blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

26 juillet 2010

Commission ADRIAENSSENS – l’enfer pavé de bonnes intentions

 

 

 

 

 

 

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Il y a quelques semaines, des perquisitions étaient menées dans l’archevêché Malines-Bruxelles, ainsi qu’au domicile du Cardinal Daneels.

Le Vatican montait en ligne : selon lui, ces perquisitions et les conditions dans lesquelles elles avaient été menées ( les membres de la Commission ADRIAENSSENS  retenus  toute une journée dans des conditions déplorables, privées de leur gsm notamment ) étaient inacceptables.

La Commission ADRIAENSSENS est cette  commission privée mise sur pied par l’Eglise et chargée de recevoir les confidences des victimes présumées de faits de pédophilie commis par des prêtres.

Raison d’être : l’accueil des victimes qui n’osaient pas déposer devant l’autorité judiciaire.

La presse se faisait par ailleurs l’écho discret d’accords pris entre cette Commission  et avec le pouvoir judiciaire, une espèce ce de modus vivendi en somme.

C’est sans doute ce qui a fait dire à CHILD FOCUS, émue par le procédé sans oser toutefois aller jusqu’à le condamner, que l’action de la justice, en saisissant les dossiers des victimes, avait rompu  la relation de confiance ( note : établie entre la Commission et les victimes ).

 

Un fait m’a frappé : le jour même et  le lendemain , c’est-à-dire  extrêmement rapidement , j’entendais à la radio des membres de cette commission, toutes d’éminentes personnes à l’évidence dévouées  à la cause et  parfaitement désintéressées, annoncer que la Commission allait démissionner, ce qu’elle a fait très vite, une semaine plus tard,  le 28 juin 2010

 

Je suis allé consulter les statuts de cette défunte Commission  -  http://www.commissionabus.be/microsite/commissionabus/content.php?ID=13855

 

L’art 16  dit ceci :

 – La Commission tient compte dans tout ce qu’elle fait, d’une éventuelle procédure en justice en cours.

La Commission peut sans préjudice de l’article 13, proposer à chaque phase de la  procédure, à l’Evêque diocésain et/ou au Supérieur majeur de la personne concernée, de prendre des mesures urgentes si la nature, la gravité des faits ou les circonstances  l’exigent.

 

 

En outre, dans des circonstances exceptionnelles, la Commission peut par la voix de son Président, informer elle-même la justice.

 

Il est proprement ahurissant de lire que cette Commission , quelque louable puisse être sa motivation, se mettait en complet porte à faux avec nos lois et notre Constitution, notamment par le fait qu’elle se susbstituait au pouvoir judiciaire, seul chargé par ,notre Constitution à instruire et poursuivre toute plainte ou toute infraction à nos lois, mais aussi par l’organisation précise détaillé à cet article 16 , et qui est illégale, savoir que dans les cas exceptionnels ( ?! ), la Commision pouvait ( alors que c’est une obligation )  alerter l’autorité religieuse.

 

 

Dans son désir sincère de vouloir   dorénavant faire face au scandale de la pédophilie qui la frappe, et alors qu’elle prétendait à rechercher dorénavant la transparence, l’Eglise mettait en place et ou continuait à tolérer le fonctionnement d’une Commission qui, quoi qu’on dise, continuait à développer  l’opacité.

 

Le Batonnier LEGROS  l’explique parfaitement  dans un article du 20 juillet 2010 publié  sur le site http://www.justice-en-ligne.be/

 

Exit la Commission Adriaenssens : on aurait pu souhaiter que l’Eglise elle-même, dans la croisade entamée pour faire le ménage, allait d’elle-même la supprimer.

Foin de pleurnichage, que diable ! l’important est que l’Eglise ait pris le chemin…

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

120x150 - huile s/toile - Jacques V Lemaire - juin 2010.
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16 avril 2010

VATICAN 1 et VATICAN 2

Classé dans : Sevilla-Séville — Mots-clefs :, , , , , — jvl @ 16:09

 

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Fin mars 2010 début avril 2010 le n° 1 du Vatican déclarait qu’il n’y avait aucune relation entre le célibat des prêtres et la pédophilie dont certains prêtres s’étaient et se rendaient coupables.

La Presse Internationale en a largement fait écho.

Vers le 13 avril, le n°2  du Vatican , Mgr Tarcisio Bertone,  déclarait au Chili qu’il y avait en revanche une relation entre l’homosexualité et la pédophilie.

Cette déclaration  a soulevé  partout des vagues de protestations aussi bien dans les milieux homo que non homo.

Ce que dit en effet le n°2, Mgr Bertone, n’est pas exact comme en  témoigne ce tag/pochoir capté sur le mur d’un Collège à Sevilla ce 16 avril 2010 :

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Sevilla, calle San Luis, 16 avril 1O - photo jvl
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Détail - si nécessaire -
enfin je veux dire s'il y a hésitation quant à la question de la
pertinence de la déclaration de Mr Bertone.
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29 août 2008

Unique au monde, ce tête-à-tête ?

 


Un buste  en marbre de Carrara du Bernin, et un portrait peint par Vélasquez : voilà déjà  en soi deux œuvres importantes, ajoutons même majeures dans la mesure où incontestablement il s’agit de deux chefs d’œuvre : le portrait du Pape Innocent X.


( c’est ce tableau de Velasquez qui inspirera à   Francis BACON  les déclinaisons que l’on sait ) . 


Ces deux portraits du même personnage   se  font face à face dans la Galeria Doria - Pamphili  à Rome. Ils ont été installés, seul à seul dans une petite alcôve aux murs  bleutés et nus,  dans une lumière une peu blafarde, alors que les murs des couloirs de la Galeria sont surchargés de tableaux jusqu’au plafond.

