blog de Jacques V. Lemaire, peintre.

27 février 2009

L’OMBRE A L’ ORIGINE DE L’ ART – Musée Thyssen-Bornemisza à Madrid

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Le 29/8/2008 j’avais laissé ici sur mon blog un écrit intitulé Et si l’ombre projetée était à l’origine de l’art.

J’y développais l’hypothèse personnelle selon laquelle le dessin et la peinture pouvaient avoir trouvé leur origine il y a 30 ou 34.000 ans via le phénomène de l’ ombre - laquelle était partout depuis toujours, c’est une lapalissade – mais dont la prise de conscience à un moment par l’homo sapiens-sapiens avait pu induire l’idée de représentation, et de là, l’amener à reproduire par le dessin ( gravure ) et la peinture.

Prise de conscience de l’ombre,

constatation ensuite de ce qu’elle représente l’objet qu i la crée,

démarche alors volontaire vers la représentation pure ( c’est-à-dire détachée du sujet ou de l’objet qui lui donnent naissance ).

Le Musée Thyssen-Bornemisza à Madrid présente actuellement et jusqu’au 17 mai 2009 une exposition intitulée LA SOMBRA, l’ombre.

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                           Joseph Benoît Suvée (1743-1807)
                           Musée Groeningen - Bruges.

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La première salle de cette exposition est consacrée à la Découverte (invencion ) de la Peinture, et on peut y lire ceci :

Una antigua fábula de Plinio el Viejo († 79 d.C) sitúa el origen de la pintura en Corinto, donde una joven muchacha, hija del alfarero Butades de Sición, habría trazado el contorno de su amante sobre una pared, a la luz de una vela

Selon le fabuliste romain Pline le Jeune, l’origine de la peinture serait à rechercher chez cette jeune fille qui avait dessiné sur une paroi les contours de l’ombre de son amant , ombre projetée là par la lumière d’une bougie…

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26 février 2009

LA LIESSE POPULAIRE

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Il y a bien longtemps que les œuvres d’art ne soulèvent plus l’enthousiasme des foules.

Plus longtemps encore que les foules n’accompagnent plus les œuvres d’ art depuis leur lieu de création jusqu’au lieu conçu pour les recevoir…Et d’ailleurs, il n’y a plus de procession pour les y conduire. Depuis longtemps.

C’était pourtant le cas, parfois, il y a bien longtemps, pour de grands tableaux qui quittaient l’atelier pour aller sous les vivas s’installer dans les cathédrales pour lesquelles ils avaient été commandés.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui… Non, plus le cas, jamais plus…Sauf…Sauf dans un petit village d’irréductibles gaulois, je veux dire en ardenne où un sanglier d’acier ( le sanglier est l’emblème de l’ardenne, de l’ardenne belge comme des Ardennes françaises ) vient de connaître une odyssée qui rappelle les processions triomphales du Moyen-Age et, plus près de nous, les grandes processions des villes andalouses ( à la différence près, pour celles-ci, si elles ont en commun la liesse populaire, qu’elles n’ont pas pour but d’accompagner une œuvre d’art jusqu’à son point d’installation ).

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Acte I VILLE DE SIENNE année 1311

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En 1308 , le Clergé commande au peintre DUCCIO di BUONINSEGNA une Vierge en majesté avec l’Enfant que l’on appelle «  MAESTA « .

DUCCIO mettra 3 ans pour réaliser ce que tout le monde, dés son apparition, va considérer comme un chef d’œuvre : en 1311 toute la Ville de Sienne va acclamer le gigantesque tableau pendant son transfert depuis l’atelier du peintre jusqu’à l’autel majeur de la Cathédrale :

La Maesta – DUCCIO – 1311 – Museo del Duomo – Siena

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Acte II – Département des Ardennes – aout 2008:

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Il y a peu, sur l’autoroute A34 allant de Charlerville à Reims, je vois sur ma gauche un sanglier.

Je vois régulièrement des sangliers sur le bord de la route. Mais celui-là me semble énorme.

