blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

24 avril 2009

ART BRUSSELS 2009 – beu / rose / paillettes

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ART BRUSSELS 2009 - bleu / rose et paillettes

Vendredi 23 avril au soir – inauguration, vernissage, ouverture, entrez-entrez mais montrez votre sésame…La grande foule, trop peu bigarrée à mon goût, pas assez de talons hauts, quelques vestons mais pas majoritaires, pas assez d’odeurs – même les tableaux exposés ne sentent plus rien.

Mais beaucoup à voir - à voir comme j’ai pu, c’est-à-dire mal, au travers des agrégats humains avec lesquels j’ai si peu à voir.

Prudence donc car j’ai peu vu et mal vu.

Beaucoup de choses, dans l’ensemble, m’ont paru légères – trop légères -, fantaisistes – mais à la fantaisie creuse – , et pour certains, indignes de figurer dans une telle foire d’art contemporain.

Peu ou pas de grands phares ou de présences fortes  : Thierry DE CORDIER peut-être, chez HUFKENS, mais j’hésite : il y a tellement de meilleurs DE CORDIER ailleurs, un peu partout.

Un très beau Joseph MARIONI chez  Albert Baronian – mais MARIONI a laissé un peu partout dans le monde des red paintings comme celle-ci, peu importe après tout, celle-ci accroche et attache  -  en revanche, Albert, qui fête ses 35 ans de galerie cette année, est magnifique dans son costume orange.

Des sous-Rothko sans vergogne, des sous-Rauschenberg, des sous- Joan Mitchell, des sous- Olivier D-Debré.

La palme de la paillette à Xavier Noiret-Thomé.

Des travaux récents  partout pour la plupart : les dates sont indiquées sur les étiquettes  – 2008, 2009. Mais pour des œuvres qui semblent dater, montrer du déjà-vu, du déjà fait.

Trop de fois se pose à vous la question trop souvent fatale, et qui vous éloigne de l’œuvre : suiveur ou novateur ? ET trop souvent la même réponse  : suiveur.

Je me détourne, deviens morose, mais continue à déambuler. Ces roses, ces bleus, ces paillettes me rendent triste. Rien qui me fasse vraiment craquer, qui réveille des songes endormis. Lassitude un peu.

Puis ce matin au réveil, s’obliger à chager d’angle  : et si tout cela, justement, n’était que légèreté sans prétention, liberté sans projet, fantaisie délivrée, frou-frou déridant  ? Optimisme. .. Ah bon ?

Mais le creux me gène.

Volonté de tous les galeristes là rassemblés de donner de la création contemporaine une image gaie et souriante. C’est une foire, un marché – et il faut, ne l’oublions pas, un argument de vente. Celui-là ? Bon, soit – autant savoir. Mais ce n’est pas de cette beauté-là dont j’ habille ma vie.

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faux bois-mort - juin 08 - photo jvl.

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faux bois-mort - juin 08 - photo jvl.

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faux bois-mort - juin 08 - photo jvl

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9 avril 2009

LONDON, de RICHTER à VERMEER en passant par Roni HORN

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Deux expositions à Londres pour le moment :

Des portraits de Gerard RICHTER à la National Portrait, jusqu’au 31 mai 2009.

Une exposition rétrospective du travail de Roni HORN à la Tate Modern, jusqu’au 25 mai 2009.

Et , en contrepoint, parmi les innombrables chefs-d’œuvre que contient la National Gallery, deux tableaux de VERMEER, dans deux salles différentes , tous deux représentant la même claveciniste posant dans des lieux très différents.

Avec, entre ces tableaux ( les deux VERMEER , le travail de RICHETR, et celui de Roni HORN ) d’évidents liens picturaux.

Gerhard RICHTER est né en 1932 à Dresde et il pratique les photos pictures depuis 1960.

La rétrospective de la NATIONAL GALLERY PORTRAITS de Londres présente des œuvres allant de 1964 jusqu’à 2008 : RICHTER en effet mène de front une œuvre polymorphe puisqu’à côté des photos pictures qu’il ne cesse de peindre encore aujourd’hui , il poursuit son œuvre faite de grands formats abstraits aux couleurs fortes et acides .

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ce que vous ne verrez pas à la National Portrait,
ABSTRACT, 200x200 - 1981 -

ABSTRACT, 200x200 - 1981

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Mutter und Dochter, 1965
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Dans les photos pictures, RICHTER peint ce que la photo - dont sont tirés fidèlement les tableaux- ne peut présenter  : la trace du visage ou du corps plutôt que le corps lui-même, et donc son souvenir lorsque, poursuivant le processus d’effacement qui commence là sous vos yeux, le sujet va achever de se dissoudre, et disparaître.

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Frau mit Kind – 1965 -

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Small Bather - 1995.

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Renate et Marianne - 1964.

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autoportrait - 1966 -
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Impossible pour moi de ne pas faire un lien avec la manière de peindre de VERMEER .

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Ces grains de lumière que l’on retrouve chez l’un et l’autre sont trop parlants pour que l’on se prive du rapprochement.

Rapprochement physique quasi immédiat puisqu’à quelques mètres de la National Portrait se trouve la National Gallery avec la Claveciniste de VERMEER dont les traits du visage, comme toujours chez VERMEER,  sont comme écrasés, comme un début d’effacement  - mais, on le sait, chez VERMEER aucune intention de faire disparaître puisqu’il cherche en réalité à mieux faire voir.

