La grotte de PAIR NON PAIR ( côte de Bourg, Gironde ) a été découverte en 1881 par un natif de Bourg, François DALEAU.
L’une des plus belles gravures ( elles sont toutes aurignaciennes, càd -30.000 ans env. avant le présent ) , face à l’entrée, à droite, est un cheval tournant la tête vers l’arrière à 180 degrés, encolure en parfait arc de cercle.
On connaît cette figure biblique de l’agnus dei, mouton cette fois puisqu’il s’agit d’un » agnus » , représenté maintes fois en peinture, par les dits Primitifs flamands notamment ( mais je viens d’aller vérifier : l’agnus dei de VAN EYCK, dit l’Agneau Mystique, est un agneau bien droit sur ses pattes, la tête dressée tournée vers le spectateur qui le découvre de face ).
En allant à PAIR NON PAIR, je suis passé par TAURIAC, petit village dont la France a le secret, et me suis arrêté tant le soleil du petit matin rasant l’égl!ise romane à peine visible à travers les arbres de la petite place, me faisait une invitation forte.
Ai donc pris quelques photos de cette église romane, chef d’oeuvre silencieux dans la campagne déserte, et surtout une photo du tympan droit.
Le guide de PAIR NON PAIR, à qui je parlais de ma découverte à Tauriac me demanda si j’avais vu l’agnus dei sur le tympan droit de l’église. Je lui répondis que je ne l’avais pas formellement vu mais qu’il devait être sur l’une de mes photos.
Ce matin-là, parce que j’étais fort en avance sur l’horaire ( les visites ne commençaient qu’à 10h ) , et parce que j’avais sympathisé avec cette personne par ailleurs responsable des lieux, le guide me proposa une visite pour moi seul. C’est le genre de situation qui s’est déjà produit ailleurs, et ce sont pour moi, chaque fois, des moments privilégiés.
Nous voici donc face au cheval retourné :
Et le guide m’expliquer que sur le tympan droit de la façade de l’église de TAURIAC, se trouve un agnus dei, auquel DALEAU s’est référé lorsqu’il a découvert le cheval de PAIR NON PAIR.
La grotte de PAIR NON PAIR ( Gironde ) a été découverte en 1881 par DALEAU, historien et paléontologue né à Bourg ( Gironde ).
L’ histoire de la datation des gravures découvertes est intéressante : la grotte était remplie quasi jusqu’au plafond de terres que DALEAU dégagea progressivement, procédant par méthode stratigraphique avant la lettre. Il découvrir ainsi du matériau ( os, objets divers ) qui purent être datés avec certitude comme étant de l’époque aurignacienne ( – 30.000 environ avant le présent ). Au fur et à mesure de ses déblaiements, il mettait à jour les gravures lesquelles, bien entendu, ne pouvaient être postérieures à l’époque des objets découverts dans les terres dégagées.
Ces gravures, qui font l’objet d’autres publications sur ce blog - ( voir p.ex. l’Agnus Dei ), remontent donc à l’aurignacien.
Un bâtiment contemporain vient d’être construit pour accueillir les visiteurs, inauguré en 2008.
Il est dû à l’architecte bordelais Patrick HERNANDEZ qui réussit là un pari ingénieux, par le choix des matériaux ( des madriers de bois ) et l’image générale du bâtment dont le péristyle ( madriers dressés ) est reliée à l’idée de mégalithes.
L’entrée des visiteurs est à droite; la fenêtre que l’on voit, sans chassis, donne sur un patio.
à gauche, de petits escaliers mènent les visiteurs vers l’entrée de la grotte.
petit patio à gauche en entrant.
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couloir d’entée : à droite, la caisse, librairie et acceuil
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au bout du couloir, l’un des éléments les plus intéressants de l’ensemble : une porte, constituée de ces madriers de bois que l’on trouve partout dans le bâtiment, pivotant sur un axe décentré.
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le côté du péristyle faisant couloir menant à la sortie vers la grotte.
Il n’y paraît pas sur ces photos mais tout est en bois : les sols, les plafonds.
Le bâtiment suit la légère déclivité du terrain, collant à lui puisqu’il est sensé sommer la grotte, et ce détail, à peine perceptible, indique combien l’architecte a respecté des lieux.
Les manifestations autour du mouvement COBRA ne sont pas rares ces derniers temps, et c’est heureux car , comme je l’ai déjà dit ici, COBRA est un mouvement puissamment innovant ( tenter de renouer avec le geste brut, les forces primitives – mais aussi les traditions populaires ) , aussi bref ( 1948 à 1951 ) que fulgurant.
Asger JORN ( 1914 – 1973 ) n’est pas que l’un des fondateurs de COBRA : sa vie durant il animera de nombreux mouvements d’avant-garde, et ne cesse jusqu’à sa mort de chercher, peindre et dessiner. Dés 1953, JORN pense à rassembler dessins et peintures qu’il compte donner au petit Musée de Silkeborg qui l’avait soutenu au début.
Ce sont 108 des plus bellesoeuvres sur papier prêtés par le Silkeborg Kunstmuseum ( qui en possède plus de 500 ) au Centre Pompidou que l’on peut admirerjusqu’au 11 mai.
Les dessins présentés couvrent une période allant de 1937 ( dessins à l’encre très inspirés par le surréalisme de Miro et de Ernst que Jorn admirait ) à 1973, alors qu’il savait déjà qu’il était d’un cancer du poumon .
JORN a appris à dessiner à l’atelier de fernand LEGER qu’il féquente précisément en 1936 et 1937.
Comme le dit justement le catalogue édité à l’occasion ( Gallimard, 39 € ), JORNs’empressera de désapprendre les leçons du Maître – et j’ajoute, sans grand mérite…, que c’est ce que démontre amplement l’exposition.
