blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

6 avril 2012

Per KIRKEBY et Jean-Louis MURAT

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En 24h je suis passé de Per KIRKEBY  à  Jean-Louis MURAT.

Et vice-versa suis-je tenté d’écrire tant il y a de connexions  entre ces deux mondes.

 

Concert   énergie-déchiré donné par Jean-louis MURAT  devant moins de deux cents spectateurs  polis  ( Vous êtes bien aimables, messieurs-dames, n’a pas manqué de souligner MURAT  ) dans la petite salle de Den Atelier de Luxembourg.

 

Un ou deux mois plus tôt, Jean-Louis MURAT  était l’invité matinal de Pascal CLARK sur France-Inter.

A Pascal CLARK  – une femme à qui on ne la fait pas -  qui lui faisait une forte déclaration d’amour-fou en clôturant l’entretien  avec un sonore vous êtes un putain de chanteur, MURAT ébranlé par tant de fougue avouait presqu’en s’excusant, mais avec  suffisamment   de malice,  qu’il allait commencer son tour de chant avec un premier concert au Grand-Duché de Luxembourg.

Il y était donc ce soir-là, face à un public un peu rassis mais en se donnant totalement à son art, sans aucun chichi, avec force et douce ironie : énergie déchirée comme je disais plus haut.

Certaines de ses chansons ( aucune que j’eusse déjà ouïe ) étaient lacérées en pans jetés au public, rif-raf de guitare  comme il les aime, jouer de sa voix trop  mortelle,  laid-pou pas coiffé, T-Shirt baîllant.

 

Pans entiers de morceaux ainsi lacérés, griffés, arrachés – ces pans entiers que reconstitue Per KIRKEBY dans des ensembles brillamment juxtaposés ,

puis déchevelés,

tignasses dénouées dont les masses trop longtemps serrées sur elles-mêmes restent en place malgré le lien défait, les portes ouvertes.

 

Per KIRKEBY, une vieille connaissance si proche et qui évite pourtant Bruxelles et Paris.

A voir à Bruxelles,   BOZAR jusqu’au  20 mai 2012.

 

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vieille photo exécrable d’une peinture déjà ancienne. Huile s/ toile de Jacques V. lemaire,70×80 – sans doute 1996

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18 décembre 2011

FRA ANGELICO A PARIS – jusqu’au 16 janvier 12

Classé dans : commentaires, compte-rendus, expo — Mots-clefs :, , , — jvl @ 17:38

FRA  ANGELICO  A   PARIS

 

 

 

On imagine mal le doux Fra Angelico, humble et silencieux prêtre-dominicain, se farcir ( pardon mon Père ) l’ escalade pompeuse d’un double escalier détestablement cossu planté au XIXème siècle par Mr Jacquemart soi-même au fond de sa demeure jusque là XVIIIème, pour gagner les salons feutrés, parfaitement pénombrés,  et  se laisser enfermer derrière d’efficaces vitrines idéalement placées et éclaiarées.

C’est très certainement ce qu’est en train de se dire le Dominicain que j’ai surpris à l’entrée de l’exposition ( jusqu’au 16 janvier 2012 ) :

 

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Dans la 1ère salle ( non, je ne vais pas les faire toutes ici ), deux THEBAÏDES côte à côte, l’une venant de Budapest et l’autre d’Italie. A l’identique, sauf que la THEBAÏDE hongroise a été tronquée.

Quels tableaux ! Et quel sujet ! Voici des scènes champêtres, d’extérieurs en tous cas, avec montagnes, jardins-potagers, petits personnages divers, quelques monstres marins,  scènes qui n’ont qu’un rapport lointain avec la religion catholique, qui n’ont donc pas pour sujet l’un des motifs religieux habituels ( la Vierge en étant le principal, avec les scènes de l’Evangile, ou la vie des Saints ).

 

Les THEBAÏDES en effet sont des scènes illustrant la vie des ermites, des hommes donc comme vous et moi sauf que les premiers ont décidé de se retirer du monde pour vovre dans des conditions  de dénuement qui n’ont pas grand chose à voir avec celles  de l’intello qui se faisait berger dans les Causses en 1968.

 

Réunion rare et précieuse que celle de ces deux tableaux qui d’emblée donnent de Fra Angelico une facette méconnue.

