.

La perte et le vide   constituent  chez nombre d’auteurs  les hypothèses à l’appui  de leur tentative de compréhension  de l’art et de sa fonction.

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Un essai de   Darian LEADER (1), intitulé Ce que l’art nous empêche de voir ,   tourne autour du vol de la Joconde  le 21 aout 1911   et du vide et  de la perte  qu’elle a laissés   sur le mur du Louvre, provoquant  alors  un affluent très  important de visiteurs  qui venaient voir la place vide  ( vidée )  de son tableau.

 

Je peins.

 

Mon atelier est situé dans le village, une ancienne grange, que je gagne en vélo quand le temps le permet.

 

Il m’arrive d’y aller, de ne pas y aller, de penser que je vais y aller demain ou tout à l’heure, de changer d’avis, et ainsi : de ne pas y aller, et d’y aller plus tard.

 

Arrivé à l’atelier alors que je pensais ne pas y aller, mais me disant que l’excuse qui m’en empêchait pouvait  attendre ( d’autres fois, elle ne peut  attendre et je n’y vais donc pas ) , je peins un , deux trois tableaux, commencés, achevés ou bien en route.

 

Je les regarde.

 

Que seraient-ils, eux qui sont là subitement sous mes yeux, si je n’étais pas venu à l’atelier, ou si j’y avais été plus tard ?

 

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Du vide ?  Simplement du vide ?

Ils n’auraient jamais existé ?

Certains objecteraient avec bon sens  que ce que je viens de faire en aller à l’atelier au lieu de ne pas y aller aurait peut  ou pourra encore être fait au moment suivant   c’est-à-dire  plus tard : évidemment pas au moment où j’avais décidé de ne pas aller à l’atelier, mais plus tard au moment où j’allais décider cette fois d’y aller.

 

 

Justement pas : ma peinture  n’existe que par rapport à l’instant où elle est faite. Disons, pour faire simple, que ce n’est pas de la peinture figurative :  en ce cas, peut-être ( mais seulement peut-être ) pourrais-je achever l’anse de la cruche maintenant ou plus tard, peu importe, il suffit de reprendre cette anse là où je l’avais laissée la dernière fois. Pas pour ce que je peins, qui n’est ni figuratif, ni narratif, bref pour faire simple qui est, disons, abstrait.

 

Une espèce de chose   sui   generis, c’est-à-dire qui n’existe qu’au moment où elle est créée, et dont le surgissement est lié à cette minute-là, pas à une autre.

 

D’où cette constatation  lancinante  et un peu perturbante :  je peins ce tableau et ce tableau n’aurait jamais existé si je n’étais pas allé à l’atelier.

 

Je ne vais pas à l’atelier, j’y vais plus tard : je peins et la peinture que je crée n’est pas celle que j’aurais  créée  si hier, ou il y a une heure, j’étais venu à l’atelier comme en un premier  temps j’en  avais eu l’intention.

 

Le vide de  mon absence à l’atelier  est proprement incomblable, c’est un vide absolu, qui ne peut et ne pourra jamais être évacué .

 

Les tableaux qu’ainsi  je n’ai pas peints  parce que je suis allé dans les bois, changeant subitement d’intention,  n’existeront jamais.

 

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En revanche, ce tableau que je tiens entre les mains, et que je viens de créer parce qu’il y a une heure j’ai subitement décidé de ne pas aller à cette réunion mais d’aller  à l’atelier, ce tableau-là est l’image du vide qu’il ne sera mais qu’il aurait pu être.

 

 

Convoquons  Marcel   Duchamp, toujours prêt à un bon coup et que je vois saliver à la lecture de ce qui précède : chaque fois que PICASSO crée une œuvre, j’ai décidé de m’abstenir d’en créer une.

 

Cette phrase  est tout sauf une boutade.

Evacuons ses relents provocateurs.

Il reste ce que j’ai décrit plus haut : si Duchamp s’abstient   –  de la même façon que s’il avait décidé à ce moment ( ce moment étant ici le fait que PICASSO venait de créer ici une œuvre, et qu’il entendait à sa façon de fêter l’événement  ) de ne pas aller à son atelier -  s’il s’abstient donc, ce tableau qui aurait existé s’il ne s’était pas abstenu, n’existera jamais.

 

 

 

 

 

 

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(1) Petite Bibliothèque Payot,  traduit de l’anglais, 2002

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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