blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

19 avril 2010

ARCHITECTURE CONTEMPORAINE à Séville/Sevilla

 

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ou  l’  HOMMAGE   A   L’ARCHITECTE-INCONNU -

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On peut, à Séville, compter sur les doigts d’une main les oeuvres d’architecture contemporaine.

Un pont   : celui de l’Alamillo ( 1992 )   de l’architecte  Santiago CALATRAVA :

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ainsi que du même, au même moment ( 1992 ), le Pavillon de Koweït :

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Ajoutons-y le monument ( Monumento a la tolerancia )  du sculpteur basque Eduardo CHILLADA   inauguré en 1992 ( après 14 années de discussions…) :

qui est une réussite à tous égards : la sculpture en elle-même, sa réalisation en béton, son positionnement idéal au bord du fleuve Guadalquivir, face à Triana, non loin du pont métallique vers Triana depuis lequel  la vue sur la scuplture s’inscrit dans une perspective recherchée filant jusqu’à la Cathédrale en passant par la Plaza de Toros.

 

Les 14 années qu’il a fallu à Seville pour se doter de ce beau monument , à cet endroit de la Ville, doit donner du courage à ceux qui ne désespèrent pas que la Ville  finisse se dote du bâtiment conçu par l’architecte iranienne Zaha Hadid    : la Bibliothèque Universitaire du Prado

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Cette construction extrêmement polémique est pourtant sortie de terre : sur place, on voit les structures de pieus d’acier qui sortent du sol en un ballet de diagonales prometteuses, mais les opposants ont obtenu au terme de procédures complexes l’arrêt des travaux, et le dossier est actuellement pendant devant la Cour de Cassation.

( voir sur ce blog, le post du 6 mars 2010 intitulé Trois ou quatre vues de Séville ).

 

Mais tout ceci n’est finalement  prétexte que pour pouvoir vous présenter une oeuvre architecturale discrète, fichtrement bien réussie, et qui  reste  obstinément anonyme  … malgré mes recherches.

Ceci  pose la question récurrente d e l’anonymat dans lequel est souvent laissé l’auteur du projet.
A moins qu’il ne s’agisse de stars internationales comme Jean Nouvel, Mario Botta, Rogers ou Portzamparc, les noms des architectes sont  totalement  passsés sous silence dans la presse écrite, audio ou visuelle…Inculture des journalistes ? Non, pas uniquement : sentiment plutôt ( mais d’où vient ? ) que cette information serait sans ou de peu d’intérêt…

C’est une injustice réelle pour l’intéressé, et c’est une lacune sérieuse dans l’information.

Cette constatation curieusement   vaut vraiment pour tous les pays,  Belgique, France, Espagne où je l’ai constaté de nombreuses fois.

Dans ce cas-ci, j’ai cherché tous azimuths le nom de celui qui avait réalisé, et tellement bien réussi, ce petit chef-d’oeuvre de sobriété, d’équilibre, de distinction et d’efficacité. Je ne l’ai pas trouvé.

Un exemple entre dix : dans la presse locale, il a été fait état récemment de l’inauguration de l’éclairage de l’édifice : 4 ou 5 autorités, dont le très important directeur du Service de l’Electricité de Séville est cité , mais nulle trace, ni photo ni mention, de l’architecte…

Le travail ci-après est une simple mise en valeur, sobre et discrète, d’un vestige d’aqueduc romain reconstruit par les Almohades, et qui se trouve à la calle Luis Montoto :

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simple et efficace idée ( les bonnes idées sont souvent simples ) de laisser respirer le monument en ne
l'enfermant pas dans son cadre d'acier  corseté mais en lui laissant sur la droite, un espace idéalement
proportionné.

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Autre vestige de ce même acueducto quelques centaines de mètres plus bas dans la rue, lequel  reste comme il est, mettant par là mieux encore en valeur le travail  réalisé sur l’ autre vestige.

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17 août 2008

il faut emballer la Colonne Trajane

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La Colonne que fit ériger l’empereur Trajan  ( 1er siècle de notre ère ) à l’entrée des forums impériaux à Rome est sans doute le plus beau monument de l’antiquité romaine.

Elle présente un frise sculptée d’environ 2OOm de long qui se développe en spirale autour de la colonne ; la qualité de la sculpture est confondante ( plus de 1.OOO personnages, habilement mis en scène, représentant les campagnes militaires de l’empereur contre les Daces ), et l’état de conservation est exceptionnel. 

