blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

25 août 2010

Cèpes de Bordeaux

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Cèpes de bordeaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A peine parties les hirondelles, un mois trop tôt, qu’arrivent les cèpes de Bordeaux, un mois trop tôt.

Subtil équlibrage de la Nature  :   vous partez ?   Eh bien, j’en fais venir d’autres.

 

Inépuisable Nature, ou plutôt   si   épuisable Nature.

 

Laisser au sol, le plus souvent dans la mousse, et parfois dans des cachettes insoupçonnables, les laisser au sol ces cèpes de Bordeaux qui pointent juste leur nez qu’il vous a fallu quatre yeux pour les dénicher, les laisser au sol ceux qui sont déjà tout gonflés à la manière d’un gros ténor qui inspire avant la Tosca ? Non, évidemment, non.

 

Faut-il les couper ou les arracher délicatement ? La controverse n’en finit pas : les couper favoriserait la pourriture, l’arrachage même délicat abîmerait le mycelium…

 

J’aime  trancher net le pied. Par ce qu’il est charnu, et que la coupe ainsi laissée au sol donne un trace blanche circulaire, d’une netteté et d’une blancheur surprenantes, au point que cheminant dans le bois, je retrouve ces traces comme des cailloux blancs et autant de points de repères pour guetter les suivants.

 

 

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Celui-ci  ( ci-dessus ) était emballé dans une  fine cape de mousse, je devrais dire pour   être exact  une fine mousseline de dentelle de mousse,  mais cette expression paraitrait stupide,  cape de mousse que j’ai déroulée, pour déballer ce magnifique cèpe dont le pied plongeait profondément dans le sol moëlleux ( oui, ne vous posez pas de question : ce n’est pas une figure poétique – le sol est toujours moëlleux dans une sapinière, un vrai  tapis, c’est ainsi ).

 

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Et que faire de ces cèpes une fois pris e et exécutée la décision de leur couper le pied et les filer au panier ?

 

Beurre brûlant et cuisson à feu vif ?

Beurre et margarine mélés ( c’est mieux, cela brûle moins vite ) à feu moyen pour une cuisson longue ?

 

Les faire cramer, brunir, les rendre quasi croustillants comme des steak bien saisis ( le rapport avec la viande n’est pas fortuit ), ou au contraire opérer une cuisson relativement lente ?

 

Chacun son goût.

 

En tous cas, selon moi, ne  saler et poivre ( moulin bien entendu ) qu’à la dernière minute.

 

Pas d’échalote. Eventuellement un tout petit d’ail.  Du persil pour finir, évidemment.

Les jours de fête  ( c’est toujours fête quand on ramène des cèpes ) prévoir une crème pas trop maigre, quelques lardons de très bon  lard fumé  ( sinon : s’abstenir ) , ne pas trop réduire la crème surtout  si  , comme je le conseille,   on l’a rehaussé d’une pointe de moutarde forte.

Pour finir, un trait de vieux vinaigre de vin ( si pas très vieux, ou très bon : s’abstenir ).

 

Croûtons ou pas crôutons ?

 

Si on sait les réussir, c’est bien. A défaut : s’abstenir.

C’est comment réussir un croûton ?

En tous les cas, laisser  le toasteur pour les tostadas de 10h30.

 Prendre une poële, la graisser, faire chauffer trop fort, y mettre les croutons légèrement beurrés sur les 2 faces, faire roussir et retourner juste avant qu’ils ne soient noirs. Idem pour l’autre face. Il faut que la pièce sente l’âcreté de la préparation. C’est alors un crouton réussi et il est digne de recevoir les cèpes, qui attendent, réservés comme on dit je crois en cuisine, sur un coin. Si entretemps la crème a trop réduit et que l’ensemble fait papeux, tant pis pour vous, il fallait faire attention pendant que  vous carmiez les croutons.

 

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17 août 2010

HIRONDELLES……pffff…….parties….

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La terre est orpheline depuis ce matin de ses hirondelles.

Parties d’un coup, par un matin frais et brumeux.

Parties un mois à l’avance car, quasi invariablement  depuis que je les observe, elles s’en vont vers le 15 septembre…

 

A l’atelier, la dernière couvée était encore au nid il y a deux jours; hier, elle s’envolait, aujourd’hui c’est toute la colonie qui a pris le chemin du Sud.

