blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

23 avril 2010

SEVILLANA, de mères en filles…

Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , , — jvl @ 12:37

.

.

.

Voici ce qu’illustre bien les propos de mon  post d’hier sur la tradition familiale comme moteur d’enseignement et de perpétuation de la Sevillana.

On voit ici  dans une caseta danser  en même temps la grand mère ( robe blanche ), la maman ( dans le miroir ) et la chica.

 

.

Le petit frère se joint à elles…

.

.

La sevillana est divisée en quatre parties ( les  coplas ) , avec chacune trois mouvements chaque fois différents.

.

A la fin de chaque copla, les danseurs terminent topujours en élevant le bras et en dépliant la main, qu’ils tiennenet un instant en l’air, le temps de reprendre le battement de s mains en attendant la copla suivante.

Ce final, que l’on voit ici, est identique pour chacune des quatre parties.

.

.

21 avril 2010

FERIA de ABRIL, de Séville / Sevilla

Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , , , , , , — jvl @ 12:57

 

.

La Feria de abril de Sevilla  , ainsi appelée parce qu’elle se déroule toujours en avril ( elle commence 15 jours après Pâques, et il faut qu’un jour au moins se trouve en avril, dure une semaine ; elle était à l’origine une Foire commerciale au bétail, qui se déroulait au Prado.
Elle est aujourd’hui la vitrine ce qui  se fait de plus festif, de plus élégant et de de plus coloré en Andalousie. Elle reste  aussi pour certains l’occasion, dans des casetas privadas,  de recevoir des clients étrangers et de conclure avec eux – un chef d’entreprise sévillan me disait qu’il attendait, si le volcan l’autorise, un Kazakh et un Lituanien pour finaliser  avec un eux un contrat  discuté depuis des mois.
Chevaux et équipages, apprêtés avec une  sobriété ( parfois )  à et un raffinement ( toujours )  bouchonnent dans les rues, alors que de partout affluent femmes, filles et enfants en robes flamencas,  messieurs soignés , jeunes gens en costume  ou en T Shirt.

.

;

.

.

.

.

.

.

.

Vous verrez en ville  des myriades  de petites scènes amusantes et colorées :  ainsi hier soir, dans les phares du taxi, un   scooter rouge conduit par un jeune homme casque et costume, avec  en amazone derrière lui une jeune fille habillée de  flamenca jaune vif, escarpin du même jaune : dans les phares et la nuit, l’on ne voyait que la courbe de la carrosserie arrière du scooter rouge vif, le bas des jambes habillés de volants jaunes vifs, et les escarpins avivés par les phares.

Le spectacle est dans la rue, virevoltant, chatoyant, coloré – et l’on est soulagé quelque fois, ayant pu craindre un moment que la perfection était descendue sur terre, de croiser une jeune fille ou une femme un peu moins gracieuse, un peu moins violoncelle – bref, ressemblant enfin à vous et moi.

Musique et Manzanilla, celle-ci coupée d de spa citron comme on dirait chez nous, half en half comme on dirait au Cirio, ce qui permet de boire toute la journée ( à pied, à cheval, en calèche, en dansant : rares sont ceux et celles qui n’ont pas le verre de Manzanilla à la main ) , et musique .

.

.

La Sevillana, qui est cette danse d’inspiration flamenca  mais sur les origines de laquelle les hypothèses vont bon train, cette danse qui rend les mains plus gracieuses, les sourires encore plus souriants, les yeux brillants, les volants des robes  virevoltants,  les hanches plus arrondies, quelques pas de côté à gauche, puis à droite, on tourne,  quelques pas de nouveaux, puis  on passe, on tourne, une fois, deux fois, on repasse : chacun la danse avec  sa personnalité, ce qui devient un «  style « , les hommes ne la dansant que depuis peu car à l’origine seules les femmes  la dansaient entre elles. Certains hommes la dansent comme s’ils toréaient, certaines femmes la dansent comme si elles voulaient exprimer le meilleur de leur beauté, le meilleur de leur séductibilité.
Il existe des écoles de Sevillana, mais  la filière d’enseignement de cette danse est la famille et l’école : les mères l’apprennent à leurs filles, qui l’apprendront à leurs filles…et leurs garçons.  J’ai entendu la directrice d’une école  de Sévillane parler à ses petites élèves ( de 5 ou 6 ans ) qu’elles avaient à séduire.  Cette aveu, cette directive, m’avait impressionné – et je le reste, tant je me dis qu’il reste du chemin à faire pour extirper de l’éducation donnée aux filles ce qui va très rapidement faire obstacle à une vie d’égalité entre les sexes.

.

.

.

.

Mais foin d’esprit chagrin, la Feria dure une semaine, et hier n’était que le premier jour.

Aujourd’hui, l’on y retourne…

.

.

.

.

.

.

.

;

_____________________________________________________________________________________

6 mars 2010

Trois ou quatre vues sur Séville

.

.

.

