blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

9 avril 2009

LONDON, de RICHTER à VERMEER en passant par Roni HORN

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Deux expositions à Londres pour le moment :

Des portraits de Gerard RICHTER à la National Portrait, jusqu’au 31 mai 2009.

Une exposition rétrospective du travail de Roni HORN à la Tate Modern, jusqu’au 25 mai 2009.

Et , en contrepoint, parmi les innombrables chefs-d’œuvre que contient la National Gallery, deux tableaux de VERMEER, dans deux salles différentes , tous deux représentant la même claveciniste posant dans des lieux très différents.

Avec, entre ces tableaux ( les deux VERMEER , le travail de RICHETR, et celui de Roni HORN ) d’évidents liens picturaux.

Gerhard RICHTER est né en 1932 à Dresde et il pratique les photos pictures depuis 1960.

La rétrospective de la NATIONAL GALLERY PORTRAITS de Londres présente des œuvres allant de 1964 jusqu’à 2008 : RICHTER en effet mène de front une œuvre polymorphe puisqu’à côté des photos pictures qu’il ne cesse de peindre encore aujourd’hui , il poursuit son œuvre faite de grands formats abstraits aux couleurs fortes et acides .

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ce que vous ne verrez pas à la National Portrait,
ABSTRACT, 200x200 - 1981 -

ABSTRACT, 200x200 - 1981

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Mutter und Dochter, 1965
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Dans les photos pictures, RICHTER peint ce que la photo - dont sont tirés fidèlement les tableaux- ne peut présenter  : la trace du visage ou du corps plutôt que le corps lui-même, et donc son souvenir lorsque, poursuivant le processus d’effacement qui commence là sous vos yeux, le sujet va achever de se dissoudre, et disparaître.

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Frau mit Kind – 1965 -

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Small Bather - 1995.

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Renate et Marianne - 1964.

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autoportrait - 1966 -
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Impossible pour moi de ne pas faire un lien avec la manière de peindre de VERMEER .

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Ces grains de lumière que l’on retrouve chez l’un et l’autre sont trop parlants pour que l’on se prive du rapprochement.

Rapprochement physique quasi immédiat puisqu’à quelques mètres de la National Portrait se trouve la National Gallery avec la Claveciniste de VERMEER dont les traits du visage, comme toujours chez VERMEER,  sont comme écrasés, comme un début d’effacement  - mais, on le sait, chez VERMEER aucune intention de faire disparaître puisqu’il cherche en réalité à mieux faire voir.

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Roni HORN –

La TATE MODERN présente donc de Roni HORN une rétrospective éblouissante assez complète puisqu’à côté de nombreux dessins dont certains monumentaux, qui sont des œuvres minutieuses de restauration de l’image découpée et restructurée via une travail de marqueterie ( voir mon post ici sur ce blog du 6 mars 2009 ) , se trouvent des sculptures ( masses de verre ), les fameuses photos de still water , ainsi que celles de clown qu’elle a photographié dans son atelier à partir de 2001.

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6 mars 2009

Roni HORN à la TATE MODERN jusqu’au 24 MAI 09

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Artiste américaine née à New York en 1955 est connue pour ses prhotographies, ses sculptures et ses dessins.

Elle est à la Tate Modern de London jusqu’au 25 mai ; le site de la TATE n’indique pas la date de naissance de Roni HORN, mais se contente de dire qu’elle a commencé à travailler vers 1970.

Roni HORN a notamment exposé à Paris en 2000 au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris ( avec entre autres de très fortes photos de Still Water – River Tames ) et au Centre Pompidou en 2004.

L’exposition de Londres semble faire la part belle aux sculptures et à la photo, accessoirement ( ? ) aux dessins.

Le site de la Tate est peu bavard, c’est le moins que l’on puisse dire, et aucune photo d’aucune des œuvres exposées n’est proposée…

Je vais donc revenir sur ce que je sais, enfin sur ce que j’ai vu en 2004 au Centre Beaubourg.

Les dessins de Roni HORN étaient d’une part des dessins au pigment et des dessins photographiques.