 

Ce ne sont pas deux ou trois tableaux  de Fra Angelico, mais 26 ( sauf erreur )    –  ce qui constitue pour l’amateur que l’on est  déjà avant de se rendre à Paris, ou que l’on devient en quittant le Musée ( non sans aller saluer , dans la salle du fond les permanents MANTEGNA – trois, rien moins – ), tant le charme de cette fraîche peinture est agissant.

 

 

 

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18 juin 2011

TAL COAT – exposition brillante et mate au BAM ( Musée des beaux-Arts de Mons )

Classé dans : Non classé, expo — jvl @ 13:54

 

 

 

 

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TAL  COAT   -   exposition brillante et mate au BAM ( Musée des beaux-Arts de Mons )

 

Jusqu’au 17 juillet 2011

 

 

 

Dans le médiocre objet d’architecture contemporaine  * dû au parisien architecte MENU,

une exposition brillante et mate, 

toute en surface et consistance,  

où l’on côtoie la vie qui vous arrache à  l’ordinaire, 

 l’on regagne  la simplicité des choses enfouies,

 l’on plonge dans le fondamental  pour  fendre  et fouiller silencieusement  en tous sens  :  la terre  et la physique de la terre  ( pas son physique : la terre est féminin,  pas féminine,  non : féminin, et c’est important, ce n’est pas un jeu de mots, d’ailleurs il n’y a pas de jeu de mots chez Tal Coat ) ,  l’espace, la surface, le sous-sol, l’air, le vent  – la nature en un mot,  celle qui se sent et se vit mais ne se peint ni se dessine ; les espaces à franchir comme autant de  sillons  à enjamber,  les grands pas tracés, la respiration sifflotante, les Nourritures terrestres  partout  dispersées et partout rassemblées ; la disette, l’abondance, les fruits, les creux, les failles –  Tal Coat ne joue pas avec les mots : une faille est une faille, c’est-à-dire un espace entre les pierres, entre  les rochers,  soit un espace qui laisse voir le vide qu’il crée avec application -, troupeaux, enjambées encore, passages, tout va-et-vient, vertige immobile, oxygène des cîmes à la surface des terres labourées, frissons, tout est là, tout se tient, les fils sont là qui vous tendent et vous étirent jusqu’aux larmes, abreuvoirs, jaune prétexte, carbones écrasés, terres immortelles ni de Sienne ni de nulle part, à-plats graineux, les fossiles remontent à la vie, la lumière descend et ressort en traversant l’huile comme une lune les nuages, l’accroc comme un pépin, tout n’est qu’accident  –  et c’est cela qui est montré – , tout n’est que vie et énergie – et c’est cela qui  se sent tout au long des 165 œuvres qui nous  sont ici montrées - ; tout est relié : à vous, à moi, à tous, à tout ; Messe sur le Monde,  temps immortels, votre vie qui va et qui meurt inévitablement, comme ces lignes de crayon qui s’arrêtent au bord de la feuille mais c’est comme la Vie, votre vie : on ne sait pas , comme ce trait qui s’arrête lui aussi, que le modèle, la matrice, lui-elle ne s’arrêtent pas, comme cette peinture qui n’en finit pas, elle, malgré le bord du chassis, malgré le cadre,  malgré les murs de l’expo,  malgré les murs de ce BAM prétentieux qui va si mal à son  contenu si précieux,  cette peinture qui n’en finit pas d’aller, d’aller où est la vie, justement, de l’épouser en des noces terrestres immortelles, vous le savez pas bien : vous ne pouvez y échapper – depuis  ce art rupestre que Tal Coat connaît, et qui ne cesse d’aller, malgré votre vie qui pourtant en est fait, malgré votre vie qui fuit comme ces lignes qui s’écroulent à l’horizon alors que c’est simplement le chassis qui  au bout de ses 40 cm crée l’illusion d’une terra ignota.

 

Une exposition à vivre donc, qui chante l’origine et la fin, avec force, audace, tranquillité, nulle nervosité malgré la fin annoncée, un patient travail de fond, dans les années 80 Tal Coat accumule la pâte, comme une tourte au beurre au dessert de la vie. Tal Coat brûle mais ne se consume pas ; il brûle comme ce feu mis par les Celtes à leurs forteresses quelques siècles avant notre ère, un feu souterrain dont la chaleur laisse aujourd’hui encore les experts perplexes : comment sont-ils arrivés à obtenir un  feu souterrain aussi puissant qui  parvint à tout brûler,  madriers sous terre consumés jusqu’au derniers fétus. Déchaînement silencieux dans la matière, comme ce feu  secret des celtes sous la terre : Tal Coat à la fin de sa vie souffle, crache, tousse, sifflote, chante encore ; il tient en tremblant ses petits formats de toiles qui mettront des années à sécher.

