blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

24 décembre 2011

L’ ODEUR DU SAUMON

Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , , — jvl @ 14:56

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Chaque fois que je sens l’odeur du saumon  – cette odeur est au Réveillon ce qu’est le parfum du poivron frit aux rues de Sevilla sur le coup de midi, c’est-à-dire rapidement insupportable -  je pense à cette clause qui a fini par voir le jour dans les contrats de travail des saisonniers, en Ardenne, au XIXème siècle.

 

C’est en effet que nos rivières, l’Ourthe en particulier et ses petits affluents comme le Bronze, abondaient tellement en saumon, qu’ils en devenaient l’alimentation bon marché que l’on servait aux saisonniers….

Au point  – on l’a compris – que ceux-ci en étaient écoeurés, et ils voulaient bien travailler à condition que l’on ne leur mît  pas de saumon dans leur assiette… 

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nasse  - photo jvl 1er juillet 09 - 

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23 septembre 2009

ESSAI SUR LE BRAME DES CERFS

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70×70 – huile s/toile – 19 septembre 2009 – JVL

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Nous avons tous, à un moment ou à un  autre de notre vie, pensant déjà savoir que  le cerf bramait en automne, ce qui est déjà une erreur, pensé que le cerf bramait le soir, la nuit et le matin. Pour certains,  ce moment ou un autre aura duré la vie entière. Ce n’est pas très grave. Non, le cerf brame de la mi septembre à la mi-octobre environ, et ce du soir au matin mais, c’est comme pour le rossignol qui ne chante pas que la nuit, c’est la nuit que l’on entend le mieux. Enfin, entendait ( cf infra ).

Pourquoi du 15 au 15 ? Parce que sa durée d’activité sexuelle est d’un mois environ.

Tremblez,  pourfendeur de sexisme !   la duré de vie sexuelle de la biche, et donc ses appétits, dure d’une journée à une demi-journée. Cela s’appelle ne pas être gâtée  par la nature laquelle pourtant d’habitude se montre si généreuse..  Pensez-y si vous dites à quelqu’un qu’elle a des yeux de biche.

 

Tout ceci explique déjà beaucoup de choses.

 

Cherchez sur Google brame du cerf  et vous obtiendrez 79.000 résultats, la plupart des videos, et vraiment aucun article qui va vous éclairer vraiment. La plupart disent en d’autres mots , et parfois même pas : les reprennent, ce que disent les autres. Exemple : il y a 3 sortes de brame. Je passe. Autre exemple : pendant cette période, le cerf est agressif même envers les humains – je passe aussi, mais souligne le site de la Ville d’Arlon par exemple qui va qualifier d’ «  intrépides «  tous ceux qui du 15 au 15 vont s’aventurer dans les bois. Manière pour Arlon d’attirer les chalands en manque d’adrénaline et de décerner a priori la médaille communale du courage.

 

Tapez sur Google sexe, et vous aurez 41.500.000 résultats.

 

Tapez copulation du cerf et vous aurez «  n’est-ce pas population du cerf que vous cherchez « ?

 

Alors je vous livre quelques piste sérieuses, quelques réponses fiables. Je ne suis pas guide- nature, j’aurais voulu l’être, mais il m’arrive d’être sur le terrain, et d’ouvrir de bons livres.

 

Ce que vous pouvez oublier, même si c’est vrai – et ce l’est en l’occurrence mais c’est du people -   : les cerfs perdent jusqu’à 20 kg pendant cette période d’activité, dans le silence de la nuit les bois des cerfs qui se battent se heurtent dans un fracas assourdissant ( çà c’est inexact évidemment ) , les cerfs se blessent et meurent parfois d’épuisement d’être restés embroqués ( ce mot n’existe pas, mais il sonne si bien ).

 

En revanche, quelques  clefs plus sérieuses :  

 

Pendant l’année, les cerfs vivent entre mâles. Pas de femelles, pas de rejetons dans les sabots. Ils vivent ensemble de façon hiérarchisée : les jeunes font allégeance aux plus vieux lesquels les protègent  et les instruisent.

 

A l’approche du rut ( montée de la testostérone )  les dominants  vont rejoindre leur harde, c’est-à-dire les groupes de femelles lesquelles, avec leur jeune, vivaient séparément. Les autres cerfs, trop jeunes ( daguets ) ou trop faibles ou  trop moches vont errer plus ou moins seuls et viendront d’ailleurs tenter leur chance auprès des hardes dés que les vieux dominants seront fatigués , donc moins performants.

