blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

1 octobre 2010

Jan FABRE et les moules-bouchot

Classé dans : la rue — Mots-clefs :, , , , — jvl @ 8:18

 

 

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Je n’aime que modérément Jan Fabre, et j’ai dit ici ce que je pensais de son intervention au Louvre il y a quelque temps.

 

Sur les plages du Pas-de-Calais  et  de la Manche, des  pieux sont plantés qui accueillent la culture de la moule bouchot.

 

On dirait des armées de veuves qui attendent  leurs marins qui ne reviendront plus.

 

Toutes sont endeuillées, toque  noire , capeline moirée, voilette, gants noirs.

 

Je ne sais si vous avez déjà   buste de femme plus ressemblante que  le buste de cette femme-ci :  la chute de rein est impressionnante, pas vrai ? Et ces coquillages serrés sous la résille, impressionnant, non ?

 

 

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16 avril 2010

Séville/Sevilla – la rue

Classé dans : Sevilla-Séville, architecture, la rue — jvl @ 19:31

 

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Vous vous mettez exactement à la place de la brouette,

vous vous retournez, et

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juste en face, voici ce que vous voyez :

de l’autre côté de la rue, un mur entièrement badigeonné d’ocre clair,

balconmuré,

ferronnerie peinte avec tout le reste : tout ce mur va disparaître, voué à la démolition.

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et sur ce mur qui aura disparu la prochaine fois que vous  passerez dans la rue, quelqu’un a délicatement posé

quelques fins

traits de calligraphie urbaine.

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vous vous retournez vers l’endroit d’où vous étiez tout à l’heure  lorsque vous avez dû pousser la brouette pour

vous y mettre ,

trop tard,

la porte s’est refermée.

C’est qu’il est 11h, l’heure de la tostada,

ou 15h l’heure de la siesta.

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Remarquez le petit personnage féminin, en bas : un peu plus loin,  vous allez voir : il va trouver où s’habiller chic.

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Angle de rue au coin cassé,

comme une croupette de toit ardennais,

comme un angle de vieux meuble liégeois,

trottoir en courbe, blocs affaissés, grille fatiguée qui ne laisse plus rien passer,

sur la porte, la partie la plus blanche est nécessairement la dernière feuille qui s’y  colla  :

elle annonce un concert de flamenco qui n’est vieux que de trois ans.

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concert de flamenco, voiture à vendre,

figé,

mais poussent les herbes à chats.

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Je vous le disais plus haut : la petite fille  à droite a trouvé à gauche une petite robe jaune.

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Gracieux, on dirait un début réussi de Ménine,

les courbes de ses hanches,

à gauche et à droite, un peu fortes dirons-nous,

ont eu du mal à rentrer dans la maison : il a fallu ragréer les angles -  ragréages réussi lui aussi.

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On dirait qu’une fanfare, une grosse fanfare avec de gros tromblons, en passant y a collé ses sons.

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Roman  est le fiancé d’Alicia.

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15 avril 2010

CHEFS-d’OEUVRE en RUE

Classé dans : Sevilla-Séville, architecture, la rue — Mots-clefs :, — jvl @ 17:58

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Sevilla,

chefs- d’oeuvre en rue,

chefs-d’oeuvre de la rue.

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Palissade masquant un chantier de démolition, pignon de maison, linge qui sèche.
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Jeudi saint -
Jour férié national en Espagne, sévillane ce jour-là, habillée de mantilla.
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plus de 4 mètres de long, quand même...
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chef-d'oeuvre, non ?
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Fresque gigantesque - Sevilla - 2009.
la fresque a disparu - 16 avr 10 - photo jvl.
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c'est sans conteste le chef-d'oeuvre des chefs-d'oeuvre, et plus encore.
Tout est quasi parfait, bien pensé, bien étudié, on sent bien les nombreux dessins préparatoires,
les expériences de physique, de chimie, de résistance des matériaux, les études grattage, collage,
les études d'insertion de végétaux, la science de l'encadrement-pur béton, la surveillance du
 temps qui passe et sa maîtrise.
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au fond du couloir, un patio. Et au fond du patio, un petit magasin, oserais-je dire vieillot.
C'est sa vitrine que l'on voit ici. Dans cette vitrine, qui ferait pâlir Arman : une involontaire
accumulation de soutiens-gorge ( involontairement ) roses, démodés, grande taille.
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IMAGES PIEUSES et TOMBOLA – Séville.

Classé dans : Non classé, Sevilla-Séville, la rue — jvl @ 17:19

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IMAGES  PIEUSES ,  TOMBOLAS   ET   VIE   QUOTIDIENNE  à Séville                          

15  AVR  10

L’image pieuse est partout à Séville, sous toutes ses formes.

Et je parle ici de l’ application profane de l’image pieuse, pas de celle touchant les églises et tout ce qui les entoure ( associations, manifestations etc ) 

Ainsi par exemple pour le nom des rues : souvent incompréhensible pour le guiri  ( le touriste à Séville est un guiri, un autre ) parce qu’il s’agit d’appellations du Christ sous toutes ses formes, ou  de la Vierge (  rien qu’avec le vocable  Virgen, il y a près de  80  noms de rues à Séville : Virgen del Sol, Virgen de los Dolores    etc   ) .

