blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

8 mars 2010

AVATAR – te à la crème

Classé dans : compte-rendus — Mots-clefs :, , — jvl @ 9:01

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Que l’on me pardonne ce jeu de mot puéril, mais il est à l’image du film.

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                           60x60- huile s/toile JVL- février 2010
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De spectaculaires effets spéciaux ne suffisent pas à faire un film  ( tout au plus, permettent-ils d’obtenir des bouts de scène, comme l’extraordinaire séquence de l’apprentissage du vol sur les oiseaux géants et le ballet, pas de deux, qui va s’en suivre ), il faut aussi un scenario…

Le scenario d’avatar est emprunté directement à celui de POCAHONTAS, film que les plus jeunes spectateurs ne connaissent sans doute pas…

Le scenario d’avatar est débile.

Mais pire encore, il met en scène, révélant par là son extraordinaire faiblesse et facilité, des personnages extra humains  – les Na’vi -   parfaitement et ridiculement  anthropocentriques.

Ces créatures bleues se touchent avec la main, s’embrassent sur les lèvres, ont un corps ( à l’exception d’une queue dont l’usage n’est semble-t-il pas déterminé )  anthropoïde, des sentiments et des comportements humains.

Il y a là une caricature d e l’humain poussé certes vers le meilleur, mais affligeante sur le plan de la créativité.

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J’aurais imaginé des êtres ayant quitté l’anthropomorphisme  en  ayant pousser  à l’extrême tout ce qui le composait,   -  et en ce cas  de petits cours de décodage  sympathiques et amusants ( tant qu’on y était ! ) qui auraient été donnés aux protagonistes dans les périodes de «  retour chez  eux « …

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                          50X100 - huile s/toile - janvier 2010

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6 mars 2010

Trois ou quatre vues sur Séville

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La femme de ménage achève de mettre la chambre en ordre ; elle passe un jet d’aérosol derrière elle ( le propre, contrairement à l’argent  a une odeur )  et, avant de quitter la pièce, ferme les fenêtres et rabat les persiennes. Il est midi,  l’air est bon dehors mais il est interdit, la lumière d’hiver dehors est douce mais elle est interdite de séjour…
…Sevilla, ou une certaine vision de l’air et de la lumière.

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L’ancien Maire de Sevilla, avocat et professeur de droit administratif, el Senor Luis URUNUELA   a publié son opinion dans le journal ABC, édition andalouse, à propos du projet de construction d’une bibliothécaire universitaire  dans le parc du Prado : il commence par un jugement sévère :

 Comencemos por la conclusión para que todo quede muy claro desde el principio: a mi juicio dar marcha atrás, a estas alturas, a la Biblioteca universitaria sería un despropósito y una nueva frustración a añadir a las ya numerosas que padece Sevilla.

 Il faut savoir que le Prado est un parc de petite dimensión, rectangulaire, hors du centre de Sevilla, et qu’il était le lieu où se tenait la Feria jusqu’à ce que celle-ci, il y a quelques années, dut migrer victime de son succès et de son déveleppoment.

La construction d’une biobliothèque universitaire dans le parc a provoqué des actions judiciaires de la part des riverains qui eurent gain de cause : la construction commencée s’arrêta et l’on peut voir actuellement sur le site de curieuses pièces métalliques sortant du sol qui laisse augurer une construction assez singulière. L’affaire vest actuellement en Cassation; on attend l’arrêt.

Mais ce n’est pas cela qui retient l’attention del Senor URUELA . Après avoir affirmé en préambule que construite à une telle hauteur la bibliothèque constituerait une nouvelle frustration à ajouter à celles qui entachent tout Séville, l’ancien Maire, qui est pourtant et il le rappelle un ardent défenseur du parc du Prado, conclut à ce que ce bâtiment doit être construit car Seville a besoin d’une bibliothèque universitaire.

Il oublie de prendre en compte un tout petit détail  : cette  honorable personnalité qui a travaillé à la grandeur de Séville et qui y reste fort attaché, n’a pas relevé que l’argument essentiel en faveur de la construction du bâtiment tel que projeté, est qu’il est l’oeuvre de l’un des plus fameux architectes de notre temps, une femme, Madame Zaha Hadid dont les bâtiments sont l’orgueil des cités qui les recueillent…

…Sevilla, où l’air et la lumière confinés peuvent donner des vues étroites.

