FRA ANGELICO A PARIS
On imagine mal le doux Fra Angelico, humble et silencieux prêtre-dominicain, se farcir ( pardon mon Père ) l’ escalade pompeuse d’un double escalier détestablement cossu planté au XIXème siècle par Mr Jacquemart soi-même au fond de sa demeure jusque là XVIIIème, pour gagner les salons feutrés, parfaitement pénombrés, et se laisser enfermer derrière d’efficaces vitrines idéalement placées et éclaiarées.
C’est très certainement ce qu’est en train de se dire le Dominicain que j’ai surpris à l’entrée de l’exposition ( jusqu’au 16 janvier 2012 ) :
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Dans la 1ère salle ( non, je ne vais pas les faire toutes ici ), deux THEBAÏDES côte à côte, l’une venant de Budapest et l’autre d’Italie. A l’identique, sauf que la THEBAÏDE hongroise a été tronquée.
Quels tableaux ! Et quel sujet ! Voici des scènes champêtres, d’extérieurs en tous cas, avec montagnes, jardins-potagers, petits personnages divers, quelques monstres marins, scènes qui n’ont qu’un rapport lointain avec la religion catholique, qui n’ont donc pas pour sujet l’un des motifs religieux habituels ( la Vierge en étant le principal, avec les scènes de l’Evangile, ou la vie des Saints ).
Les THEBAÏDES en effet sont des scènes illustrant la vie des ermites, des hommes donc comme vous et moi sauf que les premiers ont décidé de se retirer du monde pour vovre dans des conditions de dénuement qui n’ont pas grand chose à voir avec celles de l’intello qui se faisait berger dans les Causses en 1968.
Réunion rare et précieuse que celle de ces deux tableaux qui d’emblée donnent de Fra Angelico une facette méconnue.
Ce ne sont pas deux ou trois tableaux de Fra Angelico, mais 26 ( sauf erreur ) – ce qui constitue pour l’amateur que l’on est déjà avant de se rendre à Paris, ou que l’on devient en quittant le Musée ( non sans aller saluer , dans la salle du fond les permanents MANTEGNA – trois, rien moins – ), tant le charme de cette fraîche peinture est agissant.
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la Femme au Musée Guimet
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Peu de représentations parle réellement de la Femme.
Je veux dire que trop de représentations existent.
Et aussi que chacun , de la Femme, a ses propres représentations.
Que chacun s’en fasse sa représentation – certes.
Que chacun, au fil des temps, voit celle-ci se modeler – certes, tant mieux.
Que chacun y mette des parts de soi ?
Non : chacun y met tout soi, non dans une recherche d’alter égo, non dans la construction d’un être mythique, mais dans la recherche - qui n’en est pas une à proprement parler – , d’une sorte de quintescence d’éléments qui comptent .
A chacun sa chimie, son alchimie, à chacun – comme il le peut – ce chaudron qui bout dans l’avant-cour de cette usine high-tech et dans laquelle il tourne son bois sur des recettes ancestrales et prépare 60 kg du plus pur cristal de germanium qui soit .
Projection , constat, désir, falballas, sfumato, pétrin de vrai, mixe de mythe et réalité, image, tendance-tension, rejet.
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La Femme du Musée Guimet est la représentation d’ une déesse en grès, Xème siècle, du Rajastan.
Grès comme grain de peau.
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Elle est aussi la représentation de tout ce que l’on peut y mettre.
Je la fréquente depuis 15 ans au moins.
C’est une Déesse à l’Arbre, car cet arc de cercle comme une auréole qui aurait glissé, est une solide branche d’arbre.
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Grès comme grain de peau.
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En miroir, son dessin par une autre femme
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Miroir, encore.
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