Appellation incompréhensible : par exemple la calle del Dulce Nombre ( la rue du Doux Nom ) fait en fait référence à la Virgen del Dulce Nombre, qui est la Vierge de la Confrérie del Dulce Nombre, mais pour être tout à fait précis dans cet exemple-ci, le nom complet de cette Virgen est  DULCE NOMBRE DE MARIA Y MAYOR DOLOR DE CRISTO (http://www.eldulcenombre.org/delahermandad-historia.htm#dulce )

Autre exemple : la calle Pilar de Gracia fait en réalité référence à la Virgen del Pilar ( de Zaragossa ), et la Plaza de l’Incarnacion est évidemment la Place de l’Incarnation, ou de l’obombrement ( oui ce mot existe : il veut dire quelque chose d’aussi compliqué que lui, soit le fait de concevoir dans l’ombre faite par l’Esprit Saint – référence au mystère de la conception de la Vierge, au moment de l’Annonciation ) c’est-à-dire du moment où, dans le corps de Marie ( la Virgen ) Jésus est conçu sans l’intervention d’un homme mais par le fait que Marie ait dit oui à l’Ange …

La calle Amor de Dios se passe de commentaires…

Il n’y a sans doute pas de statistique sur le sujet,  et c’est dommage … la moitié, les trois-quarts peut-être des n oms de rue à Séville son t empruntés à une appellation liée à Dieu, au Christ, à la Vierge.

Les Fanfares ou bandas : pas un seul des képis, casques ou coiffes qui ne soit ornés à l’intérieur, à l’abri des regards, bien protégée sous plastic, d’une ou de plusieurs images pieuses : Vierge ou Christ.

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Il y a en réalité trois images à l’intérieur de ce képi : les deux plus petites sont en bas à droite.

 

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.Les chauffeurs de Taxis : ici, en général, ce n’est pas un chapelet qui pend au rétroviseur ou l’épouse ou le fils en photo avec un pense à moi sois prudent, mais ce sont un e ou plusieurs images de la Vierge, de plusieurs Vierges à la fois, d’un Christ ( et pas seulement le Cristo del Buen Viaje ) ou de plusieurs côte à côte.

Le nombre important d’aubettes dans les rues  où l’on vend des billets de tombola, l‘importance et le nombre de tombolas et loteries officielles, avec  leurs vendeurs ambulants, les officines  avec guichet ( comme des agents de change ) dans les rues passantes, où il n’est pas rare de voir les sévillans y faire la queue : la loterie et la tombola font partie de la vie sévillane et personne ne s’en  cache ( sauf sans doute les gagnants )-  cette importance ouvertement donnée à la chance, cette façon sévillane de courtiser  et de solliciter la chance de gagner, et de l’afficher,   n’est sans doute pas étrangère à cette façon excessive de s’entourer ( et de solliciter sans aucun doute)  d’images  pieuses.

J’ai vu un coiffeur, dans la bien nommée Calle del Gran Poder, qui avait collé sur sa vitrine deux grandes photos :  une tête d’homme vantant  des produits capillaires, et juste à côté, même taille, une Virgen en grande tenue.

marchand de chaussures à la Plaza de l'Incarnacion - et sur la photo il manque une Virgen qui était plus à
gauche, sur la vitrine centrale.

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Fabricant d'images pieuses, dans la calle Amor de Dios

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A l'intérieur d'un bar vieillot, Plaza San Roman : deux Toreros au moins rivalisent avec plusieurs
Christs et plusieurs Vierges, sur lesquels,en surimpression, deux photos de famille...
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commerce d'accessoires vestimentaires et autres pour Nazaréens et Costaleros .

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Fabricant-vendeur de vêtements et accessoires pour Nazarées ( ici : des capirotes )
 

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Plaza San Roman, fabricant et vendeur de capirotes.

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Jeunes gens et jeunes filles portent l'uniforme à Séville jusqu'à l'âge du bac, soit 16/17 ans.
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.L’image pieuse est partagée par tous, par toutes les générations : ainsi, au Collège, les jeunes ados qui passent un examen ou font un bilan, disposent  sur leur bureau une ou plusieurs images d’une Vierge ou d’un Christ, et ces images disparaissent  aussitôt  la feuille rendue au prof…

Ici, ce photographe professionnel, posté à la sortie de l’eglise de San esteban le Mardi Saint, a accroché un chapelet à son appareil photo :

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.Qu’attendent, et que visent avec leurs appareils ces gens massés devant l’église ?  Rien moins que

la sortie d’une star : la Virgen de los desamparados.

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5 avril 2010

Semana Santa en Sevilla – suite 2

Classé dans : Sevilla-Séville, la rue, peintres — jvl @ 20:47

 

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Cette suite de photos se passent presque de commentaires.

Lundi Saint à Sevilla : les nazaréens se dépêchent  pour rallier leur église de la Vera-Cruz, à quelques centaines de mètres de là.

Dans cette rue-là , un jeune peintre a  installé un chevalet dans une vitrine et peint à la bombe acrylique…il peint des nazaréens sévillans qui font des ombres fortes au sol.

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Un nazaréen passe devant le tableau, un  autre, des voitures, des passants, puis le peintre qui se met devant son tableau au moment où il n’y a plus ni voiture ni passant mais plus de nazaréen non plus, puis le peintre se dégage et l’on voit son tableau mais à nouveau il n’y a plus  aucun nazaréen qui passe, et enfin, ni voiture ni passant et un bout de tableau tandis qu’un nazaréen passe devant…

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Le modèle et son double – enfin.

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