blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

21 décembre 2011

la Femme au Musée Guimet

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Peu de représentations  parle réellement de la Femme.

Je veux dire que trop de représentations existent.

Et aussi que chacun , de la Femme, a ses propres représentations.

Que chacun s’en fasse sa représentation – certes.

Que chacun, au fil des temps, voit celle-ci se modeler – certes, tant mieux.

Que chacun y mette des parts de soi  ? 

Non : chacun y met tout soi, non dans une recherche d’alter égo, non dans la construction d’un être mythique, mais dans la recherche - qui n’en est pas une à proprement parler – ,  d’une  sorte de quintescence d’éléments qui comptent  .

A chacun sa chimie, son alchimie,  à chacun – comme il le peut – ce chaudron qui bout dans l’avant-cour de cette usine high-tech et dans laquelle il tourne son bois sur des recettes ancestrales  et prépare 60 kg du plus pur cristal de germanium qui soit .

Projection ,  constat,  désir, falballas, sfumato, pétrin de vrai, mixe de mythe et réalité, image, tendance-tension, rejet.

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La Femme du Musée Guimet est la représentation d’ une déesse en grès, Xème siècle, du Rajastan.

Grès comme grain de peau.

 

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Elle est aussi la représentation de tout ce que l’on peut y mettre.

 

Je la fréquente depuis 15 ans au moins.

C’est une Déesse à l’Arbre, car cet arc de cercle comme une auréole qui aurait glissé, est une solide branche d’arbre.

 

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Grès comme grain de peau.

 

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 En miroir, son dessin par une autre femme

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Miroir, encore.

 

 

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18 décembre 2011

FRA ANGELICO A PARIS – jusqu’au 16 janvier 12

Classé dans : commentaires, compte-rendus, expo — Mots-clefs :, , , — jvl @ 17:38

FRA  ANGELICO  A   PARIS

 

 

 

On imagine mal le doux Fra Angelico, humble et silencieux prêtre-dominicain, se farcir ( pardon mon Père ) l’ escalade pompeuse d’un double escalier détestablement cossu planté au XIXème siècle par Mr Jacquemart soi-même au fond de sa demeure jusque là XVIIIème, pour gagner les salons feutrés, parfaitement pénombrés,  et  se laisser enfermer derrière d’efficaces vitrines idéalement placées et éclaiarées.

C’est très certainement ce qu’est en train de se dire le Dominicain que j’ai surpris à l’entrée de l’exposition ( jusqu’au 16 janvier 2012 ) :

 

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Dans la 1ère salle ( non, je ne vais pas les faire toutes ici ), deux THEBAÏDES côte à côte, l’une venant de Budapest et l’autre d’Italie. A l’identique, sauf que la THEBAÏDE hongroise a été tronquée.

Quels tableaux ! Et quel sujet ! Voici des scènes champêtres, d’extérieurs en tous cas, avec montagnes, jardins-potagers, petits personnages divers, quelques monstres marins,  scènes qui n’ont qu’un rapport lointain avec la religion catholique, qui n’ont donc pas pour sujet l’un des motifs religieux habituels ( la Vierge en étant le principal, avec les scènes de l’Evangile, ou la vie des Saints ).

 

Les THEBAÏDES en effet sont des scènes illustrant la vie des ermites, des hommes donc comme vous et moi sauf que les premiers ont décidé de se retirer du monde pour vovre dans des conditions  de dénuement qui n’ont pas grand chose à voir avec celles  de l’intello qui se faisait berger dans les Causses en 1968.

 

Réunion rare et précieuse que celle de ces deux tableaux qui d’emblée donnent de Fra Angelico une facette méconnue.

 

Ce ne sont pas deux ou trois tableaux  de Fra Angelico, mais 26 ( sauf erreur )    –  ce qui constitue pour l’amateur que l’on est  déjà avant de se rendre à Paris, ou que l’on devient en quittant le Musée ( non sans aller saluer , dans la salle du fond les permanents MANTEGNA – trois, rien moins – ), tant le charme de cette fraîche peinture est agissant.

