blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

3 décembre 2009

HISTOIRE DE FEMMES - l’invention de la perspective

 

 

 

 

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Le Christ  nous est présenté  comme   né du ventre d’une femme, laquelle  le conçut, le porta et en accoucha  comme n’ importe quelle femme  - ou quasiment..

Grandeur du travail et du rôle obscurs.

 

Si ce n’est en effet    1/ qu’ elle  fut déclarée    -  très tardivement  -  par l’Eglise ( dogme de l’Immaculée Conception  du début du XXème siécle seulement ) comme conçue elle-mème sans péché originel,

 

Et  2/  que l’enfant en elle   fut  conçu sans l ‘íntervention d’un homme ( alors qu’elle était régulièrement mariée à Joseph ), mais à l’intervention de Dieu lors d’une scène appelée  L’Annonciation.

 

Cette scène fut maintes fois représentée en peinture, principalement par la peinture italienne du XVème siècle. C’est à l’une d’entre elle d’ailleurs que l’on doit l’invention de la perspective.

Des historiens de l’art ont vu un rapport entre l’Annonciation, la naissance de la perspective en peinture, et  l’Incarnation.

Si j’en parle ici, c’est que les peintres de cette époque  - florentins surtout et quelques siennois -   étaient très sensibles   à la question de l´’incarnation,  c’est-à-dire ce fameux momento où la Vierge Marie, lors de la visite de l’Ange qui vient le lui annoncer  ( d’où ce nom d’  annonciation  donné á la scène au cours de laquelle cependant  c’est bien l’incarnation  qui me paraìt de loin l’évenemet le plus important, je veux dire líncarnation du futur  Jésus  dans  le ventre de Marie ), les peintres donc sont arrivés à inclure dans leurs peintures à la fois l’invention de la perspective, et l’illustration de cette incarnation – ce du reste de manière très secrète, d’autant que l’incarnation est enseignée  par  l’Eglise comme  étant un mystère .

 

Mieux même, dans un certain nombre de cas, la perspective dans le tableau est en relation étroite avec le mystère de l’incarnation qu’elle va non représenter mais figurer.

 

Je veux ici surtout  parler ici des peintres florentins  LORENZETTI ( ils étaient deux frères  : Pietro et Ambrogio ), de VENEZIANO, et de son élève le plus illustre  à  Florence  : Piero  DELLA  FRANCESCA.

 

En 1344 Ambrogio LORENZETTI * peint une ANNONCIATION , qui est à la Pinacothèque de Sienne,  dans laquelle pour la 1ère fois dans l’histoire de l’art, il va représenter le pavement  selon une perspective entièrement  monofocale centralisée.

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Daniel ARASSE, dans Histoires de Peintures, Éd. Folio Essais,  p.74 et svtes, va se poser la question de savoir  pourquoi  est-ce  dans  un tel  tableau  que la perspective   été inventée.

 

Inventée et non découverte  puisqu’avant cela elle n’existait pas.

 

Selon lui,  qui en fait une  savante démonstration, l’incarnation est   figurée   ( et non représentée )    grâce à la  colonne qui est dorée dans sa partie haute ( le doré s’apparentant à la lumière divine ) et dans sa partie basse,  prenant une consistance physique  alors même que derrière elle se déploie le sol en perspective,  cette colonne devient  un corps opaque  - et figure ainsi l’intrusion du mesurable dans l’immesurable, du       : soit  ce qu’est  précisément  l’incarnation.

 

Un siècle plus tard, des peintres florentins ( Veneziano, Masaccio ) vont repenser le mystère de l’incarnation en la figurant par un  certain désordre  inséré dans la perspective-même :  la perspective dans le tableau  représente un  monde régulier et proportionné  dans lequel  le mystère de l’incarnation sera figuré par un désordre interne, une sorte d’accident, une  légère disproportion.

Un peu plus tard encore  ( 1470 ) , Piero della Francesca,  va placer  dans son Annonciation ( Galerie Nationale d’Ombrie à Perugia ) une plaque de marbre totalement disproportionnée au fond d’une parfaite perspective d’une doublé rangée de colonnes séparant l’Ange de la Vierge, plaque de marbre disproportionnée  au coeur de la  construction mathématique de son tableau, laquelle figure l’incarnation.

 

 

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Plaza de Las Cruces - Sevilla

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Je ferme la parenthèse de la naissance de la perspective et de l’utilisation de celle-ci par les peintres pour figurer le mystère de l’incarnation qui s’est produite au moment de cette annonciation, pour revenir à  cette histoire de femmes   qui fait le titre de cette note.

