blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

4 mai 2010

Les Espagne

 

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BOZAR jusqu’au 20 juin 2010

FESTIVAL  FLAMENCO – Esch s/Alzette  -   samedi 8 mai 2010

Une ambitieuse exposition au Bozar  prétendant proposer le plus large panorama possible de l’art contemporain espagnol en   EXPO – PERFORMANCES – CINEMA – DANCE – ARCHITECTURE, avec comme fil conducteur, et la présence active ( projection  ),   du film de Luis Bunuel   El Angel Exterminador.

27 artistes contemporains espagnols explorent la notion de «  limite « ,   Ou  aussi Comment  vivre avec un environnement aliénant ?

 

En même temps que cette Espagne sourde  que montre le Bozar, 

Une  autre  Espagne  ( celle de l’extériorisation,  de la danse et de la musique ) 

 explose au Kultur Fabrik d’Esch s/Alzette :   dépêchez-vous, c’est  samedi prochain 8 mai ( dans le cadre d’un festival Flamenco )  que Pastora GALVAN  viendra mettre le feu aux planches. Pour moi, l’une des meilleures danseuses de Flamenco, la sœur ( elle doit en avoir marre de cette référence sans doute permanente )  de Israël GALVAN – mais si je dis cela c’est plus pour indiquer qu’elle s’inscrit  dans une référence, dans une tradition familiale  – , et celle aussi qui travaille  ou a travaillé   avec Maria Pagès,  Carmen Linarès, ou Eva Yerbabuena…

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Note tout à fait personnelle  ( je sais, je devrais m’abstenir )  :  aller voir danser, fût-ce et peut-être surtout, quelqu’un comme Pastora Galvan à Esch s/Alzette, c’est un peu comme décortiquer  pour les manger  des crevettes grises au bord de l’Ourthe…

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Photo jvl - avril 2010
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19 avril 2010

Felix GONZALEZ-TORRES au Wiel’s à Bruxelles

Classé dans : commentaires, expo — Mots-clefs :, , — jvl @ 20:58

 

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Felix GONZALEZ-TORRES au  WIEL’s, jusqu’au 2 mai 10.

Il vous reste juste le temps ( mais cela tombe, bien : vous l’avez ) pour courir ( prolongation jusqu’au 2 mai ) au WIEL’S à Bruxelles, pour voir une expo montée par un artiste ( Danh Vo, Viet-namien  1975 , travaillant à Berlin )  sur un autre artiste :   Félix Gonzalez-Torres ( Cuba – 1957/2006, mort du sida à 38 ans  ).

Ici,  actuellement,  il s’agit du second volet d’une exposition consacrée à la courte carrière de cet artiste nationalisé américain.

Le  1er  présentait  ( jusqu’à fin février ) une série d’œuvres choisies et installées par le commissaire de l’expo.
Le présent second volet est une véritable installation de l’artiste Viet-Namien  d’œuvres précédemment montrées mais accrochées différemment, et d’œuvres nouvellement choisies  pour la circonstance.

En offrant deux installations différentes, cette rétrospective suggère qu’il n’y a pas de façon correcte, absolue ou unique de présenter le travail d’un artiste comme Gonzalez-Torres, dont la pratique a insisté sur la fragilité de l’œuvre et interrogé les autorités de tous ordres (y compris celle de l’œuvre, de l’artiste et de l’institution).

-         Tiré du Site du Wiel’s : http://www.wiels.org/site2/event.php?event_id=160

 

J’ai cherché comment au mieux rendre compte du travail de Gonzalez-Torrés :

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 – son  portrait.

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27 mars 2010

« Grands et petits secrets du monde de l’Art »

Classé dans : compte-rendus, expo — Mots-clefs :, , , — jvl @ 17:34

 

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« Grands et petits secrets du monde de l’Art »

Danièle Granet et Catherine Lamour, Ed. Fayard 2010 -

 

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 L’encre de cet ourage est à peine sèche.

Les 2 auteures sont des grands reporters, pas particulièrement versées dans le monde de  l’art, et moins encore dans les marchés,  qui ont  abordé  avec curiosité et indépendance ( qu’elle revendique )  le monde contemporain de l’art, cherchant à montrer comment le pouvoir de l’argent a bouleversée le monde de l’art.

