blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

2 septembre 2011

LES GENS D’ICI ou de MANOSQUE

Classé dans : Non classé, architecture contemporaine — jvl @ 10:45

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LES  GENS   D’  ICI  ou de  MANOSQUE

 

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la curée   ou   le ragot  - photo JVL - 22 aout 11

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Dans un village voisin du mien vit seul un homme qui fut dit-on architecte et enseigna à l’université.

On l’appelle l’Ogre ; s’arrêtent et repartent quelque fois des carosseries de couleurs sombres.

Il y a acheté une petite ferme flanquée d’un grand terrain qui,  pensez-bien,  lui cause bien du souci. Comme il n’aime pas les vaches, il tond.

Dans ce pays-ci, pourtant, les belles-filles se font tancer  par leur beau-père :  des fleurs  pourquoi vouloir mettre des fleurs, plantez-y des patates Bon Dieu…

Un rateau à la main, lunette de soleil large, jupette noire et bottes,  ratisse une femme de belle allure qui lui fait  ainsi son foin quatre ou cinq fois l’an.

Certains prétendent que c’est la femme du ministre de l’agriculture.

Ceux qui s’en sont un  peu  approché prétendent que c’est  sa fille !

Observez bien un troupeau de vaches : elles mangent, indifférentes au monde et aux ragots, placides, insensibles  – pourvu que l’herbe ne leur manque pas.

A qui profite  l’herbe de l’architecte ?

La femme noire met en andain savant ; lorsque l’herbe est sèche, elle disparaît en une nuit.

 

Certains prétendent qu’il la fume, la femme en noir ayant sa part.

D’autres qu’il en fait négoce car il n’ a pas échappé aux plus hardis que les voitures sombres glissent et reglissent plus souvent dans le petite cour arrière à ces moments-là , et que claquent – sourd   dans la nuit les coffres  des limousines.

 

Moi, j’avais un morceau de lard fumé que j’avais emballé dans un papier alu. J’ai poussé vers le fond deux bûches en cendres, et j’ai posé le paquet en l’ouvrant.

 

 

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le lard grésille  -  2 sept 11 

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Dans la maison silencieuse, un léger bruit de friture sans  odeur  aucune se fait entendre.

Dans la maison de bois, grésille le feu de quelque chose : le foin, l’herbe sèche, la dame en noir, l’architecte et les limousines.

 

 

 

 

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6 mars 2010

Trois ou quatre vues sur Séville

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La femme de ménage achève de mettre la chambre en ordre ; elle passe un jet d’aérosol derrière elle ( le propre, contrairement à l’argent  a une odeur )  et, avant de quitter la pièce, ferme les fenêtres et rabat les persiennes. Il est midi,  l’air est bon dehors mais il est interdit, la lumière d’hiver dehors est douce mais elle est interdite de séjour…
…Sevilla, ou une certaine vision de l’air et de la lumière.

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L’ancien Maire de Sevilla, avocat et professeur de droit administratif, el Senor Luis URUNUELA   a publié son opinion dans le journal ABC, édition andalouse, à propos du projet de construction d’une bibliothécaire universitaire  dans le parc du Prado : il commence par un jugement sévère :

 Comencemos por la conclusión para que todo quede muy claro desde el principio: a mi juicio dar marcha atrás, a estas alturas, a la Biblioteca universitaria sería un despropósito y una nueva frustración a añadir a las ya numerosas que padece Sevilla.

 Il faut savoir que le Prado est un parc de petite dimensión, rectangulaire, hors du centre de Sevilla, et qu’il était le lieu où se tenait la Feria jusqu’à ce que celle-ci, il y a quelques années, dut migrer victime de son succès et de son déveleppoment.

La construction d’une biobliothèque universitaire dans le parc a provoqué des actions judiciaires de la part des riverains qui eurent gain de cause : la construction commencée s’arrêta et l’on peut voir actuellement sur le site de curieuses pièces métalliques sortant du sol qui laisse augurer une construction assez singulière. L’affaire vest actuellement en Cassation; on attend l’arrêt.

Mais ce n’est pas cela qui retient l’attention del Senor URUELA . Après avoir affirmé en préambule que construite à une telle hauteur la bibliothèque constituerait une nouvelle frustration à ajouter à celles qui entachent tout Séville, l’ancien Maire, qui est pourtant et il le rappelle un ardent défenseur du parc du Prado, conclut à ce que ce bâtiment doit être construit car Seville a besoin d’une bibliothèque universitaire.

Il oublie de prendre en compte un tout petit détail  : cette  honorable personnalité qui a travaillé à la grandeur de Séville et qui y reste fort attaché, n’a pas relevé que l’argument essentiel en faveur de la construction du bâtiment tel que projeté, est qu’il est l’oeuvre de l’un des plus fameux architectes de notre temps, une femme, Madame Zaha Hadid dont les bâtiments sont l’orgueil des cités qui les recueillent…

…Sevilla, où l’air et la lumière confinés peuvent donner des vues étroites.