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 Voici donc la femme propulsée au 1er plan, puisqu’elle va donner naissance au Christ – alors que toute autre présentation était possible : enfant trouvé dans une grotte, par exemple, ou encoré selon un exemple célébre laissé par la Bible, enfant trouvé sur un radeau échoué sur la berge.

Non, cet enfant qui sera le Christ vient d’une femme et, phénomène extraordinaire, une fois l’enfant né, la mère va s’estomper, et la femme  finira par disparaître.

 

Le culte voué à la Mère de Dieu  ne date  en effet pas de l’Annonciation   : l’Eglise l’a instauré au cours des  1ers siècles, tardivement donc, parce qu’elle s’est rendu compte qu’il importait de présenter à la ferveur du peuple chrétien une personnage féminin pour éviter qu’il ne se détourne vers d’autres religions ou mouvements dans lesquels la femme  déesse était  fortement  presente.

 

Hormi la Vierge et des personnages féminins sanctifiés ( existe-t-il quelque part un décompte entre d’une part le nombre des  saints et d’autre part  le nombre des  saintes   ),  l’Eglise catholique est une affaire d’hommes.

 

N’est-il pas étrange qu’une religion  fondée sur la personne du Christ, lequel  si je peux me permettre  n’est pas tombé du ciel  comme cela  aurait pu être le cas sans que quiconque ne pût trouver à rediré, mais est né d’une femme  qui l’a porté pendant neuf mois avant d’en accoucher comme n’importe quelle mère, qu’une telle religión  donc  , qui donne à un femme une rôle  primordial,  n’ait  pas à la suite de cela , logiquement en quelque sorte, poursuivi en donnant aux femmes, à l’image  et à la suite de la mère de Dieu, un rôle actif dans l’Eglise au lieu d’en être, comme c’est le cas puisque les femmes ne peuvent avoir accès au sacerdoce,  radicalement exclues  ¿

 

 

 

 

 

La récente  exposition en réouverture du  M  de Leuven, sur Rogier VAN DER WEYDEN, nous a montré une somptueuse  Marie-Madeleine venant de la National Gallery  : Van der Weyden  l’a peint en 1445  assise  par terre, adossée à un meuble, en train de lire, son traditonnel flacon d e parfum posé au sol à côté d’elle.

 

 

 

 Ce qui frappe dans ce tableau, outre l’exceptionnelle beauté de la peinture, est que cette femme, pécheresse pulique, est tout entière absorbée dans la lecture d’un livre. Habituellement à cette époque ( est-ce que cela a  tellemen changé…?), un personnage tient son livre en mains comme un accessoire, un symbole ou pire un   prétexte   - un peu comme   Celle qui fait celle qui lit Musset,   de ROPS.

 

 

 

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Chez VAN DER WEYDEN, Marie-Madeleine, dans une si curieuse posture,  est tellement absorbée que, fait extrêmement rare, elle ne fait aucune attention au peintre qui est en train de la peindre, et donc à nous. Van der Weyden a peint  une femme don t l’Histoire nous a appris que la lecture n’est sans doute pas l’occupation favorite, mais qui est  pourtant  tellement absorbée  dans sa lecture qu’elle est indifférente au monde qui l’entoure, à tous ces personnages qui déambulent si proches  d’elle et qui sont eux aussi indifférents à sa présence. Elle n’a ni les traits crispés de celui , gêné par le tumulte,  tente de rester concentré, ni le visage extatique d’une mystique abîmée dans une lecture sacrée : elle est femme ordinaire - si ce n’est le vêtement- , au visage serein, qui ne tire le moindre plaisir ostentatoire  ( nous sommes pourtant en 1445 ! ) à se trouver dan s un lieu public en train de lire…

 

 

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C’ est pourquoi je m’adresse à vous, cher Benoît XVI.
Pour vous rappeler qu’une ânesse est, comme une femme, espiègle et obstinée, précieuse et peu considérére; qu’elle a des choses à dire qu’on n’entend pas toujours; et qu’elle peut pleurer, comme une femme, de chagrín, de douleur, mais aussi de beauté et d’amour  - 
Jacqueline KELEN,  lettre d’une amoureuse à l’adresse du Pape  ,  p.139, éd. la Table Ronde, 2007.

 

 

 

 

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*celui-là même qui a peint à Sienne, au Palazzo Publico, vers 1330, les fresques de l’allégorie des effets du Bon Gouvernement.

