Un buste en marbre de Carrara du Bernin, et un portrait peint par Vélasquez : voilà déjà en soi deux œuvres importantes, ajoutons même majeures dans la mesure où incontestablement il s’agit de deux chefs d’œuvre : le portrait du Pape Innocent X.
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( c’est ce tableau de Velasquez qui inspirera à Francis BACON les déclinaisons que l’on sait ) .
Ces deux portraits du même personnage se font face à face dans la Galeria Doria - Pamphili à Rome. Ils ont été installés, seul à seul dans une petite alcôve aux murs bleutés et nus, dans une lumière une peu blafarde, alors que les murs des couloirs de la Galeria sont surchargés de tableaux jusqu’au plafond.
Tout se passe comme si, dans cette implacable , sobre mais vertigineuse mise en scène, Innocent X se regardait dans son miroir et se voyait d’un côté en buste du Bernin et de l’autre en toile de Vélasquez.
Il existe quantités de portraits d’un même personnage, mais à ma connaissance aucun cas de portraits – l’un sur toile et l’autre sculpté – réuni à demeure dans le même endroit.
Le dernier volet de ce portrait n’est pas très loin : le Musée du Vatican possède en effet ( donation d’AGNELLI si je ne me trompe ) une des versions de Francis BACON , qui donne une note un peu surréaliste au Musée d’art Sacré où il est enfermé.
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L’ Extase de PROSERPINE
Dans l’œuvre du Bernin, l’on peut trouver une Santa Teresa en extase ( Eglise Notre Dame de la Victoire, à Roma – réalisée en 1652 )
et l’enlèvement de Proserpine ( Galerie Borghese, à Roma également, groupe sculpté en 1621 ).
Sainte Thérèse est présentée dans l’extase du divin amour, yeux presque clos, bouche ouverte, légèrement rejettée en arrière ; un ange en face d’elle, très éveillé, très attentif, souriant, complaisant.
Proserpine est enlevée par Pluton qui l’épousera. Bernini lui a mis une larme sur la joue :
On sait que les deux sont déjà amants quand l’oncle Pluton enlèvera sa nièce Proserpine. Le Bernin hésite : Pluton sera un satyre modéré et la kidnappée, qui cherche à le repousser, résistera.
Pluton est son tonton, la liaison n’était donc pas neuve au moment du rapt, mais il fallait s’ échapper.
Les mains de Pluton qui agrippent Proserpine rendent le marbre moëlleux et font douter de la violence du rapt en même temps qu’il en exprime la détermination.
Le sort ( la condition ) des deux femmes semble ainsi converger ( lié / scellé ) même si Bernin les situe dans des mondes opposés : le Christ des Lumières pour l’une et le dieu des Ténèbres pour l’autre.
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