blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

27 avril 2010

La FERIA de Abril de Sevilla …une dernière fois

 

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La Feria de Abril de Sevilla, vite, une dernière fois avant le Rocio…

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 Dimanche 25 avril 10, minuit, le  feu d’artifices  clôture officiellement la Feria, qui ferme ses portes à 1heure du matin.

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Lundi matin   – Sevilla a la gueule de bois.

Mais lundi midi déjà, des  sevillanas un peu  différentes, plus rustiques dirait-on, commence à se faire entendre à la radio.

Pour les gens du Nord que nous sommes, découvrir que le flamenco , comme les processions, les sorties des Confréries,  ou précisément les sevillanas   - ne sont pas du folklore ( au sens où nous l’entendons ) mais ont des racines tellement profondes qu’il s’agit, très vite on le ressent, de véritables traditions, très ancrées, très vivaces et donc très authentiques.

Pour les gens du Nord que nous sommes, qui n’entendons à la radio les tambours des Gilles de Binche que le matin du  mardi gras, découvrir que le Flamenco est diffusé sur de très nombreuses radios andalouses , non comme une musique réservée à quelques émissions isolées ou spécialisées,  mais comme une musique authentiquement populaire ( dans le bon sens du terme )  qui est demandée et écoutée toute la journée par  nombre d’andalous, jeunes et moins jeunes,  est aussi source d’admiration : écoutez donc  Radiolé ( très très flamenca, du matin au soir, tous les jours de l’année ) ,  Canal Fiesta RADIO,  Cadena Dial Sevilla  et, dans une moindre mesure, Canal Sur ou RNE  3 ( radio nacional de Espana ) …

Ainsi, chaque année, dés que la Semana Santa s’éteint  et qu’avec elle  peu à peu  disparaissent les musicas  et marchas de toutes les bandas qui ont réchauffé les rues nuit et jour pendant plus d’une semaine ( 10 jours exactement ), quelques  jours  de répit suffisent donc  pour que fleurissent, discrètement d‘abord avant de s’ imposer partout ( les radios, les bars, les rues, les magasins, les écoles, les Télés, les associations de toutes sortes…),  les sevillanas qui annoncent la Feria qui s’ouvre quinze jours après la fin de la Semana Santa.

Autre fait remarquable : le répertoire est renouvelé chaque année… chaque année, de nouvelles sevillanas sont écrites, chantées et diffusées sur  les antennes.
C’est là que se trouve la vraie trace de l’authenticité : cette musique vit, revit, sans quitter ses canons, sans subir au fil des années d’altérations substantielles malgré la recherche de sons  nouveaux et l’utilisation ( timide heureusement ) d’instrument et petit bidouillage électro(nique – pas électro …).
Des CD sont gravés, des concours sont organisés, des prix récompensent les meilleures  sevillanas de l’année.

Ces créations annuelles sont le fruit parfois, d’associations aussi surprenantes que  très momentanées  pouvant rassembler par exemple  ( et je ne suis pas loin de la vérité )  le poissonnier, l’électricien, le librairie et un concierge d’immeuble….
Il s’en suit que le répertoire des Sevillanas est absolument inépuisable, sinon qu’il y a les modes auxquelles – comme les modes des robes flamencas  qui change chaque année – elles n’échappent pas , et que par là joue une inévitable sélection naturelle…

Les sevillanas des années 70 ou 8O par exemple , guitares sèches, cajas ( caisses de percussion ) et voix ( à quatre le plus souvent ) gardées sur cassettes  sont devenues des classiques…

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La Feria s’éteint vous disé-je, et voilà que  quelques heures plus tard, dés ce lundi midi, certaines radios se mettent à diffuser des sevillanas plus rustiques : une flûte et un tambourin ( joué par un seul musicien, et cela suffit amplement pour faire danser tout un quartier sans ampli ! ),  ou d’autres airs de sevillanas moins apprêtés..

C’est que le 21 mai commence la Romeria ( Pélérinage ) la  plus célèbre d’Espagne et d’Europe, pas la plus ancienne ( la plus anciennes est celle d’Andujar,  la Romeria de la Virgen de la cabeza,  et elle vient d’avoir lieu, avec , disaient les journaux locaux, la participation de 700.000 personnes…) ni la plus pieuse ( je pense à  Compostela..) mais celle qui draine, remue, enthousiasme, jette sur les routes à pieds, à cheval et en carriole ou roulottes, parfois tirées par des bœufs, le plus souvent par des tracteurs,   des gens de toutes sortes, habillés de flamenco et flamenca rociero ( c’est-à-dire dans ce cas : campero ou campagnard ) …

Il s’agit de la Romeria de la Virgen del Rocio ( Rocio étant un petit village sur l’estuaire du Guadalquivir, à 8O KM au Sud de Sevilla, et à 12 km de la mer ( le long du Parc National de Donana ).