 

5 novembre 2009

HISTOIRES DE FEMMES - naissance de la perspective en peinture

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Regardez bien ce tableau.

Regardez le sol, en perspective,

Et la colonne dont la partie supérieure se perd dans le doré du fond du tableau,

Tandis que la partie basse semble plus réelle,

Car appliquée sur ce sol en perspective,

Car aussi, vous le voyez bien, le manteau de la Verge passe derrière la colonne, entre le sol et la colonne, et rend celle-ci plus concrète.

 

Regardez encore.

Vous voyez autres choses ?

C’est un tableau de 1344.

 

 

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PARIS en novembre, quelques expositions à voir

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PARIS

Quelques expositions à voir en ce moment :

 

 

A  ORSAY, une rétrospective   James ENSOR,  jusqu’au 4 février 10, judicieusement arrêtée  avant les années 1900 

-  c’est qu’à partir de 1905 en effet, ENSOR va ressasser les thèmes découverts auparavant et  va se répéter.

 

Au Musée d’art moderne de la  Ville de Paris, une rétrospective du peintre allemand  Albert  OEHLEN  jusqu’au 3 janvier010    -   2 périodes : d’une part les années  1980/1991  puis ensuite les tableaux d’après 2007.

 

 

Et s’il vous reste du temps, Galerie Cécile Charron, rue Alasseur ( près du Village Suisse ) dans le XVème , un peintre belge Jacques V. LEMAIRE -

 

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3 octobre 2009

HOMO SPECTATOR ou l’homme qui a vu son image

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L’ Homo spectator, de  Marie-Josée MONDZAIN , éd. Bayard.

 

 

 

 

Sur la couverture du livre , une main préhistorique en négatif.

Je ne sais plus de quelle grotte elle est tirée : les mains, négatives ou positives, existent dans de très nombreuses grottes ( Sahara, Borneo, Bush australien, Patagonie argentine, et en France : grottes COSQUER   (2) et grotte de GARGAS ( 3)  notamment  pour lesquelles elles sont attribuées au gravettien càd environ -27.000 ans avant le présent  ).

J’ai eu le livre en main lors de sa parution, mais ne l’ai pas acheté car je me suis rendu compte que la partie de l’ouvrage consacrée au dessin préhistorique, à l’origine du dessin et de la peinture,  était assez réduite et que le propos du livre dépassait largement le cadre de la question de la  naissance de la peinture.

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Grotte CHAUVET – main négative

 

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50×50- 13 aout 09 - huile s/toile - JVL

 

Un  ami  m’a récemment envoyé un large extrait de l’ouvrage, celui-là  même qui traite de la naissance de la peinture. J’ai donc pu le  lire.

 

Philosophe,  directrice  de recherche au CNRS, membre du centre Marcel Mauss de l’EHESS Paris, Marie-José Mondzain développe  depuis des années une réflexion sur les différents régimes de l’image dans divers contextes historiques.

D’où l’essentielle  et passionnante question de ses origines.

 

Homo spectator, c’est l’homme qui le premier, dans l’obscurité d’une caverne, a inscrit une trace hors de lui, écrit l’éditeur dans la présentation du livre.

 

PAIR NON PAIR       ( Gironde ) a été gravé à la lumière du jour fournie par un oculus au-dessus des gravures aurignaciennes ( de -33 à – 26. Avant JC, soit de -35 à – 28.  du présent ).

A l’entrée de la grotte HORNO DE LA PENA ( Cantabria ) se trouve un cheval gravé datant  du paléolithique , gravé à la lumière du jour.

 

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50x50 - 5 juin 2009 - huile s/toile - JVL
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 50x50-6 juin 2009 - huile s/toile - JVL

 

 

 

Dans le cadre de l’examen  que va tenter MONDZAIN de la question de la naissance du dessin et de la peinture , la seule hypothèse  qu’elle retiendra est celle de l’homme , pour ce faire, s’enfonçant dans les ténèbres de la grotte ( p. 26 )

 

Elle ajoute ( ibid.) ces lieux sont choisis pour les images et souvent pour le culte des morts.

-         L’homme dans les entrailles de la terre : on comprend que cette image est nécessaire à MONDZAIN, pour ce que cela  va lui permettre d’en tirer, mais cette image comme la seule qui a pu permettre le dessin ou la représentation,   est erronnée.   

