blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

18 juin 2009

KANDINSKY au Centre Pompidou jusqu’au 10 août 2009

 

 

 

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KANDINSKY  au Centre Pompidou jusqu’au 10 août 2009

 

 

Une centaine de toiles grand format de 1909 ( il est né en 1866 à Moscou )  à 1942 ( il est mort en 44 ), plus quelques dizaines de dessins et  aquarelles.

 

Un très bel accrochage, peut-être un peu trop dense pour ce qui est  la série de tableaux choisis pour la période 1911, 1912 et 13   - l’une des plus fécondes du peintre.

 

L’histoire de l’art range Kandinsky, avec Kupka, Malevitch ( et : quel est le 4ème : Mondrian ? Delaunay ?  ) comme père de l’abstraction.

 

Il s’en est toujours défendu.

Il faut s’entendre, évidemment, sur ce terme d’ abstrait  qui  depuis sa création ne cesse d’alimenter polémique et   confusion.

Moi-même, souvent, j’ai du mal à qualifier ma peinture d’abstraite : rien en effet – et c’est une évidence – n’existe qui ne soit ancré dans le réel.  Même le non figuratif, l’informel, dans ce qu’il est mais sans doute pas dans ce qu’il représente ou donne à voir ,  est nécessairement ancré dans le réel puisqu’il en fait partie. L’ambiguité vient du fait que ce que cette peinture montre  échappe au réel défini ou définissable.

 

Bref.

Kandinsky  a beaucoup écrit lui-même sur son travail, sur sa peinture ; il  n’a cessé de  chercher  à expliciter des théories.

 

Quelques clefs essentiels ( encore que le plus important serait d’aller au Centre Pompidou pour regarder, regarder, encore regarder  cette peinture qui montre tellement d’elle-même ).

Quelques clefs quand même.

 

 

 

 

1/ Très tôt ( 1895 – il a 29 ans ) , en voyant dans une exposition une Meule de foin de Monet, Kandinsky  note que l’objet faisait défaut au tableau.

Plus tard, il se rend compte que l’objet nuit au tableau  et en 1911, il peint une toile intitulée  Le Tableau avec cercle . Au dos du tableau, il est indiqué de la main de Kandinsky ou d’un assistant ( j’ai trouvé les deux versions dans mes recherches ) , mais quoi qu’il en soit cette inscription est postérieure au tableau, première toile abstraite.

 

2/ Dans cette conception d’une peinture sans objet, Kandinsky établit  très tôt le principe du contenu spirituel d’une œuvre ( son ouvrage de 1911 : Du Spirituel dans l’Art )  qu’il oppose alors au contenu matériel.

C’est la conception dualiste d’une oeuvre d’art   ( comme l’est du reste l’être humain lui-même ) :  contenu intérieur ( spirituel ) relevant de ce qu’il appellera la nécessité intérieure  et  forme extérieure ( contenu matériel ).

 

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Revenons à l’exposition.

Une centaine de toiles donc : au départ de 1908 avec quelques sujets dans lesquels la couleur  explose ( Paysage à la tour, La Montagne bleue ) et le début des toiles rangées sous les  appellations Impressions, puis   Improvisations,   et enfin  Compositions.

Ces appellations que je croyais assez rigoureuses dans leur succession  chronologique ( les impressions relevant du monde extérieur, les improvisations étant stimulées par le monde extérieur …) sont en réalité  joyeusement mêlées dans le travail de Kandinsky  :  par exemple il commencera à utiliser le terme composition  en 1910 ( Esquisse pour composition II ) alors que la même année et les années suivantes il peindra également des impressions  et aussi des Improvisations…

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Impression III, Concert, 1911
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J’ai trouvé chez Kandinsky – ce que rend bien cette exposition au parcours si complet et si riche -  les fondements de Cobra ( Impression III, Concert, 1911 ) , d’apparents emprunts à l’art pariétal ( Lyrique 1911 et surtout  Improvisation 20 – deux chevaux 1911 )  à propos desquels je n’ai pas trouvé jusqu’ici d’explication  ( ce ne peut être en effet la circonstance qu’en 1889 une Société d’anthropologie de Moscou l’envoit dans le Grand Nord pour y étudier le droit criminel chez les paysans Komis, qui a dû mettre Kandinsky au contact de lm’art pariétal…), mais aussi chez lui certains éléments de  fondements de la peinture  de Pollock,  de Sam Francis ou même d’Alberola…

 

Jusqu’à cette exposition, je fuyais un peu le travail de Kandinsky  postérieur aux  années 1920,  le trouvant si froid alors que m’apportait tant et assez son travail antérieur.

 

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 composition IX, 1936
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J’ai  découvert, à travers ce que propose le Centre Pompidou  ( qui a pu choisir des œuvres dans les plus belles collections du monde que sont notamment le GuggenHeim de New-York , et le Stadtische Galerie im Lenbachhaus und Kunsthaus de Munich ) que toutes les œuvres  postérieures aux années 1920 sont des chefs d’œuvre de grâce, de finesse,  de créativité – et que ce je prenais à tort jusque là pour des oeuvres froides, révélaient  une subtilité et une inventivité dépassant de loin le suprématisme ou le post-Klee où je pensais  pouvoir  les enfermer…

 

 

 

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20 février 2009

ASGER JORN au Centre Pompidou jusqu’au 11 mai 09

Classé dans : Non classé, similitudes-rapprochements, visites — Mots-clefs :, , , — jvl @ 14:26

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Les manifestations autour du mouvement COBRA ne sont pas rares ces derniers temps, et c’est heureux car , comme je l’ai déjà dit ici, COBRA est un mouvement puissamment innovant ( tenter de renouer avec le geste brut, les forces primitives – mais aussi les traditions populaires ) , aussi bref ( 1948 à 1951 ) que fulgurant.