 

A ce stade, intervient une donnée curieuse, savoir que les cerfs, ou en tous cas certains d’entre eux,  qui se retrouvent  sans  femelles, peuvent parcourir de longues distances pour rejoindre les zones de rut  ( df p.ex. : http://www.weyrich-edition.be/fr/catalogue/auteur.php?A_ID=52 -  ,  Jean-Luc Duvivier de Fortemps, Seul parmi les cerfs, 2001 :  dans les grands territoires de chasse, les cerfs ont, d’instinct, des lieux de prédilection pour passer le rut, de même qu’ils en ont pour jeter leurs mues puis refaire leurs bois.

 

Cf également « Les habitudes du gibier » d’André Chaigneau,  Edition Payot, qui écrit :

« …il n’est pas rare de voir u cerf étranger venant de très loin pour monter les biches. Il s’agit souvent de mâles provenant de massifs pauvres en femelles ou trop riches en mâles et ne pouyvant se satisfaire, ces mâles font parfois, 50, 100 km et plus encore puis, satisfaits, reviennent au lieu de départ pour revenir l’année suivante… »

 

 

 

Il est  aisément vérifiable  - et une simple observation le renseigne  – que le brame se déroule toujours dans les mêmes zones ( par exemple, pour la Haute Ardenne, les lieux de brame, toujours les mêmes,  sont de 5 ou 6 ).  Mais il est vrai également ( je l’ai constaté, notamment ce 21 septembre 2009 ) qu’un cerf coiffé avec plusieurs biches  puisse reste dans une zone qui n’est pas une zone de brame, et que l’on peut ainsi dire qu’à tout le moins, tous les cerfs et biches ne vont pas tous vers les mêmes zones de brame répertoriées.

 

Dans les dites zones de brame, ( et certaines nuits  j’ai entendu jusqu’à 20 ou 30 cerfs  bramant tous azimuts ) , la densité de gibier est parfois fort élevée : biches et faons de l’année d’un côté, mâles de l’autre, chaque harde se déplaçant du reste dans les forêts ( mais restant semble-t-il dans un certain périmètre )  . Non seulement il est possible, en suivant le déplacement du bruit,  de  suivre le brame de tel cerf qui se déplace mais, avec un peu de chance et surtout beaucoup de persévérance et d’astuce  , on peut observer  de visu un groupe de biches et de faons évoluer dans la forêt de cache en cache et parcourir certaines distances, toujours  à proximité relative de leur mâle. Le b rame n’est donc pas un théatre statique d’acteurs plus ou moins  figés .

 

Au contraire : les animaux sont   extrêmement nerveux. Les biches sont farouches comme jamais, flanquées pour la plupart de leur jeune d e l’année qui a alors la taille d’un chevreuil.

Et les cerfs doivent être dans un état d’hystérie :  ils doivent tout à la fois protéger leur harde de départ, essayer de  conquérir l’une ou l’autre  biche supplémentaire,  défendre  ses biches contre  les cerfs errants qui n’ont pas de harde et, bien entendu, saillir à la demande, c’est-à-dire chaque fois que nécessaire ( et cela doit parfois aller très vite puisque la période de fécondation de la biche peut être d’une demi-journée seulement )  - tout cela en bramant sur tous les tons , sans prendre le temps ou presque ni de boire ni de manger ni de dormir…Autant dire que lorsque commence la chasse  (1 ) , à la fin du brame, les cerfs sont plutôt efflanqués…quand ils n’ont pas leurs bois cassés, un œil borgne, et des blessures qui cicatrisent toujours…

 

J’oubliais deux choses : la bagarre et la chandelle.

 

La bagarre, c’est le choc des mâles qui se ruent l’un sur  l’autre ; avant d’en arriver à cet affrontement viril, il leur arrive de se poursuivre sur quelques  dizaines de mètres, ; ils s’observent, se hument, évaluent… Il paraît qu’après le combat,  le vainqueur pousse  un brame qui est le plus beau de tous, le brame du vainqueur, avec à la clef toute la harde à couvrir…mais rien n’est moins sûr car une heure plus tard, un jour après, deux jours ou plus, peuvent arriver d’autres cerfs errants qui viendront le défier dans le même but,  ou encore d’autres dominants qui cherchent à acquérir quelques biches voire une harde supplémentaire.

