blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

6 août 2010

ETIENNE-MARTIN, au Centre Pomidou, jusqu’au 13 septembre 2010

 

 

 

 

 

 

 

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PARIS  -   Centre Beaubourg  -  Jusqu’au 13 septembre 2010

Quinze oeuvres de ce sculpteur mort en 1995 sont actuellement présentées à Pompidou, quatre dessins, des photos.

Notamment une grande photo de son atelier, photo où l’on voit à l’avant-plan une œuvre en bois, genre totem, flanquée de couleurs primaires comme les utilisait Etienne-Martin, bien avant Markus Luppertz ou Franz West…Cette œuvre est du reste la vôtre si vous avez les  quelques euros  qu’en demande la galerie Michème Aittouarès, rue de Seine…

 

 

Le Centre Pompidou présente ainsi Etienne-Martin :

C’est dans la matière de ses souvenirs d’enfance, liés à sa maison natale de Loriol, dans la Drôme, que l’artiste reconnaîtra lui-même avoir construit son oeuvre. Il établit entre ses sculptures et cette première demeure des correspondances qu’il est souvent le seul à pouvoir déchiffrer. Fasciné par l’oeuvre et le personnage,le célèbre commissaire d’exposition Harald Szeemann fera de lui l’un des artistes clés de la section « Mythologies individuelles » qu’il met en scène à la Documenta V de Kassel, en 1972.

 

ETIENNE-MARTIN est resté cet artriste pur, à l’abri des modes, des courants et des circuits.

Un artiste n’existe pas sur la scène publique ( qui lui est nécessaire ) s’il n’a pas son héraut.

Etienne-Martin l’a trouvé en 1972 en la personne de Harald Szeeman.

Décédé en 2005, ce dernier  a signé de nombreuses expositions, à Bruxelles notamment avec  La Belgique Visionnaire au Bozar qui fut d’ailleurs sa dernière exposition ( voir le post que j’ai à cette époque mis ici sur le Blog ).

 

Cette brève exposition à Beaubourg permet de retracer son œuvre :

sculpture de bois ( il faudrait dire : du tronc-même des arbres ) ,

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petits bronzes extrêmement dessinés,

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.tressage de fils de fer d’une fine poésie,

 

 

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accumulations autour d’une pièce centrale ( ici : une ancre ).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Il fut l’un des premiers à ramasser des objets jetés, et à leur donner vie dans des sculptures .

Une œuvre bien inscrite dans le  XXème siècle, d’une très grande sincérité.

Une exposition nécessaire.

 

 

 

 

 

 

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3 juin 2010

L ‘ art d’aujourd’hui est-il toujours contemporain

 

L’œuvre d’art et la création contemporaine

Louise BOURGEOIS vient de décéder.

Un  monument  de la création contemporaine.

Celui qui ne sait que sa mère travaillait les tissus, et que son père  montrait à la petite Louise, en pelant une orange, qu’elle avait un zizi (  c’est Louise Bourgeois elle-même qui le dit dans une video que j’ai vue il y a peu lors de la rétrospective à POMPIDOU , en pelant à son tour l’orange comme son père la faisait ) saisira moins facilement le comment et le pourquoi d’une grande œuvre.

Curieusement, et cela soulage un peu, personne ne s’est jamais demandé à son propos si elle faisait de l’art contemporain ou non.

Elle faisait, c’est tout  .

Sa riche, complexe, insatiable, prolifique  et féconde personnalité faisait – mais toujours rebattait les mêmes souvenirs, les mêmes blessures.

Il est de bon ton – et c’est heureux aussi, tout est heureux – de se demander, car notre époque aime à réfléchir, du moins à poser des questions, beaucoup de questions, et donner la parole à beaucoup de gens, beaucoup de monde, lequel non seulement prend cette parole mais se plait à disséquer car aujourd’hui beaucoup savent disséquer, voire disserter, et quelque fois les propos sont pertinents  – il est de bon ton donc, aujourd’hui, de se demander ce qu’est l’art contemporain et surtout d’apporter une réponse qui le plus souvent – c’est cela qui est un peu crispant, l’univocité de la réponse –  celle-ci : l’art contemporain, l’artiste contemporain est celui qui interroge la société dans laquelle il vit.