 

 

 

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TOUT EST REVU TOUT EST A REVOIR – musée d’Orsay

 

 

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POMPIER

 

 

La peinture qualifiée de pompier est celle apparue au XIXème siècle, issue des Académ

ie des Beaux-Arts et particulièrement de la plus influente d’entre elle, celle de Paris, qui magnifiait  les thèmes historiques et orientalistes : un dessin brillant, une mise en page léchée, des emprunts évidents aux néo-classique et au romantisme qui venaient l’un et l’autre de connaître leur apogée.

POMPIER est donc synonyme d’académique : les peintres BOUGEUREAU, bien représenté à Orsay, CABANEL  et GEROME,  MEISONNIER, Henri GERVEX, Hypolithe JANDRIN ( dont le Jeune homme nu assis de 1855 vaut mieux qu’une appellation péjorative de pompier…), CAROLUS-DURAN…

 

Le Musée d’Orsay vient de changer de peau et présente, sur des pans de murs aux couleurs nouvelles et parfois audacieuses, un nouvel accrochage – témoin cet ouvrier symbolisant le travail fait en face.

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L’Enterrement à Ornans, tons sourds et mis en page statique, se voit affublé, quasi bord à bord dans un angle de la salle, d’une chasse à courre sous la neige, du même COURBET, sur mur de couluer violet  – soit un choc entyre deux tableaux gigantesques, chacun aux antipodes de l’art de COURBET et violemment mis en scène dans un duo/duel fait plus, me semble-t-il, pour provoquer des commentaires (  et je ne m’en plaindrai pas ! ) que pour plonger le visiteur dans un juste accès facilité vers les deux tableaux…

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Je  suis pourtant amateur de provocation, qui  –  bien calibrée -  , fait gagner du temps en avalant certains obstacles et positionnant le spectateur-visiteur sous un angle de vue  qu’il ne pouvait  lui-même instaurer.

Mais le  violet d’une part, et le quasi bord à bord  d’autre part  de  ces deux tableaux qui se rejettent avec autant de force ne sauraient, me semble-t-il, atteindre son but  – si ce n’est provoquer des commentaires peut-être éloignés de la peinture , ce qui peut-être n’est déjà pas si mal.

 

 

En revanche, le petit trio qui suit, devant lequel on peut passer sans rien voir car ils sont  accrochés dans un couloir de passage, est un petit régal.

 

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A gauche une si-pompière allégorie qu’elle en est plaisante dés l’instant où, comme une belle et fraîche potiche, elle fait pendant avec aune autre allégorie du même plaisant tonneau, laissant entre elles une curieuse scène de genre, de celle que le XIXème affectionnait justement  – nous y revoilà ! – , une scène de genre qui semble faire dans le réalisme  mais dont on sent bien qu’elle est, elle aussi, plus une allégorie du monde bourgeois qu’elle illustre avec une fausse candeur ( cette mis en page audacieuse Messieurs !  )  qu’un reportage  réaliste  sur ces hommes occupés dans un salle de vente où ils sont en train d’ acquérir c’est-à-dire posséder : ce lien formé par ces trois tableaux , bellement léger ,  a un air  coquin : ces Messieurs au centre sont si occupés par leurs passions de collectionneurs ( d’art – forcément ! ) , qu’aucune femme ne vient se surajouter dans ce  monde d’hommes  tout occupé qu’il est à la représentation de cette femme- voir les tableaux du fond -   et  alors que cette Société du XIXème est celle qui, l’asservissant une dernière fois avant l’émancipation du siècle suivant , en a  fait en peinture un personnage totalement nouveau  et très présent  – et cela demanderait non pas un autre post sur ce blog mais un blog entièrement dédicacé .. –

 

Bref, un ensemble savoureux…

 

 

Le Talisman, de SERUSIER, voisine dorénavant Maurice DENIS dans un suite de tableautins renouvelés.

