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Jean-Michel Alberola, 1953, expose ses estampes à La Louvière, Centre de la Gravure et de l’image imprimée :
http://www.centredelagravure.be/
Il faut y aller ( le Grand Hornu est à 30 km, le Musée de la Photographie de Mont sur Marchienne est à 30 km : joli triplé ).
Depuis 20 ans, je suis ALBEROLA à la trace, depuis que j’ai découvert son travail sur le corps , huile et fusain, dans un opus intitulé Etudier le Corps du Christ, qu’il présenta entre autres au Centre Pompidou en 1993 dans une exposition elle-même intitulée Avec la main droite *
Je ne suis pas fanatique de sujets religieux, certes, mais le thème de la Crucifixion par exemple est l’un des sujets l »e plus susceptible d’ évoquer ou de provoquer un éventail rare de sentiments qui peuvent aller de l’horreur à la contemplation mystique avec entre les deux une déclinaison infinie de sensations et sentiments intermédiaires. La Crucifixion traverse l’histoire de l’art et la Peinture tout entière, depuis toujours, et ( parenthèses ) j’ai vu il y a quelques années à Paris une exposition sur ce thème ( cette image ? ) avec entre autres, les crucifixions de Picasso, mais aussi Sutherland et Bacon.
Je ne sais qui a dit que si un extra terrestre après destruction de notre planète revenait sur terre et voyait un peu partout des milliers ( des millions ? ) de crucifix, devrait se faire une idée atrocement inexacte de notre civilisation.
ALBEROLA : il y a quelques années à Paris, je suis allé comme hanté les couloirs de l’Ecole Nationale des Beaux-Arts ( rien que pour y prendre les odeurs, cette incursion vaut le détour…) à la recherche du cours de JM Alberola. Je n’ai eu de cesse, errant dans les étages sans demander un quelconque chemin – comment trouver si l’on demande ? comment trouver si l’on regarde un gps ? – jusqu’à trouver l’étiquette de JM ALBEROLA assez sommairement fichée près d’une porte fermée que je n’ai bien entendu pas poussée.
Ce fut une belle journée au bord de la Seine.
J’ai sous les yeux, écrivant ce post, un lexique rédigé par ALBEROLA et M.L BERNADAC et doit résister à vous donner quelques définitions : allez, juste une :
Béquille ( et immédiatement ce mot renvoit douloureusement à l’oeuvre de l’andalou Pepe ESPALIU dont j’ai déjà souvent parlé ici sur ce blog ) : voici ce qu’en dit ALBEROLA
La béquille est la moitié graphique d’une croix. C’est vsur elle qu’ALBEROLA s’appuie pour étudier le corps du Christ. Par ailleurs il est dit que le Christ orthodoxe a une jambe plus courte que l’autre pour signifier encore plus son imperfectibilité. Je ne suis jamais à la bonne vitesse, toujours à marche droit alors que je ne marche qu’en boitant…La dissymétrie est l’axe de composition de la plupart des dessins de crucifixion : moitié gauche ou moitié droite du corps, de la croix. Comment joindre les deux bouts ? Ou l’équilibre du déséquilibre.
ALBEROLA aime les mots, les idées, les textes, La Boétie.
Peut-être l’avez-vous entendu dans un court entretien diffusé ce lundi 28 février au matin par Radio 3 ?
Nous avons besoin de chiens d’aveugle : mes estampes c’est un vide qui ,permet d’avancer…il faut passer du pratique au politique…je vends des médicaments, vous nêtes pas obligés de les prendre; je suis peut-être pharmacien, il y a trop d’images autour de nous, des virus internes se développent, il faut les débusquer, il faut être attentif..comment vaujourd’hui rendre la pensée meilleure, une pensée qui devienne et qui soit critique…
ALBEROLA le plasticien, peintre et graveur, dessinateur, porteur de mots aussi, passeur d’idées, philosophe, brasseur de textes…
Il faut aller à LA LOUVIERE : une quarantaire de lithos sont exposées.
Ses expositions sont rares.
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Ceux qui batissent des églises - 1989/1990 - Centre Pompidou, achat en 1991
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* J’ai compris ce titre plus tard, en lisant des écrits et entretiens avec ALBEROLA, qui aime les mots et les textes. Dans les gravures, explique-t-il, la main qui dessine est la droite, celle qui incise est la gauche puisque le travail se fait à l’envers.
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![ME0000055484_3[1]](http://www.jacquesvlemaire.be/blog/wp-content/uploads/2011/02/ME0000055484_31-520x577.jpg)









tressage de fils de fer d’une fine poésie,
KANDINSKY au Centre Pompidou jusqu’au 10 août 2009
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KANDINSKY au Centre Pompidou jusqu’au 10 août 2009
Une centaine de toiles grand format de 1909 ( il est né en 1866 à Moscou ) à 1942 ( il est mort en 44 ), plus quelques dizaines de dessins et aquarelles.