Pour les uns et les autres, le procédé était le même : Roni HORN découpe les photos prises dans son atelier ( ou les dessins – voir infra )  et les réassemble avec de légers décalages :

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clownpout (2 ) , 2002

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Cloud and clown 4

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Roni HORN explique :
j’ai pris deux images, deux têtes, que j’ai
découpées pour en faire une. On peut dire que c’est un portrait fait de deux
choses qui n’en deviennent plus qu’une .
En ce sens, HORN serait
le catalyseur qui permet aux particules de se reconstituer en un tout…
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Ces dessins-là sont des actes de démembrement.
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Les dessins au pigment sont construits de la même
façon, mais au départ, au lieu dutiliser une photo, HORN met du pigment sur du
papier, puis de la térébenthine, ensuite au vernis appliqué au pinceau, elle va
s’appliquer à faire tenir la poudre au papier – ce qui peut prendre des mois,
dit-elle.

Elle procède ensuire en découpant le papier en bandelettes ou
fragments, et rejoint bord à bord dans un minutieux travail de reconstruction :

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So, XII, 1998
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Selon moi,  l’œuvre en même temps se fragilise ( par la découpe ), se renforce ( par la construction
nouvelle ) , et renvoie  une image
extrêmement poétique, fine et solide.

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De CHIRICO à Roni HORN, en passant par l’ardenne

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CHIRICO, Hector et Andromaque, céramique 1966

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Le 24 février 09 j’ai publié ici un article sur Giorgio De CHIRICO, mais j’ai oublié deux choses.

Entretemps, en quelques jours, il s’en est passé ( des choses ) : une nouvelle formation de grues ( plus nombreuses cette fois : au moins une soixantaine ) a de nouveau tracé son V dans le ciel en piquant vers le Nord, deux bergeronnettes sont apparues avant-hier ( ce sont toujours les premiers migrateursd qui atterrissent en ardenne ) , une cigogne blanche hier ( qui ne faisait que passer et reprenait ici son souffle, sans doute égarée ) , et aujourd’hui, un couple de bruants jaunes. Mais surtout , parmi la centaine de grives qui d’un seul coup se sont mis à envahir les champs – des grives litornes en grand nombre, des grives mauvis et des draines – j’ai vu une litorne à la tête toute blanche, comme casquée, une albinos partielle pourrait-on penser…

Et ce casque blanc me ramène à ce que je devais ajouter à propos de CHIRICO.

Deux choses donc : l’avis de WARHOLL et, d’autre part une céramique de 40 cm de hauteur Hector et Andromaque.

Cette statuette date de 1966 et vient de la Fondation Isa et Giorgio de CHIRICO : elle est placée dans une vitrine, avec d’autres, en face des replay.

Voir en trois dimensions les fantômes de CHIRICO n’est pas une rencontre anodine, et la céramique laiteuse, monochrome, donne un grain aux personnages – une vie donc -, et cette statuette  surprend d’autant  plus que Hector et Andromaque sont ici dans une attitude très humaine et semblent parler un langage qui ne nous est pas tout à fait inconnu. : Est-ce Andromaque qui s’incline devant Hector en reconnaissant déjà en lui le héros qu’il est devenu, ou est-ce Andromaque qui, par l’appui qu’elle prend sur ses épaules, lui insuffle tout ce qui précisément fera de lui un héros, et si c’est cela où se trouve la force : dans la stature droite, figée et casquée d’Hector ou dans l’ondulation à peine perceptible d’Andromaque qui n’a que les plis de sa tunique sur la peau ?

Cette statue m’a paru, dans la scénographie de cette exposition, constituer la borne-repère, l’ancrage et point de départ de tous les fils car on y retrouve tout ce qui fait l’art de CHIRICO depuis sa peinture métaphysique des années 1911/1912 jusqu’aux derniers replays et aux dernières créations des années 70.

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La seconde chose que je dois ajouter est le propos d’Andy WARHOL en 1982 en face du travail de CHIRICO, qui est repris sur un panneau dans l’exposition-même et que je cite :

J’adore son œuvre et cette façon de répéter les mêmes peintures encore et encore. J’aime beaucoup cette idée, j’ai donc pensé qu’il serait formidable de le faire.

Il faudrait creuser le sujet car sauf erreur c’est dans les années 60 déjà que WARHOLL avait créé sa Factory et avait commencé la (re) production de ses sérigraphies en 3D.

