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La Feria de Abril de Sevilla, vite, une dernière fois avant le Rocio…
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Dimanche 25 avril 10, minuit, le feu d’artifices clôture officiellement la Feria, qui ferme ses portes à 1heure du matin.
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Lundi matin – Sevilla a la gueule de bois.
Mais lundi midi déjà, des sevillanas un peu différentes, plus rustiques dirait-on, commence à se faire entendre à la radio.
Pour les gens du Nord que nous sommes, découvrir que le flamenco , comme les processions, les sorties des Confréries, ou précisément les sevillanas - ne sont pas du folklore ( au sens où nous l’entendons ) mais ont des racines tellement profondes qu’il s’agit, très vite on le ressent, de véritables traditions, très ancrées, très vivaces et donc très authentiques.
Pour les gens du Nord que nous sommes, qui n’entendons à la radio les tambours des Gilles de Binche que le matin du mardi gras, découvrir que le Flamenco est diffusé sur de très nombreuses radios andalouses , non comme une musique réservée à quelques émissions isolées ou spécialisées, mais comme une musique authentiquement populaire ( dans le bon sens du terme ) qui est demandée et écoutée toute la journée par nombre d’andalous, jeunes et moins jeunes, est aussi source d’admiration : écoutez donc Radiolé ( très très flamenca, du matin au soir, tous les jours de l’année ) , Canal Fiesta RADIO, Cadena Dial Sevilla et, dans une moindre mesure, Canal Sur ou RNE 3 ( radio nacional de Espana ) …
Ainsi, chaque année, dés que la Semana Santa s’éteint et qu’avec elle peu à peu disparaissent les musicas et marchas de toutes les bandas qui ont réchauffé les rues nuit et jour pendant plus d’une semaine ( 10 jours exactement ), quelques jours de répit suffisent donc pour que fleurissent, discrètement d‘abord avant de s’ imposer partout ( les radios, les bars, les rues, les magasins, les écoles, les Télés, les associations de toutes sortes…), les sevillanas qui annoncent la Feria qui s’ouvre quinze jours après la fin de la Semana Santa.
Autre fait remarquable : le répertoire est renouvelé chaque année… chaque année, de nouvelles sevillanas sont écrites, chantées et diffusées sur les antennes.
C’est là que se trouve la vraie trace de l’authenticité : cette musique vit, revit, sans quitter ses canons, sans subir au fil des années d’altérations substantielles malgré la recherche de sons nouveaux et l’utilisation ( timide heureusement ) d’instrument et petit bidouillage électro(nique – pas électro …).
Des CD sont gravés, des concours sont organisés, des prix récompensent les meilleures sevillanas de l’année.
Ces créations annuelles sont le fruit parfois, d’associations aussi surprenantes que très momentanées pouvant rassembler par exemple ( et je ne suis pas loin de la vérité ) le poissonnier, l’électricien, le librairie et un concierge d’immeuble….
Il s’en suit que le répertoire des Sevillanas est absolument inépuisable, sinon qu’il y a les modes auxquelles – comme les modes des robes flamencas qui change chaque année – elles n’échappent pas , et que par là joue une inévitable sélection naturelle…
Les sevillanas des années 70 ou
par exemple , guitares sèches, cajas ( caisses de percussion ) et voix ( à quatre le plus souvent ) gardées sur cassettes sont devenues des classiques…
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La Feria s’éteint vous disé-je, et voilà que quelques heures plus tard, dés ce lundi midi, certaines radios se mettent à diffuser des sevillanas plus rustiques : une flûte et un tambourin ( joué par un seul musicien, et cela suffit amplement pour faire danser tout un quartier sans ampli ! ), ou d’autres airs de sevillanas moins apprêtés..
C’est que le 21 mai commence la Romeria ( Pélérinage ) la plus célèbre d’Espagne et d’Europe, pas la plus ancienne ( la plus anciennes est celle d’Andujar, la Romeria de la Virgen de la cabeza, et elle vient d’avoir lieu, avec , disaient les journaux locaux, la participation de 700.000 personnes…) ni la plus pieuse ( je pense à Compostela..) mais celle qui draine, remue, enthousiasme, jette sur les routes à pieds, à cheval et en carriole ou roulottes, parfois tirées par des bœufs, le plus souvent par des tracteurs, des gens de toutes sortes, habillés de flamenco et flamenca rociero ( c’est-à-dire dans ce cas : campero ou campagnard ) …
Il s’agit de la Romeria de la Virgen del Rocio ( Rocio étant un petit village sur l’estuaire du Guadalquivir, à
KM au Sud de Sevilla, et à 12 km de la mer ( le long du Parc National de Donana ).
Pélérinage d’une semaine, qui fait converger vers le petit village du Rocio des centaines de milliers de fidèles ( mais sur ce terme de fidèles, déjà, j’aurais tant de choses à dire ), et qui fait résonner sur les routes, aux haltes mais aussi en marchant ou en roulant , les mesures de la Sevillana, laquelle, vraiment, est partout, dans tout, chantée, dansée, allumée aux feux de camp, mangée et aimée, bue et rechantée……
Mais me voilà parti sur le chemin du Rocio, dans les dunes du Parc National de Donana…
Et là je dois m’arrêter, vraiment, il faut que je m’arrête car un livre cette fois n’ y suffirait pas .