 

Au fur et à mesure que le décor s’élève, la frise et les personnages eux-mêmes sont grossis pour que soit compensé l’effet de perspective…

 

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Je pensais que c’était les architectes de la renaissance qui avaient découvert, lors de la construction des campaniles notamment,  comment contrarier l’effet de  perspective, en augmentant par exemple le nombre d’ouvertures au fur et à mesure que la tour s’élevait.

 

Assis sous les pins, le dos à la via dei  Fori Imperiali qu’un illustre imbécile perça à travers les forums dans les années 3O, je contemplais ce chef d’œuvre, les détails de la sculpture, et je pensais qu’elle avait échappé jusqu’ici au cancer urbain des pollutions  qui ronge et détruit petit à petit  tous les monuments du monde…

 


Il faut donc emballer la colonne Trajane, et j’imaginais déjà un concours international qui, sur un tel projet aussi  exceptionnel, allait attirer les meilleurs architectes de la planète…Un habillage qui la protégerait donc,  mais qui la mettrait en valeur sans l’isoler du contexte originel où elle se trouve et où elle est restée depuis son érection.

 

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 60x18O - JVL - huile s/toiole - 6 aout 2008




J’imaginais déjà une tour de verre qui s’appuierait sur les concepts de correction de perspective imaginée lors de sa construction  par l’architecte  Apolodoro de Damasco  ( qui serait aussi  l’architecte du Panthéon ) et qui trouverait le moyen de le transposer et de le traduire  de façon contemporaine…

 

Cela doit faire partie des rêves de chaque architecte, non ?  Investir un lieu mythique…

Le Grognon à Namur, par exemple ( hem…et quel exemple ! ) où il s’en est fallu de peu que les Namurois   – que dis-je : pas seulement les namurois, mais tous les wallons,  non :  la planète  entière tant il est vrai  qu’un beau bâtiment  d’envergure  devient  le symbole, le ralliement, le pôle d’attraction d’un lieu , les exemples sont si nombreux,  Bilbao par exemple dont la Ville n’a jamais connu autant de visiteurs que depuis la construction de son Musée )…Le Grognon donc à Namur, au confluent de la Sambre et de la Meuse, qui fit l’objet d’un concours international d’architecte dans les années 199O, où les projets déposés furent pour certains brillants, et dont la palme fut remportée par Mario BOTTA qui projetait d’ancrer au bord de la Meuse un bâtiment qui – il ne peut y avoir le moindre doute à cet égard –  serait rapidement devenu non seulement une référence en terme d’architecture contemporaine, mais allait donner à  Namur, capitale de la Wallonie, un bâtiment  comme il n’en existe  que trop peu dans le monde, et qui pouvait devenir le nouveau phare de toute la région.






De la colonne trajane, à l’imbécillité de la via dei Fori Imperiali dont la création détruisait de très importants vestiges en coupant en deux les forums impériaux et ceux de la république, en passant par Namur et les  Namurois qui se sont laissés piéger sans trop réagir  par de basses manœuvres politiciennes  qui firent passer  BOTTA et son projet lauréat à la trappe , je me suis  retrouvé – le lendemain je crois, à l’ara pacis.

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L’ ARA  PACIS…


Ce n’est pas tant le monument ( un autel monumental de l’an 1O de notre ère , magnifiquement restauré mais dont il reste assez peu de morceaux originaux )  qui va mériter ces lignes, que l’écrin construit par l’architecte Richard Meier il y a quelques années ( 2005 – 2006 ), qui constitue, semble-t-il, le premier bâtiment d’architecture contemporaine dans le Rome historique.

 

En 1937 Musolini fit entamer sa reconstruction et en 1938 il fit doter l’ara pacis d’un pavillon : l’idée d’emballer le monument était née.


En découvrant le travail   de Richard Meier, jamais je n’aurais pu imaginer qu’il n’avait fait que reprendre un projet ancien ni, surtout – et là, c’est un geste architectural de grand intérêt – que le mur de pierre côté rue ( à l’opposé de la façade côté Tibre ) constitué d’ une belle pierre genre travertin ocre aux tons très  chauds, allait servir de soubassement aveugle parfaitement intégré au bâtiment de verre qui allait le surmonter.

En réalité, sur le plan extérieur, plus que les façades de verre à ailettes ( de verre également ) c’est ce mur de soubassement, de deux mètres de hauteur environ, qui  retint toute mon attention.

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L’intérieur du bâtiment est une réussite exceptionnelle, tant par le travail sur les ombres/lumières, que par les volumes,  et les tonalités d’ocre :

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