JORN va considérer très vite le dessin comme le lieu de recherche pour avancer en peinture.
Les Fleurs du Mal reproduites ici sont datées de 1946, au moment où il vient de trouver enfin le moyen de quitter le Danemark pour retourner en France.
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Les dessins de JORN n’ont pas grand chose de plaisant : ce sont avant tout, m’a-t-il semblé, les témoins de ses recherches incessantes, de ses trouvailles, de son refus des ornières et des œillères, de son intransigeance, de sa pureté peut-être – si peu visible dans l’acception habituelle qu’on lui donne, maissensible en secret derrière ses traits inédits et ses taches d’ encre de chine, d’ aquarelle et de gouache.
La Colonne que fit ériger l’empereur Trajan ( 1er siècle de notre ère ) à l’entrée des forums impériaux à Rome est sans doute le plus beau monument de l’antiquité romaine.
Elle présente un frise sculptée d’environ 2OOm de long qui se développe en spirale autour de la colonne ; la qualité de la sculpture est confondante ( plus de 1.OOO personnages, habilement mis en scène, représentant les campagnes militaires de l’empereur contre les Daces ), et l’état de conservation est exceptionnel.
Au fur et à mesure que le décor s’élève, la frise et les personnages eux-mêmes sont grossis pour que soit compensé l’effet de perspective…
Je pensais que c’était les architectes de la renaissance qui avaient découvert, lors de la construction des campaniles notamment,comment contrarier l’effet deperspective, en augmentant par exemple le nombre d’ouvertures au fur et à mesure que la tour s’élevait.
Assis sous les pins, le dos à la via deiFori Imperiali qu’un illustre imbécile perça à travers les forums dans les années 3O, je contemplais ce chef d’œuvre, les détails de la sculpture, et je pensais qu’elle avait échappé jusqu’ici au cancer urbain des pollutions qui ronge et détruit petit à petit tous les monuments du monde…
Il faut donc emballer la colonne Trajane, et j’imaginais déjà un concours international qui, sur un tel projet aussiexceptionnel, allait attirer les meilleurs architectes de la planète…Un habillage qui la protégerait donc, mais qui la mettrait en valeur sans l’isoler du contexte originel où elle se trouve et où elle est restée depuis son érection.
60x18O - JVL - huile s/toiole - 6 aout 2008
J’imaginais déjà une tour de verre qui s’appuierait sur les concepts de correction de perspective imaginée lors de sa constructionpar l’architecteApolodoro de Damasco( qui serait aussi l’architecte du Panthéon ) et qui trouverait le moyen de le transposer et de le traduire de façon contemporaine…
Cela doit faire partie des rêves de chaque architecte, non ?Investir un lieu mythique…
Le Grognon à Namur, par exemple ( hem…et quel exemple ! ) où il s’en est fallu de peu que les Namurois– que dis-je : pas seulement les namurois, mais tous les wallons, non : la planète entière tant il est vraiqu’un beau bâtimentd’enverguredevientle symbole, le ralliement, le pôle d’attraction d’un lieu , les exemples sont si nombreux,Bilbao par exemple dont la Ville n’a jamais connu autant de visiteurs que depuis la construction de son Musée )…Le Grognon donc à Namur, au confluent de la Sambre et de la Meuse, qui fit l’objet d’un concours international d’architecte dans les années 199O, où les projets déposés furent pour certains brillants, et dont la palme fut remportée par Mario BOTTA qui projetait d’ancrer au bord de la Meuse un bâtiment qui – il ne peut y avoir le moindre doute à cet égard –serait rapidement devenu non seulement une référence en terme d’architecture contemporaine, mais allait donner àNamur, capitale de la Wallonie, un bâtimentcomme il n’en existeque trop peu dans le monde, et qui pouvait devenir le nouveau phare de toute la région.
De la colonne trajane, à l’imbécillité de la via dei Fori Imperiali dont la création détruisait de très importants vestiges en coupant en deux les forums impériaux et ceux de la république, en passant par Namur et lesNamurois qui se sont laissés piéger sans trop réagirpar de basses manœuvres politiciennesqui firent passerBOTTA et son projet lauréat à la trappe , je me suisretrouvé – le lendemain je crois, à l’ara pacis.
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L’ ARAPACIS…
Ce n’est pas tant le monument ( un autel monumental de l’an 1O de notre ère , magnifiquement restauré mais dont il reste assez peu de morceaux originaux )qui va mériter ces lignes, que l’écrin construit par l’architecte Richard Meier il y a quelques années ( 2005 – 2006 ), qui constitue, semble-t-il, le premier bâtiment d’architecture contemporaine dans le Rome historique.
En 1937 Musolini fit entamer sa reconstruction et en 1938 il fit doter l’ara pacis d’un pavillon : l’idée d’emballer le monument était née.
En découvrant le travail de Richard Meier, jamais je n’aurais pu imaginer qu’il n’avait fait que reprendre un projet ancien ni, surtout – et là, c’est un geste architectural de grand intérêt – que le mur de pierre côté rue ( à l’opposé de la façade côté Tibre ) constitué d’ une belle pierre genre travertin ocre aux tons très chauds, allait servir de soubassement aveugle parfaitement intégré au bâtiment de verre qui allait le surmonter.
En réalité, sur le plan extérieur, plus que les façades de verre à ailettes ( de verre également ) c’est ce mur de soubassement, de deux mètres de hauteur environ, quiretint toute mon attention.
L’intérieur du bâtiment est une réussite exceptionnelle, tant par le travail sur les ombres/lumières, que par les volumes, et les tonalités d’ocre :