blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

7 janvier 2011

DE VAN EYCK à DURER , musée Groeninge à Bruges

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Paradoxes et singularités externes du Musée Groeninge de Bruges

 et de l’exposition qu’il y présente actuellement jusqu’au 30 janvier 2011.

 

Vous aurez tout d’abord beaucoup de mal, sur internet, de trouver le Musée Groeninge ( qui n’a pas de site web  propre ! ) , et plus de mal encore à vous faire une idée des tableaux constituant cette exposition, si ce n’est, par brides et morceaux, à travers des coupures de presses glanées çà et là…

 

En débarquant à Bruges, vous aurez des difficultés à trouver le Musée Groeninge : soit le monde entier est sensé le connaître, soit l’absence de tout panneau indicateur dans la Ville constitue le nec du raffinement en terme de communication, tout comme l’absence d’affiches…

 

Cette extrême parcimonie, ce presque silence autour du lieu et des chefs d’oeuvre qu’il abrite, a de quoi dérouter.

 

Manque de moyens ? On n’ose imaginer…

Manque d’imagination ? On ose encore moins !

Manque du sens de la communication ? Le contraire, sans doute.

 

Tout cela vous occupe un peu l’esprit au moment où vous découvrez le Musée, dont on ne perçoit pas tout de suite, tant l’envie de le pénétrer enfin est grande, l’extrême modicité de l’architecture : quelques blocs de briques, peints en blanc, ordonnés semble-t-il autour d’un axe circulaire.

 

Et lorsqu’enfin vous passez la porte, vous avez l’impression d’entrer dans une maison de repos dont le mobilier, chaises, tables, lits auraient été enlevés  à la hâte, juste avant votre arrivée.

 

Jusqu’à l’odeur, si cractéristique des lieux  désenchantés et délaissés, que vous croyez  percevoir en passant sur le côté d’un escalier de bois qui, lui, sent l’internat des années 50.

 

Mais vous voilà dans la place.

 

Et ce qu’il y a à l’intérieur , dans ce si curieux intérieur, vaut bien entendu un autre post, lequel va suivre…

 

 

 

 

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5 décembre 2010

Sélection d’expositions à voir en Belgique

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Sélection d’expositions à voir en Belgique

Ou  de quoi commencer 2011 pas trop idiot.

Toutes les expositions recommandées ci-après entameront largement l’année nouvelle 2011, sauf Namur ( Abstraction à la MCN )  qui se termine le 30 janvier.

 

 

A  BRUXELLES :

 

-         Au WIEL’S : 

                    . Francis  ALYS

L’exposition Francis Alÿs : A Story of Deception, est organisée par Dirk Snauwaert, Directeur de Wiels. Elle a été initiée en collaboration avec Tate Modern (Londres), où elle a été curatée par Mark Godfrey (curateur) et Kerryn Greenberg (assistant curateur), et le Museum of Modern Art, New York, où les curateurs seront Klaus Biesenbach et Cara Starke.

Jusqu’au 30 ja,nvier 2011

 

             .  Evelyne AXELL  – la belle namuroise…

L’exposition présente le travail d’Evelyne Axell, artiste Pop belge (née en 1935 à Namur ; décédée en 1972 à Bruxelles), féministe avant l’heure, récemment redécouverte, et qui s’attacha à représenter la sexualité féminine.

Jusqu’au 16 janvier 2011

 

 

-          Musées Royaux des beaux-arts : 

            

               .  Jules SCHAMLZIGAUG :   rétrospective de ce peintre méconnu, un des seuls impliqué dans le mouvement futuriste d’avant 1914…

Jusqu’au 23 janvier 2011

 

 

 

 

-         BOZAR :

 

               . Wim DELVOYE :

l’aimer ou le détester, se demander la place qu’il prend aujourd’hui – mieux : demain ! – dans l’histoire de l’art…( euh, je veux dire : de lard )…

Mieux vaut aller juger sur place, jusqu’au 23 janvier 2011.

 

 

 

                .  Lucas CRANACH :

Son œuvre replacée dans les contexte social , culturel et artistique de la Renaissance du XVIème en Allemagne.

