blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

24 janvier 2012

L’envol des Néréides – British Museum

Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , , , , , — jvl @ 13:45

 

 

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J’ai déjà dit sur ce blog l’admiration que je voue aux trois Néréides du British Museum qui à elles seules valent le voyage à Londres.

Elles sont présentées à hauteur d’homme, isolées dans une salle , invitant à la drague, aux frôlements, aux roderies-rodeos-rodeurs  de tous poils,  

parfaitement éclairées à la fois de la lumière naturelle descendant de la verrière au-dessus d’elles, et de la lumière artificielle.

Cet éclairage, à la fois naturel et artificiel, garantit en tous temps ( il pleut un jour sur deux  à Londres  disent les Guides ) une parfaite lisibilité du  moindre pli de pierre de ces monuments de grâce et de virtuosité.

 

Je ne suis pas un admirateur  de  la virtuosité, jamais, sauf  dans  l’art classique car  elle seule alors permet l’exaltation.

 

Ces éblouissantes statues du IVème siècle avant JC précèdent, dans la muséographie du British,  la salle en cul de sac où sont exposés les  Chevaux de Phidias, frises du  Parthénon, métopes, statues du fronton.

 

Le tournis.

 

Voici l’illustration de l’envol   :

du vivant,

en passant par le sculpteur LAURENS ( Tate Modern ),

un détail de la Néréide de droite.

Envol – vous dis-je.

 

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Envol – vous dis-je.

 

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5 janvier 2012

BONNE ou BELLE ANNEE 2012

Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , , , , — jvl @ 15:53

 

 

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Belle ou bonne année 2012 ?

 

 

 

Souhaiter une bonne année pour  2012 ,

Souhaiter que 2012 soit  bonne,

confine à l’idiotie, à l’inconscience dans le meilleurs des cas,

tant tous les signaux sont des plus mauvais.

Pas besoin de s’y étendre… ?

 

Si   : aucune occasion de le rappeler n’est mauvaise, sauf bien entendu si elle contribue ( j’en ai peur souvent ) à gonfler  passivement  l’insécurité , accroître passivement l’angoisse et produire paralysie face à l’ampleur  de la tâche.

 

J’ai dit ici, et le redis, que chaque homme politique disposant ( = ayant les moyens de disposer, parce qu’il occupe un niveau le permettant, tel un ministre, un président de parti etc ) devrait impérativement disposer au sein de son équipe d’un philosophe.

 

Pour le regard qu’il peut porter sur les événements, sur la genèse des décisions à prendre, sur les opportunités, les nécessités, pour freiner, retarder, accélérer ; pour l’éclairage qu’il apporte, le recul  auquel il invite, son silence parfois – aussi..

 

Si l’on  conserve un doute là-dessus   

( rêvons : faisons un sondage et demandons à ces hommes politiques de haut rang de ce qu’ils pensent de cette idée  -   je suis certain que pas un ne passerait à l’acte et  qu’aucun n’accepterait de se  faire  accompagner d’un philosophe au sein de son Cabinet  – quelle perte de temp ! quel manque de professionnalisme !  billevesée !   et pourquoi pas un augur !  un radiesthésist !  un kiné respiratoire !  un masseur finlandais !   un lama  ! , un praticien de PNL … )  ,

Si donc l’on a  un doute sur l’intérêt que le politique se double d’un philosophe, il suffisait d’écouter ou de réécouter les émissions matinales de la RTBF  ( Matin Première  -  des postcast sont disponibles sur le site de la RTBF  ) entre Noël ou Nouvel-An :   la RTBF et son excellent journaliste Bertrand HENNE   avaient eu l’excellente idée d’inviter chaque un philosophe d’obédience différente ( UCL, ULB etc )  lui demandant de commenter  – pas analyser, non, commenter simplement  -  tous les grands évenements de l’année :  la constitution du gouvernement en Belgique, le nucléaire, la problématique environnementale et la survie de la planète, la crise bancaire puis financière puis de la dette,  l’émergence démocratique dans les pays arabes etc…

 

Les commentaires entendus étaient pour la plupart lumineux, et tellement hors sentier battu, et donc tellement riches ,  tellement aptes à faire luire, dynamiques, même dans le pessimisme le plus noir.