La femme de ménage achève de mettre la chambre en ordre ; elle passe un jet d’aérosol derrière elle ( le propre, contrairement à l’argent  a une odeur )  et, avant de quitter la pièce, ferme les fenêtres et rabat les persiennes. Il est midi,  l’air est bon dehors mais il est interdit, la lumière d’hiver dehors est douce mais elle est interdite de séjour…
…Sevilla, ou une certaine vision de l’air et de la lumière.

.

.

.

L’ancien Maire de Sevilla, avocat et professeur de droit administratif, el Senor Luis URUNUELA   a publié son opinion dans le journal ABC, édition andalouse, à propos du projet de construction d’une bibliothécaire universitaire  dans le parc du Prado : il commence par un jugement sévère :

 Comencemos por la conclusión para que todo quede muy claro desde el principio: a mi juicio dar marcha atrás, a estas alturas, a la Biblioteca universitaria sería un despropósito y una nueva frustración a añadir a las ya numerosas que padece Sevilla.

 Il faut savoir que le Prado est un parc de petite dimensión, rectangulaire, hors du centre de Sevilla, et qu’il était le lieu où se tenait la Feria jusqu’à ce que celle-ci, il y a quelques années, dut migrer victime de son succès et de son déveleppoment.

La construction d’une biobliothèque universitaire dans le parc a provoqué des actions judiciaires de la part des riverains qui eurent gain de cause : la construction commencée s’arrêta et l’on peut voir actuellement sur le site de curieuses pièces métalliques sortant du sol qui laisse augurer une construction assez singulière. L’affaire vest actuellement en Cassation; on attend l’arrêt.

Mais ce n’est pas cela qui retient l’attention del Senor URUELA . Après avoir affirmé en préambule que construite à une telle hauteur la bibliothèque constituerait une nouvelle frustration à ajouter à celles qui entachent tout Séville, l’ancien Maire, qui est pourtant et il le rappelle un ardent défenseur du parc du Prado, conclut à ce que ce bâtiment doit être construit car Seville a besoin d’une bibliothèque universitaire.

Il oublie de prendre en compte un tout petit détail  : cette  honorable personnalité qui a travaillé à la grandeur de Séville et qui y reste fort attaché, n’a pas relevé que l’argument essentiel en faveur de la construction du bâtiment tel que projeté, est qu’il est l’oeuvre de l’un des plus fameux architectes de notre temps, une femme, Madame Zaha Hadid dont les bâtiments sont l’orgueil des cités qui les recueillent…

…Sevilla, où l’air et la lumière confinés peuvent donner des vues étroites.

.

.

.

.

.

.

.

.

                            ortho - neige - photo jvl - 7 mars 10
.
.
                              huile s/toile - jvl - 2 février 10

.

Un Collège du centre ville le jour de la Fête de l’Andalousie.

Des avis aux valves rappellent les petits travaux aptes à réveiller ou entretenir l’esprit patriotique andalou ( connaître les paroles de l’hymne et le chanter, choisir un grand homme et résumer sa vie et son oeuvre , porter dans les cheveux le ruban vert et blanc etc). Les parents ont apporté tous les plats dont les portions vont être vendues au profit d’une association d’Amérique latine : on y trouve le catalogue de toute la gastronomie de comptoir andalouse. Les parents et les professeurs serevnt au bar, distribuent les tapas. Il pleut. La salle de gym résonne de tous les cris des élèves enfermés. Le professeur de philo, qui doit avoir 25 ans, a amené des amis qui jouent de la guitare en utilisant de mauvais ampli; le son résonne, se déforme un peu. Les airs de guitare, comme guidés par une main ancestrale ( oui, il faut bien dire ancestrale, se mue en une danse à trois temps, à six temps; d’un seul coup les bras se lèvent, les mains s’agitent, on dirait de loin de petites mains massées sur le bord d’un quai qui font  des signes d’adieu à un convoi fantôme qui s’ébranlerait. Avec une synchronisation parfaite et émouvante, gamins, petitres filles, garçons et grandes filles, par couples improvisés, ondulent, avancent, passent, repassent et tournent : c’est la  Sévillanne, cette danse que les mamans apprennent à leurs filles qui les apprendront à leurs propres filles. Aucune, dans cette salle de gym à la sono si pourrie, ne danse bien , mais l’ensemble bouge avec candeur, avec ferveur, il n’y a personnepour regarder, personne pour voir, et tous dansent avec leur coeur, un coeur aux rubans vert et blanc.

Séville, la sévillanne se danse yeux dans les yeux : que vous la dansiez avec un inconnu, avec votre frère, votre père, un autre inconnu que vous ne verrez jamais plus une fois la danse achevée, la sévillanne se danse yeux rivés aux yeux de l’autre, frime et pas frime, vérité imposible…

…Séville, vue étroite, fenêtres closes, persiennes tirées, yeux dans les yeux, pourtant.

 

 2 versions sévillanes du sabre et du goupillon

===================================

Propulsé par WordPress