blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

28 juillet 2010

CORRIDA, la Dernière Cène

 

 

 

 

CORRIDA

 

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 PICASSO, mort du torero, 1933
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Un ancien directeur de l’institut Culturel Français de Séville me disait toujours, avec un petit sourire, qu’il ne fallait jamais aborder le sujet de la Tauromachie, on ne parle pas de la Tauromachie – ce n’était pas une boutade malgré le sourire, et il avait raison.

Inutile et dangereux.

Sujet trop sensible : les aficionados et les opposants irréductiblement inconciliables – un peu comme la guerre civile, si j’ose cette comparaison qui, sur le plan du sujet de conversation  en Espagne, répond un peu aux mêmes difficultés, aux mêmes interdits.

 

Le combat de l’homme et du toro, c’est une absolue certitude, est tout à la fois un art et une boucherie sanglante.

Que des sévillannes, j’en connais, aimant passionnément la corrida, puissent défaillir à la vue d’une éraflure à peine teintée de rouge – ne change strictement rien aux choses.

La corrida est un art grandiose, séculaire, codifié, rutilant, orchestré, un art qui a son langage, ses expressions propres intraduisibles pour la plupart, un art mettant en avant le courage, l’audace, la folie parfois de l’homme ( rarement de la femme mais il existe des femmes toreros )  à genoux dans l’arène qui attend la sortie du Toro sans savoir dans quelle direction il va charger, ni comment, et qui l’ attend la capote à la main laquelle, s’il est toujours en vie à ce moment, va virevolter  au-dessus de sa tête lorsqu’il esquivera la charge.

 

Un art où  le Toro , tel le gladiateur antique, pourra gagner sa liberté s’il a fait preuve de bravoure exceptionnelle.

Ainsi, j’ai vu des toreros refuser de mettre à mort un Toro qu’il estimait trop valeureux, et qui attendait soit la réprimande pour avoir  tardé, soit l’avis du Président de la Corrida qui avait enfin  compris l’intention du Torero et qui acceptait que le Toro, libre et blessé, retrouve sa campagne.

Blessé, mais faisant alors l’objet de mille soins pour qu’il retrouve sa santé . J’ai vu ainsi les soins particuliers que donnaient alors les vétérinaires, pansant la plaie impressionnante qui avait été laissée, surtout, par la pique du picador qui creuse un trou béant dans l’échine, entre les épaules, trou tellement béant que pendant la corrida, il n’est pas rare de voir le sang gicler à flot comme giclerait l’eau d’un seau trop rempli et secoué.

La corrida est donc une boucherie.

Je peux comprendre.

Mais elle n’est  pas, comme j’ai entendu ce matin un Catalan défenseur des animaux, le spectacle de la cruauté faite à l’animal.

 

 

 

 

 

Les toros font partie de la vie espagnole, avant d’en être de la mort.

Je connais des sévillannes qui, petites, faisaient le cauchemar de trouver dans le fond du couloir menant à leur chambren un toro, un toro  forcément menaçant, énorme.

Le Toro est partout : depuis l’antique  Toro ibérique aux accents toujours modernes qui a tant impressionné Picasso jusqu’aux images monumentales, devenues monument national, qui surgissent un peu partout dans la campagne espagnole.

Picasso et son picador,  dont la lance est dirigée vers le Christ en croix.

Picasso encore et le Minotaure. De terribles dessins  impitoyables, où – de la femme prise ou du toro preneur – on ne sait trop qui  toise  l’autre, qui l’a provoqué et qui sort vainqueur…

L’homme et le toro : l’homme et le danger immémorial, le danger personnifié, le danger nommé et défini.

Il y a le loup des contes de fée, et le Toro de la réalité quotidienne.

 la bravoure, la résistance, le combat  – un seul vainqueur.

Ces toreros morts d’un coup de corne dans l’artère fémorale, tel MANOLETE  lors de l’estocade dans les arènes de Linarès.