 

Ainsi en fut-il pour Madame Hélène STENGERS, de l’ULB,  qui a eu l’occasion de dire que le politique était en panne  ( il arrive déjà et arrivera de plus en plus que devant telle décision  qui s’impose,  le politique ne doive dire : oui je sais que je dois le faire, mais je ne le puis ou ne le sais…), de dire pourquoi et comment, de parler de la place première que la pensée devait occuper  dans tout , de dire combien menaçait la barbarie dés l’instant où la pensée en venait à être confinée aux slogans…de parler de solutions comme les potagers collectifs, de l’espoir qui peut venir de l’individu en tant que tel…

 

Bonne année  2012 ?

En tous cas si le souhait d’une bonne année peut difficilement être exprimé,

 

Celui de belle année doit être formulé.

 

Car la beauté,

qui est affaire simple,

affaire à portée de mains de tous, qui ne coûte rien, qui n’est produite que par le regard puis l’intention,  

qui ne s’use pas, qui  ronronne au contact, qui est personnel à chacun, transmissible à qui l’on désigne voire à l’humanité tout entière ,  qui n’a pas de nom mais qui se voit,

 

cette beauté-là,

la Beauté donc,

oui, on peut, il faut la souhaiter à chacun au cours de cette année qui vient, à chaque jour en fait qui se lève, à chaque nuit, à chaque minute enfin, juqu’au dernier souffle.

 

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huile s/toile  - Jacques V. lemaire- 28 déc 11 - 

 

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Nous en sommes à la fois les détenteurs possibles et ses responsables,

 

nous avons le pouvoir de la débusquer  – doux pouvoir qui n’est  ni dominant ( merci  Bourdieu  ) ni  intrusif -  ,  nous avons le pouvoir de la transmettre, de la susciter, de l’offrir donc  -

 

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Entrée de l’atelier Jacques V. Lemaire- 27 décembre 2011

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Offrons donc.

 

Belle année 2012 à tous !

 

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24 décembre 2011

L’ ODEUR DU SAUMON

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Chaque fois que je sens l’odeur du saumon  – cette odeur est au Réveillon ce qu’est le parfum du poivron frit aux rues de Sevilla sur le coup de midi, c’est-à-dire rapidement insupportable -  je pense à cette clause qui a fini par voir le jour dans les contrats de travail des saisonniers, en Ardenne, au XIXème siècle.

 

C’est en effet que nos rivières, l’Ourthe en particulier et ses petits affluents comme le Bronze, abondaient tellement en saumon, qu’ils en devenaient l’alimentation bon marché que l’on servait aux saisonniers….

Au point  – on l’a compris – que ceux-ci en étaient écoeurés, et ils voulaient bien travailler à condition que l’on ne leur mît  pas de saumon dans leur assiette… 

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nasse  - photo jvl 1er juillet 09 - 

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21 décembre 2011

la Femme au Musée Guimet

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Peu de représentations  parle réellement de la Femme.

Je veux dire que trop de représentations existent.

Et aussi que chacun , de la Femme, a ses propres représentations.

Que chacun s’en fasse sa représentation – certes.

Que chacun, au fil des temps, voit celle-ci se modeler – certes, tant mieux.

Que chacun y mette des parts de soi  ? 

Non : chacun y met tout soi, non dans une recherche d’alter égo, non dans la construction d’un être mythique, mais dans la recherche - qui n’en est pas une à proprement parler – ,  d’une  sorte de quintescence d’éléments qui comptent  .

A chacun sa chimie, son alchimie,  à chacun – comme il le peut – ce chaudron qui bout dans l’avant-cour de cette usine high-tech et dans laquelle il tourne son bois sur des recettes ancestrales  et prépare 60 kg du plus pur cristal de germanium qui soit .

Projection ,  constat,  désir, falballas, sfumato, pétrin de vrai, mixe de mythe et réalité, image, tendance-tension, rejet.

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La Femme du Musée Guimet est la représentation d’ une déesse en grès, Xème siècle, du Rajastan.

Grès comme grain de peau.

 

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Elle est aussi la représentation de tout ce que l’on peut y mettre.

 

Je la fréquente depuis 15 ans au moins.

C’est une Déesse à l’Arbre, car cet arc de cercle comme une auréole qui aurait glissé, est une solide branche d’arbre.

