blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

20 février 2009

ASGER JORN au Centre Pompidou jusqu’au 11 mai 09

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Les manifestations autour du mouvement COBRA ne sont pas rares ces derniers temps, et c’est heureux car , comme je l’ai déjà dit ici, COBRA est un mouvement puissamment innovant ( tenter de renouer avec le geste brut, les forces primitives – mais aussi les traditions populaires ) , aussi bref ( 1948 à 1951 ) que fulgurant.

Asger JORN ( 1914 – 1973 ) n’est pas que l’un des fondateurs de COBRA : sa vie durant il animera de nombreux mouvements d’avant-garde, et ne cesse jusqu’à sa mort de chercher, peindre et dessiner. Dés 1953, JORN pense à rassembler dessins et peintures qu’il compte donner au petit Musée de Silkeborg qui l’avait soutenu au début.

Ce sont 108 des plus belles oeuvres sur papier prêtés par le Silkeborg Kunstmuseum ( qui en possède plus de 500 ) au Centre Pompidou que l’on peut admirer jusqu’au 11 mai.

Les dessins présentés couvrent une période allant de 1937 ( dessins à l’encre très inspirés par le surréalisme de Miro et de Ernst que Jorn admirait ) à 1973, alors qu’il savait déjà qu’il était d’un cancer du poumon .

JORN a appris à dessiner à l’atelier de fernand LEGER qu’il féquente précisément en 1936 et 1937.

Comme le dit justement le catalogue édité à l’occasion ( Gallimard, 39 € ), JORN s’empressera de désapprendre les leçons du Maître – et j’ajoute, sans grand mérite…, que c’est ce que  démontre amplement l’exposition.

JORN va considérer très vite le dessin comme le lieu de recherche pour avancer en peinture.

Les Fleurs du Mal reproduites ici sont datées de 1946, au moment où il vient de trouver enfin le moyen de quitter le Danemark pour retourner en France.

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Les dessins de JORN n’ont pas grand chose de plaisant : ce sont avant tout, m’a-t-il semblé, les témoins de ses recherches incessantes, de ses trouvailles, de son refus des ornières et des œillères, de son intransigeance, de sa pureté peut-être – si peu visible dans l’acception habituelle qu’on lui donne, mais sensible en secret derrière ses traits inédits et ses taches d’ encre de chine, d’ aquarelle et de gouache.

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5 février 2009

ENTREE LIBRE

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L’accès aux Musées londoniens est totalement gratuit, vestiaire compris. Une politique de volontarisme est encouragée : un tronc se trouve à l’entrée, un autre aux vestiaires, et l’on est invité à y glisser une pièce.

Des avis çà et là expliquent que ce volontarisme permet aux Musées de garder leur indépendance, et que la participation des visiteurs est souhaitable.

De manière plus ponctuelle, un cartel vous invitera à souscrire à l’acquisition de telle oeuvre représentée par une photo, et qui sans doute, mais l’explicatioon n’est pas donnée, se trouve aux mains d’un propriétaire qui a négocié la vente au Musée.

Cette gratuité donne évidemment beaucoup de liberté : on entre et on sort à volonté, on entre parce qu’il pleut, parce qu’il fait froid, parce que l’on veut juste voir une sculpture, revoir pour la nième fois les Néréides.

Un marchand de tableaux de la rue de Seine à Paris me disait qu’il allait au Musée d’Orsay, quelques instants, juste pour voir un seul petit tableau : Le ballon , de Félix Vallotton.

Entrer donc au Britisch Museum, juste pour les trois Néréides.

S’asseoir.

Déguster : elles sont là, juste en face de vous, à hauteur d’yeux alors qu’à l’origine elles étaient perchées entre les colonnes d’ une tombe monumentale au cnetre de la Turquie ( Xanthos ).

Ces 3 nymphes de la mer, très populaires dans l’antiquité, sont 3 des 50 ou 100 filles d’un dieu marin : Nérée ; elles jouissaient toutes d’une grande beauté ( Galatée, Amphitrite…).

Les 3 Néréides du british, qui datent de 390 avant JC, sont des chefs d’œuvre de marbre, chefs d’œuvre de grâce, de légèreté, de féminité, et de beauté. A mon estime, des chefs d’œuvre du rang de La Victoire de Samothrace.

Celle des trois qui est reproduite ci-dessus ici porte un voile très fin qui lui colle à la peau ( l’air du large un peu salé, précise le cartel ) et la met en valeur dans une démarche sculpturale que l’ homme/la femme n’a cessé d’utiliser depuis pour représenter tout au long des siècles qui ont suivi tout ce qui est ici magnifié.

Les 3 Néréides sont chacune extrêmement différentes : aucun archétype, et là se trouve un autre prodige.

Chacune - avec la douceur et la grâce comme seul trait d’union – a sa vie propre, sa tenue vestimentaire, son allure, sa position dans l’espace, mais à l’évidence elles sont soeurs, elles parlent le même langage   – et nous l’apprennent.

Sortir alors et retrouver la pluie fine , aller prendre un thé en face, revenir, repasser devant Ramsès, lui dire que ce sera pour une autre fois, et les retrouver toutes les trois, même lieu, même attitude, même beauté – cela doit être cela, sans doute, le début de l’éternité.