Ces toreros lancés vers le ciel comme  un ballonnet, en une seconde, au moment où l’on croyait bien que tout était dit, pusiqu’on en était à la mise à mort  et que le toro, à bout de force semblait-il, baissait enfin la tête pour présenter son échine et subir le coup d’épée fatal : au moment où s’enfonçait l’épée, le torero qui avait un peu manqué l’esquive qui devait accompagner le geste final, se voyait emporté dans les airs, pitoyable, ramené à lui-même, envoyé vers la mort, la paralysie, rien parfois : le miracle alors, le saint qu’il a  invoqué avant le combat, la chance…

 

La mort est tout autour,  la chance aussi, et la malchance qui l’accompagne;  le mourant n’est pas toujours celui qu’on avait désigné.

Vrai : Un sévillan en voiture  ne s’arrête pas au feu rouge : il  accélère.
Si  vous vous arrêtez, vous risquez d’être embouti.

 Un sévillan  démarre au feu rouge ; il aime frôler la catastrophe – rien ne lui arrivera, et s’il meurt ( je veux dire : s’il accroche sa carrosserie ) ce sera avec le panache de celui qui a défié.

Chaque espagnol est torero, chaque femme  l’est aussi – par l’amour impossible du toro.

 

Le sang est le sang de vie. Comme dans le Dernière Cène.

La chair du toro de combat, mort la veille, est vendue le lundi dans les petits marchés de Sevilla.

Il y avait à Nervion, dans le petit marché de la Palmerita, un jeune garçon  réellement beau comme un Murillo, boucles noires  et  fière allure, tous les clichés en une seule personne, qui vendait les lundis un morceau ( il n’y avait qu’un seul morceau de viande  dans tout son étal : un seul morceau, comme on aurait un seul panier de truffes cueillies la veille,  ou quelques grives seulement comme un trésor  tiré  en cachette ) de ce précieux toro de lidia, viande aux vertus – il ne devait y avoir aucun doute là-dessus -  du toro lui-même et qui donnait , c’est évident, à celui qui en mangeait toutes  les qualités  supposées de l’animal : courage, force, vigueur, virilité …Le mot est lâché : virilité. Virilité ?

 

L’emblème de la Catalogne, qui veut par tous les moyens  et cherche toutes les occasions pour exprimer son identité, réelle ou supposée, est l’âne. L’emblème de toute l’Espagne est le Toro.

 

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La Catalogne vient aujourd’hui 28 juillet 2010 de proclamer l’interdiction de la corrida.

 

L’Espagne tout entière y voit là plus un geste politique ( proclamer sa différence dans la recherche avouée de son autonomie complète ) qu’un geste éthique.

 

Cette interdiction ne peut être assimilée à un rejet ou à une condamnation  de la corrida.

Elle n’a pas de valeur d’exemple.

Elle n’a d’autre signification que politique.

La corrida n’est pas morte.

Viva  Espana !

 

 

 

 

 

 

 

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27 avril 2010

La FERIA de Abril de Sevilla …une dernière fois

 

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La Feria de Abril de Sevilla, vite, une dernière fois avant le Rocio…

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 Dimanche 25 avril 10, minuit, le  feu d’artifices  clôture officiellement la Feria, qui ferme ses portes à 1heure du matin.

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Lundi matin   – Sevilla a la gueule de bois.

Mais lundi midi déjà, des  sevillanas un peu  différentes, plus rustiques dirait-on, commence à se faire entendre à la radio.

Pour les gens du Nord que nous sommes, découvrir que le flamenco , comme les processions, les sorties des Confréries,  ou précisément les sevillanas   - ne sont pas du folklore ( au sens où nous l’entendons ) mais ont des racines tellement profondes qu’il s’agit, très vite on le ressent, de véritables traditions, très ancrées, très vivaces et donc très authentiques.