Je sors de l’autoroute, gagne le rond-point sur lequel il est installé ; des personnes sont arrêtées, vont et viennent, prennent des photos. Manifestement l’installation est toute récente ; le socle sur lequel il est installé est en rase campagne, la plaine et les forêts au loin à perte de vue. Je me renseigne à une aubette d’information tout près. Ce sanglier qui mesure 8 mètres de haut, pèse 50 tonnes, 14 m de long et 5 de large, est l’œuvre d’un sculpteur ardennais Eric SLEZIAK qui a mis 11 ans à assembler morceaux par morceaux de petites pièces d’acier qu’il trouvait au rebut çà et là. Le sanglier, une fois l’installation achevée, tournera sur son socle ( éclairé la nuit ) et fera un tour complet en 10 minutes. La jeune fille qui m’explique tout cela est fière, et elle m’explique que le sanglier a été transporté en grandes pompes depuis l’atelier du sculpteur à Bogny-sur-Meuse jusqu’ici, et que le voyage a duré plusieurs jours. Je lui parle de Duccio, lui explique combien tout cela est si important ; elle me montre une abondante documentation, me donne même un calendrier qui est précieux car tiré me dit-elle en très peu d’exemplaires. Je feuillette les photos avec elle : le sanglier quittant l’atelier, traversant un pont sous les vivas, surgissant d’une forêt, traversant un village dans une rue étroite, flanqué de sonneurs de trompe de chasse lors d’un arrêt…

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Sortie de l'atelier le 4 aout 2008

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Couac : elle m’explique aussi que le sanglier va bientôt se voir entouré de tout un ensemble comprenant station-service, restaurant, magasin, aire de jeux…Et elle en est encore plus fière. Je lui fais part de ma désolation, lui montre les gens qui sont là, qui ne doivent pas à l’existence d’une buvette d’être là, je lui dis que cela veut dire quelque chose, qu’elle doit le rapporter aux autorités, que l’on ne pourra sans doute pas arrêter ce projet imbécile, mais qu’au moins que par nos remarques l’on puisse dessiller certains yeux … Je regarde les gens qui vont et viennent, pas nombreux en ce samedi d’hiver, avec ce petit vent froid qui souffle dans cette campagne nue habitée par le paisible monstre, mais qui sont là, avec de petits sourires entendus, et qui sont là juste pour profiter de cette formidable présence, étrange et solitaire, seule dans son domaine exactement comme le vieux sanglier vit en solitaire la fin de sa vie dans nos forêts d’Ardenne

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24 février 2009

CHIRICO et L’ AMOUR CONJUGAL

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CHIRICO à Paris – jusqu’au 24 mai 2009- Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.

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Improprement sous titrée la fabrique à rêve - et il est déplorable que le marketing aille se nicher jusqu’à d’aussi inexactes œillades, car au mieux cette appellation ne pourrait s’appliquer qu’ au travail de Chirico qui s’étend de 1911 à 1924 environ , et encore : peut-on appeler fabrique à rêve un travail que lui-même avait appelé métaphysique ? — cette exposition couvre l’ensemble du travail laissé par Giogio de Chirico ( 1888 – 1978 ) , présenté ici au travers de plus de cent soixante toiles.

Et les questions fusent.

Sa première période ( 1911 – 1924 environ ) reste profondément attachante, envoûtante, et radicalement neuve ( Max Ernst ne commencera que vers 1922, Miro un peu plus tard encore, Yves Tanguy ne commencera à peindre qu’en 1923 après avoir vu un tableau de…Chirico ) tandis qu’en littérature le manifeste du surréalisme d’ André Breton voit le jour en 1924.

Ainsi deux des premiers tableaux de Chirico ( présentés à l’exposition ) L’énigme de l’heure et La méditation matinale , qui contiennent déjà tout ce que Chiricio va développer dans ce qu’il a appelé la peinture métaphysique, datent de 1911 – Chirico a 23 ans.

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L'énigme de l'Heure

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Les deux derniers tableaux de l’exposition sont datés de 1975 : l’un, La Tête d’animal mystérieux, est bien chiriquien mais dans un thème renouvelé, l’autre – Le Poète et le Peintre, remet en scène ( et ce serait simpliste d’y voir comme un testament ) tout ce qui a fait la peinture de Giorgio DE CHIRICO à savoir la place d’Italie, la tête antique renversée au sol, le sol et le plafond traités avec la perspective qu’offre l’utilisation des planchers, les deux mannequins assis à une table dont les pieds sont galbés comme les cuisses de maints personnages construits au travers de toute l’œuvre depuis 1915.

Tout l’œuvre des années 1912 à 1924 ou 25 , et qui occupe les 3 premières salles du Musée, provoque et continue à provoquer un véritable choc même si les images sont connues et bien connues et constituent, par leurs reproductions visibles un peu partout, une espèce de patrimoine commun à chacun d’entre nous.