 

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Le Nouvel Orsay   comme il se nomme,

là où   Tout est revu et tout est à revoir,

ne se laisse pas enfermer dans un simple  petit post comme celui-ci, et  il me faudra donc y revenir, pour tous ceux qui ne pourront aller revoir…

 

 

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15 février 2011

SE RECONCILIER AVEC DANIEL BUREN…

Classé dans : Non classé, architecture, commentaires — Mots-clefs :, , , — jvl @ 13:12

 

 

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Jusqu’au 22 mai 2011 : http://www.mudam.lu/

 

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SE  RECONCILIER  AVEC   DANIEL  BUREN  : 

Mission impossible direz-vous ?

 

Si vous avez envie donc de vous réconcilier,

et surtout si vous n’en avez pas envie,

 

allez jusqu’à Luxembourg-City,

monter au Kirchberg, et sur le site du Fort de vauban ( c’est à cause de cela qu’il a fallu 17 ans  pour construire le projet de l’architecte Peï – garder, pas garder, aménager, intégrer ? ),

entrer dans le MUDAM  – Musée d’art contemporain de Luxembourg.

 

Invisible , l’oeuvre de Daniel Buren se livre à vous sans crier gare, au point que  – monumentale pourtant –  vous pourriez passer à côté tout en é »tant dedans…

 

 

Si tout ceci vous donne envie, profitez de votre petit tour à Luxembourg-City pour admirer les réalisations de grands architectes contemporains.

 

Ah oui, une dernière chose : évitez, quand vous êtes dans le MUDAM, de vous demander si c’est bien Daniel Buren, ou plutôt son équipe, une équipe, enfin je veux dire quelqu’un d’autre, qui a conçu la totalité de l’oeuvre.

 

Vous risqueriez, alors que sur le  plan esthétique l’adhésion me paraît assez inévitable, de refuser la réconciliation qu’elle permet…

 

 

 

 

 

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1 décembre 2010

BASQUIAT à PARIS, jusqu’au 30 janvier 2011

Classé dans : Non classé, commentaires, peintres — Mots-clefs :, , — jvl @ 19:00

 

 

 

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cache-pot en forme de chou- photo Jacques V. Lemaire- 7 févr 10 -

 

 

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BASQUIAT  à Paris, jusqu’au  30 janvier 2011  – Musée d’art moderne de la Ville de Paris.

 

 

Sur BASQUIAT on a tout dit, surtout en dithyrambe, et je préfère me limiter ici à  quelques-unes des lignes proposées sobrement par le Musée d’Art Moderne de la Ville de paris qui accueille en ses murs une impressionnante rétrospective de quelque 100 tableaux :

…Après sa mort prématurée en 1988, il laisse une œuvre considérable habitée par la mort, le racisme et sa propre destinée. Sa vie brûlante et explosive, mêlant le star-système et la révolte, a inspiré en 1996 le film…

 

Vie brûlante et explosive…mêlant le star-système et la révolte…

 

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 voici du vrai BASQUIAT...

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Ces mots sont justes, et je n’en ajouterai pas.

 

Seulement ici quelques impressions que m’ont laissées  mes tours et détours dans les méandres de cette exposition-fleuve.

 

Le public :

c’est très clair, tout le monde vient ici pour thuriférer. Les guides psalmodient des chapelets , hommes et femmes cherchent ici pour la plupart le spectacle de l’offense, du non-correct, de l’audace. On vient voir le phénomène, on vient voir ceux qui viennent voir le phénomène. La Star est en représentation, la couleur dégouline, cela sent les odeurs interdites, les mondes interlopes, on s’encanaillerait pour peu…Et le spectacle, pour moi, est affligeant. Il faut faire un effort pour s’extraire de ce remugle et arriver à accéder aux toiles.