Pour les gens du Nord que nous sommes, qui n’entendons à la radio les tambours des Gilles de Binche que le matin du  mardi gras, découvrir que le Flamenco est diffusé sur de très nombreuses radios andalouses , non comme une musique réservée à quelques émissions isolées ou spécialisées,  mais comme une musique authentiquement populaire ( dans le bon sens du terme )  qui est demandée et écoutée toute la journée par  nombre d’andalous, jeunes et moins jeunes,  est aussi source d’admiration : écoutez donc  Radiolé ( très très flamenca, du matin au soir, tous les jours de l’année ) ,  Canal Fiesta RADIO,  Cadena Dial Sevilla  et, dans une moindre mesure, Canal Sur ou RNE  3 ( radio nacional de Espana ) …

Ainsi, chaque année, dés que la Semana Santa s’éteint  et qu’avec elle  peu à peu  disparaissent les musicas  et marchas de toutes les bandas qui ont réchauffé les rues nuit et jour pendant plus d’une semaine ( 10 jours exactement ), quelques  jours  de répit suffisent donc  pour que fleurissent, discrètement d‘abord avant de s’ imposer partout ( les radios, les bars, les rues, les magasins, les écoles, les Télés, les associations de toutes sortes…),  les sevillanas qui annoncent la Feria qui s’ouvre quinze jours après la fin de la Semana Santa.

Autre fait remarquable : le répertoire est renouvelé chaque année… chaque année, de nouvelles sevillanas sont écrites, chantées et diffusées sur  les antennes.
C’est là que se trouve la vraie trace de l’authenticité : cette musique vit, revit, sans quitter ses canons, sans subir au fil des années d’altérations substantielles malgré la recherche de sons  nouveaux et l’utilisation ( timide heureusement ) d’instrument et petit bidouillage électro(nique – pas électro …).
Des CD sont gravés, des concours sont organisés, des prix récompensent les meilleures  sevillanas de l’année.

Ces créations annuelles sont le fruit parfois, d’associations aussi surprenantes que  très momentanées  pouvant rassembler par exemple  ( et je ne suis pas loin de la vérité )  le poissonnier, l’électricien, le librairie et un concierge d’immeuble….
Il s’en suit que le répertoire des Sevillanas est absolument inépuisable, sinon qu’il y a les modes auxquelles – comme les modes des robes flamencas  qui change chaque année – elles n’échappent pas , et que par là joue une inévitable sélection naturelle…

Les sevillanas des années 70 ou 8O par exemple , guitares sèches, cajas ( caisses de percussion ) et voix ( à quatre le plus souvent ) gardées sur cassettes  sont devenues des classiques…

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La Feria s’éteint vous disé-je, et voilà que  quelques heures plus tard, dés ce lundi midi, certaines radios se mettent à diffuser des sevillanas plus rustiques : une flûte et un tambourin ( joué par un seul musicien, et cela suffit amplement pour faire danser tout un quartier sans ampli ! ),  ou d’autres airs de sevillanas moins apprêtés..

C’est que le 21 mai commence la Romeria ( Pélérinage ) la  plus célèbre d’Espagne et d’Europe, pas la plus ancienne ( la plus anciennes est celle d’Andujar,  la Romeria de la Virgen de la cabeza,  et elle vient d’avoir lieu, avec , disaient les journaux locaux, la participation de 700.000 personnes…) ni la plus pieuse ( je pense à  Compostela..) mais celle qui draine, remue, enthousiasme, jette sur les routes à pieds, à cheval et en carriole ou roulottes, parfois tirées par des bœufs, le plus souvent par des tracteurs,   des gens de toutes sortes, habillés de flamenco et flamenca rociero ( c’est-à-dire dans ce cas : campero ou campagnard ) …

Il s’agit de la Romeria de la Virgen del Rocio ( Rocio étant un petit village sur l’estuaire du Guadalquivir, à 8O KM au Sud de Sevilla, et à 12 km de la mer ( le long du Parc National de Donana ).