Le MoMa de New-York a prêté La gare de Montparnasse ou la mélancolie du départ de 1914 ou Le Vaticinateur ( le devin ) de 1915, la Tate a prêté La Mélancolie du départ, de 1916, ou l’incertitude du Poète 1913 :

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L'incertitude du Poète, 1913
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La gare de Montparnasse
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Nature morte évangélique - 1916 - Musée d'art moderne OSAKA

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Mais l’intérêt majeur de cette exposition vient des prêts privés qui donnent à voir des œuvres exceptionnelles par définition inaccessibles comme par exemple ( mais elles sont très nombreuses ) : Le Poète et le philosophe de 1915 qui vient d’une collection privée de Genève, et qui contient une puissance et une poésie que l’on ne retrouve plus dans l’œuvre du même titre datée de 1975, ou encore deux  très exceptionnelles Composition métaphysique l’une de grand format ( 76 x 53 ) , datée de 1916, et qui vient d’une collection particulière sans autre indication, et l’autre de format plus petit ( 22 x 19.5 ), qui semble annoncer le suprémativisme russe,  dans laquelle l’avant-plan est barré par un deux pièces de bois assemblées en T dans un rouge soyeux et puissant :

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composition métaphysique - 1916
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Quelques toiles des années 20 et 30 mettent en scène des personnages qui cette fois occupent l’avant-plan et, pour tout dire, occupe le peintre tout entier : ce sont des personnages mannequins, quelques fois accolés à un personnage ordinaire ( dans Hector et Andromaque, de 1924 , et dans Le Fils prodigue, de 1922, Andromaque et le père du fils du prodigue sont des personnages de chair ).

L’un des tableaux les plus forts est pour moi Le Condottiere, de 1925, qui vient de la Galleria dello Scudo, de Verona,

le condottiere - 1925.
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ou Les Epoux, de 1926 qui appartient au Musée de Grenoble à qui Paul GUILLAUME  en fit donation :

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Les époux, 1926-
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Après un détour ( les Gladiateurs et les Chevaux – de 1927 à 1934 ) par une peinture plus figurative, CHIRICO nous emmène entre 1930 et 1937 dans de très intéressantes séries qu’il qualifie de Bains mystérieux où nous sommes en effet en plein surréalisme ( nous pourrions dire le surréalisme ambiant, qui est à l’époque celui de Magritte par exemple ) et où CHIRICO invente un thème qu’il reprendra également plus tard ( 1960 ) .

Une salle entière est alors consacrée aux copies d’anciens que CHIRICO a pratiquées sa vie durant.

C’est à la fois une découverte et une énigme.

Jusque là en effet, ce qui me frappait surtout  chez CHIRICO  était une peinture qui n’en était pas une vraiment , au sens où je l’entendais, à savoir plutôt un dessin – un dessein – mis en couleur, sans grands égards à la matière utilisée pourvu, en quelque sorte, qu’elle colorât. J’avais même poussé à rechercher, dans les œuvres présentées jusque là, celles qui offraient à voir un vrai travail de peintre, et j’en avais trouvé certains fragments, en les regardant attentivement de près, quelques exemples dont Hector et Andromaque de 1925 ou encore le saisissant Autoportrait nu de 1945 dans lequel CHIRICO va jusqu’à jouer avec la matière picturale – ce qui est fort rare.

Or l’on apprend ( pardon: j’apprends ) à cette exposition que CHIRICO a passé des heures, des journées , des années de sa vie à copier Raphael, Michel-Ange, Titien, Jordaens, Rubens, Van Dyck, et jusqu’à Fragonard, Watteau et Courbet ! 20 ou 30 copies sont là, grands formats ou petits, de mauvaises copies, où cependant CHIRICO a mis tout son cœur, et où on reste bien en peine d’y voir un quelconque talent, une patte.

Pire : où on cherche le pourquoi.

CHIRICO s’intéresse donc à la peinture des maîtres ? S’intéresse à la peinture tout court ? Et on a envie de dire : mais pourquoi ? Pourquoi s’y intéresse-t-il, pourquoi a-t-il passé autant de temps de sa vie à faire ces copies lui qui dans le même temps nous donnait des c hefs d’œuvre ( je parle de son œuvre des années 11 à 30 ) ?
Car, précisément, ce n’est pas à partir des années 30, ou 40 , ou 50, qu’il s’est mis à consacrer tant de temps à la copie de maîtres anciens ( ce qu’un peu perfidement on pourrait rétrospectivement comprendre, s’il fallait vraiment comprendre quelque chose ) , mais c’est dés les années 1920 et jusqu’en 1966 au moins qu’il s’est attaché à la copie.