Un très bel accrochage, peut-être un peu trop dense pour ce qui est la série de tableaux choisis pour la période 1911, 1912 et 13 - l’une des plus fécondes du peintre.
L’histoire de l’art range Kandinsky, avec Kupka, Malevitch ( et : quel est le 4ème : Mondrian ? Delaunay ? ) comme père de l’abstraction.
Il s’en est toujours défendu.
Il faut s’entendre, évidemment, sur ce terme d’ abstrait qui depuis sa création ne cesse d’alimenter polémique et confusion.
Moi-même, souvent, j’ai du mal à qualifier ma peinture d’abstraite : rien en effet – et c’est une évidence – n’existe qui ne soit ancré dans le réel. Même le non figuratif, l’informel, dans ce qu’il est mais sans doute pas dans ce qu’il représente ou donne à voir , est nécessairement ancré dans le réel puisqu’il en fait partie. L’ambiguité vient du fait que ce que cette peinture montre échappe au réel défini ou définissable.
Bref.
Kandinsky a beaucoup écrit lui-même sur son travail, sur sa peinture ; il n’a cessé de chercher à expliciter des théories.
Quelques clefs essentiels ( encore que le plus important serait d’aller au Centre Pompidou pour regarder, regarder, encore regarder cette peinture qui montre tellement d’elle-même ).
Quelques clefs quand même.
1/ Très tôt ( 1895 – il a 29 ans ) , en voyant dans une exposition une Meule de foin de Monet, Kandinsky note que l’objet faisait défaut au tableau.
Plus tard, il se rend compte que l’objet nuit au tableau et en 1911, il peint une toile intitulée Le Tableau avec cercle . Au dos du tableau, il est indiqué de la main de Kandinsky ou d’un assistant ( j’ai trouvé les deux versions dans mes recherches ) , mais quoi qu’il en soit cette inscription est postérieure au tableau, première toile abstraite.
2/ Dans cette conception d’une peinture sans objet, Kandinsky établit très tôt le principe du contenu spirituel d’une œuvre ( son ouvrage de 1911 : Du Spirituel dans l’Art ) qu’il oppose alors au contenu matériel.
C’est la conception dualiste d’une oeuvre d’art ( comme l’est du reste l’être humain lui-même ) : contenu intérieur ( spirituel ) relevant de ce qu’il appellera la nécessité intérieure et forme extérieure ( contenu matériel ).
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Revenons à l’exposition.
Une centaine de toiles donc : au départ de 1908 avec quelques sujets dans lesquels la couleur explose ( Paysage à la tour, La Montagne bleue ) et le début des toiles rangées sous les appellations Impressions, puis Improvisations, et enfin Compositions.
Ces appellations que je croyais assez rigoureuses dans leur succession chronologique ( les impressions relevant du monde extérieur, les improvisations étant stimulées par le monde extérieur …) sont en réalité joyeusement mêlées dans le travail de Kandinsky : par exemple il commencera à utiliser le terme composition en 1910 ( Esquisse pour composition II ) alors que la même année et les années suivantes il peindra également des impressions et aussi des Improvisations…
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Impression III, Concert, 1911.J’ai trouvé chez Kandinsky – ce que rend bien cette exposition au parcours si complet et si riche - les fondements de Cobra ( Impression III, Concert, 1911 ) , d’apparents emprunts à l’art pariétal ( Lyrique 1911 et surtout Improvisation 20 – deux chevaux 1911 ) à propos desquels je n’ai pas trouvé jusqu’ici d’explication ( ce ne peut être en effet la circonstance qu’en 1889 une Société d’anthropologie de Moscou l’envoit dans le Grand Nord pour y étudier le droit criminel chez les paysans Komis, qui a dû mettre Kandinsky au contact de lm’art pariétal…), mais aussi chez lui certains éléments de fondements de la peinture de Pollock, de Sam Francis ou même d’Alberola…
Jusqu’à cette exposition, je fuyais un peu le travail de Kandinsky postérieur aux années 1920, le trouvant si froid alors que m’apportait tant et assez son travail antérieur.
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composition IX, 1936..J’ai découvert, à travers ce que propose le Centre Pompidou ( qui a pu choisir des œuvres dans les plus belles collections du monde que sont notamment le GuggenHeim de New-York , et le Stadtische Galerie im Lenbachhaus und Kunsthaus de Munich ) que toutes les œuvres postérieures aux années 1920 sont des chefs d’œuvre de grâce, de finesse, de créativité – et que ce je prenais à tort jusque là pour des oeuvres froides, révélaient une subtilité et une inventivité dépassant de loin le suprématisme ou le post-Klee où je pensais pouvoir les enfermer…
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