 

Il y a quelques variantes à cette réponse, mais majoritairement, chez les décideurs culturels, c’est cette réponse qui prévaut.

La question a toujours été posée : Duccio était-il contemporain ?  Et Rops – oui Rops était contemporain , dit-on, car il dessinait les travers de son époque. Ah bon ?

Ambiguité déjà : est-on, quand on est artiste, contemporain parce que l’on prend en compte l’époque dans laquelle on vit,  ou parce que l’on interroge et se place dans les problèmes  de son époque, dans sa sensibilité.

Et les grands mots sont lâchés.

Je me perds déjà , évidemment que je me perds : comment faire tenir un tel sujet en une page, alors que des bibliothèques ne cessent aujourd’hui de s’ajouter aux bibliothèques existant déjà  sur le sujet.

L’exposition  CANVAS COLLECTIE-COLLECTION RTBF  au Bozar  vient de donner de beaux éclairages sur le sujet  – de futiles aussi.

Finement, la question  y  était posée non de ce qu’était une oeuvre d’art contemporaine, et donc un artiste contemporain ou de son temps, mais bien ce que l’on avait à rechercher  dans une oeuvre d’art.  Et posée à des critiques d’art, directeur de musées, curateur d’art contemporain, historien d’art ou directeur d’école, cette question visait rien moins que tendre ( toujours cette obsession récurrente ) à obtenir une définition d e  l’art contemporain, de la création contemporaine.

Heureusement, certaines réponses ont un clacissisme apparent qui rassure totalement et permettent, avec le consensus qu’elles  peuvent  dégager,  de  vider la polémique.

Ainsi,  Carine FOL, directrice du Musée Art et Images dira  ce que je recherche dans une œuvre c’est la profondeur humaine, l’intériorité ; la nécessité d’exprimer quelque chose « .

 

Exit la question, posée comme telle, de ce qu’est une œuvre d’art contemporaine,  question qui parait alors oiseuse, mais simplement ce qu’est une œuvre d’art.

Personne  ne se demandera   ( mais bien entendu faites-le si vous voulez, personne ne vous empêche…)  si Louise Bourgeois était une artiste à l’œuvre contemporaine : tout le monde le sait confusément, le sent bien.

Mais tous  aussi nous sentons bien que la question n’est pas là. Seule l’œuvre compte, in se.

 

Il semble assez évident, car Louise Bourgeois a beaucoup parlé, et ses propos sont enregistrés, que Louise BOURGEOIS ne s’est pas inquiété de la société dans laquelle elle vivait, que son art en tous cas n’en est pas nourri ; il semble assez évident que Louise Bourgeois se s’est pas interrogé à propos de la société dans laquelle elle vivait .

 

Qu’a-t-elle fait alors ? Elle a passé sa vie à refaire son enfance, à exorcicer ses drames intérieurs liés à son enfance, à l’absence de sa mère trop vite disparue, à la présence d’un père auquel elle n’a pas pu donner sa place.

Toute son œuvre est faite de fils : les fils qu’elle n’a cessé de nouer et de dénouer ( surtout tenter de les dénouer, tel semble bien son travail exclusif ) , fils de laine tissés ou non, pendants, accrochés, soutenant des poupées, tendus, distendus, des tissus, des morceaux de laine, des mers d’étoffes, des poupées encore accrochées à un ventre plus gros qu’elles ou gisantes telles des pantins. L’araignée enfin, omniprésente : il ne faut pas chercher loin, inutile de sonder profond, de convoquer Jung et les autres – m’araignée est la mère, la faiseuse de fils, la tisseuse, la tisserande et l’on revient au personnage de la mère, au personnage car ce n’est pas la personnalité de sa mère quelle inclut dans l’araignée pour la faire apparaître, c’est la faiseuse de fils , avec ce qu’elle a nécessairement d’inquiétant. Et puis le marché de l’art et les réseaux ont fait le reste : l’araignée, surdimensionnée a fait plusieurs fois le tour de la planète des Grands : Paris, Londres, New-York, Venise, Bilbao et j’en oublie.