 

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900 de ces toiles sont parties en fumée après sa mort  car  sa maison prit feu.

Beaucoup de ces toiles, après sa mort, continuèrent à sécher, à vivre donc .

Et celle que je possède a commencé à se craqueler il y a un an ou deux,

et le travail se poursuit toujours , souterrain, vivant, puisssant, inexorable, comme la vie qui refuse à s’éteindre, comme ce feu celte qui ne livre pas ses secrets et qui par  là  survit.

 

Pierre TAL  COAT  et moi.

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Pierre comme pierre de schiste   - et moi.

 

Tal Coat comme front de bois  en breton     -  et moi, tchèss di bwès, dure tête, tchèstu comme un ardennais,  ah les clichés,  moins têtu depuis que sont passés par là hommes  et femmes que l’on rencontre, l’on n’est que ce que l’on vit au travers des rencontres, rencontres aussi avec Kelen, Krishnamurti, Malraux , j’en passe ;

 

Tal Coat  le surgissement de la peinture  – et moi.

Tal Coat rudesse et pureté solitaire  – et moi.

Tal Coat, les sites préhistoriques, la peinture rupestre – et moi, aux Eyzies.

Tal Coat, Rothko  – où suis-je ?

 

 

 

 

 

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*On peut lire dans le site du BAM :

« …Mai 2003 – La Ville de Mons lance un appel à projets afin de revoir les exigences muséographiques et l’accueil du public. Cinq bureaux sont retenus et déposent leur dossier architectural. Un jury composé d’experts internes et externes à l’Administration retiennent le projet de Christian Menu, architecte parisien… »

On aimerait connaître : les quatre autres projets déposés, et les noms des jurés qui mirent MENU à leur carte…

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7 janvier 2011

DE VAN EYCK à DURER , musée Groeninge à Bruges

Classé dans : Non classé, compte-rendus, expo — Mots-clefs :, , , , — jvl @ 11:14

 

 

 

 

 

 

Paradoxes et singularités externes du Musée Groeninge de Bruges

 et de l’exposition qu’il y présente actuellement jusqu’au 30 janvier 2011.

 

Vous aurez tout d’abord beaucoup de mal, sur internet, de trouver le Musée Groeninge ( qui n’a pas de site web  propre ! ) , et plus de mal encore à vous faire une idée des tableaux constituant cette exposition, si ce n’est, par brides et morceaux, à travers des coupures de presses glanées çà et là…

 

En débarquant à Bruges, vous aurez des difficultés à trouver le Musée Groeninge : soit le monde entier est sensé le connaître, soit l’absence de tout panneau indicateur dans la Ville constitue le nec du raffinement en terme de communication, tout comme l’absence d’affiches…

 

Cette extrême parcimonie, ce presque silence autour du lieu et des chefs d’oeuvre qu’il abrite, a de quoi dérouter.

 

Manque de moyens ? On n’ose imaginer…

Manque d’imagination ? On ose encore moins !

Manque du sens de la communication ? Le contraire, sans doute.

 

Tout cela vous occupe un peu l’esprit au moment où vous découvrez le Musée, dont on ne perçoit pas tout de suite, tant l’envie de le pénétrer enfin est grande, l’extrême modicité de l’architecture : quelques blocs de briques, peints en blanc, ordonnés semble-t-il autour d’un axe circulaire.

 

Et lorsqu’enfin vous passez la porte, vous avez l’impression d’entrer dans une maison de repos dont le mobilier, chaises, tables, lits auraient été enlevés  à la hâte, juste avant votre arrivée.

 

Jusqu’à l’odeur, si cractéristique des lieux  désenchantés et délaissés, que vous croyez  percevoir en passant sur le côté d’un escalier de bois qui, lui, sent l’internat des années 50.

 

Mais vous voilà dans la place.

 

Et ce qu’il y a à l’intérieur , dans ce si curieux intérieur, vaut bien entendu un autre post, lequel va suivre…

 

 

 

 

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17 août 2010

NICOLAS de STAEL – Fondation Gianadda ( Martigny – Suisse )

 

 

 

 

 

 

 

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Nicolas de STAEL   -    Fondation  Gianadda.