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                            ortho - neige - photo jvl - 7 mars 10
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                              huile s/toile - jvl - 2 février 10

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Un Collège du centre ville le jour de la Fête de l’Andalousie.

Des avis aux valves rappellent les petits travaux aptes à réveiller ou entretenir l’esprit patriotique andalou ( connaître les paroles de l’hymne et le chanter, choisir un grand homme et résumer sa vie et son oeuvre , porter dans les cheveux le ruban vert et blanc etc). Les parents ont apporté tous les plats dont les portions vont être vendues au profit d’une association d’Amérique latine : on y trouve le catalogue de toute la gastronomie de comptoir andalouse. Les parents et les professeurs serevnt au bar, distribuent les tapas. Il pleut. La salle de gym résonne de tous les cris des élèves enfermés. Le professeur de philo, qui doit avoir 25 ans, a amené des amis qui jouent de la guitare en utilisant de mauvais ampli; le son résonne, se déforme un peu. Les airs de guitare, comme guidés par une main ancestrale ( oui, il faut bien dire ancestrale, se mue en une danse à trois temps, à six temps; d’un seul coup les bras se lèvent, les mains s’agitent, on dirait de loin de petites mains massées sur le bord d’un quai qui font  des signes d’adieu à un convoi fantôme qui s’ébranlerait. Avec une synchronisation parfaite et émouvante, gamins, petitres filles, garçons et grandes filles, par couples improvisés, ondulent, avancent, passent, repassent et tournent : c’est la  Sévillanne, cette danse que les mamans apprennent à leurs filles qui les apprendront à leurs propres filles. Aucune, dans cette salle de gym à la sono si pourrie, ne danse bien , mais l’ensemble bouge avec candeur, avec ferveur, il n’y a personnepour regarder, personne pour voir, et tous dansent avec leur coeur, un coeur aux rubans vert et blanc.

Séville, la sévillanne se danse yeux dans les yeux : que vous la dansiez avec un inconnu, avec votre frère, votre père, un autre inconnu que vous ne verrez jamais plus une fois la danse achevée, la sévillanne se danse yeux rivés aux yeux de l’autre, frime et pas frime, vérité imposible…

…Séville, vue étroite, fenêtres closes, persiennes tirées, yeux dans les yeux, pourtant.

 

 2 versions sévillanes du sabre et du goupillon

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2 octobre 2009

ARCHITECTURE CONTEMPORAINE A PAIR NON PAIR

 

 

 

 

 La grotte de PAIR NON PAIR ( Gironde ) a été découverte en 1881 par DALEAU, historien et paléontologue né à Bourg ( Gironde ).

 

L’ histoire de la datation des gravures découvertes est intéressante : la grotte était remplie quasi jusqu’au plafond de terres que DALEAU dégagea progressivement, procédant par méthode stratigraphique avant la lettre. Il découvrir ainsi du matériau ( os, objets divers ) qui purent être datés avec certitude comme étant de l’époque aurignacienne ( – 30.000 environ avant le présent ). Au fur et à mesure de ses déblaiements, il mettait à jour  les gravures lesquelles, bien entendu, ne pouvaient être postérieures à l’époque des objets découverts dans les terres dégagées.

Ces gravures, qui font l’objet d’autres publications sur ce blog -  ( voir p.ex. l’Agnus Dei ),  remontent donc à l’aurignacien.

 

Un bâtiment contemporain vient d’être construit pour accueillir les visiteurs, inauguré en 2008.

Il est dû à l’architecte bordelais Patrick HERNANDEZ qui réussit là un pari ingénieux, par le choix des matériaux ( des madriers de bois )  et l’image générale du bâtment dont le péristyle ( madriers dressés ) est reliée à l’idée de mégalithes.

 

 

L’entrée des visiteurs est à droite; la fenêtre que l’on voit, sans chassis, donne sur un patio.

 

à gauche, de petits escaliers mènent les visiteurs vers l’entrée de la grotte.

 

 petit patio à gauche en entrant.

 

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couloir d’entée : à droite, la caisse, librairie et acceuil

 

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au bout du couloir, l’un des éléments les plus intéressants de l’ensemble : une porte, constituée de ces madriers de bois que l’on trouve partout dans le bâtiment, pivotant sur un axe décentré.

 

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le côté du péristyle faisant couloir menant à la sortie vers la grotte.

 

 

Il n’y paraît pas sur ces photos mais tout est en bois : les sols, les plafonds.

Le bâtiment suit la légère déclivité du terrain, collant à lui puisqu’il est sensé sommer la grotte, et ce détail, à peine perceptible, indique combien l’architecte a  respecté des lieux.

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Il vous reste à suivre les panneaux…

 

 

 

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