Il ne s’agit donc pas chez CHIRICO d’une exploration passagère des maitres anciens, le temps d’une visite rapide, mais d’études approfondies, qui prirent 50 ans de sa vie.

C’est un peu comme si CHIRICO avait mené de front une activité de créateur ( ô combien puissante et originale ) et une autre de copieur acharné. En 1922 il écrivait à André BRETON pour rappeler la nécessité d’étudier et de maîtriser les techniques picturales.

Mais bon sang qu’en avait-il à faire des techniques picturales des grands maîtres, lui qui s’exprimait si bien avec les moyens si personnels ( et si peu « peinture «  ou «  picturaux «  justement ) qui étaient les siens et dans lesquels il excellait et où, apparemment, l’enseignement que pouvaient lui apporter les grands maîtres n’avaient aucune place ni dans la manière, ni dans la forme, ni dans l’inspiration, ni dans la technique… ?

Cette lettre  à BRETON – entre autres – nous montre bien que c’était  pour CHIRICO une véritable préoccupation,  une nécessité écrira-t-il, mais on n’en voit aucune trace dans sa peinture – sauf dans la série d’autoportraits  mais qui pour moi restent comme autant d’ exercices de style sans rentrer vraiment dans son oeuvre  .

Dans quelle mesure cette activité intense de copiste a-t-il pu nourrir son œuvre, son œuvre telle que nous la voyions, et qui paraît bien si étrangère, en tous points, à l’enseignement que l’on retire habituellement des Maitres anciens en les copiant aussi assidument ?

Personnellement je n’en trouve nulle place, et ne peut m’expliquer – si ce n’est le plaisir de peindre évidemment – une telle assiduité dans la copie sur un uns période aussi longue de sa vie.

Une explication peut-être, mais qui ne découle que de mon intuition et ne se réfère à aucune source: et si CHIRICO , astreint par choix à une peinture métaphysique qui , sur le plan «  peinture «  exigeait une forme u n peu désséchée, avait besoin par ailleurs de la pâte, du dessin, de la forme classique, de la profusion, de la débauche de Rubens, et qu’il trouvait là, dans un travail de copiste qui lui permettait de ne pas s’avouer à lui-même qu’il aimait cela et qu’il en avait besoin, besoin que sa peinture avouée ne lui permettait pas d’assouvir, et qu’il trouvait donc dans la copie de Michel-Ange ou de Rubens ou de Fragonard, la débauche de lignes, les excès de couleurs, les volutes baroques…que son travail personnel ne pouvait contenir ?

La copie comme exutoire.

L’on comprendrait alors qu’il passât toute sa vie pour, en parallèle, courtiser ainsi les grands maîtres et y trouver une délectation que l’amour conjugal de sa création ne lui permettait pas d’exprimer.

Autre énigme chez CHIRICO :

Les replay ou copies quasi intégrales de ses œuvres précédentes.

Ces copies ne sont pas intervenues à un moment tardif de sa vie mais, de façon extrêmement curieuse, de 1938 à 1960, c’est-à-dire qu’il se mit à copier des tableaux qu’il avait fait dans les années 1920 à un moment ( 1938 ) où son œuvre continuait par ailleurs à produire des tableaux originaux ( Le Troubadour, avec toutes les déclinaisons qu’il en donna par la suite, est de 1938 ).

CHIRICO lui-même a entretenu le mystère car lui-même ne s’est jamais exprimé sur le sujet, n’a jamais donné la moindre explication – assistant ainsi sans rien dire aux batailles d’experts des critiques et amateurs d’art : pour les uns en effet – le critique d’art James Thrall Soby - CHIRICO arrivait à court d’inspiration, pour d’autres – Motherwell – CHIRICO pratiquait là volontairement une forme d’autodestruction.

Le Commissaire de l’exposition à Paris fait le commentaire suivant, qui paraît très pertinent : «  la duplication par le peintre de ses propres peintures paraît s’inscrire, cela dés son origine, dans les années 20, dans une stratégie contre la fétichisation et la survalorisation de sa péridoe métaphysique. Les multiples répliques produites à partir des années 40 semblent vouloir contredire les idées reçues sur l’évolution d’un peintre, sur l’idée du chef d’œuvre, sur l’unica dont CHIRICO, depuis les attaques récurrentes des surréalistes, réfute la doxa « .