 

Tout semble vide : les pâtures qu’elles rasaient en vol serré, les airs qu’elles occupaient en y faisant des pointillés.

 

Curieux.

Etrange.

Pressentiment.

 

Je vois les grives s’abattre  sur les sorbiers dont les sorbes sont mûres un mois à l’avance.

Quand les autres arriveront ( une petite  partie  seulement est sédentaire, l’autre est migratrice ) , c’est-à-dire normalement vers octobre, elles n’auront plus une sorbe à se mettre sous le bec.

 

Dans un mois les cerfs, s’ils sont restés normaux, se mettront à bramer.

Mais allez savoir !

 

 

 

 

 

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14 août 2010

SILENCE

Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , — jvl @ 18:15

 

 

 

 

 

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A  PROPOS  DU  POTIN  AUTOUR  DU  SILENCE  concernant l’arrêt rendu ce 13  aout 2010. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je veux parler de l’arrêt rendu ce 13 aout par la Chambre des mises en accusation qui statue sur la régularité des poursuites menées par le Juge d’Instruction chargé de la plainte déposée contre l’Eglise Catholique au sujet des faits de pédophilie, et notamment les perquisitions  à l’encontre de la Commission ADRIAENSSEN  ( concernant celle-ci, voyez le post du 26 juillet 10 .

 

 

 

 

 

 

 

Tollé généralisé autour du silence de l’arrêt rendu, les victimes ( ! ), le Clergé ( avec une position modérée cependant ) , tous les medias, l’opinion publique …

 

 

 

Et chacun d’y aller de ses soupçons dans le style si l’on cacher quelque chose, c’est qu’il y a quelque chose à cacher.

 

 

 

En réalité c’est comme si tout le monde,  au jour annoncé pour le prononcé de l’arrêt soit ce 13 aout, s’attendait déjà à pouvoir commenter ce que la Chambre allait dire : oui les poursuites sont régulièrement menées, non, elles sont en tout ou en partie irrégulières…

 

Et tout se passe comme si, le silence étant pourtant de règle, chacun se voyait frustré d’une chose  qu’il aurait dû cependant savoir impossible ( la publicité du contenu de l’arrêt ).

 

 

 

C’est la loi en effet, tout simplement : notre droit, dans l’intérêt des victimes et de la société, a prévu que l’enquête menée par le Juge d’Instruction bénéficiait de la mesure du secret.

 

 

 

C’est la Loi, et tout le monde sembler l’avoir oublié, y compris les avocats intervieuwés  ce jour-là par la RTB dans les couloirs du Palais ( où il devait y avoir grande agitation –  l’agitation  des  ânes ) qui ne comprenaient pas ce silence ( sic ), tout le monde a pu l’entendre à la une du Journal de 13h…

 

 

 

 

 

A ce Journal de 13h, peut-être pour rester dans le sensationalisme car un 13 aout il faut bien admettre que l’actualité est plutôt morne…,  à 13h donc, la RTBF a cru bien faire de ne pas rediffuser l’avis donné le matin même au Journal de 09h   par Marc Preumont, professeur de droit pénal à l’Université de Bruxelles et avocat à Namur, qui expliquait  en deux mots d’une  langue parfaite et compréhensible par tous que  ce silence était la loi, et qu’il ne fallait strictement rien y voir de curieux..

 

 

 

 

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6 août 2010

ETIENNE-MARTIN, au Centre Pomidou, jusqu’au 13 septembre 2010

 

 

 

 

 

 

 

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PARIS  -   Centre Beaubourg  -  Jusqu’au 13 septembre 2010

Quinze oeuvres de ce sculpteur mort en 1995 sont actuellement présentées à Pompidou, quatre dessins, des photos.