 

 

 

 

-         Musée d’Ixelles :

 

Il  est de bon ton de dire et répéter que ce «  petit «  Musée produit des expositions généralement bien fichues – c’est encore le cas avec

                 . De DURER  à  Jan  FABRE :   dialogues inédits entre les œuvres des collections ( dixit le Musée ).

 

 

 

 

 

-         Biblioteca Wittockiana :

Henry Van de Velde relieur … reliures rassemblées pour la 1ère fois, avec leurs dessins préparatoires. L’exposition est complétée par  la présentation de meubles, argenterie, textiles et bijoux.

Jusqu’au 16 janvier 2011

 

 

A  NAMUR :

 

-         MAISON  DE  LA  CULTURE :

L’abstraction depuis 1945 ,  tirée des collection de DEXIA.

Jusqu’au 31 décembre 2010.

 

 

 

A  LEUVEN :

 

-         MAYOMBE :  sculptures et objets rares titésd d’une collection privée congolaise.

Mayombe est la région Nord-Ouest du Congo.

Jusqu’au 23 janvier 2011.

 

 

 

A  BRUGGE :

 

-         Au GROENINGENMUSEUM :

De  VAN  EYCK  à  DÜRER : pièces maitresses venbant de collection d’Europe et d’Amérique…

Jusqu ‘au 30 janvier 2010.

 

 

 

A  GENT :

 

-         Au S.M.A.K :  

Hareng saur   :  les œuvres d’ENSOR côtoient celles d’artistes contemporains  se réclamant de lui.

Jusqu’au 27 février 2011

 

 

 

A  ITTRE :

-         Le Musée Marthe DONAS est ouvert. 

Marthe DONAS   est la première peintre abstraite belge ( sa 1ère œuvre abstraite, après sa période cubiste, date de 1917, mais certains classent certaines de ses œuvres cubistes  déjà dans la période abstraite ).

Le Musée portant son nom vient d’être ouvert : justice lui est ainsi rendue.

L’exposition présente ici des œuvres de la période allant de 1916 à 1927.

Jusqu’au 2 janvier 2011

 

 

2 octobre 2009

L’ agnus dei de PAIR NON PAIR

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La grotte de PAIR NON PAIR ( côte de Bourg, Gironde ) a été découverte  en 1881 par un natif de Bourg, François DALEAU.

 

L’une des plus belles gravures ( elles sont toutes aurignaciennes, càd -30.000 ans  env. avant le présent ) , face à l’entrée, à droite, est un cheval tournant la tête vers l’arrière à 180 degrés, encolure en parfait arc de cercle.

 

On connaît cette figure biblique de l’agnus dei, mouton cette fois puisqu’il s’agit d’un  » agnus  » , représenté maintes fois en peinture, par les dits Primitifs flamands notamment ( mais je viens d’aller vérifier : l’agnus dei de VAN EYCK, dit l’Agneau Mystique, est un agneau bien droit sur ses pattes, la tête dressée tournée vers le spectateur qui le découvre de face ).

 

En allant à PAIR NON PAIR, je suis passé par TAURIAC, petit village  dont  la France  a le secret,  et me suis arrêté tant le soleil du petit matin rasant l’égl!ise romane à peine visible à travers les arbres de la petite place, me faisait une invitation forte.

Ai donc pris quelques photos de cette église romane, chef d’oeuvre silencieux dans la campagne déserte, et surtout une photo du tympan droit.

 

Le guide de PAIR NON PAIR, à qui je parlais de ma découverte à Tauriac me demanda si j’avais vu l’agnus dei sur le tympan droit de l’église. Je lui répondis que je ne l’avais pas formellement vu mais qu’il devait être sur l’une de mes photos. 

 

Ce matin-là, parce que j’étais fort en avance sur l’horaire ( les visites ne commençaient qu’à 10h ) , et parce que j’avais sympathisé avec cette personne par ailleurs responsable des lieux, le guide me proposa une visite  pour moi seul. C’est le genre de situation qui s’est déjà produit ailleurs, et ce sont pour moi, chaque fois, des moments privilégiés.