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                            ortho - neige - photo jvl - 7 mars 10
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                              huile s/toile - jvl - 2 février 10

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Un Collège du centre ville le jour de la Fête de l’Andalousie.

Des avis aux valves rappellent les petits travaux aptes à réveiller ou entretenir l’esprit patriotique andalou ( connaître les paroles de l’hymne et le chanter, choisir un grand homme et résumer sa vie et son oeuvre , porter dans les cheveux le ruban vert et blanc etc). Les parents ont apporté tous les plats dont les portions vont être vendues au profit d’une association d’Amérique latine : on y trouve le catalogue de toute la gastronomie de comptoir andalouse. Les parents et les professeurs serevnt au bar, distribuent les tapas. Il pleut. La salle de gym résonne de tous les cris des élèves enfermés. Le professeur de philo, qui doit avoir 25 ans, a amené des amis qui jouent de la guitare en utilisant de mauvais ampli; le son résonne, se déforme un peu. Les airs de guitare, comme guidés par une main ancestrale ( oui, il faut bien dire ancestrale, se mue en une danse à trois temps, à six temps; d’un seul coup les bras se lèvent, les mains s’agitent, on dirait de loin de petites mains massées sur le bord d’un quai qui font  des signes d’adieu à un convoi fantôme qui s’ébranlerait. Avec une synchronisation parfaite et émouvante, gamins, petitres filles, garçons et grandes filles, par couples improvisés, ondulent, avancent, passent, repassent et tournent : c’est la  Sévillanne, cette danse que les mamans apprennent à leurs filles qui les apprendront à leurs propres filles. Aucune, dans cette salle de gym à la sono si pourrie, ne danse bien , mais l’ensemble bouge avec candeur, avec ferveur, il n’y a personnepour regarder, personne pour voir, et tous dansent avec leur coeur, un coeur aux rubans vert et blanc.

Séville, la sévillanne se danse yeux dans les yeux : que vous la dansiez avec un inconnu, avec votre frère, votre père, un autre inconnu que vous ne verrez jamais plus une fois la danse achevée, la sévillanne se danse yeux rivés aux yeux de l’autre, frime et pas frime, vérité imposible…

…Séville, vue étroite, fenêtres closes, persiennes tirées, yeux dans les yeux, pourtant.

 

 2 versions sévillanes du sabre et du goupillon

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22 février 2010

La bouche de VERONIQUE, selon El GRECO

 

 

 

 

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LA  BOUCHE   DE   VERONIQUE  version   LE  GRECO

 

 

El GRECO

aux Beaux-Arts à Bruxelles

jusqu’au 9 mai  2010.

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Traversez les premières salles, vous arrivez devant Véronique tenant le linge dont elle vient d’essuyer le Christ montant au lieu de son supplice,  et sur lequel la sainte face s’est imprimée.

 

Ce tableau vient du Museo de El GRECO à Toledo. 

 

Il est accroché seul sur un panneau, à bonne hauteur, c’est-à-dire, même si vous n’êtes pas  très grand, à hauteur d’yeux.

 

Attendez qu’il n’y ait pas d’autres visiteurs pour pouvoir vous en approcher  et l’accaparer pendant quelques instants, ce qui n’est pas impossible si vous évitez les heures  de pointe entre 14 et 16H.

 

Ce tableau date de 158O environ    , Le Greco avait donc  une quarantaine d’années  quand il le peignit.

 Le voile de Véronique vers 1580, huile sur toile (c)Toledo, Museo de Santa Cruz .

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A raison, on met en évidence le modernisme  - l’expressionisme – du Greco en parlant notamment  de sa série L’APOSTOLAT dont la meilleure, celle du Museo de El GRECO  de Toledo, est  justement à Bruxelles pour le moment.  Douze apôtre moins un ( St Matthieu que Greco n’a pas joint )  plus un (  saint Paul, qui ne fut pas Apôtre mais que Greco ajouta ), plus le Christ.

Il s’agit là de tableaux exécutés vers  1610 – 1614 soit à la fin de la vie du Greco ( + 1614 ).

Deux tableaux ( outre Le Christ )  de cette série son terminés : Saint Paul et Sainte Pierre.

Passons.

Attardons-nous plutôt sur ceux qui ne sont pas achevés : ébauche rapide à coups de grandes brosses, coups appliqués avec sûreté, justesse et parfaite efficacité.