Il serait évidemment intéressant de savoir s’il avait déjà vu les replays de CHIRICO à ce moment-là ou si la citation reproduite ici, qui date de 1982, est concomitante à la découverte qu’il fait de CHIRICO auquel cas tout cela ne voudrait pas dire grand-chose…sauf si par là on avait cherché , pour ces replays qui posent tant de questions et à propos desquels, je le rappelle, CHIRICO lui-même s’était refuser à donner la moindre explication, comme si donc l’on avait cherché par là à trouver un allié et donner du crédit à cette démarche tant contestée de CHIRICO .

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Quant à Roni HORNE, elle mérite d’être traitée à part et fera l’objet du prochain postage .

Roni HORNE, Clownpout (2 ) , 2002
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12 octobre 2008

PICASSO ET LES MAITRES, ou l’injure faite à Picasso

 

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore ( c’est-à-dire les sourds, les muets, les aveugles – j’emploie ces expressions au figuré, bien entendu, car les vrais sourds, les vrais muets et les vrais aveugles sont au courant ) se tient actuellement au Grand Palais à Paris   (http://www.rmn.fr/Picasso-et-les-maitres )  jusqu’en février 2009  une exposition intitulée  PICASSO  ET  LES  MAITRES.

 

Ceux qui ont monté cette exposition ne connaissent pas Picasso, ne connaissent pas la peinture, et ne savent pas ce qu’est peindre.

Peindre comme Picasso l’a fait ou peindre tout court.

 

Ce n’est pas en accrochant le Déjeuner sur l’herbe  de Manet à côté de toiles de Picasso qui a pu s’y référer que l’on montrera quoi que ce soit, si ce n’est la bêtise d’idées fausses consistant à vouloir faire croire que la mise d’œuvres côte à côte explique, dans l’œuvre d’un peintre,  quoi que ce soit.

 

Le mécanisme est le même, bien entendu, pour toutes les œuvres montrées – et elles sont légion, nombreuses en qualité au point que la vraie prouesse de cette exposition est d’avoir pu rassembler au même endroit   Le Gréco, Cézanne, Renoir, Rousseau, Murillo, Rembrandt, Cranach, Chardin, Zurbaran, Manet, Van Gogh, Goya, … Et aussi « Vénus se divertissant avec l’Amour et la Musique » du Titien, la « Maja Desnuda » de Goya, « Olympia » de Manet…

 

J’enrage.

Picasso aussi, j’en suis sûr.

Quoi que , lui,  il a le droit de ricaner. Ce qui doit lui faire du bien.

Il me semble l’entendre :   «  y a vraiment qu’aux bêtas qu’il faut montrer Velasquez pour qu’en même temps, avec mes ménines à côté, ils voient quelque chose ou croient voir quelque chose… »

 

Et qu’est-ce qu’on voit alors ? Qu’es-ce qu’on voit ? Dites-le moi…On ne voit rien, parce que ce n’est pas comme cela que les choses se font, que les choses viennent, que la peinture s’enclenche : ce n’est pas avec l’œuvre à côté, c’est avec l’œuvre dedans soi…l’œuvre d’origine, ou toute  autre chose qui  est à l’origine d’une autre.

 

 

 

 

Picasso connaissait l’art, l’art antique, l’art ibérique, l’art négre, l’art classique, l’art de son temps. Il achetait des tableaux de peintres vivant autour de lui : le douanier Rousseau, Cézanne bien sûr, Matisse. Il a acheté des statues africaines, des objets ibères, et s’en entourait.

Il avait fréquenté les Musées, dès  qu’il  put s’échapper de son Andalousie natale et de Malaga où il y avait si peu à voir – à part bien sûr tout ce qui allait  faire de lui l’homme et le peintre qu’il est devenu : la présence de son père, les pigeons que celui-ci élevait, les corrida où son père l’emmenait, les toros.  Avant l’âge de 20 ans , il connaissait le Prado, il avait découvert  Madrid d’abord, puis Barcelone lorsque son père professeur  fut nommé dans le Nord, puis à 20 ans  Paris.

 

Picasso voyait, sentait.