 

Nous voici donc face au cheval retourné :

 

 

Et le guide m’expliquer que sur le tympan droit de la façade de l’église de TAURIAC, se trouve un agnus dei, auquel DALEAU s’est référé lorsqu’il a découvert le cheval de PAIR NON PAIR.

 

 

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Eglise romane de Tauriac, tympan droit.

 

 

 

 

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12 octobre 2008

PICASSO ET LES MAITRES, ou l’injure faite à Picasso

 

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore ( c’est-à-dire les sourds, les muets, les aveugles – j’emploie ces expressions au figuré, bien entendu, car les vrais sourds, les vrais muets et les vrais aveugles sont au courant ) se tient actuellement au Grand Palais à Paris   (http://www.rmn.fr/Picasso-et-les-maitres )  jusqu’en février 2009  une exposition intitulée  PICASSO  ET  LES  MAITRES.

 

Ceux qui ont monté cette exposition ne connaissent pas Picasso, ne connaissent pas la peinture, et ne savent pas ce qu’est peindre.

Peindre comme Picasso l’a fait ou peindre tout court.

 

Ce n’est pas en accrochant le Déjeuner sur l’herbe  de Manet à côté de toiles de Picasso qui a pu s’y référer que l’on montrera quoi que ce soit, si ce n’est la bêtise d’idées fausses consistant à vouloir faire croire que la mise d’œuvres côte à côte explique, dans l’œuvre d’un peintre,  quoi que ce soit.

 

Le mécanisme est le même, bien entendu, pour toutes les œuvres montrées – et elles sont légion, nombreuses en qualité au point que la vraie prouesse de cette exposition est d’avoir pu rassembler au même endroit   Le Gréco, Cézanne, Renoir, Rousseau, Murillo, Rembrandt, Cranach, Chardin, Zurbaran, Manet, Van Gogh, Goya, … Et aussi « Vénus se divertissant avec l’Amour et la Musique » du Titien, la « Maja Desnuda » de Goya, « Olympia » de Manet…

 

J’enrage.

Picasso aussi, j’en suis sûr.

Quoi que , lui,  il a le droit de ricaner. Ce qui doit lui faire du bien.

Il me semble l’entendre :   «  y a vraiment qu’aux bêtas qu’il faut montrer Velasquez pour qu’en même temps, avec mes ménines à côté, ils voient quelque chose ou croient voir quelque chose… »

 

Et qu’est-ce qu’on voit alors ? Qu’es-ce qu’on voit ? Dites-le moi…On ne voit rien, parce que ce n’est pas comme cela que les choses se font, que les choses viennent, que la peinture s’enclenche : ce n’est pas avec l’œuvre à côté, c’est avec l’œuvre dedans soi…l’œuvre d’origine, ou toute  autre chose qui  est à l’origine d’une autre.

 

 

 

 

Picasso connaissait l’art, l’art antique, l’art ibérique, l’art négre, l’art classique, l’art de son temps. Il achetait des tableaux de peintres vivant autour de lui : le douanier Rousseau, Cézanne bien sûr, Matisse. Il a acheté des statues africaines, des objets ibères, et s’en entourait.

Il avait fréquenté les Musées, dès  qu’il  put s’échapper de son Andalousie natale et de Malaga où il y avait si peu à voir – à part bien sûr tout ce qui allait  faire de lui l’homme et le peintre qu’il est devenu : la présence de son père, les pigeons que celui-ci élevait, les corrida où son père l’emmenait, les toros.  Avant l’âge de 20 ans , il connaissait le Prado, il avait découvert  Madrid d’abord, puis Barcelone lorsque son père professeur  fut nommé dans le Nord, puis à 20 ans  Paris.

 

Picasso voyait, sentait.

Les  propos qu’il tenait, et qui sont fidèlement  rapportés par exemple par Malraux, dans La tête d’obsidienne ,  sur la vie, sur la peinture, sur la création , sont  souvent simples pour ne pas dire – quelque fois – simplistes,  car Picasso parle peu, il peint.