Pélérinage d’une semaine, qui fait converger vers le petit village du Rocio des centaines de milliers de fidèles ( mais sur ce terme de fidèles, déjà, j’aurais tant de choses à dire ),   et  qui fait résonner sur les routes, aux haltes mais aussi en marchant ou en roulant , les mesures de la Sevillana, laquelle, vraiment, est partout, dans tout, chantée, dansée, allumée aux feux de camp, mangée et aimée, bue et rechantée……

Mais  me voilà parti sur le chemin du  Rocio,  dans les dunes du  Parc National de Donana…

Et  là je dois m’arrêter, vraiment, il faut que je m’arrête car un livre cette fois  n’ y suffirait pas .

Un mot encore  pourtant  : je connais des Sévillans  très épris de leur culture et de leurs traditions, irrités pourtant par l’omniprésence de cette musique ( qui n’est, je vous le rappelle, qu’une musique teintée et issue du Flamenco et qui est construite uniquement pour la danse, 4 coplas de chacune trois mouvements… c’est tout ) –   cela m’énerve, il suffit qu’à un arrêt de bus, à Madrid, Cologne ou Porto, des sévillans descendent pour se dégourdir les jambes qu’ils se mettent à danser, sans avoir besoin d’un seul musicien , rien que les battements des mains ( les palmas, très usitées en Flamenco dans lequel les  elles  constituent un  véritable instrument de percussion ) et les voilà qui se mettent à danser sur le bord de l’autoroute…

 

 

 

 

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24 avril 2010

FERIA de Abril – y être

Classé dans : Non classé, Sevilla-Séville — Mots-clefs :, , , — jvl @ 17:31

 

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A l’intérieur du recinto ferial, où chaque rue porte le nomd’un matador, les casetas sont alignées.

Le spectacle est dans la rue, où défilent sans cesse chevaux, équipages, robes colorées qui, cette année, m’ont paru rivaliser de grâce et  de créativité  : aussi bien dans les imprimés eux-mêmes  que  dans les modèles   -à la seule réserve que pour certains le côté trop spectaculaire ou théatral primait.

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Le spectacle est à l’intérieur des casetas , où l’on mange, l’on boit, l’on danse, sous le regard de quelques Christ et Vierges qui sont au mur, témoins permanents de toutes les activités humaines à Séville, protecteurs, indispensables à la fête dont finalement ils font partie.

Ces casetas étaint jusqu’il y a peu toutes privées : casetas de familles, de groupements d’amis, dans lesquelles on ne peut entrer ( il y a un  garde à chaque entrée ) quen  montrant sa carte de socios.

L’arrivée des socialistes au pouvoir tant à Séville que dans l’Espagne tout entière, a  encouragé la création de casetas publiques, où tout le monde peut entrer pour y …boire, manger et danser.

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Danser les Sevillanas surtout, mais aussi quelques rumbas, quelques pasos-doble, puis des  Sevillanas encore : dans les casetas proivées, surtout, de petits groupes de musiciens sont payés pour venir chanter et jouer les Sevillanas jusqu’au petit matin et, avant la fermeture d ela cseta, alors que le our se lève,  j’ai vu tout le monde se lever, se tourner vers l’image de la Vierge ( là, iol s’agissait de la Voierge du Rocio )  et entonner un vibrant Salve Regina dont  la nuit entière passée à danser et boire et chanter n’avait en rien altéré la ferveur…

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FERIA – y tourner encore

Classé dans : Non classé, Sevilla-Séville — Mots-clefs :, , — jvl @ 14:56

 

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Tourbillons – suite.