 

Le vaincu, comme pour  les vaches d’Evolène  ( Valais suisse ) , est celui qui se détourne, s’en va.

Mais avant cela, le choc des bois : ce bruit, entendu dans le silence de la nuit, que j’ai pu entendre  il y a quelques jours venant de l’intérieur d’un boqueteau d’épiceas    à quelques dizaines de mètres de moi, est indescriptible. Les bois quand ils s’entrechoquent – et le choc est violent, on perçoit bien cette violence -  forment un bruit sourd assorti d’une légère musicalité plus douce et d’une douce résonnance. Et surtout l’on devine : l’on devine entre deux chocs,  dans  l’intervalle  mort qui suit, les deux animaux qui reculent, suant et soufflant,  se jaugeant encore, baissant la tête et fonçant à nouveau l’un sur l’autre.

Le dernier combat que j’ai entendu très clairement dans la nuit a duré plus d’une minute et moins de deux ; pendant ce temps, je voyais dans le contre-jour du soleil finissant, quelques-unes des biches de la harde, à quelques dizaines de mètres du combat qui curieusement semblaient peu concernées puisqu’elles broutaient .

 

 

La chandelle, enfin.

C’est cette curieuse et spectaculaire ruade que fait le cerf pour se dégager de la biche lorsque l’accouplement est terminé ; bien souvent sous la violence de cette ruade, la biche est projetée vers l’avant.

Raison de cette ruade ? Mystère. Que les biologistes peut-être ont déjà percé, s’il s’agit,  par exemple, d’une particularité anatomique chez l’un ou l’autre qui oblige pour le descellement un coup  de rein aussi violent. 

 

La biche est considérée comme l’animal incarnant la douceur ( Walt Disney…) et l’innocence martyrisée – ceci est peut-être expliqué par cela, mais en ce cas, est-on si sûr que la chandelle soit une épreuve douloureuse pour elle ? N’est-ce pas faire vite en appliquant aux animaux des données  explicatives purement humaines ?

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Le cerf est un animal mythique : déjà représenté au paléolithique ( Lascaux, pour ne citer qu’elle )  et de manière ininterrompue jusqu’au néolithique où le cerf est ramené schématiquement à un rectangle sur pattes sommé d’une courbe elle-même barrée de hachures horizontales censées représenter la ramure

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cueva  de rosa – oxyde de fer – photo jvl

, puis le général romain Placide qui deviendra St-Eustache, puis plus près de nous Hubert qui deviendra St-Hubert …

 

 

 

 

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En réalité, et c’est scandaleux, sauf à considérer qu’il s’agit alors de tirs bien ciblés, des tirs de sélection en quelque sorte , la chasse au cerf a déjà commencé lorsque le rut commence : cf  Arrêté  du Gouvernement Wallon  , 

Art. 4.

Les dates d’ouverture et de fermeture de la chasse à tir à l’espèce cerf sont fixées comme suit :

1° cerf boisé :

a) à l’approche et à l’affût : du 1er octobre au 31 décembre. Toutefois, la chasse à l’approche et à l’affût du grand cerf portant à chaque perche un minimum de trois andouillers au dessus de l’andouiller médian est autorisée dès le 21 septembre;

b) en battue et au chien courant : du 1er octobre au 31 décembre;

 

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26 février 2009

LA LIESSE POPULAIRE

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Il y a bien longtemps que les œuvres d’art ne soulèvent plus l’enthousiasme des foules.

Plus longtemps encore que les foules n’accompagnent plus les œuvres d’ art depuis leur lieu de création jusqu’au lieu conçu pour les recevoir…Et d’ailleurs, il n’y a plus de procession pour les y conduire. Depuis longtemps.

C’était pourtant le cas, parfois, il y a bien longtemps, pour de grands tableaux qui quittaient l’atelier pour aller sous les vivas s’installer dans les cathédrales pour lesquelles ils avaient été commandés.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui… Non, plus le cas, jamais plus…Sauf…Sauf dans un petit village d’irréductibles gaulois, je veux dire en ardenne où un sanglier d’acier ( le sanglier est l’emblème de l’ardenne, de l’ardenne belge comme des Ardennes françaises ) vient de connaître une odyssée qui rappelle les processions triomphales du Moyen-Age et, plus près de nous, les grandes processions des villes andalouses ( à la différence près, pour celles-ci, si elles ont en commun la liesse populaire, qu’elles n’ont pas pour but d’accompagner une œuvre d’art jusqu’à son point d’installation ).