Les meilleurs exemples que je ne peux malheureusement illustrer ici : mains ou  barbes simplement ébauchées mais parfaitement et comme complètement rendues,  bouches invisibles mais présentes en raison de  l’absence même  de peinture  etc.

Une mauvaise reproduction  quand même :

 

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St Mathieu, voyez ses mains – et essayez de voir comment la barbe  très mal reproduite ici, n’est que petite flaque à peine poilue, un nuage de nuage sur fond de toile passée à la terre de sienne …

 

 

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Mais revenons à Véronique et à ce tableau de 158O qui vient de Toledo aussi, mais cette fois du Museo de Santa Cruz.

Ah…Toledo !

 

Toute la facture en est soignée, aucun de ces coups de brosse délirants, intattendus, qui peuvent à eux seuls déjà faire  le charme de tant d’œuvres  au sujet religieux si cadenassé.

 

Ce tableau de Véronique passerait pour une œuvre quasi classique  ( si ce n’est le choix des couleurs, une certaine attitude de Véronique  aussi ) s’il n’y avait sa bouche.

 

Approchez du tableau, profitez-en, l’accrochage est bien plus abordable  que dans son Musée d’origine .

Le modelé du menton est parfait, comme est parfait celui  sous le nez jusqu’à la bouche, là où les hommes mettent leur moustache.

 

La bouche aurait pu rester ce qu’elle serait devenue si Greco l’ avait  poursuivie de la façon dont elle commençait : un  trait garance, fin et légèrement   titubant  partant de la commissure et se dirigeant vers l’autre extrémité.

 

 

Lorsque, oh miracle, se produit un petit cataclysme : les lèvres se brouillent, quelqu’un vient de toucher à la peinture encore fraîche avec un petit objet (  peut-être un  enfant qui passait et qui gesticulait avec un bâtonnet au bout du bras dont il toucha le tableau qui séchait  - allez savoir ! ) : on voit nettement le frottis qui vient détruire le dessin : un petit objet de 1 cm, pas plus, actionné sur la toile en un mouvement  diagonal de bas en haut.

Résultat : les lèvres brouillées en leur milieu.

VERMEER  revu   par  Francis BACON.

 

Sauf que le 1er aurait aussitôt corrigé le gâchis, et que le second 

l’aurait amplifié …

 

Qu’a fait Le Greco qui ne peut  PAS ne pas l’avoir vu : il l’a laissé tel quel.

 

Quel culot !

 

Culot…culot…il faut être prudent.

 

A l’occasion des grandes expositions de l’œuvre de ROPS montrées conjointement  dans les années 80  au Bota et aux Beaux-Arts, une critique d’art  habituellement très compétente et écoutée, s’était prise de passion pour une gouache de ROPS intitulée l’Attrapade,  dans laquelle l’attrapé était montré du doigt – un doigt féminin ganté si je me souviens bien – mais que ROPS avait coupé à hauteur du bras si bien qu’un ne voyait dans l’œuvre qu’un doigt pointé sortant d’un  bras  amputé sur le bord gauche de la toile.
Et notre critique de dithyramber sur la modernité et l’audace de ROPS qui avait pris le risque d’une mise en scène fort en avance sur son temps.
En réalité, ce que ne savait cette pourtant réputée et savante critique d’art, c’est qu’ il ressortait d’une correspondance de ROPS a l’un  de ses amis que par accident l’encrier s’était renversé sur le papier et que, dépité, ROPS n’avait  pu rien faire d’autre qu’amputer  son dessin en coupant la partie tachée…

 

 

 

 

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3 décembre 2009

HISTOIRE DE FEMMES – l’invention de la perspective

 

 

 

 

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Le Christ  nous est présenté  comme   né du ventre d’une femme, laquelle  le conçut, le porta et en accoucha  comme n’ importe quelle femme  - ou quasiment..

Grandeur du travail et du rôle obscurs.

 

Si ce n’est en effet    1/ qu’ elle  fut déclarée    -  très tardivement  -  par l’Eglise ( dogme de l’Immaculée Conception  du début du XXème siécle seulement ) comme conçue elle-mème sans péché originel,

 

Et  2/  que l’enfant en elle   fut  conçu sans l ‘íntervention d’un homme ( alors qu’elle était régulièrement mariée à Joseph ), mais à l’intervention de Dieu lors d’une scène appelée  L’Annonciation.