Asger JORN ( 1914 – 1973 ) n’est pas que l’un des fondateurs de COBRA : sa vie durant il animera de nombreux mouvements d’avant-garde, et ne cesse jusqu’à sa mort de chercher, peindre et dessiner. Dés 1953, JORN pense à rassembler dessins et peintures qu’il compte donner au petit Musée de Silkeborg qui l’avait soutenu au début.

Ce sont 108 des plus belles oeuvres sur papier prêtés par le Silkeborg Kunstmuseum ( qui en possède plus de 500 ) au Centre Pompidou que l’on peut admirer jusqu’au 11 mai.

Les dessins présentés couvrent une période allant de 1937 ( dessins à l’encre très inspirés par le surréalisme de Miro et de Ernst que Jorn admirait ) à 1973, alors qu’il savait déjà qu’il était d’un cancer du poumon .

JORN a appris à dessiner à l’atelier de fernand LEGER qu’il féquente précisément en 1936 et 1937.

Comme le dit justement le catalogue édité à l’occasion ( Gallimard, 39 € ), JORN s’empressera de désapprendre les leçons du Maître – et j’ajoute, sans grand mérite…, que c’est ce que  démontre amplement l’exposition.

JORN va considérer très vite le dessin comme le lieu de recherche pour avancer en peinture.

Les Fleurs du Mal reproduites ici sont datées de 1946, au moment où il vient de trouver enfin le moyen de quitter le Danemark pour retourner en France.

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Les dessins de JORN n’ont pas grand chose de plaisant : ce sont avant tout, m’a-t-il semblé, les témoins de ses recherches incessantes, de ses trouvailles, de son refus des ornières et des œillères, de son intransigeance, de sa pureté peut-être – si peu visible dans l’acception habituelle qu’on lui donne, mais sensible en secret derrière ses traits inédits et ses taches d’ encre de chine, d’ aquarelle et de gouache.

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7 novembre 2008

COBRA, enfin…

Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , , , — jvl @ 8:57

Enfin une grande rétrospective COBRA  à Bruxelles.
Cette expression artistique – l’une de celle qui m’a le plus marqué et dont je me dégage avec difficulté tant elle me colle au tempérament – n’a duré que la force et l’éclat  du tonnerre : 3 années, de 1948 à 1951, et  a profondément bousculé  les bases de la peinture  pendant qu’à New-York émergeait l’abstraction lyrique et qu’à Paris pointait Dubuffet  alors que Picasso – par exemple – était revenu à une certaine figuration.
Musée des  Beaux-Arts  et au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles jusqu’au  15 février 2009.

30 janvier 2008

ALECHINSKY , on a faim











 140×140 - 16 janvier 08

 140x140 - 16 janvier 2008 - huile s/toile - Jacques V. Lemaire

 

 

 

 

COBRA est pour moi une référence forte, à la fois pour la place que le mouvement occupe dans l’histoire de la peinture, et pour les éblouissements durables qu’il m’apporte depuis trente ans au moins.

C’est avant tout une histoire de couleurs : des couleurs fortes et souvent pures : des jaunes surtout, des bleus, et bien entendu une manière de faire dépourvue d’ambages ; une spontanéité ; la couleur et la matière là où elles tombent, là elles se mettent ; une libération.

En 1992 (merci Google), j’ai vu au Musée de la Marine à Paris (la seule fois où j’ai jamais mis les pieds au Musée de la Marine à Paris) une exposition d’encres, dessins et gravures d’Alechinsky.

Sur des manuscrits et des cartes marines, utilisant les courbes, marques, chiffres, ondulations et repères techniques en tous genres , Alechinsky, qui est affichiste de formation, réalisa là un ensemble marquant de dessins simples et forts : flots , bateaux sommairement esquissés, ciels étoilés, noirs, constellations , rivages , strates, lointains…

J’ai retrouvé Alechinsky, confidentiellement installé dans le sous-sol de l’Assemblée Nationale à Paris où il présentait en 1993 la peinture murale Le Jardin Fragile qui’il avait créée pour cette petite rotonde du Palais-Bourbon….

J’ai retrouvé Alechinsky encore une fois à Paris en 1998 pour l’impressionnante et somptueuse rétrospective du jeu de Paume. J’y ai passé des heures, des jours entiers, voguant d’abimes en abimes, de cimes en vertiges . Je suis resté, le suis encore, profondément impressionné par ses couleurs incandescentes et légères , ses traits hachés comme s’il procédait à tâtons…on ne regarde pas Alechinsky, on prend des bains….

Bruxelles 2008 : Alechinsky lui-même, ai-je lu, a participé à la sélection des œuvres présentées.

A-t-il manqué de choix ? Les musées et collectionneurs ont-ils refusé de faire voyager les œuvres de papier ?

Certes, les Hautes herbes du Musée Reina Sofia de Madrid, qui était déjà au Jeu de paume, occupe une place de choix dans les œuvres historiques ( 1951 – sauf erreur ).

Central Park aussi.

La Nuit, qui revient du Japon.

Le parcours en forme de labyrinthe.

Soixante ans de création, est-il souligné, mais on reste furieusement sur sa faim quand on connaît, justement, la prolixité, la générosité, la faconde et la richesse d’Alechinsky.




	

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