 

Car ce sont bien de toiles qu’il s’agit : voilà un garçon, pétant de tous les culots, qui restent cependant dans la ligne sage de la peinture en deux dimensions, sur toile comme à la Renaissance, sur portes ou  frigo ou armoires désossées comme cela faisait déjà 50 ans plus tôt avec les dadas ou, plus tard, avec support-surface.

Rien de révolutionnaire à cet égard. Rien du tout, on reste dans le traditionnel.

 

La matière et les couleurs :

BASQUIAT peint avec de la couleur, de la vraie.

Il n’invente rien à cet égard.

Personne, c’est vrai, n’est tenu à jouer son petit GASIOROVSKY et refaire   - comme il l’a fait 30 ans plus tôt – du jus pour dessiner  en infusant des crottes de chèvres ou de chameaux.

 

La forme :

BASQUIAT laisse une œuvre éminemment personnelle, dans laquelle la figure/visage occupe une place prépondérante. Le plus souvent son tableau est une peinture obtenue par effacement de tout ce qui constituait le fond pour ne garder que les contours du  personnage  final vu de face, forme enfantine si elle n’ était d’une sauvagerie sans cruauté cependant, d’une violence pourtant exempte de sang ni sperme ( surprenant en effet : sur les 100 tableaux présentés,  deux seulement donnent à voir les attributs sexuels du personnage – un homme, puis une femme – comme si BASQUIAT, tout à ses paradis artificiels, en avait oublié d’où il venait et avait en tous cas décidé de ne pas y  aller ).

Ni sentiment, ni émotion, ni état d’âme  pourrait-on dire en se trompant sans doute :    BASQUIAT peint à l’arraché, il bascule la peinture par flots et giclures, mais, selon moi, il ne va pas très loin : pas assez en tous cas.

Je pense à DE KOONING qui, 40 ans plus tôt ( 40 : deux générations ! )  est allé beaucoup plus loin dans l’explosivité et a livré une œuvre infiniment plus complexe, plus riche, plus profonde.

 

Grand-messe :

Ce n’est pas demain que cessera la grand-messe qui charrie en effet tant d’intérêts financiers à travers le monde et alimente un marché soutenu.

Ce n’est pas demain que prenant une distance salutaire par rapport au concert convenu d’éloges et au discours arrêté de la critique et donc du grand public, que  l’œuvre  donc de BASQUIAT apparaîtra pour ce qu’elle est : un long cri déchiré de près de 8 ans, d’autant plus rauque et désespéré qu’il  cultivait la mort que BASQUIAT portait en lui comme une sœur noire – mais, ai-je envie de dire en sachant que je commets une forme de sacrilège contre le bon-goût ambiant, mais seulement cela , sans plus.

 

Tout  compte fait la peinture de BASQUIAT  , qui en contient tout les ingrédients traditionnels : matière, support – est une peinture relativement traditionnelle.

Tout compte fait, ayant travaillé et produit son œuvre dans les années 80, sa peinture a quelque chose de conventionnel par rapport à toutes les recherches, toutes les trouvailles, tous les progrès oserais-je dire, que les artistes plasticiens de la même époque sont arrivés à obtenir – ou y ont échoué.

 

 

 

 

Et je ne peux non plus  dissocier le travail de BASQUIAT de l’état  permanent dans lequel il l’a créé :  quel est celui qui a peint ce que l’on voit ?  Qui tenait le pinceau, la brosse ? Qui éructait, hurlait et souffrait ? Quel BASQUIAT ? Existe-t-il un  BASQUIAT sans drogue, autrement dit, existe-t-il un BASQUIAT à l’état naturel,  et si oui , qu’aurait-il fait ? Rien ? Débardeur ? Etudiant timide ? Et quelle peinture nous aurait-il aujourd ’hui donné à voir ? Aurait-il seulement peint ? N’aurait-il pas été facteur ? altermondialiste militant ? maire de New-York ?  BASQUIAT Jean-Michel, tout simplement , rien d’autre sur une carte de visite qu’il n’aurait jamais eue ?

 

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deux potimarons - 7 févr 10 - photo Jacques V. Lemaire
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