 

Cette scène fut maintes fois représentée en peinture, principalement par la peinture italienne du XVème siècle. C’est à l’une d’entre elle d’ailleurs que l’on doit l’invention de la perspective.

Des historiens de l’art ont vu un rapport entre l’Annonciation, la naissance de la perspective en peinture, et  l’Incarnation.

Si j’en parle ici, c’est que les peintres de cette époque  - florentins surtout et quelques siennois -   étaient très sensibles   à la question de l´’incarnation,  c’est-à-dire ce fameux momento où la Vierge Marie, lors de la visite de l’Ange qui vient le lui annoncer  ( d’où ce nom d’  annonciation  donné á la scène au cours de laquelle cependant  c’est bien l’incarnation  qui me paraìt de loin l’évenemet le plus important, je veux dire líncarnation du futur  Jésus  dans  le ventre de Marie ), les peintres donc sont arrivés à inclure dans leurs peintures à la fois l’invention de la perspective, et l’illustration de cette incarnation – ce du reste de manière très secrète, d’autant que l’incarnation est enseignée  par  l’Eglise comme  étant un mystère .

 

Mieux même, dans un certain nombre de cas, la perspective dans le tableau est en relation étroite avec le mystère de l’incarnation qu’elle va non représenter mais figurer.

 

Je veux ici surtout  parler ici des peintres florentins  LORENZETTI ( ils étaient deux frères  : Pietro et Ambrogio ), de VENEZIANO, et de son élève le plus illustre  à  Florence  : Piero  DELLA  FRANCESCA.

 

En 1344 Ambrogio LORENZETTI * peint une ANNONCIATION , qui est à la Pinacothèque de Sienne,  dans laquelle pour la 1ère fois dans l’histoire de l’art, il va représenter le pavement  selon une perspective entièrement  monofocale centralisée.

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Daniel ARASSE, dans Histoires de Peintures, Éd. Folio Essais,  p.74 et svtes, va se poser la question de savoir  pourquoi  est-ce  dans  un tel  tableau  que la perspective   été inventée.

 

Inventée et non découverte  puisqu’avant cela elle n’existait pas.

 

Selon lui,  qui en fait une  savante démonstration, l’incarnation est   figurée   ( et non représentée )    grâce à la  colonne qui est dorée dans sa partie haute ( le doré s’apparentant à la lumière divine ) et dans sa partie basse,  prenant une consistance physique  alors même que derrière elle se déploie le sol en perspective,  cette colonne devient  un corps opaque  - et figure ainsi l’intrusion du mesurable dans l’immesurable, du       : soit  ce qu’est  précisément  l’incarnation.

 

Un siècle plus tard, des peintres florentins ( Veneziano, Masaccio ) vont repenser le mystère de l’incarnation en la figurant par un  certain désordre  inséré dans la perspective-même :  la perspective dans le tableau  représente un  monde régulier et proportionné  dans lequel  le mystère de l’incarnation sera figuré par un désordre interne, une sorte d’accident, une  légère disproportion.

Un peu plus tard encore  ( 1470 ) , Piero della Francesca,  va placer  dans son Annonciation ( Galerie Nationale d’Ombrie à Perugia ) une plaque de marbre totalement disproportionnée au fond d’une parfaite perspective d’une doublé rangée de colonnes séparant l’Ange de la Vierge, plaque de marbre disproportionnée  au coeur de la  construction mathématique de son tableau, laquelle figure l’incarnation.

 

 

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Plaza de Las Cruces – Sevilla

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Je ferme la parenthèse de la naissance de la perspective et de l’utilisation de celle-ci par les peintres pour figurer le mystère de l’incarnation qui s’est produite au moment de cette annonciation, pour revenir à  cette histoire de femmes   qui fait le titre de cette note.

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 Voici donc la femme propulsée au 1er plan, puisqu’elle va donner naissance au Christ – alors que toute autre présentation était possible : enfant trouvé dans une grotte, par exemple, ou encoré selon un exemple célébre laissé par la Bible, enfant trouvé sur un radeau échoué sur la berge.

Non, cet enfant qui sera le Christ vient d’une femme et, phénomène extraordinaire, une fois l’enfant né, la mère va s’estomper, et la femme  finira par disparaître.

 

Le culte voué à la Mère de Dieu  ne date  en effet pas de l’Annonciation   : l’Eglise l’a instauré au cours des  1ers siècles, tardivement donc, parce qu’elle s’est rendu compte qu’il importait de présenter à la ferveur du peuple chrétien une personnage féminin pour éviter qu’il ne se détourne vers d’autres religions ou mouvements dans lesquels la femme  déesse était  fortement  presente.