MARTIGNY  ( Suisse – Valais )  -  Jusqu’au 21 novembre 2010

 

Je le dis d’emblée : de Staël et moi c’est une aussi vieille que profonde histoire..

J’aI vu  trois fois en deux jours  son exposition en 2003 à Beaubourg, et en 1994 je suis allé trois fois à l’Hotel de Ville de Paris pour des rétrospectives de grande envergure.

J’ai  il y a peu rôdé aux abords des remparts d’Antibes, suis allé dans son atelier , vu le décor du saut dans le vide qu’il a fait  ; j’ai tenté de décrypter son visage à travers les photos de lui qui traînent peu partout dans les expositions et les livres  ( exactement comme si jamais personne, après sa mort, ne s’était résolu à en opérer le rangement ou le tri)  ,  j’ai lu un peu, mais pas la biographie qui parle d’ un  Prince Foudroyé car je n’aime pas ce titre qui sent l’appât bien ficelé de l’éditeur mais il y avait aussi d’autres raisons,

 

J’aime Martigny, porte du col  des Alpes qui a vu passer Hannibal ( le vrai )  il n’y a pas si longtemps ; on y sent encore les éléphants et le spectacle hallucinant des pachidermes africains dans la neige ou si près.

J’aime la Fondation  Gianadda car c’est un lieu mal fichu, une architecture imbuvable ( on dirait aujourd’hui   incertaine  ou  improbable ), un batiment ostensiblement ( je veux dire : avec ostentation )construit   sur un site gaulois devenu romain, dont  les vestiges sont particulièrement bien visibles puisque le batiment qui accueille concerts et expositions est construit sur et autour de l’atrium qui reste le cœur de la construction. Mais j’aime la Fondation car elle a le chic de mettre sur pied des expositions qui sont des modéles que le monde entier doit envier : les pièces viennent des quatre coins du monde, et surtout  sortent comme par magie des collections privées ( il doit exister peu de collectionneurs qui résistent à une demande de prêt venant de la Fondation Gianadda…) si bien que chaque exposition est un événement, un véritable événement que chaque année attendent , nombreux, les amateurs de peinture  et  de sculpture …Braque, Modigliani, Moore, j’en passe, allez voir le site…

 

Tout ceci pour dire que je suis peu suspect si je vais écrire les lignes qui suivent.

 

J’aime, évidemment et de manière inconditionnelle, et de Staël, et la Fondation Gianadda, et le lieu, et il faudrait des pages que je n’écrirai pas ici, pour bien dire  qui est de Staël pour moi et le rôle tout à fait déterminant qu’il a joué dans la décision que j’ai prise , après des décades d’hésitations, à enfin presser  les tubes de peinture à l’huile et faire sortir la pâte..

 

Vous entrez donc à la Fondation, et en passant à la caisse, vous avez la vision d’un espace largement troué en son centre par l’atrium où restent en permanence les chaises standard destinées aux concerts réguliers, bien cadrées  à l’intérieur des  vestiges de murets de l’atrium.

Et juste en face, alors que vous serrez la main de votre amie ( oui, elle est du voyage, c’est conseillé ) surgit en bas  au fond en face, la grande composition grise ( 1947 – 1950 )  qui, je vais dire  une énormité que j’assume, paraît plafonnée sur le mur même qui la soutient, et faire partie des lieux.  Impossible de s’en détacher : vous avez autant d’impossibilité à vous en détacher que la toile en a de se détacher du mur tant elle paraît murale, sculpturale, alanguie en force, incrustée en douceur, plafonnée à la palette, on voit la pâte rouler, les bords gonfler, le travail cent fois, cinq cent fois repris, la nuit, le soir, la nuit encore…car on le sait, il le disait lui-même, il allait la nuit travailler dans son atelier

Vous avez maintenant acheté votre ticket ( pas cher ) , et vous avancez sur la galerie où vous  vous trouvez dés l’entrée : défilent en bas tous les tableaux, accrochés curieusement car, vus dans l’ensemble, avec en haut  les vitrines de la galerie qui contiennent toutes les pièces issues des fouilles archéologiques du lieu, les chaises en bas, l’atrium vide et les mur autour remplis de toiles, tout cet ensemble vous paraît bien peu digne du travail de de Staël et pour tout dire un peu bordélique ; vous descendez les marches, votre compagne à l’instant ressemble à Cecilia Bartoldi qui s’apprête à chanter là, dans la fosse,  et en bas le choc attendu qui vous a fait faire huit heures de route est au rendez-vous.

