blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

21 mars 2012

BARBARIE et DIGNITé

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Des  enfants juifs  viennent d’être  assassinés  à Toulouse par un tueur  qui a tiré à à l’aveuglette.

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100 x 150 - huile s/toile - 10 février 2012 -  Jacques V. Lemaire

 

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Entendu sur France-Inter ce matin du 21 mars alors que concomitamment  le tueur présumé est retranché dans  son  appartement  pris d’assaut par la police et que d’autre part  en même temps  en Israël les victimes sont enterrées, entendu donc le grand-père des enfants .

En substance il a dit ceci : en 1942, j’ai vécu la fin de mon neveu ( cousin ? ) , j’en suis sorti avec beaucoup de mal (…) j’ai toujours cru que jamais cela ne se reproduirait plus (..) A présent ce sont mes petits enfants et mon fils ( ? ) qui viennent d’être exécutés par un tueur qui se dit antisémité.

Question de la journaliste : que demandez-vous aujourd’hui ?

Réponse : la seule chose que je pourrais demander est le retour de mon fils, mais c’est impossible..

Question : mais alors que demandez-vous ?

Réponse : je n’ai rien à demander.

Cette réponse  magnifique de sobriété  est d’une profonde humanité, d’une beauté poignante.

Elle rend chaque être humain qui l’entend plus grand, plus attentif,  meilleur en somme.

L’on entend trop, parmi les victimes de tous ordres,  que s’expriment  alors dans la douleur de la perte ou des blessures subies,  des désirs de vengeance  à l’exclusion de tous autres sentiments ou considérations .

Une forme de barbarie  en somme ajoutée à la barbarie,  que relaient  et amplifient  quasiment toujours les medias et  l’opinion.

Ce grand père juif entendu ce matin porte une parole paisible tellement plus forte, empreinte de beauté, d’’espoir aussi et renvoit à l’être humain dans ce qu’il  a de beau, de désir de juste et de paix.

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24 janvier 2012

L’envol des Néréides – British Museum

Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , , , , , — jvl @ 13:45

 

 

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J’ai déjà dit sur ce blog l’admiration que je voue aux trois Néréides du British Museum qui à elles seules valent le voyage à Londres.

Elles sont présentées à hauteur d’homme, isolées dans une salle , invitant à la drague, aux frôlements, aux roderies-rodeos-rodeurs  de tous poils,  

parfaitement éclairées à la fois de la lumière naturelle descendant de la verrière au-dessus d’elles, et de la lumière artificielle.

Cet éclairage, à la fois naturel et artificiel, garantit en tous temps ( il pleut un jour sur deux  à Londres  disent les Guides ) une parfaite lisibilité du  moindre pli de pierre de ces monuments de grâce et de virtuosité.

 

Je ne suis pas un admirateur  de  la virtuosité, jamais, sauf  dans  l’art classique car  elle seule alors permet l’exaltation.

 

Ces éblouissantes statues du IVème siècle avant JC précèdent, dans la muséographie du British,  la salle en cul de sac où sont exposés les  Chevaux de Phidias, frises du  Parthénon, métopes, statues du fronton.

 

Le tournis.

 

Voici l’illustration de l’envol   :

du vivant,

en passant par le sculpteur LAURENS ( Tate Modern ),

un détail de la Néréide de droite.

Envol – vous dis-je.

 

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Envol – vous dis-je.

 

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5 janvier 2012

BONNE ou BELLE ANNEE 2012

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Belle ou bonne année 2012 ?

 

 

 

Souhaiter une bonne année pour  2012 ,

Souhaiter que 2012 soit  bonne,

confine à l’idiotie, à l’inconscience dans le meilleurs des cas,

tant tous les signaux sont des plus mauvais.

Pas besoin de s’y étendre… ?

 

Si   : aucune occasion de le rappeler n’est mauvaise, sauf bien entendu si elle contribue ( j’en ai peur souvent ) à gonfler  passivement  l’insécurité , accroître passivement l’angoisse et produire paralysie face à l’ampleur  de la tâche.

 

J’ai dit ici, et le redis, que chaque homme politique disposant ( = ayant les moyens de disposer, parce qu’il occupe un niveau le permettant, tel un ministre, un président de parti etc ) devrait impérativement disposer au sein de son équipe d’un philosophe.

 

Pour le regard qu’il peut porter sur les événements, sur la genèse des décisions à prendre, sur les opportunités, les nécessités, pour freiner, retarder, accélérer ; pour l’éclairage qu’il apporte, le recul  auquel il invite, son silence parfois – aussi..

