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J’expose à DURBUY, à la Vieille Halle aux Blés ( http://www.halleauxbles.be/ - site pas actualisé ) , du 6 décembre 2008 au 11 janvier 2009. L’exposition se complètera par un parcours dans Durbuy avec différents points d’accrochage ( voir les plans disponibles sur place ).
J’y présente des toiles de fin 2008, sous le titre Terre d’ombre et de lumières.
150x150 - huile s/toile - 3 octobre 2008
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La terre d’ombre est en peinture une nuance de brun que j’utilise très fréquemment aussi bien pour les fonds que pour les traits ( terre d’ombre brulée ), mais c’est aussi la terre, c’est-à-dire le lieu des enracinements mais aussi de tous les enfouissements. Cette terre d’ombre brûlée convient bien aux manifestations de peinture pariétale qui sont dans mes tableaux.
Il n’y a pas de couleur sans lumière, mais il n’y en a pas non plus sans l’ombre qui la fait éclore ou, par différence, la met en valeur.
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150x150 - huile s/toile - 16 octobre 2008
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Le sud de l’Europe que je connais bien est une terre d’ombres et de lumières violentes qui n’ont rien à voir avec la terre de lumière souvent mouillée et grise de notre ardenne, cette pluie et ce gris qui rendent encore plus belles les couleurs quand elles se manifestent même si – et justement à cause de cela aussi – cette manifestation est plus parcimonieuse, plus feutrée.
La terre – lieu de tous les enfouissements,
la lumière – espace de tous les envols.
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150x150- huile s/ toile - 1er octobre 2008
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140x210 - huile s/toile - 7 octobre 2008
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150x150 - 1er octobre 2008
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50x50 - 23 septembre 2008
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150x150 - 19 juillet 2008
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Site du peintre : www.jacquesvlemaire.be
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PICASSO ET LES MAITRES, ou l’injure faite à Picasso
Pour ceux qui ne le sauraient pas encore ( c’est-à-dire les sourds, les muets, les aveugles – j’emploie ces expressions au figuré, bien entendu, car les vrais sourds, les vrais muets et les vrais aveugles sont au courant ) se tient actuellement au Grand Palais à Paris (http://www.rmn.fr/Picasso-et-les-maitres ) jusqu’en février 2009 une exposition intitulée PICASSO ET LES MAITRES.
Ceux qui ont monté cette exposition ne connaissent pas Picasso, ne connaissent pas la peinture, et ne savent pas ce qu’est peindre.
Peindre comme Picasso l’a fait ou peindre tout court.
Ce n’est pas en accrochant le Déjeuner sur l’herbe de Manet à côté de toiles de Picasso qui a pu s’y référer que l’on montrera quoi que ce soit, si ce n’est la bêtise d’idées fausses consistant à vouloir faire croire que la mise d’œuvres côte à côte explique, dans l’œuvre d’un peintre, quoi que ce soit.
Le mécanisme est le même, bien entendu, pour toutes les œuvres montrées – et elles sont légion, nombreuses en qualité au point que la vraie prouesse de cette exposition est d’avoir pu rassembler au même endroit Le Gréco, Cézanne, Renoir, Rousseau, Murillo, Rembrandt, Cranach, Chardin, Zurbaran, Manet, Van Gogh, Goya, … Et aussi « Vénus se divertissant avec l’Amour et la Musique » du Titien, la « Maja Desnuda » de Goya, « Olympia » de Manet…
J’enrage.
Picasso aussi, j’en suis sûr.
Quoi que , lui, il a le droit de ricaner. Ce qui doit lui faire du bien.
Il me semble l’entendre : « y a vraiment qu’aux bêtas qu’il faut montrer Velasquez pour qu’en même temps, avec mes ménines à côté, ils voient quelque chose ou croient voir quelque chose… »
Et qu’est-ce qu’on voit alors ? Qu’es-ce qu’on voit ? Dites-le moi…On ne voit rien, parce que ce n’est pas comme cela que les choses se font, que les choses viennent, que la peinture s’enclenche : ce n’est pas avec l’œuvre à côté, c’est avec l’œuvre dedans soi…l’œuvre d’origine, ou toute autre chose qui est à l’origine d’une autre.
Picasso connaissait l’art, l’art antique, l’art ibérique, l’art négre, l’art classique, l’art de son temps. Il achetait des tableaux de peintres vivant autour de lui : le douanier Rousseau, Cézanne bien sûr, Matisse. Il a acheté des statues africaines, des objets ibères, et s’en entourait.
