blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

6 mars 2009

De CHIRICO à Roni HORN, en passant par l’ardenne

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CHIRICO, Hector et Andromaque, céramique 1966

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Le 24 février 09 j’ai publié ici un article sur Giorgio De CHIRICO, mais j’ai oublié deux choses.

Entretemps, en quelques jours, il s’en est passé ( des choses ) : une nouvelle formation de grues ( plus nombreuses cette fois : au moins une soixantaine ) a de nouveau tracé son V dans le ciel en piquant vers le Nord, deux bergeronnettes sont apparues avant-hier ( ce sont toujours les premiers migrateursd qui atterrissent en ardenne ) , une cigogne blanche hier ( qui ne faisait que passer et reprenait ici son souffle, sans doute égarée ) , et aujourd’hui, un couple de bruants jaunes. Mais surtout , parmi la centaine de grives qui d’un seul coup se sont mis à envahir les champs – des grives litornes en grand nombre, des grives mauvis et des draines – j’ai vu une litorne à la tête toute blanche, comme casquée, une albinos partielle pourrait-on penser…

Et ce casque blanc me ramène à ce que je devais ajouter à propos de CHIRICO.

Deux choses donc : l’avis de WARHOLL et, d’autre part une céramique de 40 cm de hauteur Hector et Andromaque.

Cette statuette date de 1966 et vient de la Fondation Isa et Giorgio de CHIRICO : elle est placée dans une vitrine, avec d’autres, en face des replay.

Voir en trois dimensions les fantômes de CHIRICO n’est pas une rencontre anodine, et la céramique laiteuse, monochrome, donne un grain aux personnages – une vie donc -, et cette statuette  surprend d’autant  plus que Hector et Andromaque sont ici dans une attitude très humaine et semblent parler un langage qui ne nous est pas tout à fait inconnu. : Est-ce Andromaque qui s’incline devant Hector en reconnaissant déjà en lui le héros qu’il est devenu, ou est-ce Andromaque qui, par l’appui qu’elle prend sur ses épaules, lui insuffle tout ce qui précisément fera de lui un héros, et si c’est cela où se trouve la force : dans la stature droite, figée et casquée d’Hector ou dans l’ondulation à peine perceptible d’Andromaque qui n’a que les plis de sa tunique sur la peau ?

Cette statue m’a paru, dans la scénographie de cette exposition, constituer la borne-repère, l’ancrage et point de départ de tous les fils car on y retrouve tout ce qui fait l’art de CHIRICO depuis sa peinture métaphysique des années 1911/1912 jusqu’aux derniers replays et aux dernières créations des années 70.

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La seconde chose que je dois ajouter est le propos d’Andy WARHOL en 1982 en face du travail de CHIRICO, qui est repris sur un panneau dans l’exposition-même et que je cite :

J’adore son œuvre et cette façon de répéter les mêmes peintures encore et encore. J’aime beaucoup cette idée, j’ai donc pensé qu’il serait formidable de le faire.

Il faudrait creuser le sujet car sauf erreur c’est dans les années 60 déjà que WARHOLL avait créé sa Factory et avait commencé la (re) production de ses sérigraphies en 3D.

Il serait évidemment intéressant de savoir s’il avait déjà vu les replays de CHIRICO à ce moment-là ou si la citation reproduite ici, qui date de 1982, est concomitante à la découverte qu’il fait de CHIRICO auquel cas tout cela ne voudrait pas dire grand-chose…sauf si par là on avait cherché , pour ces replays qui posent tant de questions et à propos desquels, je le rappelle, CHIRICO lui-même s’était refuser à donner la moindre explication, comme si donc l’on avait cherché par là à trouver un allié et donner du crédit à cette démarche tant contestée de CHIRICO .

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Quant à Roni HORNE, elle mérite d’être traitée à part et fera l’objet du prochain postage .

Roni HORNE, Clownpout (2 ) , 2002
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