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expo Jacques V. Lemaire  - Galerie Les 3 Ours à (B) Bastogne jusqu'au 28 mars 2010.

 

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Est-ce tellement neuf ? Et ne peut-on dire que  les Médicis, les papes, l’Eglise et les Princes civils ou religieux  grosso modo n’ont fait rien d’autre ?

Parole aux auteures :

« Aujourd’hui, l’art circule de l’Asie à l’Europe en passant par l’Inde et les Etats-Unis ou l’Australie. Les artistes sont devenus de véritables  »stars » mondiales, au même titre que celles du showbiz… Le point fondamental est l’émergence d’une formidable machine médiatique mondiale et l’avènement du marketing en matière d’art… Notre propos était de montrer comment la mondialisation de l’art se construit, crée des artistes, pourquoi une cote monte ou chute, ce qui fait d’une œuvre un objet de spéculation et comment fonctionnent les réseaux secrets, moteurs de tout ce système.

(…)
Il y a plusieurs niveaux. Au début sont les galeristes, qui découvrent l’artiste. Puis les conservateurs de musée qui les fréquentent : l’artiste monte ainsi en reconnaissance.. Ensuite viennent les grands collectionneurs, tel Charles Saatchi, qui a pris en main un groupe de jeunes artistes – « Young british artists » – pour en faire les grands maîtres de demain. Une sorte de  »couveuse », où la carrière de chacun est suivie et même organisée… C’est toute une logistique, médiatique et marketing, qui est mise à leur disposition. Enfin, et c’est très nouveau, le niveau de l’International, où l’artiste est relayé par un réseau d’experts – des « curators » – à la fois conservateurs de musées et commissaires d’expositions, qui sillonnent la planète de Shanghai à Moscou, de Londres à Bâle. Comme le déclare le conservateur et Directeur du Musée d’art moderne de Paris, « un peintre ne peut désormais exister que s’il s’appuie sur un réseau ». En France , il y a aussi l’Institutionnel , qui joue un grand rôle dans la reconnaissance d’un créateur.

(…)
Les années 2000 ont produit, dans l’art comme ailleurs, une bulle financière, qui amènera d’ailleurs à la crise de 2008. Or cette bulle financière a drainé un tel flux d’argent venu du monde entier, qu’après avoir acheté jets, bateaux, châteaux, des « nouveaux » riches se sont demandés comment se différencier, comment être reconnus comme une « élite », puisque – en soi – la quantité d’argent ne suffisait plus à se distinguer. L’achat et la possession d’œuvres d’art va servir de symbole pour mesurer leur réussite sociale.

Ed. Fayard, 2010.

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16 mars 2010

Galerie des 3 Ours, à Bastogne

 

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Jusqu’au 28 mars, exposition de  tableaux  récents de Jacques V. Lemaire.

Galerie des 3 ours : http://www.3ours.com/

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Photos jvl de la galerie et de l’exposition :

 

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ultimes mises au point avant le vernissage
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Photos de la Galerie , de l’exposition et du vernissage

par le photographe Jean-Pïerre RUELLE,    http://www.imagemaker.be/  :

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22 février 2010

La bouche de VERONIQUE, selon El GRECO

 

 

 

 

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LA  BOUCHE   DE   VERONIQUE  version   LE  GRECO

 

 

El GRECO

aux Beaux-Arts à Bruxelles

jusqu’au 9 mai  2010.

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Traversez les premières salles, vous arrivez devant Véronique tenant le linge dont elle vient d’essuyer le Christ montant au lieu de son supplice,  et sur lequel la sainte face s’est imprimée.

 

Ce tableau vient du Museo de El GRECO à Toledo. 

 

Il est accroché seul sur un panneau, à bonne hauteur, c’est-à-dire, même si vous n’êtes pas  très grand, à hauteur d’yeux.

 

Attendez qu’il n’y ait pas d’autres visiteurs pour pouvoir vous en approcher  et l’accaparer pendant quelques instants, ce qui n’est pas impossible si vous évitez les heures  de pointe entre 14 et 16H.

 

Ce tableau date de 158O environ    , Le Greco avait donc  une quarantaine d’années  quand il le peignit.

 Le voile de Véronique vers 1580, huile sur toile (c)Toledo, Museo de Santa Cruz .