 

 

Pas tout de suite cependant car, avant de plonger, vous refaites  du regard un tour du propriétaire et vous vous avisez que la caisse à l’entrée a ses murs remplis d’affiches de toutes sortes et que juste au-dessus sont comme accrochés en mezzaninne deux sortes de bureau aux vitres teintées avec à l’intérieur des  machines aux diodes rouges et vertes qui s’allument ou s’éteignent, comme on en trouve dans les studios de radio…Fatras, fatras incongru…

 

Et pas tout de suite encore car , avant de plonger,  vous vous avisez de faire de loin  un dernier tour circulaire avant d’entrer dans le vif,  et vous découvrez alors en bas à droite quantités de tableaux de petites dimensions, accrochés les uns aux autres, trop près, très vifs de couleurs, très solides de construction ( ce sont notamment  les Agrigento, que vous connaissez déjà ) , et d’un coup vous vous dites, autre sacrilège mais salutaire, que ces tableaux-là, s’ils étaient inconnus, placés dans une galerie bluffeuse du style de celles que vous pouvez trouver  en tant d’endroits frimeurs comme par exemple Place des Vosges à Paris,      vous passeriez votre chemin…

 

 

Et pourtant , Merleau-Ponty hier  entre autres , aujourd’hui  Jean Clair notamment,  sont tombés dans le panneau…Je plaisante évidemment : pas le panneau,  mais la toile, la peinture –  et comme ils ont eu raison…mais  au fait, oui, au fait,  ont-ils eu raison, ont-ils vraiment raison tous les thuriféraires de de STAEL ( dont je suis ) ?

 

L’exposition actuelle  la Fondation GIANADDA,   huit ans après beaubourg, et 17 après l’Hotel de Ville de Paris, n’est-elle pas l’occasion de revoir l’ensemble de l’œuvre de de Stael, de la période en tous cas digne d’intérêt puisqu’il faut pas être grand clerc pour tenir pour relativement négligeable les œuvres produites avant 1946 ?

 

Avant 1946 de Stael n’est pas encore vraiment entré en peinture.

A partir de 1954, sa palette se fluidifie ( fluide donc , de Staël ? ) ,  sa peinture se dilue, forte et légère, et donne des œuvres comme le Pont St-Michel à Paris ( 1954 ) et ses Natures mortes, vues d’atelier notamment.

 

 

 

Cette exposition ne pourrait-elle être l’occasion d’un nouveau et difficile regard critique, pour  voir pour ce qu’elle est  ( et seulement ce qu’elle est, pas ce que l’on en fait )  l’œuvre peint après 1953 et  non  la voir en tant qu’œuvre de celui a tant et si bien peint entre 45 et 53 ?

En d’autres termes, ne pourrait-on admettre, sacrilège ? ,  que certains de ses paysages  ,  ses vues de paris, ses scènes d’atelier, natures mortes pourrait-on dire,  ne  bouleversent  pas à ce point la peinture qu’elles justifieraient d’être incluses comme elles le sont toujours dans les grandes œuvres au même titre que ce qu’il a peintes entre 45 et 53 ?

 

En d’autres termes encore, ne pourrait-on considérer que l’œuvre de de Staël est essentielle, pour l’apport important qu’il a fait à l’histoire de l’art ( je schématise ) , pour ce qui est de ce qu’il a peint entre 45 et 53 ?

Quelle injustice pourtant quand on sait combien de Stael, avec une sincérité poignante, travaillait d’arrache-pied, recherchait sans cesse à se renouveler ( il l’a écrit dans ses lettres, et il n’y a pas la moindre ambiguité là-dessus ) , et que c’est le prix de sa recherche permanente, de son exigence à cet égard, qui verrait alors les  amateurs que nous sommes aujourd’hui en 2O1O de décapiter son œuvre pour n’en prendre qu’une partie ?

Mais c’est bien ainsi que les choses peuvent aller : il y a le peintre qui crée, et puis  il y a l’œuvre qui  roule ensuite et fait sa vie.

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Dernière précision : sur l’ensemble exposé, la toute grande majorité des œuvres sortent de collections privées – c’est cela aussi la Fondation GIANADDA : les moyens de faire sortir les œuvres  majeures des collections privées, et les moyens aussi d’assurer le prix des couvertures d’assurance pour une longue période puisque cette exposition commencée en juin se terminera le 21 novembre et est ouverte tous les jours de O9h   à  19H …

 

 

 

 

 

 

 

 

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