 

Si l’on  conserve un doute là-dessus   

( rêvons : faisons un sondage et demandons à ces hommes politiques de haut rang de ce qu’ils pensent de cette idée  -   je suis certain que pas un ne passerait à l’acte et  qu’aucun n’accepterait de se  faire  accompagner d’un philosophe au sein de son Cabinet  – quelle perte de temp ! quel manque de professionnalisme !  billevesée !   et pourquoi pas un augur !  un radiesthésist !  un kiné respiratoire !  un masseur finlandais !   un lama  ! , un praticien de PNL … )  ,

Si donc l’on a  un doute sur l’intérêt que le politique se double d’un philosophe, il suffisait d’écouter ou de réécouter les émissions matinales de la RTBF  ( Matin Première  -  des postcast sont disponibles sur le site de la RTBF  ) entre Noël ou Nouvel-An :   la RTBF et son excellent journaliste Bertrand HENNE   avaient eu l’excellente idée d’inviter chaque un philosophe d’obédience différente ( UCL, ULB etc )  lui demandant de commenter  – pas analyser, non, commenter simplement  -  tous les grands évenements de l’année :  la constitution du gouvernement en Belgique, le nucléaire, la problématique environnementale et la survie de la planète, la crise bancaire puis financière puis de la dette,  l’émergence démocratique dans les pays arabes etc…

 

Les commentaires entendus étaient pour la plupart lumineux, et tellement hors sentier battu, et donc tellement riches ,  tellement aptes à faire luire, dynamiques, même dans le pessimisme le plus noir.

 

Ainsi en fut-il pour Madame Hélène STENGERS, de l’ULB,  qui a eu l’occasion de dire que le politique était en panne  ( il arrive déjà et arrivera de plus en plus que devant telle décision  qui s’impose,  le politique ne doive dire : oui je sais que je dois le faire, mais je ne le puis ou ne le sais…), de dire pourquoi et comment, de parler de la place première que la pensée devait occuper  dans tout , de dire combien menaçait la barbarie dés l’instant où la pensée en venait à être confinée aux slogans…de parler de solutions comme les potagers collectifs, de l’espoir qui peut venir de l’individu en tant que tel…

 

Bonne année  2012 ?

En tous cas si le souhait d’une bonne année peut difficilement être exprimé,

 

Celui de belle année doit être formulé.

 

Car la beauté,

qui est affaire simple,

affaire à portée de mains de tous, qui ne coûte rien, qui n’est produite que par le regard puis l’intention,  

qui ne s’use pas, qui  ronronne au contact, qui est personnel à chacun, transmissible à qui l’on désigne voire à l’humanité tout entière ,  qui n’a pas de nom mais qui se voit,

 

cette beauté-là,

la Beauté donc,

oui, on peut, il faut la souhaiter à chacun au cours de cette année qui vient, à chaque jour en fait qui se lève, à chaque nuit, à chaque minute enfin, juqu’au dernier souffle.

 

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huile s/toile  - Jacques V. lemaire- 28 déc 11 - 

 

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Nous en sommes à la fois les détenteurs possibles et ses responsables,

 

nous avons le pouvoir de la débusquer  – doux pouvoir qui n’est  ni dominant ( merci  Bourdieu  ) ni  intrusif -  ,  nous avons le pouvoir de la transmettre, de la susciter, de l’offrir donc  -

 

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Entrée de l’atelier Jacques V. Lemaire- 27 décembre 2011

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Offrons donc.

 

Belle année 2012 à tous !

 

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24 décembre 2011

L’ ODEUR DU SAUMON

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Chaque fois que je sens l’odeur du saumon  – cette odeur est au Réveillon ce qu’est le parfum du poivron frit aux rues de Sevilla sur le coup de midi, c’est-à-dire rapidement insupportable -  je pense à cette clause qui a fini par voir le jour dans les contrats de travail des saisonniers, en Ardenne, au XIXème siècle.

 

C’est en effet que nos rivières, l’Ourthe en particulier et ses petits affluents comme le Bronze, abondaient tellement en saumon, qu’ils en devenaient l’alimentation bon marché que l’on servait aux saisonniers….

Au point  – on l’a compris – que ceux-ci en étaient écoeurés, et ils voulaient bien travailler à condition que l’on ne leur mît  pas de saumon dans leur assiette… 

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nasse  - photo jvl 1er juillet 09 - 

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21 décembre 2011

la Femme au Musée Guimet

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Peu de représentations  parle réellement de la Femme.

Je veux dire que trop de représentations existent.

Et aussi que chacun , de la Femme, a ses propres représentations.

Que chacun s’en fasse sa représentation – certes.

Que chacun, au fil des temps, voit celle-ci se modeler – certes, tant mieux.

Que chacun y mette des parts de soi  ? 

Non : chacun y met tout soi, non dans une recherche d’alter égo, non dans la construction d’un être mythique, mais dans la recherche - qui n’en est pas une à proprement parler – ,  d’une  sorte de quintescence d’éléments qui comptent  .

A chacun sa chimie, son alchimie,  à chacun – comme il le peut – ce chaudron qui bout dans l’avant-cour de cette usine high-tech et dans laquelle il tourne son bois sur des recettes ancestrales  et prépare 60 kg du plus pur cristal de germanium qui soit .

Projection ,  constat,  désir, falballas, sfumato, pétrin de vrai, mixe de mythe et réalité, image, tendance-tension, rejet.

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La Femme du Musée Guimet est la représentation d’ une déesse en grès, Xème siècle, du Rajastan.

Grès comme grain de peau.

 

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Elle est aussi la représentation de tout ce que l’on peut y mettre.

 

Je la fréquente depuis 15 ans au moins.

C’est une Déesse à l’Arbre, car cet arc de cercle comme une auréole qui aurait glissé, est une solide branche d’arbre.

 

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Grès comme grain de peau.

 

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 En miroir, son dessin par une autre femme

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Miroir, encore.

 

 

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