Un mot encore pourtant : je connais des Sévillans très épris de leur culture et de leurs traditions, irrités pourtant par l’omniprésence de cette musique ( qui n’est, je vous le rappelle, qu’une musique teintée et issue du Flamenco et qui est construite uniquement pour la danse, 4 coplas de chacune trois mouvements… c’est tout ) – cela m’énerve, il suffit qu’à un arrêt de bus, à Madrid, Cologne ou Porto, des sévillans descendent pour se dégourdir les jambes qu’ils se mettent à danser, sans avoir besoin d’un seul musicien , rien que les battements des mains ( les palmas, très usitées en Flamenco dans lequel les elles constituent un véritable instrument de percussion ) et les voilà qui se mettent à danser sur le bord de l’autoroute…
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Baltazar GARZON – suite au post du 8 avril 10
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La Presse belge de ce matin 25 avril 10 titre :
Le magistrat, qui avait notamment fait arrêter l’ancien dictateur chilien Augusto Pinochet, est inculpé pour avoir outrepassé la loi d’amnistie couvrant les atrocités de la guerre civile espagnole et les premières années du franquisme. ( La Libre Belgique ).
Voilà enfin un titre correct.
GARZON, il faut le répéter, n’est pas poursuivi parce qu’il a essayé de faire le procès des crimes du franquisme, mais il est poursuivi pour avoir, dans le cadre de sa mission de juge, refuser de tenir compte de l’existence d’une Loi du Peuple Espagnol, laquelle loi s’impose bien entendu à tous tant qu’elle n’a pas été ( le cas échéant ) abrogée ou modifiée par le Pouvoir Législatif, en Espagne les Cortès.
Dans la Presse française, Le Monde persévère dans ses erreurs :
le 21 avril, il titre et écrit : «Le magistrat est poursuivi pour avoir voulu enquêter sur les crimes du franquisme. Baltasar Garzon fait ses cartons. Le célèbre magistrat espagnol s’apprête à quitter son bureau, le cabinet d’instruction numéro 5, qu’il occupe depuis vingt-deux ans à l’Audience nationale, la plus haute instance…
Que la Vox populi, Almodovar en tête, prétende que GARZON est harcelé par l’Audience Nationale parce qu’il gêne – passe encore, mais passons vraiment.
Que d’autres prétendent encore ( notamment l’association humanitaire AVAZ qui multiplie les pétitions qu’elle envoie par mail au monde entier ) que les règles de droit international concernant l’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité permettaient à GARZON de recevoir la plainte des cet familles victimes du Franquisme et d’instruire cette plainte, devient gênant dans la mesure où cet argument prend des allures de vérité péremptoire difficilement vérifiable sur le fond .
Il faudrait au plus vite que dans les médias le point soit clairement expliqué.
Oui ou non les règles humanitaires d’aujourd’hui permettent – elles à GARZON de recevoir la plainte et d’agir comme il l’a fait, c’est-à-dire de tenir pour inexsitante la loi d’amnistie , qui existe bel et bien, et qui n’a pas été abrogée ni modifiée ?
Il s’agit d’une question de droit, qui n’est pas susceptible d’interprétations diverses.
Alors, qu’attend-on pour la fournir à l’opinon pblique ?
Peur de la décevoir et , pour les Journaux et la Presse en général, de ne plus avoir de matière sensationnelle à éditer ?
Felipe GONZALEZ, socialiste et chef du 1er Gouvernement socialiste d’Espagne dans les années 80, a déclaré il y a quelques jours que s’il fallait accepter de considérer que la loi d’amnistie est devenue sans effet ( obsolète ), alors la Constitution espagnole serait immédiatement vidée de substance et immédiatement l’ Espagne serait sans Constitution.
Personnellement j’ajouterais, pour faire simple, que si effectivement il fallait tenir pour de facto abrogée cette loi d’amnistie ( ce que prétendent les défenseurs de GARZON, mais ce que n’ose pas proclamer GARZON sauf erreur ) alors d’un seul coup des millliers de poursuites pénales pourraient être immédiatement engagées tant contre des anciens franquistes que contre des anciens républicains, puisqu’aussi bien l’amnistie réconciliait toute la population jusqu’alors atrocement déchirée en empêchant la possiblité de la moindre poursuite ar quiconque tant contre les uns que contre les autres….
Un Professeur de Droit Pénal, Jésus Maria Silva Sanchez , publie ce dimanche 25 avril 10 dans le journal ABC ( étiquetté de droite ) un article sous le titre una Ley con plena vigencia – que l’on peut traduire par « une loi avec pleins effets « , répond à cette question en disant en substance :
- les Traité ratifiés par l’Espagne l’ont été postérieurement à la Loi du 77. Le principe de la non -rétroactivité de la loi pénale, consacré par l’article 25.1 de la Constitution espagnole, empêche une quelconque modification de cette loi de 77 ( sous-entendu : par les traités signés postérieurement ).
Sur un plan technique et pratique, scientifique et juridique, mais fondamental dans un Etat de Droit, la Loi de 77 aparaît bien comme faisant partie intégrante des lois du Peuple Espagnol, et doit donc être respectée.
Elle ne le serait pas en autorisant les actes posés par GARZON, et, en ce cas, fût-ce par les poursuites que des milliers de gens pourraient immédiatement entreprendre contre tous les anciens acteurs, de gauche comme de droite, de la Guerre Civile, mettrait immédiatement l’Espagne à feu et à sang.
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Tableau commandé en 1937 à Picasso par les Républicains.
Ce tableau, par la volonté de Picasso, est resté au Moma, jusqu’après la mort de FRanco.
Il est revenu à Madrid, au Prado, en 1981.
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