Les  propos qu’il tenait, et qui sont fidèlement  rapportés par exemple par Malraux, dans La tête d’obsidienne ,  sur la vie, sur la peinture, sur la création , sont  souvent simples pour ne pas dire – quelque fois – simplistes,  car Picasso parle peu, il peint.

 

Il a vu ( que dis-je : ingéré  ) tous les chefs d’œuvre  -  et combien d’autres –  qui sont accrochés actuellement au Grand  Palais. Il les a vus comme seul il pouvait les voir. Il ne les a pas emportés dans son atelier, c’était inutile, comme pour un  peintre il est inutile d’emporter avec la nuit les images qu’il collectionne partout, les  sensations qu’il enregistre – elle sont en lui.

 

Et c’est bien cela qui est enrageant dans cette exposition : cette mise côte à côte des tableaux est exactement le contraire de ce que Picasso –  et  d’autres – a fait sa vie durant.

 

Les montrer ainsi, c’est vouloir ignorer bl’essentiel :  le travail intérieur  qui se fait  une fois  disparu  de la vue  Le déjeuner sur l’Herbe.

 

Picasso les avait en lui.

Comme nous, nous avons  en nous  -  mais je devrais peut-être dire  pas nous mais bien moi  - bon, je dis moi.

Comme moi, j’ai en moi – gravés au plus profond  et ne cessant de les articuler les uns aux autres –  les chevaux de PHIDIAS, les ex-voto ibères, Philippe le Bon de MEMLING  et les anges Musiciens deVAN EYCK, la Vierge des Pélerins de CARAVAGGIO, un contre-jour de fougères au couchant, la calotte rouge anglais de la linotte, le dôme velouté du bolet bai, les tridacnés phéniciens, les portraits du Fayoum, les pincks  ladies de DE  KOONING ,  les rouges de ROTHKO, les rennes affrontés de Font de Gaume,  les annonciations deFILIPPO  LIPPI et celles de Dirk Bouts et de van der Weyden, les prédelles de DUCCIO le Christ à la  Colonne  d’ ANTONELLO da  MESSINA,  les houles de NOLDE,   le Lac de Thoune et le Niesen de HOLDER,  les croupes ropsiennes,  les  grincements deSHCIELE,  le brâme du cerf,  la cosmogonie d’Anselm KIEFFER, le regard chez REMBRANDT, les avions de GASIAROWSKI, Achille pleurant la mort de Patrocle de TWOMBLY,  l’écriture rose de HANTAI, les voutes ogivales  de Saint-Séverin, les bébés de Marlène DUMAS,  les Tricheurs de DE LA TOUR, les ostraca  égyptiens, la Fille rousse de MODIGLIANI, la Porte-fenêtre à Collioure  de MATISSE, les dessins photographiques de Roni HORN…

 

Picasso avait en lui la Maja Desnuda, les Ménines, la fureur des bombes tombant sur Guernica.

Il les possédait, comme aucun musée ne les possède, et c’est en cela que le propos de l’exposition est insupportable : montrer l’évidence me fait – à moi – toujours mal.

Et montrer l’immontrable, pire encore.

 

Les amateurs de show seront donc comblés.

Ceux qui ont besoin de démonstration clinquante  aussi.

Les curieux aussi, les autres – qui pensent qu’il  est tout de même préférable de faire partie de ceux qui ont vu plutôt que rester dans les limbes de ceux qui n’y sont pas allés.

Tous ceux qui vont faire l’expo. Nous, ce w.e. nous avons fait Picasso et les Maîtres…il y avait un monde…un monde…

Le battage médiatique est exceptionnel, le budget publicité est  phénoménal. Il existe un box-office des entrées, comme au ciné, au théâtre. Anselm Kieffer au Grand palais a fait 120.000 entrées. Picasso fera le double, le triple. On pondérera alors suivant le facteur durée : des mois pour Picasso, 3 semaines pour Kieffer, mais quand même….

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 Portraits du Fayoum, 2ème siècle


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Cet été je n’ai pas fait le Grand Canyon, je n’ai pas fait BALTHUS à Gianadda, mais j’ai fait du vélo, des pizzas au céleris rave et  au  gingembre    , et bientôt je ferai MANTEGNA au Louvre, çà oui, je vous le jure,   je vais me faire MANTEGNA…

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