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23 avril 2010

FERIA – s’y rendre, et commencer à tourner…

Classé dans : Sevilla-Séville — Mots-clefs :, , , — jvl @ 22:09

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Il y a 36 façons de se rendre à la Feria :

à pieds ( souvent les dames portent  des sandales de cordes à semelle compensée, qui permet de marcher );

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avec le bus : souvent deux bus – le premier vous conduit au Prado, et le second est un bus spécial qui part du Prado ( avec parfois des queues d’attente de plusieurs centaines de mètres ) et qui vous conduit à la Portada de la Feria. Le bus normal est au prix normal de 1,2O € mais le bus spécial est au tarif unique de 1,50 € – autrement dit, aller et retour par bus pour une famille de 4 enfants coûtera l’équivalent de plus de 1.OOO F belges anciens…

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en taxi : ils en profitent, comme tous les services, tous lescommerces à Séville. Au prix normal, il faudra ajouter 1,99 € le jour et quasi le double la nuit…

en voiture à moteur : il vous faudra du temps, votre empreinte écolo va en prendre un sacré coup, et il faudra ensuite garer …autant l’oublier.

en coche de caballos : pas donné au commun des mortels, mais la condition d’immortel n’est pas indispensable.
Les deux dames ici attandaient au bord de l’avenue déserte; est arrivé leur coche de caballos dans lequel avaient déjà pris place leurs amis montés plus tôt.Coût : indéterminable.

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à cheval : il y a de la place pour un ou deux, parfois trois. Mais les chevaux doivent quitter la Feria à 2Oh, comme les équipages. Condition : avoir un cheval, savoir bien monter, aimer boire et conduire. Tous les cavaliers ont à l’arrière, tel le motard qui souvent tient au bras  un casque supplémentaire , une couverture prête à recevoir les assises – souvent  équines –   de copines aguerries.

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la moto, le scooter : ici les scènes sont dignes des grands maîtres du cinéma.  J’ai entendu dans le bus, mais ne l’ai pas vu, qu’une fille en croupe sur un scooter, et casquée comme il se doit, avait collé sur son casque la fleur qu’elle destinait à sa chevelure une fois décasquée…

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Ici, nous sommes arrivés : dans les casetas, cela rit, cela crie, cela parle, cela boit, cela mange, mais – surtput – cela tourne…

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21 avril 2010

SéVILLE / SEVILLA – SEMAINE SAINTE / SEMANA SANTA – suite et fin

 

Suite et fin de la Semana Santa,

alors qu’elle est terminée depuis deux semaines,

et que depuis hier soir   a  commencé  la Feria de Abril…

laquelle se termine dimanche soir.

Mais il ne faut pas croire, surtout pas,  et surtout pas dire,  que les Andalous aiment faire la fête : cette réputation qui leur colle à la peau ( les Catalans sont travailleurs, les andalous chantent et dansent….les anversois sont organisés et travailleurs, les wallons sont plutôt paresseux…) ne leur plaît pas du tout, et beaucoup aimeraient s’en débarrasser : assez, disent-ils,  que leurs entreprises ne soient pas prises au sérieux, assez que leurs universités n’aient pas la réputation de celles de Madrid, assez disent-ils qu’on leur impute à tort d’être en retard aux rendez-vous -*

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1er grand rfendez-vous avec la Mort : déjà le jeudi qui précède la semaine sainte. C'est la Velada Funeraria ou
Veillée Funèbre, à l'église de la Magdalena. Le Christe est dépendu de sa Croix, et il est gisant comme un vrai mort
à la veillée funèbre. Derrière lui, la Vierge. Les fidéles défilent, baisant les pieds du Christ et ,
derrière, les mains de Marie.
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La Vierge et St-Jean instqllés sur leur Palio d'argent, prêts à sortir.
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Détail des broderies du manteau de St-Jean, accompagnant la Vierge.
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Actes de dévotion le Dimanche des Rameaux : les Sévillans visitent leurs églises pour admirer les Pasos et les Paliosn déjà prêts pour leurs sorties processionnelles et pénitentielles.

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Une famille de Nazaréens gagne le lieu de la réunion avant la sortie. Une fois rassemblés dans leur église, autour de leus Palio et pasos, ils font le plus souvent un Chemin de Croix en prières, juste avcant de sortir.

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les costaleros , les anciens " forts des halles ", jeunes gens du quartier, plutôt costauds, à qui l'honneur
est fait d epouvoir porter les pasos ( du Cristo ) et les palios ( de la Vierge ) .
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A peine sorti de l’église, le Paso vire sur sa droite tant la rue est étroite.

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le palio s’éloigne, et commence sa procession…du balcon, des vosiins lui lancent des fleurs entières et des pétales.

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* Comme l’écrivait un espagnol vivant à Séville que j’ai rencontré il y a quelques années,  Rodrigo de Sayaz  ( je cite de mémoire ) : « …les andalous ont deux rendez-vous pour lesquels ils ne sont jamais en retard ; ce sont les rendez-vous avec la mort que sont les Corridas qui commencent toujours à l’heure à la seconde près, et la Semaine Sainte… »

 

 

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