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A raison, on met en évidence le modernisme  - l’expressionisme – du Greco en parlant notamment  de sa série L’APOSTOLAT dont la meilleure, celle du Museo de El GRECO  de Toledo, est  justement à Bruxelles pour le moment.  Douze apôtre moins un ( St Matthieu que Greco n’a pas joint )  plus un (  saint Paul, qui ne fut pas Apôtre mais que Greco ajouta ), plus le Christ.

Il s’agit là de tableaux exécutés vers  1610 – 1614 soit à la fin de la vie du Greco ( + 1614 ).

Deux tableaux ( outre Le Christ )  de cette série son terminés : Saint Paul et Sainte Pierre.

Passons.

Attardons-nous plutôt sur ceux qui ne sont pas achevés : ébauche rapide à coups de grandes brosses, coups appliqués avec sûreté, justesse et parfaite efficacité.

Les meilleurs exemples que je ne peux malheureusement illustrer ici : mains ou  barbes simplement ébauchées mais parfaitement et comme complètement rendues,  bouches invisibles mais présentes en raison de  l’absence même  de peinture  etc.

Une mauvaise reproduction  quand même :

 

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St Mathieu, voyez ses mains – et essayez de voir comment la barbe  très mal reproduite ici, n’est que petite flaque à peine poilue, un nuage de nuage sur fond de toile passée à la terre de sienne …

 

 

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Mais revenons à Véronique et à ce tableau de 158O qui vient de Toledo aussi, mais cette fois du Museo de Santa Cruz.

Ah…Toledo !

 

Toute la facture en est soignée, aucun de ces coups de brosse délirants, intattendus, qui peuvent à eux seuls déjà faire  le charme de tant d’œuvres  au sujet religieux si cadenassé.

 

Ce tableau de Véronique passerait pour une œuvre quasi classique  ( si ce n’est le choix des couleurs, une certaine attitude de Véronique  aussi ) s’il n’y avait sa bouche.

 

Approchez du tableau, profitez-en, l’accrochage est bien plus abordable  que dans son Musée d’origine .

Le modelé du menton est parfait, comme est parfait celui  sous le nez jusqu’à la bouche, là où les hommes mettent leur moustache.

 

La bouche aurait pu rester ce qu’elle serait devenue si Greco l’ avait  poursuivie de la façon dont elle commençait : un  trait garance, fin et légèrement   titubant  partant de la commissure et se dirigeant vers l’autre extrémité.

 

 

Lorsque, oh miracle, se produit un petit cataclysme : les lèvres se brouillent, quelqu’un vient de toucher à la peinture encore fraîche avec un petit objet (  peut-être un  enfant qui passait et qui gesticulait avec un bâtonnet au bout du bras dont il toucha le tableau qui séchait  - allez savoir ! ) : on voit nettement le frottis qui vient détruire le dessin : un petit objet de 1 cm, pas plus, actionné sur la toile en un mouvement  diagonal de bas en haut.

Résultat : les lèvres brouillées en leur milieu.

VERMEER  revu   par  Francis BACON.

 

Sauf que le 1er aurait aussitôt corrigé le gâchis, et que le second 

l’aurait amplifié …

 

Qu’a fait Le Greco qui ne peut  PAS ne pas l’avoir vu : il l’a laissé tel quel.

 

Quel culot !

 

Culot…culot…il faut être prudent.

 

A l’occasion des grandes expositions de l’œuvre de ROPS montrées conjointement  dans les années 80  au Bota et aux Beaux-Arts, une critique d’art  habituellement très compétente et écoutée, s’était prise de passion pour une gouache de ROPS intitulée l’Attrapade,  dans laquelle l’attrapé était montré du doigt – un doigt féminin ganté si je me souviens bien – mais que ROPS avait coupé à hauteur du bras si bien qu’un ne voyait dans l’œuvre qu’un doigt pointé sortant d’un  bras  amputé sur le bord gauche de la toile.
Et notre critique de dithyramber sur la modernité et l’audace de ROPS qui avait pris le risque d’une mise en scène fort en avance sur son temps.
En réalité, ce que ne savait cette pourtant réputée et savante critique d’art, c’est qu’ il ressortait d’une correspondance de ROPS a l’un  de ses amis que par accident l’encrier s’était renversé sur le papier et que, dépité, ROPS n’avait  pu rien faire d’autre qu’amputer  son dessin en coupant la partie tachée…

 

 

 

 

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