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Acte I VILLE DE SIENNE année 1311

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En 1308 , le Clergé commande au peintre DUCCIO di BUONINSEGNA une Vierge en majesté avec l’Enfant que l’on appelle «  MAESTA « .

DUCCIO mettra 3 ans pour réaliser ce que tout le monde, dés son apparition, va considérer comme un chef d’œuvre : en 1311 toute la Ville de Sienne va acclamer le gigantesque tableau pendant son transfert depuis l’atelier du peintre jusqu’à l’autel majeur de la Cathédrale :

La Maesta – DUCCIO – 1311 – Museo del Duomo – Siena

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Acte II – Département des Ardennes – aout 2008:

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Il y a peu, sur l’autoroute A34 allant de Charlerville à Reims, je vois sur ma gauche un sanglier.

Je vois régulièrement des sangliers sur le bord de la route. Mais celui-là me semble énorme.

Je sors de l’autoroute, gagne le rond-point sur lequel il est installé ; des personnes sont arrêtées, vont et viennent, prennent des photos. Manifestement l’installation est toute récente ; le socle sur lequel il est installé est en rase campagne, la plaine et les forêts au loin à perte de vue. Je me renseigne à une aubette d’information tout près. Ce sanglier qui mesure 8 mètres de haut, pèse 50 tonnes, 14 m de long et 5 de large, est l’œuvre d’un sculpteur ardennais Eric SLEZIAK qui a mis 11 ans à assembler morceaux par morceaux de petites pièces d’acier qu’il trouvait au rebut çà et là. Le sanglier, une fois l’installation achevée, tournera sur son socle ( éclairé la nuit ) et fera un tour complet en 10 minutes. La jeune fille qui m’explique tout cela est fière, et elle m’explique que le sanglier a été transporté en grandes pompes depuis l’atelier du sculpteur à Bogny-sur-Meuse jusqu’ici, et que le voyage a duré plusieurs jours. Je lui parle de Duccio, lui explique combien tout cela est si important ; elle me montre une abondante documentation, me donne même un calendrier qui est précieux car tiré me dit-elle en très peu d’exemplaires. Je feuillette les photos avec elle : le sanglier quittant l’atelier, traversant un pont sous les vivas, surgissant d’une forêt, traversant un village dans une rue étroite, flanqué de sonneurs de trompe de chasse lors d’un arrêt…

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Sortie de l'atelier le 4 aout 2008

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Couac : elle m’explique aussi que le sanglier va bientôt se voir entouré de tout un ensemble comprenant station-service, restaurant, magasin, aire de jeux…Et elle en est encore plus fière. Je lui fais part de ma désolation, lui montre les gens qui sont là, qui ne doivent pas à l’existence d’une buvette d’être là, je lui dis que cela veut dire quelque chose, qu’elle doit le rapporter aux autorités, que l’on ne pourra sans doute pas arrêter ce projet imbécile, mais qu’au moins que par nos remarques l’on puisse dessiller certains yeux … Je regarde les gens qui vont et viennent, pas nombreux en ce samedi d’hiver, avec ce petit vent froid qui souffle dans cette campagne nue habitée par le paisible monstre, mais qui sont là, avec de petits sourires entendus, et qui sont là juste pour profiter de cette formidable présence, étrange et solitaire, seule dans son domaine exactement comme le vieux sanglier vit en solitaire la fin de sa vie dans nos forêts d’Ardenne

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5 novembre 2008

4 novembre 2008 en Ardenne

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Pendant que l’Amérique votait – et votait bien -,  je ramassais ce 4 novembre 2008  des champignons dans les bois, au milieu des paysages que l’on voit ici.

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le bois d'épiceas au loin est tapissé de pieds bleus

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Juste au pied de ces mélèzes, les lépiotes que l'on voit ici

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Lépiotes élevées, déguenillées et délicieuses.

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Pieds-bleus au parfum d’iris, bien à l’abri sous les herbes sèches et les fougères fanées :

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Clytocibes  nébuleux  -  chair ferme et blanche :

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Quelques oreilles de Judas, quelques agarics encore et, par miracle  cette année car il n’y en a pas eu,  2 ou 3 bolets…

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 les amanites tue-mouche : l'un des plus beaux champignons, et l'un des plus sûrs : impossible de le confondre avec un autre

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C’est çà l’artdenne belge ( je me rends compte – vrai ! – que j’ai fait une faute de frappe, mais la laisse ).