 

Tout se passe comme si, dans cette implacable ,  sobre mais  vertigineuse  mise en scène, Innocent X se regardait  dans son miroir et se voyait  d’un côté en buste du Bernin et de l’autre en toile de Vélasquez.

 

Il existe quantités de portraits d’un même personnage, mais à ma connaissance aucun cas de portraits – l’un sur toile et l’autre sculpté – réuni à demeure  dans le même endroit.

 

Le dernier volet de ce portrait n’est pas très loin : le Musée du Vatican possède en effet ( donation d’AGNELLI  si je ne me trompe )  une des  versions  de Francis BACON , qui donne une note un peu surréaliste au Musée d’art Sacré où il est enfermé.

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11 août 2008

les copies et l’image de l’art

Classé dans : Non classé, commentaires — Mots-clefs :, , , , , — jvl @ 21:29



 

 

J’ai toujours eu une aversion pour  la copie. Très jeune , plutôt que de garder les reproductions ou acheter des posters, j’avais ( pour le même prix mais en cherchant un peu )  des originaux : c’est ainsi que très vite, je me suis rendu compte qu’il était possible de vivre entouré d’œuvres originales : un dessins anonyme,  des gravures sans intérêt parfois, lithos, peintures à l’huile trouvées dans des rebuts ou achetée aux puces pour quelques francs . Mais rien que des œuvres originales, aucune copie ni reproduction, pas nécessairement belles mais forcément intéressantes.

L’authentique au prix du toc.

 

 

Il y a au Musée du Vatican un torse antique ( torse et cuisses ) en marbre blanc  connu sous le nom  Torse du Belvédère  .

C’est une œuvre originale du 1er siècle avant JC d’un athénien qui l’a signée.

Il s’agit donc d’une œuvre grecque originale, et non, malgré l’époque tardive, de l’une de ces copies romaines qui abondent partout, y compris dans ce même Musée, comme par exemple l’Appollon du Belvèdére.

 

L’Antiquité romaine  en matière de sculpture   nous a  surtout donné des copies d’originaux grecs – souvent de Pergame – originaux d’ailleurs  le plus  souvent perdus.

Ces copies montrées dans les Musées peuvent être d’excellente facture – même si l’une des caractéristiques semble être que  les Romains manquant souvent  de l’habilité propre aux grands Grecs, appuyaient habituellement   leurs sujets sur quelque artifice comme un tronc ou une branche.

 

Mais ce sont des reproductions ,  le but avoué  étant d’ailleurs d’être au plus près de l’original.

 

L’art romain nous a heureusement livré des œuvres originales et, sans vouloir parler ici des peintures , fresques et mosaïques pour lesquels ils subsistent d’authentiques chefs-d’œuvre  ( lesquels sont des œuvres originales dans le sens où il ne semble pas qu’elles fussent tirées de l’art grec )  puisque je me borne à la sculpture,  il faut évidemment parler, entres autres, des extraordinaires bustes qui sont autant de portraits réalistes  ( ils abondent au Musée National  Romain par exemple ), et les frises en haut-reliefs comme celles de l’Arc de Titus au Forum ou de l’Ara Pacis  à Rome.

 

Mais je reviens au Torse du Belvédère.

 

Voilà donc une œuvre sculptée par un Athénien au 1er siècle, c’est-à-dire à une époque où la Grèce faisait partie du monde romain. Est-ce une œuvre grecque ou romaine ?

 

Les portraits du Fayoum réalisés en Egypte par des grecs venus s’y installer sont-ils grecs ou égyptiens (  aux 1ers siècles de notre ère, l’Egypte était province romaine, et ces portraits furent peints par des artistes grecs dont la colonie s’était établie dans la région du Fayoum ; ces artistes avaient repris une technique naturaliste issue de la tradition établie par le grand peintre grec du IVe siècle av. J.-C.,  Apelès de Cos  ). On les classe habituellement dans l’art égyptien.

 

 

Des conques gravées sur les bords de l’Asie Mineure ou  à Carthage  par des artisans phéniciens ( lesquels phéniciens se voient du reste reprocher  leur tendance à l’imitation et à la contrefaçon, mais c’est encore une autre histoire…)  qui s’y étaient installés sont classés  dans l’art phénicien, de même, semble-t-il,   lorsque ces  mêmes coquillages  furent  réalisés par des  carthaginois formés par des artisans phéniciens mais mis dans le commerce par les Phéniciens…

 

Le Torse  du Belvédère – du 1er sièce a.c.n. ,  j’y insiste,  réalisé  sur le sol de la République Romaine –  ne peut être romain…Quelque chose de profond  en nous s’y oppose…La puissance de l’originalité de l’œuvre, sa qualité exceptionnelle  ( qui ont fait  l’admiration de  Michel-Ange et de Picasso ) ?

 

Etiquette…étiquette…

Le Torse du Belvédère est un chef d’œuvre, et à ce titre , il est universel : il n’y a que les guides, que les catalogues et les catalogueurs ( dont nous sommes malheureusement un peu tous, plus ou moins ) qui peuvent se faire du souci pour l’étiquette, le classement, la catégorie, l’origine…oui,  mais  on sait  aussi  que c’est un peu plus  compliqué : ne va-t-on  pas, par exemple,  se sentir  trahi si après avoir ressenti une véritable émotion devant une œuvre de Raphaël, on apprend  en  lisant l’étiquette qu’elle est une copie anonyme   ?

Un Musée sans  indication et sans étiquettes  ( allez, juste le temps de l’expérience  ) serait  insupportable…mais quelle délectation, quelle liberté,  quelle jubilation, quelle foire à la peinture …

 

 

 

 

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