L’ idée de sanctuaire profond comme seul lieu des premières représentations humaines , séduisante évidemment parce qu’il y a les ténébres, la matrice etc…  est une thèse qui a dû être abandonnée  récemment avec la découverte de sanctuaires paléolithiques en plein air  (  Foz Coa  au Portugal ) .

Il n’en reste pas moins vrai que des peintures ont été faites dans des   sanctuaires profonds   mais ceux-ci n’ont pas l’exclusivité dont le caractère – erroné malheureusement – plaît tant à l’auteure.

 

-         ces lieux sont choisis pour les images et souvent pour le culte des morts : non, les grottes ornées, sanctuaires profonds,  n’ont pas servis, du moins au paléolithique, pour le culte des morts.

 

-         Le dessin des mains comme premier dessin de l’humanité  :  c’est l’hypothèse que MONDZAIN retient du moins implicitement.

Je suis moi-même à la recherche de ce qui a bien pu être la première représentation ou dessin fait par l’homme.

Les seules traces que l’on connaît sont celles présentes sur les parois ( les plus anciennes : env. -34.000 ans sur base de la science actuelle ) , mais rien n’indique que ce serait la représentation  sur paroi   ( 1  )  qui serait  la première manifestation de ce genre , et rien ne permet non plus  d’affirmer que  représentations  de  mains serait la première manifestation. Par exemple, les mains négatives de GARGAS ou de COSQUER sont datées du gravetien, soit env. -27.000 avant le présent, alors que, par exemple, les datations effectuées en 1995 dans la grotte  CHAUVET révèlent que  certains dessins remontent à – 32.400 .

Il paraît donc certain , au stade des découvertes actuelles, que les mains négatives ou positives, ne constituent pas la première représentation réalisée par l’homme.

 

-         L’utilisation de pigments   mis en bouche  et soufflés et projetés sur la paroi   :

là aussi, on comprend combien l’auteur aime cette image ( en soi pas inexacte , car il est vraisemblable que ce procédé a été utilisé )  pour tout le parti qu’elle va pouvoir en tirer. Deux critiques historiques :  il n’est pas absolument certain ( mais seulement hautement probable )  que cette technique ait   bien été utilisée ; plus certaine paraît  la technique utilisant la bouche mais seulement pour le souffle qu’elle produit dans une espèce de paille qui envoie  l’air sur les pigments lesquels atterrissent sur la paroi. Ne parler que de la technique du pigment dans la bouche , semble bien là aussi privilégier une hypothèse pour tout le suc qu’elle contient , mais au détriment de la vérité historique ( laquelle n’est du reste pas fixée ).

 

 

 

 

 

-         La différenciation sexuelle dans la représentation :

j’ai vu de mes yeux  en de nombreux endroits ce que les guides appellent des dessins vulvaires, ou mieux encore ( grotte des Combarelles ) la gravure d’un triangle percé en quelque sorte par un double trait : aucun doute pour le guide, qui le tient de paléontologues, il s’agit-là d’un dessin vulvaire et d’un pénis le pénétrant.

Je suis toujours resté assez sceptique sur l’attribution formelle donnée par la plupart de ce qu’il s’agissait bien de représentation d’organes tantôt féminins, tantôt masculins.

Quand on voit, à travers l’Europe, la diversité et la richesse des signes ( aviformes, tectiformes , campaniformes …etc :   pour les   classer  - puisqu’il faut classer, nommer, énumérer.. ! -    on leur a  attribué  des parentés avec  quelque chose de connu : un oiseau, un toit, une cloche… etc ), de signes totalement incompréhensibles, genre de rateau, de rectangle avec traits divers, de traits plus ou moins rangés en séquences, de ponctuations  - quand on voit donc la diversité et la richesse des signes dessinés sur les parois ( début d’un certain langage écrit ? ) , il me paraît audacieux d’ affirmer , face à une espèce de triangle barré verticalement par un trait,  qu’il s’agit là de la représentation du sexe féminin.

 

Mme MONDZAIN, qui n’est ni historienne, qui  délaisse la critique historique, qui n’est pas paléontologue, mais qui est philosophe – et c’est heureux -, utilise donc pour  sa brillante monstration des  éléments qu’elle tient définitivement  pour  simplement  avérés, alors qu’ils  ne le sont pas et se voient pour certains  régulièrement remis en cause par exemple par de nouvelles découvertes archéologiques -.