Notamment une grande photo de son atelier, photo où l’on voit à l’avant-plan une œuvre en bois, genre totem, flanquée de couleurs primaires comme les utilisait Etienne-Martin, bien avant Markus Luppertz ou Franz West…Cette œuvre est du reste la vôtre si vous avez les  quelques euros  qu’en demande la galerie Michème Aittouarès, rue de Seine…

 

 

Le Centre Pompidou présente ainsi Etienne-Martin :

C’est dans la matière de ses souvenirs d’enfance, liés à sa maison natale de Loriol, dans la Drôme, que l’artiste reconnaîtra lui-même avoir construit son oeuvre. Il établit entre ses sculptures et cette première demeure des correspondances qu’il est souvent le seul à pouvoir déchiffrer. Fasciné par l’oeuvre et le personnage,le célèbre commissaire d’exposition Harald Szeemann fera de lui l’un des artistes clés de la section « Mythologies individuelles » qu’il met en scène à la Documenta V de Kassel, en 1972.

 

ETIENNE-MARTIN est resté cet artriste pur, à l’abri des modes, des courants et des circuits.

Un artiste n’existe pas sur la scène publique ( qui lui est nécessaire ) s’il n’a pas son héraut.

Etienne-Martin l’a trouvé en 1972 en la personne de Harald Szeeman.

Décédé en 2005, ce dernier  a signé de nombreuses expositions, à Bruxelles notamment avec  La Belgique Visionnaire au Bozar qui fut d’ailleurs sa dernière exposition ( voir le post que j’ai à cette époque mis ici sur le Blog ).

 

Cette brève exposition à Beaubourg permet de retracer son œuvre :

sculpture de bois ( il faudrait dire : du tronc-même des arbres ) ,

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petits bronzes extrêmement dessinés,

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.tressage de fils de fer d’une fine poésie,

 

 

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accumulations autour d’une pièce centrale ( ici : une ancre ).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Il fut l’un des premiers à ramasser des objets jetés, et à leur donner vie dans des sculptures .

Une œuvre bien inscrite dans le  XXème siècle, d’une très grande sincérité.

Une exposition nécessaire.

 

 

 

 

 

 

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28 juillet 2010

CORRIDA, la Dernière Cène

 

 

 

 

CORRIDA

 

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 PICASSO, mort du torero, 1933
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Un ancien directeur de l’institut Culturel Français de Séville me disait toujours, avec un petit sourire, qu’il ne fallait jamais aborder le sujet de la Tauromachie, on ne parle pas de la Tauromachie – ce n’était pas une boutade malgré le sourire, et il avait raison.

Inutile et dangereux.

Sujet trop sensible : les aficionados et les opposants irréductiblement inconciliables – un peu comme la guerre civile, si j’ose cette comparaison qui, sur le plan du sujet de conversation  en Espagne, répond un peu aux mêmes difficultés, aux mêmes interdits.

 

Le combat de l’homme et du toro, c’est une absolue certitude, est tout à la fois un art et une boucherie sanglante.

Que des sévillannes, j’en connais, aimant passionnément la corrida, puissent défaillir à la vue d’une éraflure à peine teintée de rouge – ne change strictement rien aux choses.

La corrida est un art grandiose, séculaire, codifié, rutilant, orchestré, un art qui a son langage, ses expressions propres intraduisibles pour la plupart, un art mettant en avant le courage, l’audace, la folie parfois de l’homme ( rarement de la femme mais il existe des femmes toreros )  à genoux dans l’arène qui attend la sortie du Toro sans savoir dans quelle direction il va charger, ni comment, et qui l’ attend la capote à la main laquelle, s’il est toujours en vie à ce moment, va virevolter  au-dessus de sa tête lorsqu’il esquivera la charge.

 

Un art où  le Toro , tel le gladiateur antique, pourra gagner sa liberté s’il a fait preuve de bravoure exceptionnelle.

Ainsi, j’ai vu des toreros refuser de mettre à mort un Toro qu’il estimait trop valeureux, et qui attendait soit la réprimande pour avoir  tardé, soit l’avis du Président de la Corrida qui avait enfin  compris l’intention du Torero et qui acceptait que le Toro, libre et blessé, retrouve sa campagne.

Blessé, mais faisant alors l’objet de mille soins pour qu’il retrouve sa santé . J’ai vu ainsi les soins particuliers que donnaient alors les vétérinaires, pansant la plaie impressionnante qui avait été laissée, surtout, par la pique du picador qui creuse un trou béant dans l’échine, entre les épaules, trou tellement béant que pendant la corrida, il n’est pas rare de voir le sang gicler à flot comme giclerait l’eau d’un seau trop rempli et secoué.

La corrida est donc une boucherie.

Je peux comprendre.