 

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Grès comme grain de peau.

 

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 En miroir, son dessin par une autre femme

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Miroir, encore.

 

 

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18 décembre 2011

TOUT EST REVU TOUT EST A REVOIR – musée d’Orsay

 

 

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POMPIER

 

 

La peinture qualifiée de pompier est celle apparue au XIXème siècle, issue des Académ

ie des Beaux-Arts et particulièrement de la plus influente d’entre elle, celle de Paris, qui magnifiait  les thèmes historiques et orientalistes : un dessin brillant, une mise en page léchée, des emprunts évidents aux néo-classique et au romantisme qui venaient l’un et l’autre de connaître leur apogée.

POMPIER est donc synonyme d’académique : les peintres BOUGEUREAU, bien représenté à Orsay, CABANEL  et GEROME,  MEISONNIER, Henri GERVEX, Hypolithe JANDRIN ( dont le Jeune homme nu assis de 1855 vaut mieux qu’une appellation péjorative de pompier…), CAROLUS-DURAN…

 

Le Musée d’Orsay vient de changer de peau et présente, sur des pans de murs aux couleurs nouvelles et parfois audacieuses, un nouvel accrochage – témoin cet ouvrier symbolisant le travail fait en face.

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L’Enterrement à Ornans, tons sourds et mis en page statique, se voit affublé, quasi bord à bord dans un angle de la salle, d’une chasse à courre sous la neige, du même COURBET, sur mur de couluer violet  – soit un choc entyre deux tableaux gigantesques, chacun aux antipodes de l’art de COURBET et violemment mis en scène dans un duo/duel fait plus, me semble-t-il, pour provoquer des commentaires (  et je ne m’en plaindrai pas ! ) que pour plonger le visiteur dans un juste accès facilité vers les deux tableaux…

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Je  suis pourtant amateur de provocation, qui  –  bien calibrée -  , fait gagner du temps en avalant certains obstacles et positionnant le spectateur-visiteur sous un angle de vue  qu’il ne pouvait  lui-même instaurer.

Mais le  violet d’une part, et le quasi bord à bord  d’autre part  de  ces deux tableaux qui se rejettent avec autant de force ne sauraient, me semble-t-il, atteindre son but  – si ce n’est provoquer des commentaires peut-être éloignés de la peinture , ce qui peut-être n’est déjà pas si mal.

 

 

En revanche, le petit trio qui suit, devant lequel on peut passer sans rien voir car ils sont  accrochés dans un couloir de passage, est un petit régal.

 

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A gauche une si-pompière allégorie qu’elle en est plaisante dés l’instant où, comme une belle et fraîche potiche, elle fait pendant avec aune autre allégorie du même plaisant tonneau, laissant entre elles une curieuse scène de genre, de celle que le XIXème affectionnait justement  – nous y revoilà ! – , une scène de genre qui semble faire dans le réalisme  mais dont on sent bien qu’elle est, elle aussi, plus une allégorie du monde bourgeois qu’elle illustre avec une fausse candeur ( cette mis en page audacieuse Messieurs !  )  qu’un reportage  réaliste  sur ces hommes occupés dans un salle de vente où ils sont en train d’ acquérir c’est-à-dire posséder : ce lien formé par ces trois tableaux , bellement léger ,  a un air  coquin : ces Messieurs au centre sont si occupés par leurs passions de collectionneurs ( d’art – forcément ! ) , qu’aucune femme ne vient se surajouter dans ce  monde d’hommes  tout occupé qu’il est à la représentation de cette femme- voir les tableaux du fond -   et  alors que cette Société du XIXème est celle qui, l’asservissant une dernière fois avant l’émancipation du siècle suivant , en a  fait en peinture un personnage totalement nouveau  et très présent  – et cela demanderait non pas un autre post sur ce blog mais un blog entièrement dédicacé .. –

 

Bref, un ensemble savoureux…

 

 

Le Talisman, de SERUSIER, voisine dorénavant Maurice DENIS dans un suite de tableautins renouvelés.

 

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Le Nouvel Orsay   comme il se nomme,

là où   Tout est revu et tout est à revoir,

ne se laisse pas enfermer dans un simple  petit post comme celui-ci, et  il me faudra donc y revenir, pour tous ceux qui ne pourront aller revoir…

 

 

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