Et lorsque l’on se rend compte de cela, on  éprouve une certaine méfiance à l’égard d’une auteur et d’un texte construit comme pour le plaisir de son auteure qui a trouvé dans la préhistoire des éléments dont elle a bien senti  avant même de les organiser entre eux comme elle le fait, qu’ils allaient magnifiquement  la servir.

 

Voilà donc ce qui gâche mon plaisir face à un texte qui va loin dans l’analyse, et qui reste pertinent sur l’essentiel (  « … mais vient alors le troisième acte : l’acte décisif : c’est le geste de retrait.Il faut que la main se retire. Le corps se sépare de son appui.Mais ce n’est pas sa main maculée de pigments que ml’honne regarde car apparaît devant les yeux l’image, son image, telle qu’il peut la voir parce que sa main n’est plus là (…) Se retirer pour produire son image et la donner à voir aux yeux comme une trace vivante mais séparée de soi  -  ibid.p.29  )    malgré la coupable faiblesse qu’a eue son auteure qui  a monté une belle construction  ( comme telle, elle reste belle – mais cela s’apparente alors plus à  exercice de style ) sur des bases malheureusement mouvantes et, pour certaines, inexactes…

 

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(1)     On considère assez généralement que la pratique de la  peinture corporelle serait bien antérieure à l’utilisation de cette peinture pour la représentation pariétale ; de même, rien ne permet d’exclure que des motifs de représentation ornassent des éléments mobiliers, bien avant la peinture pariétale ( os, pierres, bâton ) , et ce serait alors à la pérennité seule possible pour les parois de certaines grottes que nous devrions aujourd’hui de considérer que les premières manifestations d e peinture seraient  pariétales.

(2)      Grotte COSQUER ( près de Marseille ) : plus de 50 mains y sont représentées  avec la particularités qu’à     toutes il manque des phalanges – alors qu’à ce jour aucun squelette du paléolithique supérieur ne présente des phalanges manquantes ( Jean CLOTTES )

(3)      

Grotte de GARGAZ ( Pyrénées orientales ) : environ 200 mains négatives dont la moitié présente des phalanges incomplètes.

Les mains dans ces deux grottes sont datées  du gravettien soit env. – 27.000 avant le présent.

 

 

 

 

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2 octobre 2009

L’ agnus dei de PAIR NON PAIR

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La grotte de PAIR NON PAIR ( côte de Bourg, Gironde ) a été découverte  en 1881 par un natif de Bourg, François DALEAU.

 

L’une des plus belles gravures ( elles sont toutes aurignaciennes, càd -30.000 ans  env. avant le présent ) , face à l’entrée, à droite, est un cheval tournant la tête vers l’arrière à 180 degrés, encolure en parfait arc de cercle.

 

On connaît cette figure biblique de l’agnus dei, mouton cette fois puisqu’il s’agit d’un ” agnus ” , représenté maintes fois en peinture, par les dits Primitifs flamands notamment ( mais je viens d’aller vérifier : l’agnus dei de VAN EYCK, dit l’Agneau Mystique, est un agneau bien droit sur ses pattes, la tête dressée tournée vers le spectateur qui le découvre de face ).

 

En allant à PAIR NON PAIR, je suis passé par TAURIAC, petit village  dont  la France  a le secret,  et me suis arrêté tant le soleil du petit matin rasant l’égl!ise romane à peine visible à travers les arbres de la petite place, me faisait une invitation forte.

Ai donc pris quelques photos de cette église romane, chef d’oeuvre silencieux dans la campagne déserte, et surtout une photo du tympan droit.

 

Le guide de PAIR NON PAIR, à qui je parlais de ma découverte à Tauriac me demanda si j’avais vu l’agnus dei sur le tympan droit de l’église. Je lui répondis que je ne l’avais pas formellement vu mais qu’il devait être sur l’une de mes photos. 

 

Ce matin-là, parce que j’étais fort en avance sur l’horaire ( les visites ne commençaient qu’à 10h ) , et parce que j’avais sympathisé avec cette personne par ailleurs responsable des lieux, le guide me proposa une visite  pour moi seul. C’est le genre de situation qui s’est déjà produit ailleurs, et ce sont pour moi, chaque fois, des moments privilégiés.

 

Nous voici donc face au cheval retourné :

 

 

Et le guide m’expliquer que sur le tympan droit de la façade de l’église de TAURIAC, se trouve un agnus dei, auquel DALEAU s’est référé lorsqu’il a découvert le cheval de PAIR NON PAIR.

 

 

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Eglise romane de Tauriac, tympan droit.

 

 

 

 

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