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Roni HORN –

La TATE MODERN présente donc de Roni HORN une rétrospective éblouissante assez complète puisqu’à côté de nombreux dessins dont certains monumentaux, qui sont des œuvres minutieuses de restauration de l’image découpée et restructurée via une travail de marqueterie ( voir mon post ici sur ce blog du 6 mars 2009 ) , se trouvent des sculptures ( masses de verre ), les fameuses photos de still water , ainsi que celles de clown qu’elle a photographié dans son atelier à partir de 2001.

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3 avril 2009

HA ÏKU

Classé dans : Non classé, commentaires — Mots-clefs :, — jvl @ 14:01

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Haïku pour la crise :

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                   les perce-neige fanent
                   l'automne n'en finit pas d'arriver
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                                                       jvl 3 avril 2009

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2 avril 2009

Suzanne VALADON et Maurice UTRILLO

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Suzanne VALADON & Maurice UTRILLO

A la Pinacothèque de Paris, jusqu’au 15 septembre 2009.

La Pinacothèque de Paris : une enseigne bien pompeuse pour un endroit qui l’est beaucoup moins.

Dés la porte franchie, qui donne directement sur les caisses comme dans un vieux cinéma, on s’y sent comme dans une salle de patronage – patronage très provincial - , et l’on oublie – pas pour le meilleur – que l’on est à Paris.

Exigüe de nature, la Pinacothèque présente une exposition étriquée d’une centaine de toiles  pourtant : 50 pour la mère, autant pour le fils.

Deux ou trois toiles d’Utrillo auraient suffi, une ou deux pour la Maman.

L’exposition aurait gagné en espace – dans cet endroit qui en manque tellement  ; elle aurait alors pu être gratuite, et la vision sur ces deux œuvres, imbriquées par leur histoire mais pas pour le reste, aurait gagné en efficacité.

Le propos de l’exposition, comme un concept de marketing soigneusement défini et bien explicité tout au long, est ce ressassé chassé-croisé entre mère et fils , nés tous deux de père inconnu, le seul couple mère-fils de l’histoire de l’art y insiste-t-on, l’art de VALADON atteignant sa pleine maturité au moment même où, en 1920, UTRILLO va décliner et se dissoudre rapidement.

Tout ce que je savais avant d’avoir vu cette exposition était l’idée fausse et généralement répandue, que la Mama Valadon avait donné des pinceaux à son fils en le poussant à la peinture pour le détourner de ses démons.

La réalité, on s’en doute, est plus complexe.

Rien de commun entre les deux œuvres, entre les deux peintures.

UTRILLO est dessinateur, géomètre, excellent maçon et plafonneur : ses oeuvres les plus novatrices qui se situent dans la période de 1910 à 1920, sont incontestablement habitées alors que les rues parisiennes sont radicalement vides de toute forme humaine.

VALADON , dans ses meilleurs tableaux, a un côté fauve accrocheur : traits lourds, couleurs pleines, construction solide.

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Suzanne VALADON, la chambre bleue, 1923.

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Contrairement à ce que l’on attend, et que l’on est en droit d’attendre après tant d’insistance de la part du commissaire de l’exposition qui entendait montrer ce couple unique dans l’histoire de l’art, il n’y a ni dialogue, ni confrontation, pas davantage de mise en perspective des travaux de l’un et l’autre ou de portrait croisé pourtant annoncé  : simplement un parcours chronologique ponctué de panneaux qui parlent de ce que l’on ne voit pas, et qui n’établit des liens que par le seul jeu des biographies…

La quantité de tableaux ( une centaine ! ) assomme – la qualité très inégale , égare.

Beaucoup de tableaux sortent de collections privées et c’est peut-être là le plus grand mérite de cette exposition.

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1 avril 2009

HIRONDELLE

Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , , , , , — jvl @ 8:16

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Matin de plein soleil ce 1er avril 2009.

Alors qu’avec mes jumelles je regardais évoluer la harde de cerfs et biches, j’avais dans mon champ de vision une buse perchée sur une haute branche qui offrait au soleil sa blanche poitrine…quand survient le mâle qui la couvrit. Avec la harde paisible qui évoluait à l’arrière de cette scène, je suivais au 1er plan une scène d’accouplement à laquelle je n’avais jamais pu assister jusqu’ici. Quelques minutes plus tard, alors que le mâle était reparti, et que la femelle buse restait au soleil sur sa branche, les biches rentraient paisiblement dans la pessière, et seuls restaient deux cerfs coiffés qui s’affrontaient dans la pâture , leurs bois brillants dans le soleil encore rasant à cette heure matinale : j’avais devant moi la scène des rennes affrontés de la grotte de Font de Gaume ( – 15.000 ans ).

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Hier, 31 mars, ciel bleu encore, je regardais planer le milan royal qui est revenu voici deux semaines au moins. Pendant l’hiver, le boqueteau de mélèzes où il nichait depuis deux ans au moins avait été tronçonné. Le milan errait, cherchant un nouveau lieu et je crains qu’il ne doive déserter mon théâtre à l’arrière de la maison pour une autre vallée douce. Je l’ai d’ailleurs vu, il y a quelques jours, planer à 2 km d’ici, dans un lieu qu’il était peut-être en train de choisir…

Pendant que je le regardais, dans le même champ, un oiseau virevoltait beaucoup plus haut que lui, beaucoup plus petit : une hirondelle ! Deux semaines d’avance…Depuis des années, des décades devrais-je dire, je les vois arriver vers le 13 ou 14 avril.

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huille s/toile JVL – 120×120 – 20 mars 2009

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