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du 04-11-2010 au 31-01-2011 |
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Le Louvre invite Patrice Chéreau |
Je ne connais pas particulièrement le metteur en scène Patrice Chereau, ni sa personnalité ni son œuvre, mais de savoir que LE LOUVRE lui avait donné carte blanche pour présenter dans ses murs entre autres une exposition de tableaux tirés de ses collections mais aussi de celles d’ORSAY ou de POMPIDOU, avait de quoi allécher.
Savoir qu’il avait pu puiser où bon lui semblait, et faire venir dans son espace des stars aussi vénérables que TITIEN, COURBET, REMBRANDT, PICASSO, BACON,
Prendre connaissance du titre de son accrochage – les visages et les corps – , et apprendre que l’accrochage avait été fait serré, bord à bord, pour créer de nouvelles intimités entre des tableaux qui jusque là s’ignoraient entre eux, avait achevé de me convaincre qu’il était nécessaire de faire les files à l’entrée, aux caisses, puis d’arpenter sans trop fléchir ( les tentations sont nombreuses ) les longs couloirs et salles de cette aile interminable du Louvre qu’est l’aile SULLY qui abrite la peinture française ( mais toute la peinture française ! de Ph.de Champaigne à INGRES, en passant par LE BRUN, de la TOUR, WATTEAU, BOUCHER, DAVID …) pour arriver, tout au bout, à la salle RESTOUT qui est celle qui abrite habituellement l’œuvre de RESTOUT et de JOUVENET ( ils sont cachés mais pas décrochés derrière des panneaux dressés pour les besoins de l’accrochage de CHEREAU ).
Le fil de l’accrochage est bien entendu le corps à corps voulu par CHEREAU, qui explique avoir pris en main les tableaux comme il le fait pour ses acteurs lors de mises en scène, mais aussi l’ordonnancement articulé autour de la photographe Nan GOLDIN à qui il a emprunté 5 ou 6 photos couleurs ramenées ou tirées à des dimensions semblables à celles de tous les tableaux présents, et qui rythment le parcours proposé à travers la peinture choisie par CHEREAU, qui est plutôt ancienne, les seuls moderne – et c’est précisément leur choix qui constitue pour moi la seule critique que je peux faire d e l’exposition - étant un portrait de BACON, et le couple de PICASSO venant de l’Orangerie où il aurait pu rester plutôt que d’être accroché ici, en-dessous d’un gisant du Christ de Ph. De CHAPAIGNE, deux tableaux exceptionnels mais pour lesquels l’intimité voulue ici par Chéreau est à la fois trop facile – ou gratuite ? - et sonne un peu faux.
Tous les tableaux présentés, y compris les photos de Nan Goldin, sont de format quasi similaires et l’on est donc d’emblée pris par une sensation de grande homogénéité car tous les tableaux accrochés forment sur les murs une onde en ruban continu.
J’ai lu la presse, et j’ai trouvé quelques critiques négatives, comme celle de la Tribune de Genève qui met en avant le fait que de bons tableaux ne fait pas une bonne exposition – c’est vrai, mais cela ne s’applique pas ici.
Autre petit miracle de l’expo : alors que la plupart des toiles, prises une à une, constituent des portraits, ce ne sont plus les portraits qui sont vus ici, mais de la peinture comme telle, de la belle et haute peinture dont chaque élément ( chaque tableau ), à part quelques exceptions légères, renforce les autres.
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Sur un même pan de mur, quelques femmes seules : la BETHSABEE de REMBRANDT, accrochée tout à côté de BONNARD, lequel jouxte VAN LOO, lequel frôle FAUTRIER.
Cela fonctionne parfaitement, et chacune de ces femmes, qui n’ont vraiment aucune raison de se connaître et donc de se fréquenter, captivent nos regards , entament ici un dialogue ou s’enferment dans un certain silence - ce qui revient pour nous au même – , bref sont forcées à se supporter l’une l’autre malgré leur grande rivalité, la préséance de certaines sur d’autres due à leur rang ou leur ancienneté…
Ailleurs, trois portraits d’homme côté à côté dans une scénographie parfaite : à gauche, l’ homme au gant de TITIEN , au milieu un COURBET , et à droite Ph. de CHAMPAIGNE, tous trois parfaitement à leur aise dans un dialogue évident, calme , continu et élégant.