Pélérinage d’une semaine, qui fait converger vers le petit village du Rocio des centaines de milliers de fidèles ( mais sur ce terme de fidèles, déjà, j’aurais tant de choses à dire ),   et  qui fait résonner sur les routes, aux haltes mais aussi en marchant ou en roulant , les mesures de la Sevillana, laquelle, vraiment, est partout, dans tout, chantée, dansée, allumée aux feux de camp, mangée et aimée, bue et rechantée……

Mais  me voilà parti sur le chemin du  Rocio,  dans les dunes du  Parc National de Donana…

Et  là je dois m’arrêter, vraiment, il faut que je m’arrête car un livre cette fois  n’ y suffirait pas .

Un mot encore  pourtant  : je connais des Sévillans  très épris de leur culture et de leurs traditions, irrités pourtant par l’omniprésence de cette musique ( qui n’est, je vous le rappelle, qu’une musique teintée et issue du Flamenco et qui est construite uniquement pour la danse, 4 coplas de chacune trois mouvements… c’est tout ) –   cela m’énerve, il suffit qu’à un arrêt de bus, à Madrid, Cologne ou Porto, des sévillans descendent pour se dégourdir les jambes qu’ils se mettent à danser, sans avoir besoin d’un seul musicien , rien que les battements des mains ( les palmas, très usitées en Flamenco dans lequel les  elles  constituent un  véritable instrument de percussion ) et les voilà qui se mettent à danser sur le bord de l’autoroute…

 

 

 

 

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23 avril 2010

FERIA – s’y rendre, et commencer à tourner…

Classé dans : Sevilla-Séville — Mots-clefs :, , , — jvl @ 22:09

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Il y a 36 façons de se rendre à la Feria :

à pieds ( souvent les dames portent  des sandales de cordes à semelle compensée, qui permet de marcher );

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avec le bus : souvent deux bus – le premier vous conduit au Prado, et le second est un bus spécial qui part du Prado ( avec parfois des queues d’attente de plusieurs centaines de mètres ) et qui vous conduit à la Portada de la Feria. Le bus normal est au prix normal de 1,2O € mais le bus spécial est au tarif unique de 1,50 € – autrement dit, aller et retour par bus pour une famille de 4 enfants coûtera l’équivalent de plus de 1.OOO F belges anciens…

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en taxi : ils en profitent, comme tous les services, tous lescommerces à Séville. Au prix normal, il faudra ajouter 1,99 € le jour et quasi le double la nuit…

en voiture à moteur : il vous faudra du temps, votre empreinte écolo va en prendre un sacré coup, et il faudra ensuite garer …autant l’oublier.

en coche de caballos : pas donné au commun des mortels, mais la condition d’immortel n’est pas indispensable.
Les deux dames ici attandaient au bord de l’avenue déserte; est arrivé leur coche de caballos dans lequel avaient déjà pris place leurs amis montés plus tôt.Coût : indéterminable.

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à cheval : il y a de la place pour un ou deux, parfois trois. Mais les chevaux doivent quitter la Feria à 2Oh, comme les équipages. Condition : avoir un cheval, savoir bien monter, aimer boire et conduire. Tous les cavaliers ont à l’arrière, tel le motard qui souvent tient au bras  un casque supplémentaire , une couverture prête à recevoir les assises – souvent  équines –   de copines aguerries.

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la moto, le scooter : ici les scènes sont dignes des grands maîtres du cinéma.  J’ai entendu dans le bus, mais ne l’ai pas vu, qu’une fille en croupe sur un scooter, et casquée comme il se doit, avait collé sur son casque la fleur qu’elle destinait à sa chevelure une fois décasquée…

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Ici, nous sommes arrivés : dans les casetas, cela rit, cela crie, cela parle, cela boit, cela mange, mais – surtput – cela tourne…

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SEVILLANA, de mères en filles…

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Voici ce qu’illustre bien les propos de mon  post d’hier sur la tradition familiale comme moteur d’enseignement et de perpétuation de la Sevillana.

On voit ici  dans une caseta danser  en même temps la grand mère ( robe blanche ), la maman ( dans le miroir ) et la chica.

 

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Le petit frère se joint à elles…

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La sevillana est divisée en quatre parties ( les  coplas ) , avec chacune trois mouvements chaque fois différents.

