où il est question d'hippotrague, du sahara, du néolithique et de de ma soeur

où il est question d'hippotrague, du sahara, du néolithique et de de ma soeur

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Voici un texte que j'ai reçu en guise de commentaire .

Je le trouve à ce point intéressant que je le glisse ici comme article.

Je mets en en-tête le détail d'un de mes tableaux auquel se réfère au départ cet article  - lequel  parle d'un hippotrague  avant de nous emporter au Sahara et au Tassili .

Commentaire :
Je retrouve sur l'un de tes grands tableaux, composé de 9 panneaux, dans la partie supérieure gauche, ce qui me semble être un hippotrague. Cette grande antilope, appelée aussi "antilope-cheval" en Afrique subsaharienne, présente de longues cornes annelées recourbées vers l'arrière et sur l'encolure une crinière de poils raides. Aujourd'hui, son aire de répartition se situe au sud du Sahara et en Afrique australe. Bon, pas très pertinent, à première vue, car quel rapport avec les cervidés d'Europe? Mais mais... une chose en entraînant une autre, cette histoire d'hippotrague me remet en mémoire 2-3 petites choses lues autrefois dans les ouvrages de l'archéologue Henri LHOTE, qui a exploré le Tassili n'Ajjer à partir de 1934. Il a recensé la plupart des sites de cette région, située non loin de la frontière libyenne (rien qu'à Jabbaren, à 35 kms de Djanet, il a répertorié pas moins de 5 000 gravures et peintures où figurent en particulier ces fameux hippotragues). On connaît l'apport décisif des travaux de Lhote sur l'histoire du climat au Sahara, depuis le néolithique final: la datation des représentations artistiques de la faune sauvage (hippopotames, notamment), entre -4 000 et -2 500 indique que le Sahara était encore luxuriant à cette époque. C'est la période dite des "pasteurs à bovidés". (Celle du néolithique ancien [-6 600 à - 4 000] est très différente: elle présente des "personnages à tête ronde".)
Qui étaient ces "pasteurs à bovidés"? En croisant ses propres recherches avec les connaissances de l'érudit malien Ahmadou Hampaté Bâ, Lhote a réussi à élucider certaines peintures rupestres relevées dans le Tassili. Il les avait d'abord baptisées "les boeufs accroupis", ou les "boeufs schématiques" , parce que les pattes étant réduites à des moignons, il avait d'abord supposé que ces boeufs étaient couchés. Or, pour Hampaté-Bâ, il s'agissait tout simplement de boeufs dans l'eau. Il y a vu une llustration de la cérémonie du lotori, encore en usage aujourd'hui chez les pasteurs peuls du Macina au Mali,qui consiste à conduire les boeufs une fois par an au fleuve ou au marigot le plus proche, afin de les lustrer (chez les Peuls, une légende raconte que les boeufs sont venus de l'eau). [D'ailleurs, en souvenir de cette origine légendaire des boeufs, on pratique encore chaque année le "passage des boeufs" à Diafarabé dans le Macina, sur le moyen Niger.] Lhote ajoute qu'à l'examen des relevés de peintures du Tassili, Hampaté-Bâ avait été très surpris de reconnaître dans plusieurs scènes des thèmes relevant des traditions des Peuls Bororos.
De là à induire que les pasteurs de boeufs du Tassili étaient bien les ancêtres des actuels Peuls Bororo (dont l'origine était restée jusque là mystérieuse), il n'y a qu'un pas que Lhote franchit allègrement.
Voilà un petit éclairage sur l'intérêt historique et ethnologique que peut aussi présenter l'examen des fresques et peintures du néolithique!
Pour ceux qui aimeraient prolonger les recherches, il faudrait lire (ou relire) les textes d'Henri LHOTE, comme "A la découverte des fresques du Tassili" ou "Vers d'autres Tassili", et bien d'autres!
Jacques, pourrais-tu mettre ce fameux hippotrague sur ton blog (ce n'en est sûrement pas un, mais on peut continuer à rêver sur une très improbable connivence entre artistes sahariens et européens ! Ah! ah! quelle belle idée)
 

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