Louise Bourgeois a créé par nécessité ; on qualifie assurément sa création de contemporaine, mais pourtant elle renvoie aux éléments éternels, impérissables, reproduits comme l’est la cellule vivante c’est-à-dire sans arrêt.

Sa création, et donc son art, n’est pas inscrit dans le temps où elle a émergé.

Prenons Picasso.

Quel intérêt à se demander si sa création, son art, est ou non contemporain ( concomitant  à l’époque de son émergence ).

La question paraît idiote ; mais posons-là – car la réponse est difficile.

Picasso a traversé un siècle. Il a traversé ( je n’ose pas écrire :il a vécu ) des évenements capitaux, socio-éconimico-politico.

Il a dépasssé sans cesse ce qui se faisait en inventant sans cesse ( cubisme etc ).

Mais il est resté en même temps  imperméable à des mouvements importants qui naissaient autour de lui : le surréalisme par exemple.

Il me semble aussi que Picasso est resté assez insensible aux événements qui l’entouraient.

Et GUERNICA, direz-vous.

Certes, mais GUERNICA, il ne faut l’ oublier à aucun prix, est une commande qui lui a été passée après le bombardement par les Républicains.

Que serait GUERNICA si la commande n’en avait pas été faite à PICASSO ?

On voit certes dans l’œuvre de PICASSO certains échos, parfois très forts, des événements qu’il vivait ( la toile bleue consécutive au suicide de son ami, les portraits directs ou indirects des femmes qu’il connut, son petit-fils jouant etc ) mais ce sont des pages intimes de sa vie qui transpirent…Où est la guerre de 40, le fascisme, mai 68, le Viet-Nam, la Baie des Cochons, la décolonisation de l’Afrique – cette Afrique qui lui a tant donné - ? Où sont  les répressions staliniennes, les goulags, l’avénement puis la chute du communisme  – lui qui pourtant fut un temps, mais un temps très bref, affilié au Parti Communiste français - ?

Picasso avait son génie en étendard, et un étendard  est toujours devant.

Qui prétendra pourtant que son oeuvre n’est pas contemporaine ? Qui osera ? Et pourtant…

 

 

 

 

 

120x120- huile s/toile - 31 mai 2010 - jvl
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4 mai 2010

Les Espagne

 

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BOZAR jusqu’au 20 juin 2010

FESTIVAL  FLAMENCO – Esch s/Alzette  -   samedi 8 mai 2010

Une ambitieuse exposition au Bozar  prétendant proposer le plus large panorama possible de l’art contemporain espagnol en   EXPO – PERFORMANCES – CINEMA – DANCE – ARCHITECTURE, avec comme fil conducteur, et la présence active ( projection  ),   du film de Luis Bunuel   El Angel Exterminador.

27 artistes contemporains espagnols explorent la notion de «  limite « ,   Ou  aussi Comment  vivre avec un environnement aliénant ?

 

En même temps que cette Espagne sourde  que montre le Bozar, 

Une  autre  Espagne  ( celle de l’extériorisation,  de la danse et de la musique ) 

 explose au Kultur Fabrik d’Esch s/Alzette :   dépêchez-vous, c’est  samedi prochain 8 mai ( dans le cadre d’un festival Flamenco )  que Pastora GALVAN  viendra mettre le feu aux planches. Pour moi, l’une des meilleures danseuses de Flamenco, la sœur ( elle doit en avoir marre de cette référence sans doute permanente )  de Israël GALVAN – mais si je dis cela c’est plus pour indiquer qu’elle s’inscrit  dans une référence, dans une tradition familiale  – , et celle aussi qui travaille  ou a travaillé   avec Maria Pagès,  Carmen Linarès, ou Eva Yerbabuena…

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Note tout à fait personnelle  ( je sais, je devrais m’abstenir )  :  aller voir danser, fût-ce et peut-être surtout, quelqu’un comme Pastora Galvan à Esch s/Alzette, c’est un peu comme décortiquer  pour les manger  des crevettes grises au bord de l’Ourthe…

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Photo jvl - avril 2010
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