Pertinent mais peut-être trop savant car je sais qu’un peintre peut aimer peindre pour peindre, peut avoir le besoin de retrouver des repères connus et éprouvés qui d’emblée vont l’apaiser s’il doute, l’apaiser s’il a peur : aussi simple que cela – CHRIC O peut avoir dupliqué pour se rassurer, pour retrouver par des gestes déjà faits, l’image de quelque chose de solide, même si cette image bégaie.

Et CHIRICO qui s’est tu, justement, alors que des voix s’élevaient pour justifier savamment son action de duplication, a peut-être ainsi laissé à d’autres le soin de dire savamment ce qu’il n’aurait pu dire, lui, qu’en mentant…

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En 2001 j’étais allé voir aux Muséee des Beaux-Arts de Charleroi l’exposition consacrée aux dix dernières années de CHIRICO ( 1968 – 1978 ).

Cette exposition avait été réalisée avec la collaboration de la Fondation Giorgio et Isa de Chirico, de Rome ( laquelle Fondation est également fort présente dans l’exposition actuellement présentée à Paris ).

Je ne serais pas allé voir cette exposition à l’époque si elle n’avait été montée par Laurent BUSINE, alors Directeur à Charleroi, et actuellement Directeur du MAC’S ( Grand Hornu ), qui écrivait alors :

Durant ces dix dernières années, Giorgio de Chirico a  » revisité  » son oeuvre et, entre autres, sa période métaphysique pour en donner une lecture nouvelle et variée. Les tableaux présentent une grande sensibilité et indiquent à quel point un artiste, à la fin de sa vie, peut alimenter une réflexion profonde à partir de son propre travail.

J’ai trouvé cette exposition difficilement supportable, tant l’œuvre final coupé de ses racines invisibles à l’expo mais présentes par bribes dans ma mémoire m’est apparu comme un rabâchage sans intérêt.

Malgré l’exposition de Paris – ou peut-être à cause d’elle – je suis aujourd’hui conforté dans cette impression, même si je relis Laurent BUSINE qui à l’époque disait que CHIRICO avait eu le courange pendant les dix dernières années de sa vie de se remettre en cause ( interview RTBF : http://old.rtbf.be/rtbf_2000/bin/view_something.cgi?type=article&id=0047603_article&menu=0054383_menulist&pub=RTBF.PORTAIL%2FPORTAIL.FR.la_taille.SP.CULT )

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20 février 2009

VERNISSAGE à la Galerie Nikki Marquardt, 16 janvier 2009

Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , — jvl @ 19:00

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Accrochage :

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Lundi 16 janvier 2009, 19h,  la galerie Nikki Marquardt, Place des Vosges à Paris :

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LA CRISE, quelles chances

Classé dans : Non classé, commentaires — Mots-clefs :, , , , , , — jvl @ 15:50

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lever de soleil 13 février 09 - photo jvl - droits réservés
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Utiliser les ressources que contient un problème que l’on rencontre ou un malheur qui nous frappe, bref tirer les enseignements plutôt que gémir, remettre en cause, tracer une nouvelle voie, s’y engager…c’est là sans doute l’un des exercices les plus salutaires que nous ayons à faire de notre vie, et l’occasion nous en est particulièrement donnée chaque fois qu’un malheur nous frappe.

En cela, toute difficulté n’est pas un obstacle, mais une chance nouvelle pour mieux aller – non pas surmonter la crise, mais mieux aller, mieux aller qu’avant.

C’est peu de dire que la crise actuelle contient tous les moyens ( et c’est en cela qu’elle est une chance ) de faire enfin mieux, à condition de le voir ( c’est fait ) , de bien identifier les causes ( c’est quasi fait ) , et de s’engager dans la réforme ( rien ou presque n’est fait ).

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lever de soleil 13 février 09 - photo jvl - droits réservés

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lever de soleil 13 février 09 - photo jvl - droits réservés

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Injecter de l’argent à court terme pour prolonger la survie d’ un système qui a fait les preuves de sa nocivité ( le néo-libéralisme) s’apparente à de l’acharnement aveugle, coupable et pis encore, puisqu’il détourne de la possibilité d’ apporter une v raie solution durable à long terme – laquelle implique, et c’est là que le bât blesse, une refonte radicale d’un certain nombre de manières de faire et de vivre, et donc une cassure ( une vraie cassure qu’il va falloir gérer et accepter de subir pendant un certain le temps ) entre le système dans lequel nous sommes et celui vers lequel nous devrons aller.