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A l’entrée, vous accueillant, un autoportrait de BONNARD en boxeur malingre, qui rappelle à tous que l’art est un combat, mais plutôt, à ce que je crois, que les tableaux de l’exposition sont des corps à corps – mouchetés, certes, pas des portraits mais des visages mis en rapport forcé, et forcés à la cohabitation pour notre plus grand plaisir d’esthète et d’amateur de bonne peinture ( je reprends à dessein ce qualificatif car CHEREAU raconte qu’enfant son père l’emmenait souvent au Louvre pour lui montrer la bonne et lui apprendre à la distinguer de la mauvaise ) , et directement à gauche en entrant,
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un duo qui est pour moi le plus expressivement réussi : un académique portrait de la fille de CHASSERIAU par son père…et une photo de nan Goldin montrant une femme nue dans l’eau de son bain : un plan perpendiculaire suivi d’un plan horizontal, deux femmes aux visages fraternellement unis.
Le chou-chou de CHEREAU : Hippolythe FLANDRIN, peintre reconnu de son vivant mais laissé dans l’ombre du XIXème qui en peinture reste un siècle, pas toujours à tort, mail-aimé.
FLANDRIN donc, dont Chereau a sorti d’ORSAY trois ou quatre tableaux dispersés dans l’accrochage : peinture un peu froide, mais excellemment réalisée : souffle contenu , poésie , dessin parfait .
FLANDRIN au milieu de deux surprenants et méconnus portraits de Luca GIORDANO, FLANDRIN en-dessous de pieds d’ INGRES, FLANDRIN en jeune femme penchée vers une photo de Nan GOLDIN représentant un lit à la mesure de la 1ère nommée, à peine défait :
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AU LOUVRE donc, jusqu’au 31 janvier 2011.
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Courbet, Nan Goldin et Tintoret.
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Du CARRé BLANC de MALEVITCH aux EXPOSITIONS DU VIDE
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Le Centre Pompidou présente au 4ème étage du Musée, dans 4 ou 5 salles, une exposition intitulée « vides… » .
Il s’agit en réalité d’une exposition sur les expositions ayant eu pour thème le vide…
Ainsi, au fond du Musée, juste après l’ ineffable Cy TWOMBLY intitulé Ulysse pleurant la mort de Patrocle, vous trouverez des salles rigoureusement vides, murs blancs éclatants sous un éclairage impeccable.
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Carré blanc sur fond blanc de MALEVITCH est de 1918 : ce tableau va avoir cent ans.
Cent ans avant ce tableau, INGRES n’avait pas encore commencé à peindre , et 50 ans avant naissait tout juste l’impressionnisme…
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Cette considération est vertigineuse : le carré Blanc sur fond Blanc de MALEVITCH reste en 2009 furieusement moderne tandis que l’on peut penser que les partisans de MALEVITCH en 1918 devaient tenir l’art d’Ingres pour bien convenu.
Ceci permet de mesurer la longueur de l’onde de choc provoquée par le Carré Blanc, onde de choc dont , je pense, cette exposition à BEAUBOURG est toujours l’une des suites.
Il ne s’agit pas d’une exposition sur le vide, mais une exposition sur les expositions d’artistes ayant utilisé le vide comme sujet ou objet de leurs expositions.
La 1ère en date fut sans doute celle d’Yves KLEIN en 1958 et régulièrement depuis, les galeries ont montré diverses expositions sur le vide, chacun en effet ayant sa conception du « vide « ( p.ex. une conception économique dans laquelle l’artiste allemande Maria EICHORN présenta une exposition vide à la Kusnsthalle Bern en 2001 indiquant qu’elle réservait l’argent ainsi économisé à la restauration du bâtiment ) .
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Le vide , comme le silence en musique.
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