Il avait fréquenté les Musées, dès qu’il put s’échapper de son Andalousie natale et de Malaga où il y avait si peu à voir – à part bien sûr tout ce qui allait faire de lui l’homme et le peintre qu’il est devenu : la présence de son père, les pigeons que celui-ci élevait, les corrida où son père l’emmenait, les toros. Avant l’âge de 20 ans , il connaissait le Prado, il avait découvert Madrid d’abord, puis Barcelone lorsque son père professeur fut nommé dans le Nord, puis à 20 ans Paris.
Picasso voyait, sentait.
Les propos qu’il tenait, et qui sont fidèlement rapportés par exemple par Malraux, dans La tête d’obsidienne , sur la vie, sur la peinture, sur la création , sont souvent simples pour ne pas dire – quelque fois – simplistes, car Picasso parle peu, il peint.
Il a vu ( que dis-je : ingéré ) tous les chefs d’œuvre - et combien d’autres – qui sont accrochés actuellement au Grand Palais. Il les a vus comme seul il pouvait les voir. Il ne les a pas emportés dans son atelier, c’était inutile, comme pour un peintre il est inutile d’emporter avec la nuit les images qu’il collectionne partout, les sensations qu’il enregistre – elle sont en lui.
Et c’est bien cela qui est enrageant dans cette exposition : cette mise côte à côte des tableaux est exactement le contraire de ce que Picasso – et d’autres – a fait sa vie durant.
Les montrer ainsi, c’est vouloir ignorer bl’essentiel : le travail intérieur qui se fait une fois disparu de la vue Le déjeuner sur l’Herbe.
Picasso les avait en lui.
Comme nous, nous avons en nous - mais je devrais peut-être dire pas nous mais bien moi - bon, je dis moi.
Comme moi, j’ai en moi – gravés au plus profond et ne cessant de les articuler les uns aux autres – les chevaux de PHIDIAS, les ex-voto ibères, Philippe le Bon de MEMLING et les anges Musiciens deVAN EYCK, la Vierge des Pélerins de CARAVAGGIO, un contre-jour de fougères au couchant, la calotte rouge anglais de la linotte, le dôme velouté du bolet bai, les tridacnés phéniciens, les portraits du Fayoum, les pincks ladies de DE KOONING , les rouges de ROTHKO, les rennes affrontés de Font de Gaume, les annonciations deFILIPPO LIPPI et celles de Dirk Bouts et de van der Weyden, les prédelles de DUCCIO le Christ à la Colonne d’ ANTONELLO da MESSINA, les houles de NOLDE, le Lac de Thoune et le Niesen de HOLDER, les croupes ropsiennes, les grincements deSHCIELE, le brâme du cerf, la cosmogonie d’Anselm KIEFFER, le regard chez REMBRANDT, les avions de GASIAROWSKI, Achille pleurant la mort de Patrocle de TWOMBLY, l’écriture rose de HANTAI, les voutes ogivales de Saint-Séverin, les bébés de Marlène DUMAS, les Tricheurs de DE LA TOUR, les ostraca égyptiens, la Fille rousse de MODIGLIANI, la Porte-fenêtre à Collioure de MATISSE, les dessins photographiques de Roni HORN…
Picasso avait en lui la Maja Desnuda, les Ménines, la fureur des bombes tombant sur Guernica.
Il les possédait, comme aucun musée ne les possède, et c’est en cela que le propos de l’exposition est insupportable : montrer l’évidence me fait – à moi – toujours mal.
Et montrer l’immontrable, pire encore.
Les amateurs de show seront donc comblés.
Ceux qui ont besoin de démonstration clinquante aussi.
Les curieux aussi, les autres – qui pensent qu’il est tout de même préférable de faire partie de ceux qui ont vu plutôt que rester dans les limbes de ceux qui n’y sont pas allés.
Tous ceux qui vont faire l’expo. Nous, ce w.e. nous avons fait Picasso et les Maîtres…il y avait un monde…un monde…
Le battage médiatique est exceptionnel, le budget publicité est phénoménal. Il existe un box-office des entrées, comme au ciné, au théâtre. Anselm Kieffer au Grand palais a fait 120.000 entrées. Picasso fera le double, le triple. On pondérera alors suivant le facteur durée : des mois pour Picasso, 3 semaines pour Kieffer, mais quand même….
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Cet été je n’ai pas fait le Grand Canyon, je n’ai pas fait BALTHUS à Gianadda, mais j’ai fait du vélo, des pizzas au céleris rave et au gingembre , et bientôt je ferai MANTEGNA au Louvre, çà oui, je vous le jure, je vais me faire MANTEGNA…
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