 

Il a vu ( que dis-je : ingéré  ) tous les chefs d’œuvre  -  et combien d’autres –  qui sont accrochés actuellement au Grand  Palais. Il les a vus comme seul il pouvait les voir. Il ne les a pas emportés dans son atelier, c’était inutile, comme pour un  peintre il est inutile d’emporter avec la nuit les images qu’il collectionne partout, les  sensations qu’il enregistre – elle sont en lui.

 

Et c’est bien cela qui est enrageant dans cette exposition : cette mise côte à côte des tableaux est exactement le contraire de ce que Picasso –  et  d’autres – a fait sa vie durant.

 

Les montrer ainsi, c’est vouloir ignorer bl’essentiel :  le travail intérieur  qui se fait  une fois  disparu  de la vue  Le déjeuner sur l’Herbe.

 

Picasso les avait en lui.

Comme nous, nous avons  en nous  -  mais je devrais peut-être dire  pas nous mais bien moi  - bon, je dis moi.

Comme moi, j’ai en moi – gravés au plus profond  et ne cessant de les articuler les uns aux autres –  les chevaux de PHIDIAS, les ex-voto ibères, Philippe le Bon de MEMLING  et les anges Musiciens deVAN EYCK, la Vierge des Pélerins de CARAVAGGIO, un contre-jour de fougères au couchant, la calotte rouge anglais de la linotte, le dôme velouté du bolet bai, les tridacnés phéniciens, les portraits du Fayoum, les pincks  ladies de DE  KOONING ,  les rouges de ROTHKO, les rennes affrontés de Font de Gaume,  les annonciations deFILIPPO  LIPPI et celles de Dirk Bouts et de van der Weyden, les prédelles de DUCCIO le Christ à la  Colonne  d’ ANTONELLO da  MESSINA,  les houles de NOLDE,   le Lac de Thoune et le Niesen de HOLDER,  les croupes ropsiennes,  les  grincements deSHCIELE,  le brâme du cerf,  la cosmogonie d’Anselm KIEFFER, le regard chez REMBRANDT, les avions de GASIAROWSKI, Achille pleurant la mort de Patrocle de TWOMBLY,  l’écriture rose de HANTAI, les voutes ogivales  de Saint-Séverin, les bébés de Marlène DUMAS,  les Tricheurs de DE LA TOUR, les ostraca  égyptiens, la Fille rousse de MODIGLIANI, la Porte-fenêtre à Collioure  de MATISSE, les dessins photographiques de Roni HORN…

 

Picasso avait en lui la Maja Desnuda, les Ménines, la fureur des bombes tombant sur Guernica.

Il les possédait, comme aucun musée ne les possède, et c’est en cela que le propos de l’exposition est insupportable : montrer l’évidence me fait – à moi – toujours mal.

Et montrer l’immontrable, pire encore.

 

Les amateurs de show seront donc comblés.

Ceux qui ont besoin de démonstration clinquante  aussi.

Les curieux aussi, les autres – qui pensent qu’il  est tout de même préférable de faire partie de ceux qui ont vu plutôt que rester dans les limbes de ceux qui n’y sont pas allés.

Tous ceux qui vont faire l’expo. Nous, ce w.e. nous avons fait Picasso et les Maîtres…il y avait un monde…un monde…

Le battage médiatique est exceptionnel, le budget publicité est  phénoménal. Il existe un box-office des entrées, comme au ciné, au théâtre. Anselm Kieffer au Grand palais a fait 120.000 entrées. Picasso fera le double, le triple. On pondérera alors suivant le facteur durée : des mois pour Picasso, 3 semaines pour Kieffer, mais quand même….

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 Portraits du Fayoum, 2ème siècle


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Cet été je n’ai pas fait le Grand Canyon, je n’ai pas fait BALTHUS à Gianadda, mais j’ai fait du vélo, des pizzas au céleris rave et  au  gingembre    , et bientôt je ferai MANTEGNA au Louvre, çà oui, je vous le jure,   je vais me faire MANTEGNA…

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