Mais elle n’est  pas, comme j’ai entendu ce matin un Catalan défenseur des animaux, le spectacle de la cruauté faite à l’animal.

 

 

 

 

 

Les toros font partie de la vie espagnole, avant d’en être de la mort.

Je connais des sévillannes qui, petites, faisaient le cauchemar de trouver dans le fond du couloir menant à leur chambren un toro, un toro  forcément menaçant, énorme.

Le Toro est partout : depuis l’antique  Toro ibérique aux accents toujours modernes qui a tant impressionné Picasso jusqu’aux images monumentales, devenues monument national, qui surgissent un peu partout dans la campagne espagnole.

Picasso et son picador,  dont la lance est dirigée vers le Christ en croix.

Picasso encore et le Minotaure. De terribles dessins  impitoyables, où – de la femme prise ou du toro preneur – on ne sait trop qui  toise  l’autre, qui l’a provoqué et qui sort vainqueur…

L’homme et le toro : l’homme et le danger immémorial, le danger personnifié, le danger nommé et défini.

Il y a le loup des contes de fée, et le Toro de la réalité quotidienne.

 la bravoure, la résistance, le combat  – un seul vainqueur.

Ces toreros morts d’un coup de corne dans l’artère fémorale, tel MANOLETE  lors de l’estocade dans les arènes de Linarès.

Ces toreros lancés vers le ciel comme  un ballonnet, en une seconde, au moment où l’on croyait bien que tout était dit, pusiqu’on en était à la mise à mort  et que le toro, à bout de force semblait-il, baissait enfin la tête pour présenter son échine et subir le coup d’épée fatal : au moment où s’enfonçait l’épée, le torero qui avait un peu manqué l’esquive qui devait accompagner le geste final, se voyait emporté dans les airs, pitoyable, ramené à lui-même, envoyé vers la mort, la paralysie, rien parfois : le miracle alors, le saint qu’il a  invoqué avant le combat, la chance…

 

La mort est tout autour,  la chance aussi, et la malchance qui l’accompagne;  le mourant n’est pas toujours celui qu’on avait désigné.

Vrai : Un sévillan en voiture  ne s’arrête pas au feu rouge : il  accélère.
Si  vous vous arrêtez, vous risquez d’être embouti.

 Un sévillan  démarre au feu rouge ; il aime frôler la catastrophe – rien ne lui arrivera, et s’il meurt ( je veux dire : s’il accroche sa carrosserie ) ce sera avec le panache de celui qui a défié.

Chaque espagnol est torero, chaque femme  l’est aussi – par l’amour impossible du toro.

 

Le sang est le sang de vie. Comme dans le Dernière Cène.

La chair du toro de combat, mort la veille, est vendue le lundi dans les petits marchés de Sevilla.

Il y avait à Nervion, dans le petit marché de la Palmerita, un jeune garçon  réellement beau comme un Murillo, boucles noires  et  fière allure, tous les clichés en une seule personne, qui vendait les lundis un morceau ( il n’y avait qu’un seul morceau de viande  dans tout son étal : un seul morceau, comme on aurait un seul panier de truffes cueillies la veille,  ou quelques grives seulement comme un trésor  tiré  en cachette ) de ce précieux toro de lidia, viande aux vertus – il ne devait y avoir aucun doute là-dessus -  du toro lui-même et qui donnait , c’est évident, à celui qui en mangeait toutes  les qualités  supposées de l’animal : courage, force, vigueur, virilité …Le mot est lâché : virilité. Virilité ?

 

L’emblème de la Catalogne, qui veut par tous les moyens  et cherche toutes les occasions pour exprimer son identité, réelle ou supposée, est l’âne. L’emblème de toute l’Espagne est le Toro.

 

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La Catalogne vient aujourd’hui 28 juillet 2010 de proclamer l’interdiction de la corrida.

 

L’Espagne tout entière y voit là plus un geste politique ( proclamer sa différence dans la recherche avouée de son autonomie complète ) qu’un geste éthique.

 

Cette interdiction ne peut être assimilée à un rejet ou à une condamnation  de la corrida.

Elle n’a pas de valeur d’exemple.

Elle n’a d’autre signification que politique.

La corrida n’est pas morte.

Viva  Espana !

 

 

 

 

 

 

 

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