Je retire deux faits de l’actualité récente :

1/ le FMI vient d’accepter d’aider la Hongrie virtuellement en faillite.

Comme conditions mises à l’octroi de capitaux, le FMI a énoncé une série d’objectifs que la Hongrie s’est engagée à atteindre ( privatisations d’entreprises publiques etc ) soit précisément les credos du néolibéralisme lequel est sans conteste le système qui a précisément créé la crise actuelle…( 1 )

2/ Le Ministre belge du Climat et de l’Energie Paul MAGNETTE m’a toujours paru le right man in the right place. Certes étiqueté politiquement, mais avec suffisamment d’indépendance intellectuelle et d’enthousiasme ( il ne sort pas du sérail politique – professeur d’université jusqu’il y a peu, chercheur, auteur de diverses publications scientifiques – et témoigne d’une réelle vitalité et créativité que l’on pourrait qualifier de juvéniles ) , MAGNETTE m’était apparu comme l’homme providentiel dans un domaine qui est devenu prioritaire, comme un souffle nouvea u dans notre microcosme politicien.

Misère de misère…Il a mis 4 ans pour réaliser le plan d’action qu’on attendait de lui (2 ), plan qui vient d’être soumis au CFDD (le Conseil fédéral du développement durable) pour avis : ce plan est descendu en flamme car il n’est pas un «  plan , tout au plus un état des lieux et un inventaire des mesures décidées par les différents niveaux de pouvoir et ayant déjà fait l’objet de mesures d’exécution. En outre, la partie prospective est presque inexistante … »

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La solution : cesser de considérer séparément les deux terribles menaces qui pèsent sur notre monde tout entier mais relier plutôt dans la même recherche et le problème économique et le problème environnemental pour donner aux deux en même temps, dans une même vision novatrice et dynamique, des solutions conjointes.

Par exemple, arrêter de faire l’aumône au secteur automobile ( puisque ce faisant, on perpétue un système vicieux économiquement parlant, et vicié environnementalement parlant ) , mais repenser l’automobile, repenser toute l’industrie qui doit accompagner les modèles nouveaux pour qu’en même temps elle prenne place dans une économie nouvelle tout en participant à la restauration de l’environnement….

La même chose doit être fait dans tous les secteurs : au lieu de chercher le moyen de les sauver en leur maintenant leur structure actuelle, leur «  philosophie « , rechercher au contraire comment de nouveaux modèles vont pouvoir assurer l’avenir.

Tout révolutionner puisque le modèle actuel a montré sa nocivité.

Cela passera par une période très difficile : au lieu de sauver l’emploi dans une vue à court terme qui est fondamentalement viciée ( puisqu’elle prolonge le système en cours ), avoir le courage d’expliquer à tous les acteurs de la vie économique qu’il va falloir passer – à la faveur de la crise en quelque sorte – par une période plus ou moins longue où tout sera chamboulé ; il faudra assurer pendant le temps nécessaire non plus l’emploi ( tant que les nouvelles structures ne seront pas en place, l’emploi ne sera plus comme tel un objectif ) mais un minimum vital, un nouveau minimex, un logement assuré.

Pendant ce temps des chercheurs de toutes disciplines tenteront de déterminer au plus vite ce qui, dans les aspects de la nouvelle vie sociale et économique à mettre en œuvre, celle-là qui en même temps sauvera durablement et définitivement la planète, l’un n’allant pas sans l’autre, tenteront donc de déterminer comment vivre pour bien vivre et respirer un air plus pur.

Ces chercheurs-là ? Des philosophes – d’abord des philosophes – , des sociologues, des juristes, des historiens ( surtout des historiens , qui réapprendront à tous, médusés, les leçons du passé, comme par exemple les leçons à tirer des cycles naturels de glaciation et de réchauffement et de disparition des espèces au profit d’autres, inimaginables si les précédentes n’avaient pas disparu ), des statisticiens, des mathématiciens, des anthropologues, des biologistes, des physiciens, des représentants des Grands Singes - et accessoirement des philologues ( pour rédiger les PV ) et des politiciens ( pour apporter le café ) .

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(1) cf le Krach parfait, crise du siècle et refondation de l’avenir, de Ignacio RAMONET - éditions Galilée .

(2) ce « Plan Climat » doit ou devait synthétiser l’ensemble des mesures des différents niveaux de pouvoir en vue de remplir les obligations du Protocole de Kyoto et de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

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