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 mon panier à chammpignon en lévitation



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23 septembre 2008

Les oiseaux, ou la banalité de la beauté

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J’habite un haut plateau d’ardenne, une région de forêts très giboyeuses  et d’espaces découverts, le paradis des buses  qui y sont fort nombreuses  ( au sol elles ressemblent à de grosses poules paresseuses ) et  de quelques faucons crécerelles,   qui,  depuis deux ans,  partagent leurs espaces avec un couple  migrateur de milans royaux, somptueux.

 

Je vais à l’atelier en vélo en traversant bois et champs sur quelques kilomètres.

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C’est ainsi que chaque matin, ou presque,  je fais  le plein d’images et  de sensations  – et c’est déjà commencer -  ou continuer -  à peindre.

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 150x150 - huile s/toile - JVL - 22 septembre 2008

Ce matin, j’ai  entendu deux mésanges  affolées crier en se sauvant au-dessus d’un champ à la sortie du bois, et j’ai vu qu’elles étaient poursuivies par un  épervier silencieux   qui a battu en retraite après quelques instants  et a regagné le couvert, peut-être parce que j’arrivais, peut-être parce  que courant deux mésanges à la fois il avait compris qu’il n’en aurait aucune.

C’est la seconde fois en 15 ans, peut-être plus, et pas au même endroit, que je vois un épervier chasser en vol ; cette fois je l’ai parfaitement vu : les fines barres transversales de son plumage, ses ailes courtes et agiles, sa vivacité ; j’ai pensé à un autour. C’est le seul oiseau, avec le faucon pélerin qui est rarissime dans ma région et que je n’y jamais vu, et l’autour , à constituer la gent ailée très fermée des chasseurs de haut vol.

 

Un  peu plus loin, en sortant du bois, deux corneilles poursuivent un faucon crécerelle de belle taille. C’est en voyant que le faucon lâche quelque chose qui tombe au sol que je compris : les corneilles se précipitèrent au sol, emportèrent le butin que l’une d’elle avala juchée , sur un poteau électrique tandis que le faucon s’éloignait.

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Il faudrait  écrire  des chapitres entiers sur les rapports des oiseaux rapaces avec les autres oiseaux – par exemple à propos de  ces scènes extrêmement courantes où l’on voit de petits oiseaux ( des pies, des étourneaux,  parfois même  des hirondelles ! ) poursuivre en criant une buse qui cherche lourdement à  leur échapper : un jeu ? un règlement de comptes ?

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A propos d’hirondelles, l’année passée, j’avais vu le 15 septembre une jeune aubépine remplie d’hirondelles bruissantes et nerveuses : le soir, il n’y avait plus rien, les hirondelles étaient reparties pour l’Afrique. Cette année, le 14 septembre, même scène, mais curieusement, alors que chaque matin je me dis qu’elles sont parties et que je ne les verrai plus, elles sont toujours là, elles ou d’autres , et  en ce jour frisquet du 23 septembre, il y a toujours des  hirondelles qui paradent dans mes campagnes…Un peu tard, non ?

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Il y a quelques jours , c’étaient les  derniers  fauchages dans les champs  -  et des scènes  inédites très  curieuses   : j’ai retrouvé les milans royaux qui nichent près de chez moi,  mais avec leur nichée cette fois  que je n’avais encore jamais vue  (  1 ou 2 de grands milans déjà ) , suivant les tracteurs exactement – et sûrement pour les mêmes raisons – que les goélands suivent sur la mer les bateaux qui y pêchent. Les  buses volaient comme d’habitude, indifférente aux derniers  travaux des champs mais les milans, eux, s’y intéressaient de très près, glissant en rase-mottes au-dessus des tracteurs…

 

Les grives, quant à elles, présentes partout dans les champs au printemps, mais retirées dans les bois pendant l’été, sont revenues dans les plaines : tout autour de la maison, ce sont des litornes, des mauvis , des draines – mais pas de musiciennes.

Le pouillot véloce est toujours là, mais je ne vois plus les serins ni la linotte mélodieuse.

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Je n’ai pas remis le surgélateur en marche : il n’y a cette année dans les bois ni bollets, ni cèpes, ni clytocibes nébuleux, ni même d’amanites rosissantes…quelques pieds-bleus, mais je ne les ai pas cueillis. Les cerfs brament depuis une dizaine de jours.

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