 

Hormi la Vierge et des personnages féminins sanctifiés ( existe-t-il quelque part un décompte entre d’une part le nombre des  saints et d’autre part  le nombre des  saintes   ),  l’Eglise catholique est une affaire d’hommes.

 

N’est-il pas étrange qu’une religion  fondée sur la personne du Christ, lequel  si je peux me permettre  n’est pas tombé du ciel  comme cela  aurait pu être le cas sans que quiconque ne pût trouver à rediré, mais est né d’une femme  qui l’a porté pendant neuf mois avant d’en accoucher comme n’importe quelle mère, qu’une telle religión  donc  , qui donne à un femme une rôle  primordial,  n’ait  pas à la suite de cela , logiquement en quelque sorte, poursuivi en donnant aux femmes, à l’image  et à la suite de la mère de Dieu, un rôle actif dans l’Eglise au lieu d’en être, comme c’est le cas puisque les femmes ne peuvent avoir accès au sacerdoce,  radicalement exclues  ¿

 

 

 

 

 

La récente  exposition en réouverture du  M  de Leuven, sur Rogier VAN DER WEYDEN, nous a montré une somptueuse  Marie-Madeleine venant de la National Gallery  : Van der Weyden  l’a peint en 1445  assise  par terre, adossée à un meuble, en train de lire, son traditonnel flacon d e parfum posé au sol à côté d’elle.

 

 

 

 Ce qui frappe dans ce tableau, outre l’exceptionnelle beauté de la peinture, est que cette femme, pécheresse pulique, est tout entière absorbée dans la lecture d’un livre. Habituellement à cette époque ( est-ce que cela a  tellemen changé…?), un personnage tient son livre en mains comme un accessoire, un symbole ou pire un   prétexte   - un peu comme   Celle qui fait celle qui lit Musset,   de ROPS.

 

 

 

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Chez VAN DER WEYDEN, Marie-Madeleine, dans une si curieuse posture,  est tellement absorbée que, fait extrêmement rare, elle ne fait aucune attention au peintre qui est en train de la peindre, et donc à nous. Van der Weyden a peint  une femme don t l’Histoire nous a appris que la lecture n’est sans doute pas l’occupation favorite, mais qui est  pourtant  tellement absorbée  dans sa lecture qu’elle est indifférente au monde qui l’entoure, à tous ces personnages qui déambulent si proches  d’elle et qui sont eux aussi indifférents à sa présence. Elle n’a ni les traits crispés de celui , gêné par le tumulte,  tente de rester concentré, ni le visage extatique d’une mystique abîmée dans une lecture sacrée : elle est femme ordinaire – si ce n’est le vêtement- , au visage serein, qui ne tire le moindre plaisir ostentatoire  ( nous sommes pourtant en 1445 ! ) à se trouver dan s un lieu public en train de lire…

 

 

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C’ est pourquoi je m’adresse à vous, cher Benoît XVI.
Pour vous rappeler qu’une ânesse est, comme une femme, espiègle et obstinée, précieuse et peu considérére; qu’elle a des choses à dire qu’on n’entend pas toujours; et qu’elle peut pleurer, comme une femme, de chagrín, de douleur, mais aussi de beauté et d’amour  - 
Jacqueline KELEN,  lettre d’une amoureuse à l’adresse du Pape  ,  p.139, éd. la Table Ronde, 2007.

 

 

 

 

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*celui-là même qui a peint à Sienne, au Palazzo Publico, vers 1330, les fresques de l’allégorie des effets du Bon Gouvernement.

 

5 novembre 2009

HISTOIRES DE FEMMES – naissance de la perspective en peinture

Classé dans : commentaires — Mots-clefs :, , — jvl @ 12:00

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Regardez bien ce tableau.

Regardez le sol, en perspective,

Et la colonne dont la partie supérieure se perd dans le doré du fond du tableau,

Tandis que la partie basse semble plus réelle,

Car appliquée sur ce sol en perspective,

Car aussi, vous le voyez bien, le manteau de la Verge passe derrière la colonne, entre le sol et la colonne, et rend celle-ci plus concrète.

 

Regardez encore.

Vous voyez autres choses ?

C’est un tableau de 1344.

 

 

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