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23 novembre 2007

le peintre & les mots

Classé dans : similitudes-rapprochements — Mots-clefs :, , , , — jvl @ 17:50

60×60 - 4 novembre 07

Sur la page d’accueil de mon site  ( http://jacquesvlemaire.be )

cette apostrophe :

 » tous les peintres quand ils parlent disent la même chose, heureusement qu’ils peignent…Tous ceux qui parlent de peinture disent la même chose, heureusement qu’il y a les peintres… « 

Et voilà à présent qu’avec l’ouverture de ce  blog, je retrouve le verbe et renoue avec les mots…

Et quand ils son t confrontés aux mots, aux mots pour parler de leur peinture, tous les peintres en effet disent peu ou prou la même chose ( entendez : la même chose  en tous cas que ce que je dis, moi…).

Zao Wou Ki :  » …le pinceau sert à faire sortir les choses du chaos… ».

Et Marthe Wéry : « …j’aime assez l’idée d’un travail qui n’est jamais clôturé (…) c’est une manière de vivre dans une série de travaux avec lesquels je n’ai jamais fini. Cela recouvre peut-être le fait de ne pouvoir jamais en terminer et, en ce qui me concerne, de n’en avoir jamais fini avec la peinture… »

Quant à ceux qui parlent de peinture et qui ne sont pas peintres, j’ai lu  par hasard en passant devant une galerie il y a quelques jours  le petit texte sensé présenté une exposition …un texte  absurde,  prétentieux et incompréhensible…que je dois aller revoir pour le recopier et vous livrer…une perle !

Je reviendrai aussi sur les mots, le verbal, la peinture, le non verbal…

16 novembre 2007

LE PEINTRE et la PHOTOGRAPHIE – Ferdinand HODLER à ORSAY ( 3 février 08 )

Classé dans : peintres, similitudes-rapprochements — Mots-clefs :, , , , — jvl @ 17:44

Un paysage extraordinaire d’HODLER est actuellement ( avec 20 autres, tout autant exceptionnels ) présenté à ORSAY, jusqu’au 3 février 08 : il s’agit du  » Lac de Thoune avec le Niesen « , venant d’une collection privée ( il ne s’agit pas du tableau représenté ci-contre, car celui dont je parle ici n’est malheureusement pas à ma disposition pour l’instant ).

La montagne Niesen y est présentée comme un cone, un triangle parfait au centre du tableau; de part et d’autre, un arrière-plan des Alpes; venant du pied du Niesen jusqu’à l’avant au bord du tableau, l’eau du lac de Thoune. Contre le bord du tableau, cette eau est traitée en petites touches horizontales bleutées, sur deux ou trois lignes, puis ces touches disparaissent peu à peu sous un voile de peinture gris-blanc au fur et à mesure qu’elles s’élognent du bord, gagnent le large et rejoignent le pied du Niesen, lequel est à sa base comme discrètement nimbé de gris argenté. De part et d’autre du cone, le ciel constitué de volutes, d’arrondis très travaillés et très peints dans des tons clairs alant du jaune au bleu. Un pur chef d’oeuvre, d’une gravité, d’une consistance, d’une lumière, d’une présence, d’une harmonie, d’une reliogisité chaleureuse, d’une humanité qu’atteignent fort peu de paysages…

Le catalogue de l’exposition montre diverses photos prises par Hodler notamment, et parmi elles, l’exacte reproduction du tableau ( à moins que ce ne fut le contraire…).

Cette ancienne photo minuscule, dans les tons gris-sépia, montre un Niesen fantomatique, le pied nimbé d’argent, accents si particuliers que renforce sans doute la qualité de la photo – de ces photos monochromes au piqué inimitable de l’époque.

Impossible de ne pas voir dans cette photo ( celle-là même ) l’inspiration directe d’Hodler, qui sans doute l’avait sous les yeux après lui-même l’avoir prise, et qui se mit à peindre, impressionné sans aucun doute par le rendu de la photo, plus peut-être que par le sujet tel qu’il pouvait le voir directement sans la photo.

Le tableau aurait-il eu cette grâce magique s’il n’y avait eu avant lui la photo et le double regard d’Hodler ?

Et alors ?

Alors, rien, mais autant savoir…

Il y a de nombresues années ( 20 ans ? ), j’avais vu à Paris une exposition sur PICASSO ( cela s’appelait, je pense, mais le souvenair est loin : Picasso et la manière noire. Dans cette exposition, j’avais noté que PICASSO parlait de l’iportance de photos qu’il possédait par centaines, notamment des personages ( des femmes noires ) et que certaines de ces photos, évidemment monochromes, avaient été pour quelque chose ( mais là ce n’était plus PICASSO qui parlait, mais, si je me souviens bien, le Commissaire de l’expo ) dans l’éclosion chez PICASSO de ce que l’on appela plus tard les périodes bleues, puis roses…

Autant savoir…savoir…savoir…ah le savoir … si loin -mais si proche souvent – de la peinture…

11 novembre 2007

étiquettes

Classé dans : similitudes-rapprochements, tous parents — Mots-clefs :, , , — jvl @ 19:14

Profession de foi.

Il disait :  » après un effort pour copier minutieusement un caillou, un brin d’herbe, une main, que sais-je encore, je sens une ébullition mentale venir. J’ai alors besoin de créer, de me laisser aller à la représentation de l’imaginaire. La nature, ainsi dosée et infusée devient ma source, ma levure, mon ferment… »

Qui parle ? Odilon REDON.

Mais enfin, quoi, REDON, c’est le père du symbolisme, non ?

Oui, mais il avait saisi la puissance fantastique du réel.

REDON, chantre donc de la nature ?

Ben, oui et non…

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