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A la fin de chaque copla, les danseurs terminent topujours en élevant le bras et en dépliant la main, qu’ils tiennenet un instant en l’air, le temps de reprendre le battement de s mains en attendant la copla suivante.

Ce final, que l’on voit ici, est identique pour chacune des quatre parties.

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21 avril 2010

FERIA de ABRIL, de Séville / Sevilla

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La Feria de abril de Sevilla  , ainsi appelée parce qu’elle se déroule toujours en avril ( elle commence 15 jours après Pâques, et il faut qu’un jour au moins se trouve en avril, dure une semaine ; elle était à l’origine une Foire commerciale au bétail, qui se déroulait au Prado.
Elle est aujourd’hui la vitrine ce qui  se fait de plus festif, de plus élégant et de de plus coloré en Andalousie. Elle reste  aussi pour certains l’occasion, dans des casetas privadas,  de recevoir des clients étrangers et de conclure avec eux – un chef d’entreprise sévillan me disait qu’il attendait, si le volcan l’autorise, un Kazakh et un Lituanien pour finaliser  avec un eux un contrat  discuté depuis des mois.
Chevaux et équipages, apprêtés avec une  sobriété ( parfois )  à et un raffinement ( toujours )  bouchonnent dans les rues, alors que de partout affluent femmes, filles et enfants en robes flamencas,  messieurs soignés , jeunes gens en costume  ou en T Shirt.

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Vous verrez en ville  des myriades  de petites scènes amusantes et colorées :  ainsi hier soir, dans les phares du taxi, un   scooter rouge conduit par un jeune homme casque et costume, avec  en amazone derrière lui une jeune fille habillée de  flamenca jaune vif, escarpin du même jaune : dans les phares et la nuit, l’on ne voyait que la courbe de la carrosserie arrière du scooter rouge vif, le bas des jambes habillés de volants jaunes vifs, et les escarpins avivés par les phares.

Le spectacle est dans la rue, virevoltant, chatoyant, coloré – et l’on est soulagé quelque fois, ayant pu craindre un moment que la perfection était descendue sur terre, de croiser une jeune fille ou une femme un peu moins gracieuse, un peu moins violoncelle – bref, ressemblant enfin à vous et moi.

Musique et Manzanilla, celle-ci coupée d de spa citron comme on dirait chez nous, half en half comme on dirait au Cirio, ce qui permet de boire toute la journée ( à pied, à cheval, en calèche, en dansant : rares sont ceux et celles qui n’ont pas le verre de Manzanilla à la main ) , et musique .

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La Sevillana, qui est cette danse d’inspiration flamenca  mais sur les origines de laquelle les hypothèses vont bon train, cette danse qui rend les mains plus gracieuses, les sourires encore plus souriants, les yeux brillants, les volants des robes  virevoltants,  les hanches plus arrondies, quelques pas de côté à gauche, puis à droite, on tourne,  quelques pas de nouveaux, puis  on passe, on tourne, une fois, deux fois, on repasse : chacun la danse avec  sa personnalité, ce qui devient un «  style « , les hommes ne la dansant que depuis peu car à l’origine seules les femmes  la dansaient entre elles. Certains hommes la dansent comme s’ils toréaient, certaines femmes la dansent comme si elles voulaient exprimer le meilleur de leur beauté, le meilleur de leur séductibilité.
Il existe des écoles de Sevillana, mais  la filière d’enseignement de cette danse est la famille et l’école : les mères l’apprennent à leurs filles, qui l’apprendront à leurs filles…et leurs garçons.  J’ai entendu la directrice d’une école  de Sévillane parler à ses petites élèves ( de 5 ou 6 ans ) qu’elles avaient à séduire.  Cette aveu, cette directive, m’avait impressionné – et je le reste, tant je me dis qu’il reste du chemin à faire pour extirper de l’éducation donnée aux filles ce qui va très rapidement faire obstacle à une vie d’égalité entre les sexes.

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Mais foin d’esprit chagrin, la Feria dure une semaine, et hier n’était que le premier jour.

Aujourd’hui, l’on y retourne…

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